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title: "Témoignages extérieurs au Nouveau Testament"
canonical: "https://paulineletters.com/fr/explore/evidence"
published: "2026-10-23"
updated: "2026-10-23"
language: "fr"
license: "https://paulineletters.com/fr/explore/license"
source: "Lettres de Paul · Pauline Letters"
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# Témoignages extérieurs au Nouveau Testament

> Les témoignages extérieurs confirment rarement un événement des Actes de manière directe, mais ils concordent à maintes reprises avec le récit sur les fonctionnaires, les titres, les noms et les décennies, et ils montrent clairement les limites de leur apport.

**Existe-t-il, hors du Nouveau Testament, des témoignages sur Paul et les Actes ?**

Oui, de plusieurs sortes. Une inscription nomme Gallion proconsul d’Achaïe ; d’autres emploient des titres locaux qu’utilisent les Actes, comme les politarques à Thessalonique ; Josèphe décrit des gouverneurs et un souverain sacrificateur que nomment les Actes. Aucune source non chrétienne ne mentionne Paul. Des auteurs chrétiens, à partir de 96 apr. J.-C. environ, citent ses lettres et gardent le souvenir de sa mort à Rome.

## Ce qui compte ici comme témoignage

Cette page rassemble ce qui subsiste hors du Nouveau Testament et concerne son récit sur Paul : inscriptions sur pierre et monnaies, les lieux eux-mêmes, papyrus et premiers manuscrits des lettres, auteurs juifs et romains, et premiers auteurs chrétiens qui le citent ou le décrivent. Chaque entrée indique ce que l’élément établit, ce qu’il n’établit pas et où les interprètes sont en désaccord, avec les numéros de catalogue et les textes du domaine public sur lesquels repose chaque citation.

Les entrées mettent le cadre à l’épreuve plus souvent que les événements. Un titre exact pour les magistrats d’une ville montre que l’auteur connaissait cette ville ; il ne montre pas qu’une audience donnée a eu lieu. Lorsqu’une identification est débattue, comme pour le pavement d’Erastus ou les inscriptions que l’on propose de rapprocher de Sergius Paulus, le débat fait partie de l’entrée.

## Depuis quand les lettres sont connues

La seconde moitié de la page suit la diffusion de chacune des treize lettres : le premier auteur qui la nomme, la première citation claire, les allusions probables et le plus ancien manuscrit. Les degrés attribués sont volontairement prudents, car une expression commune peut provenir du langage chrétien courant plutôt que d’une lettre.

## Utiliser les données

Chaque entrée est aussi publiée en données ouvertes sous licence CC BY 4.0, avec des identifiants stables, afin qu’un enseignant, un chercheur ou un assistant puisse citer un élément précis et y renvoyer par un lien.

[Télécharger ce jeu de données (JSON, CC BY 4.0)](https://paulineletters.com/fr/data/agent/commons/v1/external-evidence.json)

## Inscriptions

### [Les inscriptions d’avertissement du temple de Jérusalem](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/temple-warning-inscription)

Deux avis grecs provenant du temple d’Hérode le Grand à Jérusalem, l’un complet (aujourd’hui à Istanbul), l’autre fragmentaire (Israel Museum), interdisent à tout non-juif de franchir la barrière qui entoure les parvis intérieurs et avertissent que l’intrus sera responsable de sa propre mort. Avec les descriptions de Josèphe, ils rendent intelligible et grave l’accusation portée contre Paul en Actes 21:28–29, mais ils ne nomment personne et ne peuvent montrer que l’accusation était fondée.

- **Date:** Inscriptions gravées à un moment indéterminé entre la reconstruction du temple par Hérode le Grand (commencée vers 23-19 av. J.-C.) et sa destruction en 70 apr. J.-C. Les catalogues épigraphiques datent les deux exemplaires de 23 av. J.-C.-70 apr. J.-C. ; la date exacte de la gravure est inconnue.
- **Lieu de conservation actuel:** Musées archéologiques d’Istanbul (pierre complète, découverte en 1871) ; Israel Museum, Jérusalem (IAA 1936-989) (fragment)
- **Références de catalogue:** OGIS 598; CIIP I.1 no. 2; CIJ II 1400; IIP JERU0598; IIP JERU0599
- **Concerne:** Actes 21:26–36; Actes 21:28–29; Actes 20:4; Actes 23:26; Actes 24:6; Actes 24:18; Actes 25:8; Actes 26:21; Éphésiens 2:14–15; Romains 15:30–31
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Le temple d’Hérode le Grand comportait une barrière autour de ses parvis intérieurs, sur laquelle figuraient des avis en grec. Ces avis interdisaient à tout non-juif (allogenes) de pénétrer à l’intérieur de la balustrade et de l’enceinte entourant le sanctuaire, et avertissaient que l’intrus qui serait pris serait responsable de sa propre mort. Un exemplaire complet et un fragment ont été conservés.
- Josèphe décrit la barrière et son interdiction sanctionnée par la mort (Ant. 15.417), indique que les avis étaient en grec et en latin (War 5.193-194) et fait affirmer à Titus que Rome permettait aux Juifs de mettre à mort les intrus, même s’ils étaient Romains (War 6.124-126).
- En Actes 21:28–29, Paul est accusé d’avoir souillé le temple en y faisant entrer des païens, parce qu’on supposait qu’il y avait fait entrer Trophime d’Éphèse. L’accusation invoque une règle réelle, affichée publiquement, qui menaçait de mort tout non-juif franchissant la barrière, ce qui aide à expliquer la violence de la foule (Actes 21:30–31). La garnison est intervenue dans le tumulte qui s’est ensuivi (Actes 21:31–36).
- Josèphe situe la barrière sur le passage qui monte du parvis extérieur aux parvis intérieurs et dit que les avis interdisaient aux étrangers d’aller plus loin (War 5.193-194 ; Ant. 15.417). L’infraction alléguée consistait donc à faire franchir la barrière à un non-juif, et non à en faire entrer un dans l’enceinte du temple tout court.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Elles ne montrent pas que Paul a fait franchir la barrière à Trophime, son compagnon originaire d’Asie (Actes 20:4), ni à aucun autre non-juif. Les Actes présentent l’accusation comme une déduction tirée du fait qu’on les avait vus ensemble dans la ville (Actes 21:29) ; Paul nie toute offense contre le temple (Actes 24:18 ; Actes 25:8). Tertulle reprend l’accusation devant Félix (Actes 24:6), et Paul rappelle qu’il a été saisi dans le temple (Actes 26:21).
- Les inscriptions ne nomment personne. Elles confirment l’existence et la gravité de la règle, non l’arrestation elle-même ni d’autres détails d’Actes 21–26, comme le rôle joué par le commandant que les Actes nomment plus loin Claude Lysias (Actes 23:26).
- La peine prévue par la pierre frappe le non-juif qui s’introduit ; elle ne prévoit aucune peine pour un juif qui en aurait fait entrer un. À elle seule, elle n’explique donc pas pourquoi la foule s’en est prise à Paul lui-même.
- Elles ne tranchent pas deux questions : si Éphésiens 2:14 fait allusion à cette barrière, et si l’avertissement de mort désignait une sentence judiciaire, une violence de la foule tolérée ou un châtiment divin.

**Où les interprètes divergent**

Plusieurs questions restent ouvertes. Qui a émis les avis, et quand : les bâtisseurs d’Hérode le Grand, les prêtres, ou les autorités romaines après 6 apr. J.-C. ? Cette dernière hypothèse est celle de Mommsen, citée dans OGIS 598, fondée sur la version latine des avis que rapporte Josèphe (aucune n’est conservée) et sur les paroles de Titus. « Responsable de sa propre mort » signifiait-il une exécution prononcée par un tribunal, une action de la foule tolérée, ou un châtiment de Dieu ? Dans quelle mesure le discours de Titus, rédigé par Josèphe, reflète-t-il la politique romaine réelle ? Enfin, l’image du mur en Éphésiens 2:14 fait-elle allusion à cette barrière, ou à la Loi (Éphésiens 2:15) ? Cette question dépend en partie de l’attribution et de la date contestées de la lettre.

**Autres lectures**

- **Un cadre exact, non une confirmation de l’événement.** La règle était largement connue : Josèphe la rapporte plus d’une fois, et elle était affichée au temple en grec. Un auteur placé à quelque distance des événements pouvait planter correctement le décor ; la concordance montre donc que les Actes connaissent bien le temple, sans confirmer l’émeute ni l’arrestation. La lettre de Paul montre bien qu’il s’attendait à un danger de la part des incroyants de Judée (Romains 15:30–31), mais non l’émeute elle-même.
- **Éphésiens 2:14 désigne la Loi, non la balustrade.** Selon cette lecture, l’image du mur représente la Loi avec ses commandements, que le verset suivant dit abolie (Éphésiens 2:15). Le vocabulaire du mur dans l’épître aux Éphésiens diffère aussi de celui de la pierre (tryphaktos, peribolos) et de celui de Josèphe (dryphaktos) ; la barrière du temple est donc une illustration fournie par des interprètes tels que Robinson (1903). Si l’épître aux Éphésiens a été écrite après 70 apr. J.-C., la barrière était déjà détruite.
- **Origine romaine des avis.** Theodor Mommsen, cité par Dittenberger en OGIS 598, estimait que les Romains avaient fait graver les avis après que la Judée est devenue une province, en 6 apr. J.-C. Il s’appuyait sur la version latine que Josèphe signale à côté de la version grecque (aucune n’a été retrouvée) et sur les paroles de Titus chez Josèphe. D’autres considèrent les avis comme faisant partie de la reconstruction d’Hérode le Grand. Dans les deux cas, ils étaient en place du vivant de Paul.

**Sources**

- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737), War 5.193-194 (Whiston 5.5.2): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2850/pg2850.txt>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737), War 6.124-126 (Whiston 6.2.4): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2850/pg2850.txt>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 15.417 (Whiston 15.11.5): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2848/pg2848.txt>
- Temple Warning inscription (Q16934222), Q16934222: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q16934222.json>

### [L’inscription du dallage d’Erastus à Corinthe](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/erastus-inscription)

Une inscription latine, sur une place dallée à l’est du théâtre de Corinthe, rapporte qu’un certain Erastus a posé le dallage à ses frais en échange de son édilité. Elle situe un homme de ce nom parmi les magistrats de Corinthe romaine, le type de cadre civique que décrit Romains 16:23. Elle ne prouve pas qu’il s’agisse de l’Éraste de Paul : son nom complet est perdu, on discute si le titre mentionné dans l’épître aux Romains correspond à une édilité, et la date est contestée.

- **Date:** Cataloguée comme datant de 31-70 apr. J.-C. (EDH, EDCS), ce qui concorde avec la datation de Kent au milieu du Ier siècle. Friesen (2010) soutient qu’elle n’a probablement pas été posée avant le milieu du IIe siècle ; la fourchette donnée ici s’arrête à 150 apr. J.-C., point le plus ancien de cette proposition, et non sa fin.
- **Lieu de conservation actuel:** Site archéologique de Corinthe antique, Grèce : la dalle in situ dans l’espace dallé à l’est du théâtre ; l’emplacement des autres fragments n’est pas confirmé ici.
- **Références de catalogue:** Corinth VIII.3 232; AE 1930, 118; EDH HD025815; EDCS-32001186; TM 177152
- **Concerne:** Romains 16:23; Actes 19:22; 2 Timothée 4:20; 1 Corinthiens 1:26
- **Degré de certitude:** Moyen
- **Nature de ses appuis:** Discuté

**Ce qu’il établit**

- Une inscription de construction latine de Corinthe romaine (Kent, Corinth VIII.3 no. 232 ; EDH HD025815) rapporte qu’un homme portant le cognomen Erastus a dallé l’espace à ses frais (sua pecunia) en échange de son édilité (pro aedilitate). Son praenomen et son nomen sont perdus, et seules subsistent les entailles des lettres de métal incrustées.
- Elle montre que la colonie romaine de Corinthe, dans la province d’Achaïe, avait des édiles, et qu’un magistrat pouvait s’acquitter de son élection en finançant un dallage public.
- Elle situe un Erastus dans la classe des magistrats de Corinthe à un moment compris entre le milieu du Ier siècle et, selon la proposition la plus tardive, le milieu du IIe siècle ou plus tard. Un Éraste de Corinthe portant un titre civique (Romains 16:23) s’inscrit donc dans le cadre documenté de la ville.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Elle ne montre pas que l’édile est l’Éraste de Romains 16:23, d’Actes 19:22 ou de 2 Timothée 4:20. Son praenomen et son nomen sont perdus, on discute si le titre civique mentionné dans l’épître aux Romains correspond à une édilité, et la date est contestée.
- Elle ne montre pas que l’Éraste nommé dans les Actes, dans l’épître aux Romains et dans 2 Timothée est une seule et même personne ; cette question relève des textes, non de cette pierre. Paley (1790) a soutenu à partir d’Actes 19:22, de Romains 16:23 et de 2 Timothée 4:20 que Corinthe était la patrie d’Éraste ; cet argument est antérieur à la pierre et dépend des textes.
- Elle ne montre pas que l’Église de Paul à Corinthe comptait de riches magistrats, ni qu’un chrétien a exercé l’édilité ; ces deux points dépendent de l’identification discutée. La remarque de Paul selon laquelle les croyants de Corinthe de haute condition n’étaient pas nombreux (1 Corinthiens 1:26) n’exclut ni ne confirme la présence d’un membre de l’élite.

**Où les interprètes divergent**

Trois questions restent ouvertes. La date : Kent situait le dallage vers le milieu du Ier siècle, et EDH et EDCS le cataloguent entre 31 et 70 apr. J.-C. Gill signale que la dalle complète a été trouvée in situ en 1929, mais Friesen soutient que l’inscription se trouve dans un contexte secondaire et qu’elle n’a probablement pas été posée avant le milieu du IIe siècle. La fonction : certains assimilent le titre civique d’Éraste en Romains 16:23 à celui d’édile (Kent, Gill), d’autres à celui de questeur (Theissen, Goodrich), et d’autres encore (Cadbury ; Friesen) y voient un poste municipal de bas rang, peut-être occupé par un esclave ; Weiss nie que Corinthe ait eu des questeurs municipaux. L’identité : Brookins juge le nom rare, mais un probable Erastus du IIe siècle à Corinthe (Clarke 1991) montre que le nom n’y était pas unique, et, le praenomen et le nomen étant perdus, l’identification reste possible plutôt que démontrée.

**Autres lectures**

- **Le même homme, plus tard dans sa carrière.** Kent jugeait solide l’identification avec l’Éraste de l’épître aux Romains, et Clarke la maintient comme une possibilité sérieuse. Theissen assimilait la fonction mentionnée dans l’épître aux Romains à un poste subalterne tel que celui de questeur ; Furnish, à sa suite, a proposé qu’Éraste ait été questeur vers l’époque de la lettre, puis édile. Goodrich plaide lui aussi pour une questure, qu’il considère comme un poste de haut rang occupé par l’élite.
- **Un autre édile, plus tardif.** Friesen soutient que l’inscription se trouve dans un contexte secondaire et n’a probablement pas été posée avant le milieu du IIe siècle. Selon ce point de vue, elle nomme un membre non chrétien de l’élite, et non l’Éraste de l’épître aux Romains, qui était un fonctionnaire municipal de bas rang, peut-être un esclave ; Friesen doute aussi que l’Éraste de l’épître aux Romains ait même été croyant.
- **Indécidable en l’état des données.** Gill estime que les données ne permettent ni une identification assurée ni un rejet assuré. Le dallage ajoute un Erastus de Corinthe à la documentation sans trancher s’il s’agit de l’homme que nomme Paul.

**Sources**

- Epigraphic Database Heidelberg (record last updated 2013-05-24, Cowey), EDH inscription record: building/dedicatory inscription from Colonia Laus Iulia Corinthus, EDH HD025815: <https://edh.ub.uni-heidelberg.de/edh/inschrift/HD025815>
- Epigraphik-Datenbank Clauss / Slaby, EDCS monument record (JSON data endpoint), EDCS-32001186: <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/320/32001186.json>
- Trismegistos, TM text relations data service, TM 177152: <https://www.trismegistos.org/dataservices/texrelations/177152>
- Pleiades, Corinthus/Korinthos, Pleiades 570182: <https://pleiades.stoa.org/places/570182/json>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul, ch. II (Epistle to the Romans), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinaeort00pale/horaepaulinaeort00pale_djvu.txt>

### [L’inscription de Gallion à Delphes](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/gallio-inscription)

Des fragments d’une lettre de Claude gravée à Delphes nomment Gallion, restitué en [L. Ju]nius Gallio, comme ami de l’empereur et proconsul. La 26e acclamation impériale de Claude date la lettre très probablement des sept premiers mois de 52 apr. J.-C. ; Gallion a donc gouverné l’Achaïe vers 51/52, peut-être 52/53. Elle ancre dans le temps l’audience d’Actes 18:12–17, bien qu’elle ne mentionne jamais Paul ni l’audience.

- **Date:** Très probablement les sept premiers mois de 52 apr. J.-C. (avant le 1er août) ; une date à la toute fin de 51 n’est pas entièrement exclue. Copie gravée d’une lettre de Claude, datée par sa 26e acclamation impériale.
- **Lieu de conservation actuel:** Delphes (EDH). Deissmann (1912) signale les quatre fragments de Bourguet au musée de Delphes (Inv. 3883, 2178, 2271, 4001) ; exposition actuelle non vérifiée.
- **Références de catalogue:** FD III 4, 286; SIG3 801 D; AE 2002, 1335; Oliver, Greek Constitutions 31; EDH HD043294; EDCS-66400014; PHI 240470; SEG 32, 546 (Deiana's reading of line 17; PHI 240472); TM 177226
- **Concerne:** Actes 18:12–17; Actes 18:1–11; Actes 18:18; 1 Corinthiens 1:1
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Une lettre de Claude gravée à Delphes nomme Gallion comme ami de l’empereur et proconsul, dans un passage sur le manque de citoyens à Delphes qu’il avait de toute évidence signalé (le verbe est restitué). Du nom, seul « -nios Gallion » subsiste ; « Junius », « ami » et « proconsul » sont restitués à partir de lettres partielles, mais généralement acceptés. Delphes se trouvait en Achaïe ; la lettre confirme donc, indépendamment des Actes, que Gallion gouvernait l’Achaïe (Actes 18:12).
- Les titres de Claude conservent le chiffre 26 pour ses acclamations impériales. Une inscription de Kys associe la 26e à sa 12e année de puissance tribunicienne ; le texte de l’aqueduc de la Porta Maggiore (CIL VI 1256 ; EDR104278) associe la 12e à la 27e. Puisque Dessau, suivi par Deissmann (1912), a daté cet aqueduc du 1er août 52, la lettre se situe très probablement dans les sept premiers mois de 52 ; la fin de 51 n’est pas entièrement exclue.
- Les proconsuls exerçaient normalement environ un an ; le mandat de Gallion a donc recouvert le premier semestre de 52 : le plus probablement 51/52, peut-être 52/53. Si Actes 18:12–17 situe correctement l’audience, celle-ci se place vers 51-53. Deissmann (1912) a plaidé pour 51/52 ; Ramsay, selon Deissmann, préférait 52/53.
- Tacite (Ann. 15.73) désigne Gallion comme le frère de Sénèque ; Sénèque (Ep. 104.1) rappelle qu’il quitta l’Achaïe par bateau lorsque la fièvre se déclara, si bien que son mandat a peut-être été écourté (une inférence). Dion Cassius (60.24.1) dit que Claude rendit l’Achaïe à des gouverneurs tirés au sort en 44 apr. J.-C., ce qui s’accorde avec le titre de proconsul en Actes 18:12.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Elle ne mentionne ni Paul, ni les Juifs de Corinthe, ni aucune audience. Elle confirme le gouverneur nommé en Actes 18:12, non que la scène d’Actes 18:12–17 s’est déroulée comme elle est racontée.
- Elle ne donne aucune date de début ni de fin du mandat de Gallion. Le choix entre 51/52 et 52/53 dépend de la durée normale d’un an, de la date d’entrée en fonction et de la question de savoir si la lettre traite Gallion comme le proconsul en exercice.
- Elle ne peut montrer à quel moment des dix-huit mois ou plus que Paul passa à Corinthe se situa l’audience (Actes 18:11 et Actes 18:18). La date d’arrivée de Paul à Corinthe est donc une inférence supplémentaire.
- Elle ne montre pas qu’Actes 18:1–18 décrit une seule visite continue.

**Où les interprètes divergent**

La date de 52 apr. J.-C. repose sur le chiffre d’acclamation conservé sur la pierre ; les questions ouvertes viennent ensuite. La limite du 1er août ne vaut que si le texte de la Porta Maggiore reflète la date de dédicace de l’aqueduc (EDR le date seulement de 52/53), et Dessau admettait, tout en le jugeant improbable, que la 26e acclamation ait eu lieu à la toute fin de 51. L’année de Gallion peut être 51/52 ou 52/53. Dion Cassius (60.17.3) dit qu’en 43 apr. J.-C. Claude ordonna aux gouverneurs tirés au sort de quitter Rome avant la mi-avril, ce qui suggère une entrée en fonction au printemps ou au début de l’été (une inférence) ; Deissmann, à la suite de Mommsen, supposait un 1er juillet nominal. La lecture de Plassart à la deuxième personne à la ligne 17, connue ici par le compte rendu d’Oliver (1971), fait du destinataire le successeur de Gallion. Oliver préférait une communauté comme destinataire, et d’autres découpent la ligne 17 en lisant le verbe εἴασε, ce qui supprime le pronom (Deiana, SEG 32.546 ; PHI 240472). Placer l’audience au début du mandat de Gallion, comme le faisait Deissmann, est une inférence, et la question de savoir si la scène a eu lieu relève d’un jugement historique distinct.

**Autres lectures**

- **L’année de Gallion était 52/53.** Gallion a pu entrer en fonction au printemps ou au début de l’été 52, Claude écrivant avant le 1er août 52. L’audience se situerait alors en 52 ou au début de 53, et l’arrivée de Paul à Corinthe vers 51. Deissmann rapporte que Ramsay (1909) plaçait le proconsulat d’avril 52 à avril 53 et l’arrivée de Paul en octobre 51, et que Babut (1911) préférait une fourchette semblable.
- **La lettre a été envoyée après le mandat de Gallion.** Plassart, selon Oliver (1971), découpait la ligne 17 de manière à obtenir un pronom de la deuxième personne du singulier, faisant du destinataire un individu, probablement le successeur de Gallion, à qui l’on rapporte ce que Gallion avait signalé. L’année de Gallion serait alors 51/52 et l’audience se situerait en 51 ou au début de 52. Oliver doutait de cette lecture parce que Claude appelle encore Gallion proconsul, et le découpage de la ligne par Deiana supprime le pronom.
- **Actes 18 combine deux visites.** Donfried, Lüdemann et Hurd (selon Fellows 2005) considèrent qu’Actes 18 combine deux visites à Corinthe et placent l’incident de Gallion lors de la seconde ; l’inscription daterait alors l’audience, non l’arrivée de Paul. Fellows répond que l’incident appartient probablement à la première visite : si le Sosthène d’Actes 18:17 est co-expéditeur de 1 Corinthiens (1 Corinthiens 1:1), l’incident est difficile à dater après cette lettre.
- **La fonction confirmée, la scène non prouvée.** Un lecteur sceptique peut admettre que Gallion gouvernait l’Achaïe vers cette époque, tout en considérant Actes 18:12–17 comme une mise en forme, par Luc, du récit de Corinthe. Deissmann rapporte que Loisy datait l’audience, si elle est historique, de 52 ou du début de 53. L’inscription établit la fonction et la date approximative ; savoir si l’événement a eu lieu exige une évaluation distincte des Actes.

**Sources**

- Epigraphic Database Heidelberg (record last updated by Cowey), Epigraphic Database Heidelberg: public legal inscription from Delphi (Achaia), EDH HD043294: <https://edh.ub.uni-heidelberg.de/edh/inschrift/HD043294>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (references FDelphes 286; AE 2002, 1335; dated 52; Delphoi, Achaia), EDCS-66400014: <https://edcs.hist.uzh.ch/monument/66400014>
- Trismegistos Texts, text-relations service (links EDH HD043294, EDCS 66400014, PHI 240470-240472), TM 177226: <https://www.trismegistos.org/dataservices/texrelations/177226>
- Wikidata: Delphi Inscription, Q5254406: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q5254406.json>
- Seneca, Seneca, Moral Letters to Lucilius (Ad Lucilium Epistulae Morales), vol. 3 (Richard Mott Gummere, 1925), Ep. 104.1: <https://en.wikisource.org/wiki/Moral_letters_to_Lucilius/Letter_104>
- Tacitus, Tacitus, Annals, Book 15 (Alfred John Church and William Jackson Brodribb (Wikisource text based on their translation), 1876), Ann. 15.73: <https://en.wikisource.org/wiki/The_Annals_(Tacitus)/Book_15>
- Cassius Dio, Cassius Dio, Roman History, Book 60 (Loeb vol. VII) (Earnest Cary, 1924), 60.24.1: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/60*.html>
- Cassius Dio, Cassius Dio, Roman History, Book 60 (Loeb vol. VII) (Earnest Cary, 1924), 60.17.3: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/60*.html>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby: CIL 06, 01256 (p 3129, 3798, 4365) = ILS 218a, EDCS-17800159 (CIL 06, 01256 (p 3129, 3798, 4365) = ILS 218a): <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/178/17800159.json>

### [Éphèse, gardienne du temple d’Artémis : monnaies, inscriptions et la question des temples miniatures](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/ephesus-artemis-neokoros)

Actes 19:35 est le plus ancien texte clair qui donne à Éphèse le titre de gardienne du temple d’Artémis. Des monnaies de 65/6 apr. J.-C. appellent les Éphésiens neokoroi sans nommer le temple ; les inscriptions n’ajoutent « d’Artémis » qu’à partir d’environ 200 apr. J.-C. Des inscriptions de 104 apr. J.-C. et de l’époque romaine attestent des responsables du temple, des orfèvres et des images d’Artémis en argent. Les sources examinées ici ne signalent aucun temple miniature d’Artémis en argent, distinct des statuettes.

- **Date:** Vers 334 av. J.-C. à 244 apr. J.-C. (un ensemble de sources) : neokoros d’Artémis comme fonction personnelle vers 334 av. J.-C. (IPriene 231) ; monnaies de l’époque de Néron, 65/6 apr. J.-C. ; fondation de Salutaris, 104 apr. J.-C. ; « neokoros d’Artémis » comme titre de la cité dans les inscriptions de 200/210 à 244 apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** Site d’Éphèse et de l’Artémision (Selçuk, Turquie) ; IPriene 231 a été trouvée à Priène. Les inscriptions de Salutaris et des neopoioi ont été publiées d’après des pierres du British Museum sous les numéros GIBM 481 et 578 ; leur emplacement actuel n’a pas été vérifié dans un registre du BM. RPC signale que le seul exemplaire connu de RPC I 2628 se trouve au British Museum ; des exemplaires de 2626-2627 se trouvent dans plusieurs collections.
- **Références de catalogue:** RPC I 2626; RPC I 2627; RPC I 2628; IPriene 231 (= IK Priene 150); IEph 27B (= GIBM 481); IEph 27E; IEph 300 (= CIG 2972); IEph 1578A (= GIBM 578; SEG 36, 1028); IEph 2040; IEph 2212; IEph 4336
- **Concerne:** Actes 19:23–41; Actes 19:24; Actes 19:27; Actes 19:35
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Discuté

**Ce qu’il établit**

- Des monnaies de bronze frappées à Éphèse en 65/6 apr. J.-C. appellent les Éphésiens neokoroi : RPC I 2626-2627, qui nomment le proconsul Aviola et le magistrat Aichmokles, 2628 étant rattachée à la même émission d’après le type et le style. La cité utilisait ce titre une dizaine d’années après le séjour de Paul, avant sa première néocorie impériale solidement attestée (le temple flavien, daté par Friesen de 89/90 apr. J.-C.). Les légendes ne nomment pas le temple.
- Neokoros était une fonction reconnue à l’Artémision bien avant Paul. Une inscription trouvée à Priène, vers 334 av. J.-C., honore Megabyxos fils de Megabyxos (le premier nom est restitué) comme neokoros d’Artémis à Éphèse (IPriene 231).
- À partir d’environ 200 apr. J.-C., des inscriptions d’Éphèse appellent la cité neokoros d’Artémis à côté de ses néocories impériales : IEph 2040 (réparation du théâtre, 200/210 apr. J.-C.), IEph 300 (214/217 apr. J.-C. ; trois fois neokoros, deux fois des empereurs, une fois d’Artémis) et IEph 4336 (244 apr. J.-C.), qui nomme aussi le secrétaire du peuple et deux neopoioi. IEph 2040 est peut-être légèrement antérieure à l’octroi sous Caracalla que Witetschek considère comme officiel.
- En 104 apr. J.-C., la fondation de Salutaris (IEph 27) consacra une image d’Artémis en or et plusieurs images en argent (le total complet est restitué). Un décret du conseil prévoyait qu’on les porte depuis le portique de l’Artémision jusqu’aux assemblées et aux jeux, en présence des neopoioi (responsables du temple). Une tombe non datée de l’époque romaine (IEph 2212), entretenue par le synedrion des orfèvres, appartient à un orfèvre qui était aussi neopoios.
- Pausanias, écrivant au IIe siècle apr. J.-C., dit que toutes les cités vénèrent l’Artémis d’Éphèse et que les particuliers l’honorent plus que tous les dieux (4.31.8). Ce parallèle plus tardif à l’affirmation d’Actes 19:27 sur son culte dans le monde entier atteste sa renommée à son époque, non dans les années 50.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Ces sources ne montrent pas que Démétrius, l’émeute au théâtre ou le discours du secrétaire de la ville se sont déroulés comme le rapporte Actes 19:23–41. Elles montrent que le cadre civique et religieux est plausible.
- Elles n’attestent pas l’existence de temples miniatures d’Artémis en argent. Les objets en argent de Salutaris sont des statuettes. En 1890, Hicks ne connaissait aucun temple en métal d’Artémis provenant d’Éphèse, et les sources examinées ici n’en ajoutent aucun. Les objets en métal précieux se conservent rarement ; ce silence est donc un indice faible.
- Elles ne prouvent pas que « neokoros d’Artémis » était un titre civique officiel dans les années 50. Les monnaies de l’époque de Néron ne nomment pas le temple, et les formules qui nomment Artémis n’apparaissent dans les inscriptions qu’à partir d’environ 200 apr. J.-C.
- IEph 1578A nomme un Demetrios dans sa formule de datation mutilée, sa fonction étant perdue, et Demetrios fils de Menophilos comme premier neopoios de la liste ; il peut s’agir ou non du même homme. Ni l’un ni l’autre ne peut être identifié à l’orfèvre d’Actes 19:24.

**Où les interprètes divergent**

« Neokoros d’Artémis » était-il en usage à l’époque de Paul ? Keil (1919), approuvé par Friesen, comprenait les monnaies de l’époque de Néron comme se rapportant à Artémis. Burrell et Kirbihler les rattachent à un temple impérial octroyé sous Néron ; Burrell considère néanmoins qu’Actes 19:35 reflète les années 50, car il estime que ce titre n’aurait pas convenu à Éphèse entre sa néocorie impériale et le début du IIIe siècle. Witetschek juge les monnaies non concluantes à elles seules, mais lit Actes 19:35 comme un témoignage montrant que les Éphésiens de l’époque de Luc, à la fin du Ier siècle, pouvaient employer ce titre, ce qui rend à son tour plus plausible la lecture des monnaies par Keil. Pervo soupçonne un léger anachronisme. Au sujet des temples de Démétrius, Ramsay a proposé de petits temples de la déesse en terre cuite, en marbre et en argent ; Hicks préférait des statuettes et identifiait Démétrius à un responsable des neopoioi ; Rogers juge cette identification spéculative.

**Autres lectures**

- **Un titre informel déjà en usage (les Actes conviennent aux années 50).** Éphèse se disait informellement neokoros d’Artémis avant tout temple impérial, et la légende de l’époque de Néron, de 65/6 apr. J.-C., se rapporte à Artémis (Keil, approuvé par Friesen ; la notice de RPC sur 2628 envisage aussi un temple d’Artémis). Selon ce point de vue, les paroles du secrétaire de la ville en Actes 19:35 conviennent à l’époque de Paul, bien que les Actes soient le plus ancien texte clair à donner à la cité ce titre lié à Artémis.
- **Les monnaies de l’époque de Néron renvoient à un temple impérial.** Les monnaies de 65/6 apr. J.-C. reflètent un temple impérial provincial octroyé sous Néron et interrompu après sa mort (Burrell, Kirbihler). Elles ne diraient alors rien d’un titre lié à Artémis, et Actes 19:35 serait le seul témoignage du Ier siècle en sa faveur. Witetschek juge que cette théorie repose davantage sur des conjectures et des lacunes des sources que sur des preuves claires.
- **L’époque même de Luc, ou un anachronisme.** L’expression reflète la manière dont les Éphésiens concevaient leur cité à l’époque où les Actes ont été rédigés, à la fin du Ier siècle (Witetschek), ou il peut s’agir d’un léger anachronisme (Pervo). Dans les deux cas, c’est un témoignage sur le cadre de Luc plutôt que la trace de paroles prononcées dans les années 50.
- **Qu’étaient les temples de Démétrius ?.** Il pouvait s’agir de petits temples de la déesse vendus pour être consacrés : des modèles bon marché en terre cuite, d’autres plus coûteux en marbre ou en argent (Ramsay). Hicks jugeait plus probables des statuettes de métal comme les images de Salutaris, et identifiait Démétrius au Demetrios de la formule de datation d’IEph 1578A, qu’il considérait comme le chef des neopoioi. Rogers regarde cette identification comme une spéculation.

**Sources**

- Pausanias, Description of Greece (W. H. S. Jones and H. A. Ormerod, 1918), Paus. 4.31.8: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0160%3Abook%3D4%3Achapter%3D31%3Asection%3D8>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XII §5, 'Demetrius the Silversmith' (p. 278 in the 1903 printing): <https://archive.org/download/cu31924029332297/cu31924029332297_djvu.txt>

### Le secrétaire de la ville et les asiarques d’Éphèse

Des inscriptions montrent que les deux titres qu’emploient les Actes dans le récit de l’émeute d’Éphèse étaient réels. Un fragment de décret du règne de Tibère fut ratifié l’année d’un grammateus (secrétaire) du peuple, dont le nom est perdu, et une dédicace de 92/93 apr. J.-C. est datée par Tiberius Claudius Aristion en tant que grammateus et « l’asiarque ». Aucun de ces textes ne mentionne Paul ni l’émeute. Les inscriptions d’Éphèse mentionnant des asiarques ne commencent qu’à la fin du Ier siècle, et ce qu’étaient les asiarques reste discuté.

- **Date:** La fourchette de dates ne couvre que les inscriptions d’Éphèse, du règne de Tibère (14-37 apr. J.-C.) à 102/114 apr. J.-C. SEG 57.1220, de Silandos en Lydie, est datée par ses éditeurs du Ier siècle av. J.-C., mais doit être postérieure à 29/27 av. J.-C. ; d’autres préfèrent le Ier siècle apr. J.-C. Le Martyre de Polycarpe, cité d’après Eusèbe, date du milieu du IIe siècle apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** Les inscriptions d’Éphèse ont été trouvées à Éphèse (Selçuk, Turquie), à l’exception du fragment c de Suppl. Ephes. 241, trouvé à Pamucak. SEG 57.1220 provient de Silandos en Lydie (lieu de découverte : Tamasis/Selmanhacılar). L’emplacement actuel des pierres n’a pas été vérifié. Le Martyre de Polycarpe est conservé comme texte, cité ici d’après Eusèbe.
- **Références de catalogue:** I.Ephesos 508 (PHI PH248466; McCabe, Ephesos 753); I.Ephesos 234 (PHI PH248454; McCabe, Ephesos 741); I.Ephesos 424 (PHI PH247993; McCabe, Ephesos 285); I.Ephesos 858 (PHI PH248477; McCabe, Ephesos 763); Suppl. Ephes. 241 (PHI PH255995; new fragments of the donor list I.Ephesos 1687); Suppl. Ephes. 142+0144 (PHI PH255972); SEG 57.1220 (PHI PH348884)
- **Concerne:** Actes 19:31; Actes 19:35–41; Actes 19:23–41
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Éphèse avait, avant le séjour de Paul, un magistrat civique appelé grammateus (secrétaire) du peuple. Un fragment de décret, daté par son formulaire du règne de Tibère (14-37 apr. J.-C.), fut ratifié l’année du grand prêtre de Tibère et d’un grammateus du peuple (nom perdu), avec l’accord « des strategoi et du grammateus du peuple ». Des dédicaces ultérieures, sous Domitien et Trajan, sont datées par le grammateus.
- Un asiarque est peut-être attesté avant Paul en dehors d’Éphèse. Un texte de Silandos en Lydie (SEG 57.1220) honore Tiberius [Iulius?] Damas comme asiarque et sebastophant. Ses éditeurs le datent du Ier siècle av. J.-C., mais le titre du culte d’Auguste impose une date postérieure à 29/27 av. J.-C., et Campanile préfère le Ier siècle apr. J.-C. (selon Witetschek 2009).
- Les mêmes notables pouvaient exercer les deux fonctions. Ti. Claudius Aristion est « grand prêtre d’Asie » en 88/89 apr. J.-C. (I.Ephesos 234), et grammateus et « l’asiarque » en 92/93 apr. J.-C. (I.Ephesos 508) ; Claudius Aristion, généralement identifié à lui, est « trois fois asiarque » en 102/114 apr. J.-C. (I.Ephesos 424). T. Flavius Pythion est grammateus pour la deuxième fois et asiarque en 104/105 apr. J.-C. (I.Ephesos 858).
- Les titres du récit de l’émeute (Actes 19:31 et Actes 19:35) sont réels : grammateus à Éphèse avant Paul, asiarque à Éphèse à partir de la fin du Ier siècle et peut-être plus tôt ailleurs en Asie.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucun de ces textes ne nomme Paul, Démétrius, l’émeute ou le secrétaire de la ville anonyme d’Actes 19:35. Ils confirment les titres et le cadre, non les événements que racontent les Actes.
- Ils ne tranchent pas la question de ce qu’était ou faisait un asiarque. Le titre pouvait être un autre nom du grand prêtre provincial du culte impérial, un honneur distinct lié au financement des jeux, ou une fonction municipale.
- Les inscriptions d’Éphèse mentionnant des asiarques commencent à la fin de l’époque flavienne (vers 89/90 apr. J.-C.). À elles seules, elles ne peuvent montrer si Actes 19:31 reflète les années 50 ou l’époque de Luc ; parmi les textes cités ici, seule SEG 57.1220 est peut-être antérieure, et sa date est incertaine.
- Le Martyre de Polycarpe, cité par Eusèbe, provient de Smyrne, environ un siècle après Paul. Il montre un asiarque présidant des jeux dans cette ville, non la pratique d’Éphèse dans les années 50.

**Où les interprètes divergent**

De nombreux spécialistes, de Ramsay à Deininger et Rossner, ont compris « asiarque » comme un autre nom du grand prêtre d’Asie du culte impérial provincial. Kearsley (1986) et Friesen (1999) ont soutenu que les titres étaient distincts, et Friesen a repris l’idée de Magie selon laquelle les asiarques formaient une catégorie particulière de présidents des jeux. Le Martyre de Polycarpe, tel que le cite Eusèbe, montre l’asiarque Philippe refusant de lâcher un lion parce qu’il avait clos les jeux. Une seconde question concerne la datation. Witetschek admet que la fonction existait avant 89/90 apr. J.-C., en citant les asiarques de Strabon à Tralles au temps d’Auguste, mais soutient que sa nouvelle importance par la suite fait d’Actes 19:31 une actualisation datant de l’époque de Luc. Kirbihler parle d’une réécriture flavienne ; Hemer comptait les asiarques parmi les connaissances locales de Luc.

**Autres lectures**

- **L’asiarque comme grand prêtre provincial.** Selon ce point de vue, « asiarque » était un autre titre du grand prêtre d’Asie du culte impérial. Les différents asiarques d’Actes 19:31 seraient alors d’anciens titulaires ayant conservé le titre (Deininger) ou les grands prêtres des temples de la province. Witetschek objecte qu’il n’y avait que deux ou trois temples de ce genre, que les mandats duraient un an, et que les anciens asiarques sont désignés autrement dans les inscriptions d’Éphèse.
- **L’asiarque comme honneur distinct.** Selon ce point de vue, les asiarques relevaient d’un honneur distinct, aux titulaires plus nombreux. Pour Friesen, à la suite de Magie, ils formaient une catégorie particulière de présidents des jeux (agonothetes) ; Kearsley a ensuite proposé d’y voir des magistrats municipaux (selon Friesen 1999). Dans les deux cas, plusieurs asiarques pouvaient se trouver à Éphèse en même temps, sans lien avec la grande-prêtrise du culte impérial.
- **Une couleur locale de l’époque même de Luc.** Les asiarques d’Actes 19:31 reflètent la situation à l’époque où les Actes ont été rédigés, après que la fonction a gagné en importance : une actualisation plutôt qu’un anachronisme (Witetschek 2009), ou une réécriture flavienne appliquant un terme plus tardif à une fonction de l’époque de Paul (Kirbihler, selon Witetschek). Dans les deux cas, le verset témoigne davantage du monde de Luc que de celui de Paul.
- **Un souvenir de l’époque de Paul.** Des asiarques d’un type plus ancien existaient avant le temple flavien ; Luc peut donc y faire référence, et leur amitié avec Paul n’a pas à être écartée comme invraisemblable (Hemer, selon Witetschek). Witetschek l’admet comme possible, mais préfère lire le verset comme une actualisation.

**Sources**

- Eusebius, Church History, Book 4 (quoting the Martyrdom of Polycarp), Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1 (Arthur Cushman McGiffert, 1890), Hist. eccl. 4.15.27: <https://www.newadvent.org/fathers/250104.htm>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen (10th ed., CCEL text), ch. XII §5, 'Demetrius the Silversmith': <https://www.ccel.org/ccel/r/ramsay/paul_roman/cache/paul_roman.txt>

### [Les inscriptions des politarques de Thessalonique et le bloc de la porte du Vardar](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/thessalonica-politarchs)

Des inscriptions de Thessalonique montrent que Actes 17:6 et 17:8 emploient le titre exact, politarques, pour les principaux magistrats de la cité : des textes allant d’Auguste à 143 apr. J.-C. énumèrent des collèges de cinq ou six membres. Un bloc de la porte du Vardar, aujourd’hui au British Museum, en énumère six selon la lecture habituelle, bien que sa date soit discutée. Le titre est rare dans la littérature mais courant dans les inscriptions de Macédoine. Ces inscriptions ne corroborent aucun événement, aucune caution ni aucune personne d’Actes 17:1–9.

- **Date:** Le bloc de la porte du Vardar ne porte aucune formule de datation. Burton le plaçait après 30 av. J.-C., et peut-être jusqu’en 143 apr. J.-C. ou plus tard ; Athanasiadis date une liste qu’il cite comme IG X 2,1 126, décrite en des termes qui correspondent à ce texte, du début du Ier siècle apr. J.-C. plutôt que du IIe siècle retenu par Edson. Les autres textes de Thessalonique mentionnant des politarques s’échelonnent du règne d’Auguste à 143 apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** British Museum, Londres (bloc de la porte du Vardar, offert par J. E. Blunt en 1877, d’après le GIBM). Le texte augustéen de la porte de Kalamaria mentionnant des politarques est perdu (Burton).
- **Références de catalogue:** CIG 1967; GIBM II 171
- **Concerne:** Actes 17:1–9; Actes 17:5–9; Actes 17:6; Actes 17:8; Actes 19:29; Actes 20:4; Romains 16:21
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Les principaux magistrats civiques de Thessalonique formaient un collège portant le titre de politarques, les fonctionnaires que les versions anglaises d’Actes 17:6 et 17:8 appellent les dirigeants de la cité. Un texte augustéen aujourd’hui perdu, provenant de la porte de Kalamaria, en nomme cinq, un texte de 143 apr. J.-C. en nomme six, et le bloc de la porte du Vardar en nomme six selon la lecture habituelle. Cela correspond au collège de plusieurs magistrats devant lequel Jason et d’autres croyants furent amenés.
- Dans la littérature grecque conservée, le titre n’apparaît que dans les Actes ; Énée le Tacticien 26.12 (milieu du IVe siècle av. J.-C.) présente une forme apparentée, politarchos. Les inscriptions attestent souvent cette fonction, en très grande majorité en Macédoine. Les Actes emploient donc un terme régional précis plutôt qu’un mot générique désignant des dirigeants.
- Le texte de 143 apr. J.-C. nomme aussi le conseil (boule) et le peuple (demos) de la cité, le cadre civique que supposent Actes 17:5–9 lorsque la foule cherche à amener les missionnaires devant le peuple. Une assemblée et un conseil étaient habituels dans les cités grecques ; ce détail est donc générique, et la correspondance distinctive est le titre de politarque.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Elles ne corroborent aucun événement d’Actes 17:1–9 : ni la prédication à la synagogue, ni l’émeute, ni l’hospitalité de Jason, ni la caution exigée de Jason et des autres.
- La fonction est attestée d’avant l’organisation romaine de 167 av. J.-C. (selon la lecture que fait Mari de la loi éphébarchique d’Amphipolis) jusqu’au IIIe siècle apr. J.-C., dans de nombreuses villes de Macédoine et au-delà. Un emploi correct du titre ne peut donc pas, à lui seul, dater les Actes ni montrer que leur auteur fut un témoin oculaire.
- Les noms Sosipatros, Secundus et Gaius figurant sur le bloc étaient courants. Secundus est le père du premier politarque et Gaius le prénom d’un autre politarque, Gaius Agilleius Poteitus ; ils n’identifient donc pas Second ou Gaïus, mentionnés en Actes 19:29 et 20:4, ni Sosipater de Romains 16:21.

**Où les interprètes divergent**

Parmi les questions ouvertes figure la date du bloc de la porte du Vardar. La datation flavienne ou plus tardive de Boeckh (pas avant 69 apr. J.-C.) reposait sur un nom mal lu ; Burton le datait d’après 30 av. J.-C., et peut-être de 143 apr. J.-C. ou plus tard ; Athanasiadis signale une redatation au début du Ier siècle d’une liste qu’il cite comme IG X 2,1 126, apparemment ce texte, contre la date du IIe siècle proposée par Edson. Le bloc énumère six politarques selon la lecture habituelle, bien que Mordtmann ait jugé cinq possibles. La question plus large est de savoir ce qu’un titre correct ajoute à la fiabilité des Actes : Hemer compte de tels détails comme des indices d’un auteur informé, tandis que Pervo date les Actes d’environ 115 apr. J.-C. Les affirmations selon lesquelles les spécialistes auraient douté du titre jusqu’à la découverte de ce bloc ne sont pas confirmées : il fut publié en 1740, et des lexiques du Nouveau Testament du XIXe siècle le citaient déjà (Burton).

**Autres lectures**

- **Un auteur informé mais plus tardif.** Les données de Burton montrent des politarques jusqu’au IIIe siècle apr. J.-C. ; un auteur bien informé écrivant au début du IIe siècle (comme Pervo le soutient pour les Actes) pourrait donc encore employer correctement le titre. Selon cette lecture, les inscriptions confirment l’exactitude du cadre, non une date haute ni une narration de témoin oculaire.
- **Un détail exact dans un faisceau d’indices.** Hemer et d’autres considèrent le titre correct comme l’un des nombreux détails locaux précis des Actes, qui, ensemble, désignent un auteur connaissant de près les lieux décrits. Même dans cette perspective, les inscriptions confirment le titre, non l’épisode.
- **Propre à la Macédoine plutôt qu’à Thessalonique seule.** Des politarques sont attestés dans d’autres villes de Macédoine ainsi qu’en Thrace, en Bithynie et dans le Bosphore, et un politarches apparaît dans des papyrus ptolémaïques d’Héracléopolis, en Égypte. Le terme convient donc à une cité de Macédoine en général plutôt qu’il ne constitue un détail d’initié propre à Thessalonique, bien que Thessalonique fournisse une part exceptionnellement importante des données.

**Sources**

- C. T. Newton (ed.), The Collection of Ancient Greek Inscriptions in the British Museum, Part II, GIBM II no. CLXXI (171), Macedonia section: <https://archive.org/download/collectionofanci00brit/collectionofanci00brit_djvu.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. X, sec. 6, p. 227: <https://archive.org/download/paulthetraveller00ramsuoft/paulthetraveller00ramsuoft_djvu.txt>
- Wikidata: Golden Gate (Thessaloniki), alias Vardar Gate, Q96631855: <https://www.wikidata.org/w/api.php?action=wbgetentities&ids=Q96631855&props=labels%7Cdescriptions%7Caliases%7Cclaims%7Csitelinks&languages=en%7Cel%7Cde%7Cfr&format=json>
- Pleiades: Thessalonica, 491741: <https://pleiades.stoa.org/places/491741/json>

### [Inscriptions nommant peut-être le proconsul Sergius Paulus](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/sergius-paulus-inscriptions)

Aucune inscription conservée ne nomme de façon sûre le proconsul Sergius Paulus d’Actes 13:7. Une borne d’époque claudienne, à Rome, nomme un sénateur, L. Sergius Paullus ; Antioche de Pisidie connaît des Sergii Paulli plus tard dans le siècle ; une épitaphe de Soli mentionne une charge exercée sous un proconsul Paulus ; un fragment de Kythrea est lu comme nommant un Quintus Serg-. Ces textes montrent que le nom convient à un sénateur de l’époque, mais tout lien avec le gouverneur de Chypre repose sur une restitution, une inférence ou un texte non daté.

- **Date:** Cippe de Rome : 41-54 apr. J.-C. (Claude ; l’EDR propose 41-47). Fragment de Kythrea : première moitié du Ier siècle dans la notice du Met et Ier siècle d’après la forme des lettres (van Elderen), l’empereur étant restitué comme Tibère ou Claude. Épitaphe de Soli : postérieure à Claude (PHI) ; l’année de Paulus qu’elle mentionne est antérieure et ne nomme aucune ère. Antioche de Pisidie : texte de Sergia Paulla de 81-96 apr. J.-C. ; la base de L. Sergius Paullus filius n’est pas datée (Ramsay situait les lettres du texte identique de Salir entre 60 et 100 apr. J.-C.).
- **Lieu de conservation actuel:** Rome, Museo Nazionale Romano, cloître de Michel-Ange, inv. 242 (cippe du Tibre, d’après l’EDR). New York, Metropolitan Museum of Art, collection Cesnola, numéro d’inventaire 74.51.2425 (fragment de Kythrea, d’après la notice du Met). Emplacement actuel des inscriptions de Soli et d’Antioche de Pisidie non vérifié.
- **Références de catalogue:** CIL VI 31545; ILS 5926; EDR127293; TM 281782; EDH HD046352; AE 2002, 1457; TM 176947; EDH HD046353; AE 2002, 1458; TM 176948; IGR III 300; Sterrett, EJ 134,108; JRS 3 (1913) 262,5; IGR III 930; ABSA 42 (1947) 201,1; IGR III 935; SEG 20:302; SEG 55:1526; Myres 1914, no. 1903
- **Concerne:** Actes 13:6–12; Actes 13:7
- **Degré de certitude:** Moyen
- **Nature de ses appuis:** Discuté

**Ce qu’il établit**

- Chypre fut gouvernée par des proconsuls après qu’Auguste l’eut rendue à l’administration du peuple vers 22 av. J.-C. (Dion 54.4.1) ; le titre que les Actes donnent au gouverneur de l’île convient donc à l’époque, comme Ramsay l’a souligné.
- Un cippe de délimitation provenant du Tibre à Rome (CIL VI 31545 = ILS 5926), érigé sur l’autorité de Claude (41-54 apr. J.-C.), cite L. Sergius Paullus parmi les cinq curateurs des rives et du lit du fleuve. Un sénateur portant les deux noms que donnent les Actes exerça donc une charge publique à Rome sous Claude.
- À Antioche de Pisidie, une base honorifique non datée (EDH HD046352) nomme L. Sergius Paullus, fils de Lucius, qualifié de filius (le jeune), au début d’une carrière sénatoriale : commissaire aux routes (IIIIvir viarum curandarum), tribun militaire de la legio VI Ferrata et questeur. Ramsay publia un texte identique d’après une copie faite à Salir en 1912. Un fragment (EDH HD046353) honore la belle-mère d’un Paullus Ser[gius].
- Un texte honorifique grec de 81-96 apr. J.-C. provenant d’Antioche de Pisidie (IGR III 300) nomme [Ser]gia(?) Paulla, fille de Lucius, épouse de C. Caristanius Fronto, légat de Domitien en Lycie et Pamphylie ; le nom Sergia est en partie restitué. Avec la base, il désigne une famille sénatoriale de Sergii Paulli honorée à Antioche de Pisidie à la fin du Ier siècle.
- Une épitaphe de Soli (IGR III 930) rapporte qu’Apollonios, en tant que censeur, révisa la liste du conseil la 10e année sous un proconsul Paulus (titre en partie restitué ; aucune ère n’est nommée). Un fragment de Kythrea (IGR III 935) est lu Quintus Serg- à côté d’un empereur dont le nom est perdu. Les éditeurs le restituent comme une formule de datation nommant le gouverneur, mais Rigsby le lit autrement.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucune de ces inscriptions ne nomme de façon sûre le proconsul d’Actes 13:7. Le cippe de Rome n’indique aucune charge chypriote, le texte de Soli ne donne que Paulus, et sur le fragment de Kythrea les mots Paulus et proconsul sont entièrement des restitutions éditoriales.
- Elles ne datent pas la visite de Paul à Chypre. Les restitutions du texte de Kythrea vont de Tibère (Campbell : au plus tard en 37 apr. J.-C.) à Claude (SEG 20.302 : 46-48 apr. J.-C.), et l’année de Paulus à Soli ne nomme aucune ère.
- Elles ne montrent pas que les Sergii Paulli d’Antioche de Pisidie descendent du gouverneur de Chypre, ni que lui ou ses proches devinrent chrétiens. La reconstitution familiale de Ramsay repose sur une inférence tirée des noms et du silence, et il la qualifiait lui-même d’hypothèse. Ces inscriptions ne confirment pas non plus l’épisode d’Élymas.

**Où les interprètes divergent**

Le proconsul des Actes est-il attesté dans une inscription ? Beaucoup l’identifient au curateur du Tibre L. Sergius Paullus, parce qu’un proconsulat de Chypre pourrait se placer avant ou après une curatelle sous Claude. Mais, comme l’a souligné van Elderen, aucun texte ne relie cet homme à Chypre, et les Actes ne donnent aucun praenomen. Le Paulus de Soli n’a pas de nom de famille : Mitford, d’après van Elderen, calculait au plus tôt 50 apr. J.-C. et jugeait l’inscription probablement bien plus tardive, alors que la lecture plus ancienne de Ramsay prenait l’expression pour la date propre de l’inscription. À Kythrea, seul Quintus Serg- subsiste ; Myres rejeta donc le lien. Campbell restitua Tibère et data la visite au plus tard de 37 apr. J.-C., une chronologie que Bernier juge improbable. Van Elderen rejeta comme trop spéculative la théorie familiale de Ramsay fondée sur Antioche de Pisidie.

**Autres lectures**

- **Identification avec le curateur du Tibre.** Selon cette lecture, le proconsul d’Actes 13:7 était L. Sergius Paullus, le curateur du Tibre sous Claude de CIL VI 31545, qui gouverna Chypre avant ou après cette charge. Le nom et la date rendent cette hypothèse plausible, mais aucune inscription ne le relie à Chypre, et les Actes ne donnent aucun praenomen.
- **Quintus Sergius à Kythrea.** Selon la restitution de Campbell, le fragment nomme un Quintus Serg[ius Paullus], probablement le gouverneur ; Paulus et proconsul sont entièrement restitués. Campbell restitue Tibère et date donc la mission à Chypre au plus tard de 37 apr. J.-C., plus tôt qu’on ne le fait d’ordinaire ; la lecture plus ancienne de SEG 20.302 restitue Claude (46-48). Myres supposait que le proconsul des Actes était un Lucius et rejeta le lien ; van Elderen y voyait le candidat le plus séduisant, avec réserve.
- **L’hypothèse familiale de Ramsay.** Ramsay proposa, à titre d’hypothèse, que le L. Sergius Paullus d’Antioche de Pisidie était le fils du proconsul et Sergia Paulla sa fille, et que le christianisme passa par elle à son fils, tandis que la lignée masculine resta païenne. Van Elderen, citant le verdict de Lake, pour qui il s’agissait de combinaisons ingénieuses mais peu convaincantes, rejeta ce schéma.
- **Pas encore attesté.** Aucune inscription conservée ne nomme de façon sûre le proconsul des Actes. Plusieurs sénateurs portaient le nom de Paullus : IGR III 939, à Palaepaphos, nomme Paullus Fabius Maximus, dont Dessau déduisit qu’il avait gouverné Chypre. Un nom commun ne suffit pas à lui seul à trancher l’identification.

**Sources**

- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby: CIL 06, 31545 (p 3796, 4362) = ILS 5926; TM 281782, EDCS-19500065 (CIL 06, 31545 (p 3796, 4362) = ILS 5926; TM 281782): <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/195/19500065.json>
- Epigraphic Database Heidelberg: honorific base of L. Sergius Paullus filius, Antiochia Pisidiae, EDH HD046352 (AE 2002, 1457; TM 176947): <https://edh.ub.uni-heidelberg.de/data/api/inschrift/suche?hd_nr=HD046352>
- Epigraphic Database Heidelberg: fragment naming Paullus Ser[gius] and L. Serg[ius], Antiochia Pisidiae, EDH HD046353 (AE 2002, 1458; TM 176948): <https://edh.ub.uni-heidelberg.de/data/api/inschrift/suche?hd_nr=HD046353>
- John L. Myres, Handbook of the Cesnola Collection of Antiquities from Cyprus (Metropolitan Museum of Art), no. 1903, p. 319 (appendix text p. 548): <https://archive.org/download/handbookofcesnol00metruoft/handbookofcesnol00metruoft_djvu.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. IV, p. 74: <https://archive.org/download/stpaultravellerr00rams/stpaultravellerr00rams_djvu.txt>
- Cassius Dio, Roman History (Loeb Classical Library, vol. VI) (Earnest Cary, 1917), 54.4.1: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/54*.html>

### Inscriptions nommant Derbe près de Karaman (Kerti Höyük et Devri Şehri)

Deux inscriptions grecques nomment Derbe dans la plaine au nord-est de Karaman (l’antique Laranda). L’une est une dédicace civique à Antonin le Pieux de 157 apr. J.-C., trouvée sur le Kerti Höyük (également orthographié Kerti Hüyük) en 1956. L’autre est une épitaphe plus tardive de Michael, évêque de Derbe, vue dans le village voisin de Sudurağı. Ensemble, elles situent dans ce district la ville de Derbe mentionnée en Actes 14:20–21 et 16:1. Aucune ne date du Ier siècle, et l’emplacement exact de la cité reste discuté.

- **Date:** 157 apr. J.-C. pour la dédicace civique à Antonin le Pieux (Van Elderen ; Wagner et Wilson). L’épitaphe de l’évêque ne donne que le 8 juin d’une quatorzième année d’indiction ; Van Elderen jugeait ses lettres datables peut-être de la fin du IVe au Ve siècle, et Wagner et Wilson indiquent les Ve-VIe siècles.
- **Lieu de conservation actuel:** Musée archéologique de Konya (dédicace ; Van Elderen 1970, et Wagner et Wilson 2019 citant McLean 2002). Jardin du Musée archéologique de Karaman (épitaphe de Michael ; Wagner et Wilson 2019).
- **Références de catalogue:** SEG 16.758
- **Concerne:** Actes 14:6; Actes 14:20–21; Actes 16:1; Actes 20:4
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Appuyé par les sources

**Ce qu’il établit**

- En 1956, Ballance trouva un bloc de calcaire inscrit sur la pente du Kerti Höyük, à environ 22 km au nord-nord-est de Karaman (SEG 16.758). Il honore Antonin le Pieux, date de 157 apr. J.-C. et fut érigé par le conseil (boule) et le peuple (demos) de Derbe ; le texte publié restitue l’ethnique de la cité en [Claudio]derbètes.
- Au milieu du IIe siècle, Derbe était donc une communauté civique autonome, dotée de son propre conseil et de sa propre assemblée, qui honorait l’empereur selon la forme civique grecque habituelle.
- Une épitaphe chrétienne désigne Michael comme évêque de Derbe très ami de Dieu et n’est datée que du 8 juin d’une quatorzième année d’indiction. Ballance la vit à Sudurağı (Sidrova) en 1958, et Van Elderen en 1962. Elle atteste un évêché plus tardif de Derbe dans le même district.
- Ensemble, les deux textes situent la ville de Derbe mentionnée en Actes 14:6, 14:20–21 et 16:1 au nord-est de Laranda, à environ 95 km à vol d’oiseau de Lystre. Cela a écarté des propositions antérieures situées au nord-ouest de Karaman (Bosola et Losta, aussi appelée Zosta, chez Sterrett ; Gudelisin chez Ramsay), dont aucune n’était étayée par une inscription nommant Derbe.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucune des deux inscriptions ne date de l’époque de Paul. La dédicace est postérieure d’environ un siècle et l’épitaphe plus tardive encore. Elles attestent la cité et son Église ultérieure, non la prédication de Paul et de Barnabas sur place, les disciples qui y furent faits, ni le lien de Timothée ou de Gaïus avec Derbe.
- Aucun des deux monuments n’a été trouvé lors d’une fouille documentée. La dédicace gisait sur la pente du tertre, et le lieu de découverte de l’épitaphe repose sur des rapports contradictoires faits à Ballance et à Van Elderen. Ces monuments ne permettent donc pas de déterminer si le centre de la ville était Kerti Höyük, Devri Şehri ou un territoire plus vaste comprenant les deux.
- Le nom claudien de la cité ne règle pas son statut dans les années 40 : Breytenbach et Zimmermann (d’après Wagner et Wilson) y voient un honneur accordé sous Antiochus IV de Commagène, tandis que Jones voyait dans le préfixe une concession de Claude lui-même, ce qui placerait Derbe hors du royaume d’Antiochus.
- Elles ne créent aucun conflit avec Actes 14:20. La nouvelle localisation place Derbe à environ 95 km de Lystre, mais le verset ne date que le départ, non l’arrivée ; il ne signifie donc pas nécessairement un voyage d’une journée (Van Elderen).

**Où les interprètes divergent**

Ballance jugeait peu probable que le lourd bloc (environ une tonne, selon Van Elderen) ait été déplacé loin, et situait Derbe sur le Kerti Höyük ou près de lui. En 1964, il préféra Devri Şehri, à environ 4 km au sud-sud-est, parce que le Kerti Höyük ne présentait aucune occupation byzantine et que l’épitaphe de l’évêque était censée provenir de Devri Şehri. On dit à Van Elderen en 1962 qu’elle provenait du Kerti Höyük ; il releva du matériel byzantin sur des tertres voisins et maintint le Kerti Höyük. Van Elderen, les MAMA et l’inventaire provincial des sites de Karaman privilégient le Kerti Höyük ; le Barrington Atlas, d’après Wagner et Wilson, indique les deux. Wagner et Wilson signalent qu’une fouille a commencé en 2013 mais ne s’est pas poursuivie et n’est pas publiée. La question de savoir si Derbe se trouvait dans la Galatie romaine lors de la venue de Paul reste une question ouverte distincte.

**Autres lectures**

- **Devri Şehri comme site de la cité.** Ballance (1964) préférait Devri Şehri, à environ 4 km au sud-sud-est du Kerti Höyük, parce que le Kerti Höyük ne présentait aucune occupation byzantine et que l’épitaphe de l’évêque était censée provenir de Devri Şehri. Wagner et Wilson notent que l’IVP Atlas suit cette localisation.
- **Un seul territoire, centre non fixé.** D’après Wagner et Wilson (2019), Breytenbach et Zimmermann (2018) considèrent que les deux tertres se trouvent sur le territoire de Derbe et placent la cité près de la route Laranda-Sidamaria, sans en fixer le centre urbain.
- **Ancienne identification au nord-ouest.** Avant 1956, Sterrett (Bosola et Losta, aussi appelée Zosta), puis Ramsay (Gudelisin, dans The Cities of St. Paul, 1907) plaçaient Derbe au nord-ouest de Karaman, plus près de Lystre. Sterrett était convaincu que Derbe devait se trouver près de Lystre ; Ramsay s’appuyait sur des vestiges de surface, la géographie routière et une glose tardive d’une liste d’évêchés. Aucun des deux ne disposait d’une inscription nommant Derbe, et les atlas récents ont abandonné cette thèse.
- **Derbe hors de la province à l’époque de Paul.** Ogg (1963) soutint que la nouvelle localisation laissait ouverte la question de savoir si Derbe se trouvait dans la province de Galatie à l’époque de Paul ; Van Elderen ajouta des données monétaires indiquant que Laranda, toute proche, appartenait à Antiochus IV à partir de 41 apr. J.-C. Breytenbach et Zimmermann (d’après ce qui est rapporté) placent Derbe sous Antiochus IV, tandis que Jones estimait que son préfixe claudien venait de Claude lui-même. La réponse a une incidence sur la théorie de la Galatie du Sud concernant l’épître aux Galates.

**Sources**

- J. R. S. Sterrett, The Wolfe Expedition to Asia Minor (Papers of the American School of Classical Studies at Athens III), p. 22 (itinerary for 5 June, Bosola to Almassen): <https://archive.org/download/papersofamerican03arch/papersofamerican03arch_djvu.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. VIII §5, p. 192: <https://archive.org/download/stpaultravellerr00rams/stpaultravellerr00rams_djvu.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. V §9, p. 120: <https://archive.org/download/stpaultravellerr00rams/stpaultravellerr00rams_djvu.txt>
- Pleiades: Derbe/Claudioderbe, Pleiades 648620: <https://pleiades.stoa.org/places/648620/json>
- Wikidata: Derbe (ancient city), Q20717624: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q20717624.json>

### Les inscriptions du macellum (marché à la viande) de Corinthe romaine

Corinthe romaine possédait un bâtiment de marché public appelé officiellement macellum, le terme latin habituellement rapproché du marché que mentionne Paul en 1 Corinthiens 10:25. Un fragment conserve MACELLV[M] ; une deuxième dédicace, étroitement parallèle, est restituée sur le même modèle. Datés de l’époque d’Auguste à celle de Tibère, ces textes nomment Q. Cornelius Secundus et sa famille comme donateurs, apparemment avec une installation pour le poisson (piscarium). Ils ne montrent ni où se trouvait le bâtiment, ni s’il était encore en usage dans les années 50, ni quelle viande on y vendait.

- **Date:** De l’époque d’Auguste à celle de Tibère. L’EDCS indique 27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C. ; Kent datait la copie 1 du règne d’Auguste d’après la forme des lettres ; West, selon Cadbury, proposait les dernières années d’Auguste ou le règne de Tibère ; les registres de fouille indiquent la première moitié du Ier siècle apr. J.-C. La fourchette de 27 av. J.-C. à 50 apr. J.-C. couvre ces estimations.
- **Lieu de conservation actuel:** Corinth Excavations (fouilles de Corinthe), Archaia Korinthos (les fragments cités par numéro d’inventaire, I 70 et I 27, appartiennent tous deux à la copie 1 ; lieu de conservation ou d’exposition non vérifié).
- **Références de catalogue:** Corinth VIII.2 124; Corinth VIII.2 125; Corinth VIII.3 321; EDH HD058881; EDH HD058882; EDCS-32001248; EDCS-08200358; TM 177612; TM 177613
- **Concerne:** 1 Corinthiens 10:25; 1 Corinthiens 10:23–33; 1 Corinthiens 8:1–13; Actes 18:1–18
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Deux dédicaces latines en marbre blanc, étroitement parallèles et habituellement considérées comme des copies, subsistent à l’état de fragments. La copie 1 (Corinth VIII.2 124, complétée par Kent sous la cote VIII.3 321) est assemblée par les éditeurs à partir de plusieurs fragments ; la copie 2 est VIII.2 125. Les lettres MACELLV[ ne subsistent que sur la copie 1 ; dans la copie 2, le mot macellum est entièrement restitué.
- Les donateurs sont Q. Cornelius Secundus, de la tribu Aemilia, son épouse Maecia et leurs enfants. Un affranchi, Q. Maecius Cleogenes, est nommé au génitif dans une expression en partie restituée, probablement comme mari de leur fille Cornelia Secunda, et non comme donateur.
- Les lettres conservées PI[ (copie 1) et ]SCARIO (copie 2) sont restituées en piscarium, une installation pour le poisson, offerte avec le macellum. On discute pour savoir si elle se trouvait à l’intérieur du macellum ou à côté. Dans les deux cas, ce don s’accorde avec la remarque de Cadbury selon laquelle les macella vendaient du poisson et d’autres denrées, et pas seulement de la viande.
- Kent datait la copie 1 du règne d’Auguste d’après la forme des lettres, et West plaçait les deux textes dans les dernières années d’Auguste ou sous Tibère. Un bâtiment appelé macellum fut donc offert à la colonie avant le séjour de Paul à Corinthe (Actes 18), peut-être plusieurs décennies auparavant.
- Le terme latin était d’usage public officiel dans la colonie romaine. Le mot qu’emploie Paul en 1 Corinthiens 10:25 est makellon, terme considéré à l’époque romaine comme le latin macellum (son origine ultime est discutée) et, comme l’a observé Cadbury, l’un des très rares emprunts latins des lettres de Paul.

**Ce qu’il n’établit pas**

- L’emplacement du macellum. Le fragment ajouté par Kent provenait de la basilique Sud, et Gill affirme que le bâtiment n’a pas été identifié avec certitude. Il rapporte la description, par Ward-Perkins, du marché Nord de Corinthe comme un marché de type pompéien, et la mention par Wiseman d’un macellum au nord de la colline du Temple, mais rien ne rattache ces inscriptions à l’un ou l’autre, ni à un bâtiment dont l’usage à l’époque de Paul soit assuré.
- Si le bâtiment était encore en usage lorsque Paul écrivit, ou quelle part de la viande qui y était vendue provenait des sacrifices offerts dans les temples. Le texte conservé nomme les donateurs et le bâtiment, non son commerce ni son approvisionnement.
- Un quelconque événement d’Actes 18 ou un quelconque détail de la controverse corinthienne sur les aliments offerts aux idoles. Par ailleurs, un graffito grec de la Stoa Sud, autrefois lu comme nommant un boucher, a ensuite été relu par son fouilleur, Broneer, comme un nom de personne, ainsi que le rapporte Gill ; il ne constitue donc pas un indice concernant le marché.

**Où les interprètes divergent**

Trois questions restent ouvertes. Premièrement, le piscarium faisait-il partie d’un seul macellum (Nabers, suivi par Gill) ou s’agissait-il d’un bâtiment distinct ? De Waele, selon Cadbury, proposait deux bâtiments de marché près de la route du Léchaion ; Cadbury admettait un marché aux poissons distinct mais relié ; et Cadbury et Gill décrivent différemment la lecture de West lui-même. Deuxièmement, où se trouvait le bâtiment ? De Waele le plaçait sur le site du péribole d’Apollon, à côté de la route du Léchaion (selon Cadbury et Gill) ; Gill relève aussi la description, par Ward-Perkins, du marché Nord comme un marché de type pompéien. Aucun de ces sites n’est rattaché aux inscriptions. Troisièmement, dans quelle mesure la viande du marché provenait-elle des sacrifices ? Cadbury doutait que les macella soient intrinsèquement liés au culte des temples. Les instructions de Paul en 1 Corinthiens 10:25–28 supposent qu’un acheteur pouvait ignorer si la viande avait été offerte en sacrifice.

**Autres lectures**

- **Deux bâtiments de marché distincts.** De Waele, dans une lettre de 1934 rapportée par Cadbury, proposait un macellum sur le site ultérieur du péribole d’Apollon et un piscarium distinct au nord de la basilique romaine. Cadbury admettait un marché aux poissons distinct mais relié. Selon Gill, West, suivi par Kent, lisait un Macellum Piscarium distinct ; selon Cadbury, la lecture initiale en déduisait un seul.
- **Un seul macellum avec des installations pour le poisson.** Gill rapporte que Nabers (1969) jugeait peu probable que les Cornelii aient offert deux bâtiments ayant la même fonction. D’autres inscriptions de macella emploient « macellum cum ... » pour énumérer les éléments d’un même complexe ; le macellum de Corinthe comprenait donc probablement des installations pour le poisson. Gill (1992) suit cette lecture.
- **Le marché même dont parlait Paul.** Fee (1987), cité par Gill, considère qu’une inscription du macellum de Corinthe nomme le marché même de 1 Corinthiens 10:25. C’est plausible si le bâtiment était encore le marché d’approvisionnement de la colonie dans les années 50, mais les inscriptions ne montrent ni qu’il a subsisté, ni où il se trouvait, ni qu’il était le seul lieu où l’on vendait de la viande.

**Sources**

- Epigraphic Database Heidelberg (Cowey), Epigraphic Database Heidelberg: building/dedicatory inscription from Colonia Laus Iulia Corinthus (West 124 + Kent 321, copy 1), EDH HD058881: <https://edh.ub.uni-heidelberg.de/edh/inschrift/HD058881>
- Epigraphic Database Heidelberg (Cowey), Epigraphic Database Heidelberg: building/dedicatory inscription from Colonia Laus Iulia Corinthus (West 125, copy 2), EDH HD058882: <https://edh.ub.uni-heidelberg.de/edh/inschrift/HD058882>
- Epigraphik-Datenbank Clauss-Slaby (Corinth-08-02, 00124; Corinth-08-03, 00321), EDCS-32001248: <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/320/32001248.json>
- Epigraphik-Datenbank Clauss-Slaby (Corinth-08-02, 00125), EDCS-08200358: <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/082/08200358.json>
- Trismegistos text relations: Corinth macellum dedication, copy 1, TM 177612: <https://www.trismegistos.org/dataservices/texrelations/uri/177612>
- Trismegistos text relations: Corinth macellum dedication, copy 2, TM 177613: <https://www.trismegistos.org/dataservices/texrelations/uri/177613>

### Le « premier des Mélitains » de Malte : le titre de protos dans les inscriptions grecques et latines

Un titre semblable à celui que Actes 28:7 donne à Publius était en usage à Malte : une inscription grecque perdue, connue seulement par des copies du début de l’époque moderne (IG XIV 601), qualifie le chevalier romain L. Castricius Prudens de premier des Mélitains. Une base latine du IIe siècle (CIL X 7495) présente un primus omni[um] brisé et en partie restitué, dont le sens est discuté. Aucun des deux textes ne nomme Publius, et les spécialistes ne s’accordent pas sur la question de savoir si le titre désignait une fonction ou un honneur.

- **Date:** IG XIV 601 : Ier siècle apr. J.-C. (EDR et EDCS : 1-100 apr. J.-C. ; époque de Tibère selon Mommsen, d’après Kaibel, et selon Hemer, 14-37 apr. J.-C.). CIL X 7495 : IIe siècle apr. J.-C. (EDR : 100-200 apr. J.-C. ; EDCS : 101-200 apr. J.-C.).
- **Lieu de conservation actuel:** IG XIV 601 : perdue (EDR112577 ; Cappelletti 2024). CIL X 7495 : Musée des antiquités romaines, Rabat, Malte (d’après EDR112567).
- **Références de catalogue:** IG XIV 601; IGRR I 512; CIG 5754; PHI 140928; I.Sicily ISic003683; TM 285166; EDR112577; EDCS-39101548; CIL X 7495; ILS 5415; EDCS-22100614; EDR112567; TM 285139
- **Concerne:** Actes 28:7; Actes 28:1–10; Actes 13:50; Actes 28:17
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- IG XIV 601, aujourd’hui perdue et connue par des copies du début de l’époque moderne, qualifie un chevalier romain, L. Castricius Prudens, de la tribu Quirina (nomen en partie restitué), de premier des Mélitains et de patron, ayant été archonte et amphipolos (prêtre) du dieu Auguste.
- Au moins un Mélitain de premier plan porta ce titre au début de l’Empire ; le terme qu’Actes 28:7 applique à Publius correspond donc à l’usage local.
- CIL X 7495, bloc de marbre latin fragmentaire du IIe siècle provenant de Mdina, probablement une base de statue, honore un bienfaiteur anonyme ayant financé des travaux de temple, notamment des colonnes, un podium et un pavement. Sa première ligne brisée se lit [muni]cipi(i) Mel(itensium) primus omni[um] ; le début de la ligne est perdu, et le sens des mots conservés est discuté.
- Le texte grec montre des archontes, un patron et un sacerdoce d’Auguste au début du Ier siècle. De ces deux textes, seule la base latine du IIe siècle atteste des décurions et un statut municipal. La date à laquelle Melita devint un municipium est débattue.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucune des deux inscriptions ne mentionne Publius. Aucune ne confirme le naufrage, le séjour de Paul, la guérison du père de Publius ni aucun autre événement d’Actes 28:1–10.
- Les pouvoirs, s’il y en avait, que conférait le titre vers 60 apr. J.-C. Les textes datent du début du Ier au IIe siècle apr. J.-C., et le texte grec mentionne « premier » à côté de l’archontat passé de son titulaire, non à sa place.
- Que primus omni[um] dans CIL X 7495 soit un titre plutôt que le début d’une proposition « le premier de tous à... » portant sur les bienfaits énumérés.
- L’endroit de Malte où le navire toucha terre.

**Où les interprètes divergent**

Deux questions sont ouvertes. Premièrement, que signifiait « premier » à Malte ? Smith et Ramsay y voyaient un titre officiel ; Kaibel y voyait un honneur civique défini et le rapprochait de Publius ; Hemer le lisait comme le titre du principal magistrat local. D’autres, notamment Suhl, le considèrent comme honorifique. Cappelletti accepte les parallèles honorifiques de Suhl, mais le qualifie de titre local officiel et établi au sein d’une hiérarchie sociale et économique, laissant ouverte la question de ses pouvoirs. Dans IG XIV 601, il figure à côté de « ayant été archonte », et non à sa place. Deuxièmement, l’expression latine brisée de CIL X 7495 en est-elle l’équivalent ? Hemer, citant des parallèles grecs, juge le texte latin non concluant et pense que primus signifie plus probablement le premier à accomplir les bienfaits énumérés. La date à laquelle Melita devint un municipium est également discutée : Mommsen, d’après Kaibel, déduisait du texte de Castricius que les Mélitains n’avaient pas de statut civique romain sous Tibère ; Cappelletti juge le municipium probablement augustéen, contre la date plus tardive d’Ashby.

**Autres lectures**

- **Rang honorifique, non une fonction.** Le titre a pu classer honorifiquement le principal notable de l’île plutôt que désigner une magistrature définie. Des titres comparables de « premier de la province » et de « premier de la cité » apparaissent dans des inscriptions grecques de la partie orientale de l’Empire, que Suhl a rassemblées et que Cappelletti passe en revue. Selon cette lecture, Publius était l’homme le plus éminent de Malte, mais le titre ne nous apprend rien sur ses pouvoirs officiels.
- **Expression descriptive dans les Actes.** Luc décrit peut-être simplement Publius comme le principal personnage de l’île, en un sens non technique. Luc emploie le pluriel pour les notables d’Antioche de Pisidie et pour les chefs juifs de Rome (Actes 13:50; Actes 28:17). Smith (1848) a exposé cette lecture, que suivaient des traducteurs anglais d’autrefois, avant de plaider pour un titre officiel.
- **« Premier à faire X » dans CIL X 7495.** Dans la base latine, primus omni[um] pourrait commencer une proposition « le premier de tous à... ». Hemer (1985) jugeait le texte non concluant, en citant des parallèles grecs. Des textes honorifiques latins employant cette formule existent, par exemple CIL XI 6054 et CIL IX 2237 ; ces parallèles proviennent de la recherche EDCS menée pour cette notice, et non de Hemer.

**Sources**

- Georg Kaibel (ed.), Inscriptiones Graecae XIV: Inscriptiones Siciliae et Italiae, IG XIV 601, p. 142 (lemma, text and commentary): <https://archive.org/details/bub_gb_WNFOCQoUpq4C/page/n190>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby: IG XIV 601, EDCS-39101548 (IG 14, 00601): <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/391/39101548.json>
- Trismegistos text relations: IG XIV 601, TM 285166: <https://www.trismegistos.org/dataservices/texrelations/uri/285166>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby: CIL X 7495, EDCS-22100614 (CIL 10, 07495 (p 994) = D 05415): <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/221/22100614.json>
- Trismegistos text relations: CIL X 7495, TM 285139: <https://www.trismegistos.org/dataservices/texrelations/uri/285139>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, pp. 112-114 (Malta; the title of Publius): <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog/page/n168>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XIV, sec. 9 'Malta', p. 343: <https://archive.org/details/paulthetraveller00ramsuoft/page/n362>

### Philippes, colonie romaine : ses monnaies, ses duoviri et les licteurs coloniaux

Les monnaies, les inscriptions latines et Dion Cassius montrent que Philippes était une colonie romaine, comme l’affirme Actes 16:12, administrée par deux magistrats suprêmes (duoviri). La charte d’une autre colonie, Urso en Espagne, attribue des licteurs à ces magistrats. Cela concorde avec les Actes, où les magistrats ordonnent de battre de verges, puis envoient des agents porteurs de verges (Actes 16:22, 35–38). Rien de cela ne vérifie l’épisode, et la citoyenneté de Paul n’est attestée que dans les Actes.

- **Date:** Monnayage colonial depuis la fondation d’Antoine, après 42 av. J.-C., jusqu’à Claude (41–54 apr. J.-C.) ; inscriptions latines nommant les magistrats de la colonie, Ier–IIe siècles apr. J.-C. (la plus tardive citée est datée de 138–161 apr. J.-C.) ; témoignage comparatif de la charte d’Urso (datée par l’EDCS de 44 av. J.-C.)
- **Lieu de conservation actuel:** Philippes (Krénides), Macédoine orientale, Grèce (lieu de découverte des inscriptions de Philippes) ; la charte d’Urso provient d’Osuna, dans le sud de l’Espagne ; des exemplaires des monnaies sont conservés dans de nombreuses collections publiques et privées (RPC) ; le texte de Dion nous est parvenu par la tradition manuscrite
- **Références de catalogue:** RPC I 1649; RPC I 1650; RPC I 1653; EDCS-15900071; AE 1938, 52; Pilhofer, Philippi II 253; CIPh II.1, 136; EDCS-43000131; AE 2006, 1330; Pilhofer, Philippi II 324a; CIPh II.1, 121; EDCS-24200017; CIL III 14206,19; Pilhofer, Philippi II 452; CIPh II.1, 15; EDCS-20200004; CIL II 5439; ILS 6087; CIL II²/5, 1022
- **Concerne:** Actes 16:10–17; Actes 16:12; Actes 16:19–24; Actes 16:35–39; Actes 22:25–29; Actes 25:10–12; 1 Thessaloniciens 2:2; 2 Corinthiens 11:25
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Philippes était une colonie romaine à l’époque de Paul. Ses monnaies la désignent comme colonie sous Antoine, dont la légende cite l’ordre (RPC I 1649), sous Auguste (RPC I 1650, COL AVG IVL PHIL IVSSV AVG) et sous Claude (RPC I 1653). Dion Cassius (51.4.6) rapporte qu’Octave y installa des Italiens dépossédés. Actes 16:12 est le seul passage du Nouveau Testament qui qualifie une ville de colonie romaine.
- Des inscriptions latines de Philippes donnent aux magistrats suprêmes de la colonie le titre de IIvir iure dicundo, au sein d’une carrière de type romain qui comprend les fonctions d’édile et de questeur. L’EDCS en date une du Ier siècle apr. J.-C. (EDCS-15900071) et une autre, consacrée à M. Figilius Pudens, titulaire du rang honorifique de décurion (ornamenta decurionalia), de 138–161 apr. J.-C. (EDCS-43000131). La colonie elle-même apparaît comme dédicante (EDCS-24200017).
- Les magistrats coloniaux avaient des licteurs. La charte de la colonie d’Urso (chap. 62) accorde à chaque duovir deux licteurs, avec un appariteur (accensus), deux scribes et deux messagers (EDCS-20200004). Ramsay estimait que les coups de verges reçus par Paul lui avaient été infligés dans des colonies, dont les magistrats étaient escortés de licteurs. Les Actes correspondent à ce profil : des agents dont le titre signifie « porteurs de verges », c’est-à-dire des licteurs, transmettent les messages des magistrats (Actes 16:35, 38).
- Suétone rapporte que Claude fit exécuter ceux qui usurpaient la citoyenneté (Claud. 25.3) ; selon la chronologie habituelle, la visite de Paul (vers 49–50 apr. J.-C.) eut lieu sous son règne. Sherwin-White (1963) a étudié les règles romaines, notamment la loi Julia sur la violence publique, qui protégeaient les citoyens contre le fait d’être liés ou battus par des magistrats. L’inquiétude des magistrats en Actes 16:38 s’explique donc au regard du droit romain.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucune inscription ni aucune monnaie ne nomme les magistrats, le geôlier, Lydie ou toute autre personne d’Actes 16, ni ne mentionne l’arrestation, la bastonnade, l’emprisonnement ou la libération de Paul et de Silas. Un cadre institutionnel exact ne montre pas à lui seul que l’épisode s’est déroulé comme il est raconté.
- Cela ne prouve pas que Paul était citoyen romain. Cette affirmation n’apparaît que dans les Actes (Actes 16:37 et 22:25–29). Les lettres de Paul confirment des mauvais traitements à Philippes (1 Thessaloniciens 2:2) et trois bastonnades à coups de verges (2 Corinthiens 11:25), mais ne mentionnent jamais la citoyenneté. Certains se demandent aussi pourquoi un citoyen a été battu de verges à trois reprises (2 Corinthiens 11:25) ; les lettres ne l’expliquent pas.
- La charte propre de Philippes n’a pas été conservée ; les indices sur les licteurs proviennent donc, par analogie, d’une autre colonie (Urso). Les inscriptions latines citées ici emploient IIvir ; la question de savoir si les hellénophones de Philippes désignaient ces hommes, officiellement ou couramment, par le titre grec qu’emploient les Actes reste non résolue.

**Où les interprètes divergent**

Des questions restent ouvertes. Les inscriptions latines de Philippes portent IIvir (duovir). Ramsay considérait le titre que les Actes donnent à ces hommes, qu’il rendait par « préteurs », comme un titre de courtoisie ; Brélaz note que ce même titre grec rendait couramment duumvir, comme dans les inscriptions grecques de la colonie de Corinthe. Sur la citoyenneté, Lentz doute qu’un pharisien strict l’ait possédée et y voit un élément du portrait que Luc fait de Paul ; Weber soutient que l’appel à César la suppose. Les critiques demandent aussi pourquoi Paul ne l’a invoquée qu’après la bastonnade. Enfin, le rang de première ville de son district que Actes 16:12 attribue à Philippes s’accorde mal avec le rang, établi de plus longue date, d’Amphipolis comme chef-lieu de la circonscription. Ramsay lisait l’expression comme une marque de fierté civique : un rang que Philippes revendiquait, alors qu’Amphipolis le détenait de l’avis général. D’autres adoptent une variante ou une leçon conjecturale, imprimée dans certaines éditions critiques modernes, qui fait de Philippes une ville du premier district, ou lisent ce classement comme une marque d’honneur plutôt que comme un rang administratif.

**Autres lectures**

- **Cadre exact, scène composée.** Luc ou sa source connaissait le fonctionnement des colonies orientales. Les titres et procédures exacts révèlent une familiarité avec le cadre, mais ils sont compatibles avec un épisode dramatisé ou composé. Selon cette lecture, la révélation tardive de la citoyenneté relève du portrait littéraire que les Actes dressent du haut statut de Paul (ainsi Lentz) plutôt que d’un événement vérifiable.
- **Titre de courtoisie, non erreur technique.** Les magistrats étaient juridiquement des duoviri, comme le montrent les inscriptions. Le titre grec que leur donnent les Actes reflète l’usage poli ou populaire pour les magistrats coloniaux. Ramsay le jugeait exact au niveau de la conversation cultivée plutôt qu’à celui de la précision technique. Brélaz y voit un équivalent grec normal de duumvir, et le LSJ applique le mot aux duoviri coloniaux, bien que son exemple soit tiré des Actes eux-mêmes.
- **Narrateur bien informé, avec un appui indépendant partiel.** Le récit à la première personne du pluriel atteint Philippes (Actes 16:10–17), mais s’interrompt avant l’arrestation. Les propres lettres de Paul rapportent de manière indépendante des mauvais traitements à Philippes (1 Thessaloniciens 2:2) et des coups de verges (2 Corinthiens 11:25). Paley soutenait que la lettre ne dérivait pas des Actes et s’accordait pourtant avec eux ; Ramsay voyait dans le narrateur un homme informé sur place. Les lettres ne confirment toutefois ni la revendication de citoyenneté ni les détails du procès.

**Sources**

- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (University of Zurich), Funerary text for [Varin]ius Macedo, aedile, quaestor, IIvir iure dicundo at Philippi, munerarius (dated 1st century AD), EDCS-15900071 = AE 1938, 52 = Pilhofer, Philippi II 253 = CIPh II.1, 136: <https://edcs.hist.uzh.ch/monument/15900071>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (University of Zurich), Inscription for M. Figilius Pudens, holder of honorary decurional rank (ornamenta decurionalia), aedile, IIvir iure dicundo at Philippi, flamen of Antoninus (AD 138-161), EDCS-43000131 = AE 2006, 1330 = Pilhofer, Philippi II 324a = CIPh II.1, 121: <https://edcs.hist.uzh.ch/monument/43000131>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (University of Zurich), Dedication by col(onia) Philipp(iensium) to the children and grandchildren of Augustus (EDCS date 1st century AD), EDCS-24200017 = CIL III 14206,19 = Pilhofer, Philippi II 452 = CIPh II.1, 15: <https://edcs.hist.uzh.ch/monument/24200017>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (University of Zurich), Lex Coloniae Genetivae Iuliae (Urso charter), ch. 62: each duovir to have two lictors, an accensus, two scribes and two viatores, EDCS-20200004 = CIL II 5439 = ILS 6087 = CIL II²/5, 1022, ch. LXII: <https://edcs.hist.uzh.ch/monument/20200004>
- Cassius Dio, Roman History, Book 51 (Earnest Cary, 1917), 51.4.6: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/51*.html>
- Suetonius, Life of Claudius (J. C. Rolfe, 1914), Claud. 25.3: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Claudius*.html>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen (CCEL text of the 10th edition, 1907), ch. X, §3 'Accusation and Condemnation in Philippi': <https://www.ccel.org/ccel/r/ramsay/paul_roman/cache/paul_roman.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen (CCEL text of the 10th edition, 1907), ch. V, §4 'The Church at Pisidian Antioch': <https://www.ccel.org/ccel/r/ramsay/paul_roman/cache/paul_roman.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen (CCEL text of the 10th edition, 1907), ch. IX, §4 'The Entrance into Macedonia': <https://www.ccel.org/ccel/r/ramsay/paul_roman/cache/paul_roman.txt>
- William Paley, Horae Paulinae (SPCK edition, 1855), ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. IX: <https://archive.org/download/horpaulinortrut00palegoog/horpaulinortrut00palegoog_djvu.txt>

### La dédicace latine qui a permis de localiser Lystre

Ce piédestal portant une inscription latine est le principal élément permettant de situer Lystre, la ville de Lycaonie mentionnée en Actes 14 et 16, sur le tertre de Zoldera, près de Hatunsaray. Dédié au divin Auguste par la colonie « Iulia Felix Gemina Lustra », il montre que Lystre était une colonie romaine à une date postérieure à 14 apr. J.-C. J. R. S. Sterrett l’a copié en juillet 1885. Il ne mentionne pas Paul et ne confirme aucun des événements que les Actes y racontent.

- **Date:** Non datée avec précision. L’inscription est postérieure à 14 apr. J.-C., puisqu’Auguste y est appelé divus ; les notices de catalogue consultées ne donnent aucune date, et dateTo 100 est une borne supérieure conventionnelle. Sterrett l’a copiée en juillet 1885 et publiée en 1888.
- **Lieu de conservation actuel:** Signalée au Musée archéologique de Konya, en Turquie (Bahar et al. 2005, citant MAMA VIII) ; aucune notice de catalogue du musée n’a été confirmée.
- **Références de catalogue:** CIL III 6786; MAMA VIII 5; AE 1888, 89; EDCS-27800574; Sterrett, The Wolfe Expedition to Asia Minor (1888), no. 242
- **Concerne:** Actes 14:6–21; Actes 16:1–2; 2 Timothée 3:11
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- En juillet 1885, J. R. S. Sterrett copia un grand piédestal à quatre faces sur le tertre de Zoldera, à environ quinze minutes au nord de Khatün Serai (l’actuelle Hatunsaray). Il porte une dédicace latine de la « Colonia Iulia Felix Gemina Lustra » (Sterrett n° 242; CIL III 6786).
- Une dédicace civique de cette taille, trouvée sur le tertre même, est le principal élément qui permet d’y placer Lystre, dans la plaine de Lycaonie, au sud-sud-ouest de Konya (l’antique Icone). Dans The Historical Geography of Asia Minor (1890), Ramsay attribua à Sterrett la découverte de la preuve que l’identification antérieure de Leake était juste.
- Au moment de la dédicace, Lystre était une colonie romaine dont les décurions (conseil municipal) honoraient publiquement le divin Auguste. Le texte est donc postérieur à 14 apr. J.-C.
- Cette localisation s’accorde avec les Actes, qui associent Lystre à Derbe comme villes de Lycaonie et la relient à Icone, toute proche (Actes 14:6, 14:19–21; 16:1–2).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Elle ne nomme aucun chrétien. Elle ne peut confirmer ni la guérison, ni l’acclamation de Barnabas et de Paul comme Zeus et Hermès, ni la lapidation de Paul (Actes 14:8–20).
- Elle n’est pas datée avec précision. Elle ne montre ni quand la colonie fut fondée ni à quoi ressemblait la ville lorsque Paul la visita.
- Les Actes n’appellent jamais Lystre une colonie ; la pierre fournit donc un arrière-plan plutôt qu’elle ne confirme une affirmation précise des Actes. Une géographie exacte ne montre pas à elle seule que l’auteur fut un témoin oculaire, ni quand les Actes furent écrits.

**Où les interprètes divergent**

Avant 1885, Lystre avait été située ailleurs ; Sterrett note qu’on la supposait à Bin Bir Kalesi. Ramsay (1890) attribue à Leake l’identification correcte et à Sterrett sa démonstration, et le répertoire géographique Pleiades ainsi que les catalogues épigraphiques la suivent. Des prospections menées depuis 1994 signalent sur le tertre du matériel allant du Chalcolithique à l’époque romaine (Bahar et al. 2005), bien qu’une pierre isolée ait pu, en principe, être déplacée. La question ouverte porte sur l’interprétation. Certains voient dans l’exactitude du cadre lycaonien des Actes le signe d’un récit informé et ancien. D’autres font remarquer que Lystre a existé pendant des siècles et qu’une couleur locale exacte ne vérifie pas l’épisode que racontent les Actes.

**Autres lectures**

- **Propositions de localisation antérieures.** Avant la découverte de Sterrett, Lystre avait été située ailleurs ; Sterrett note qu’on la supposait à Bin Bir Kalesi. Les répertoires géographiques et les catalogues épigraphiques modernes (Pleiades, EDCS) suivent l’identification avec Zoldera, qui repose principalement sur cette dédicace et sur son lieu de découverte, avec l’appui des trouvailles de prospection faites sur le tertre.
- **Lecture des Actes comme composition tardive.** Richard Pervo et d’autres datent les Actes du début du IIe siècle et lisent nombre de leurs épisodes comme des compositions littéraires ; une couleur locale exacte montre donc que l’auteur connaissait la région, non qu’il en fut témoin oculaire. Les interprètes comparent aussi la scène de Zeus et Hermès avec la visite de Jupiter et Mercure en Phrygie chez Ovide (Métamorphoses 8), qu’ils lisent soit comme un modèle littéraire, soit comme une légende régionale que partage la foule des Actes.
- **Lecture favorable à la fiabilité historique.** Ramsay, Hemer et d’autres soutiennent que les Actes traitent avec précision la géographie et la politique lycaoniennes, ce qui suggère un récit informé et probablement ancien. Ils considèrent la localisation confirmée de la colonie comme un élément d’un faisceau d’indices. La pierre elle-même ne porte cependant que sur le cadre.

**Sources**

- J. R. Sitlington Sterrett, The Wolfe Expedition to Asia Minor (Papers of the American School of Classical Studies at Athens, vol. 3), No. 242, p. 142: <https://archive.org/details/papersofamerican03arch/page/142/mode/1up>
- J. R. Sitlington Sterrett, The Wolfe Expedition to Asia Minor (Papers of the American School of Classical Studies at Athens, vol. 3), Itinerary entry for 10 July (Maï to Khatün Serai), p. 141: <https://archive.org/download/papersofamerican03arch/page/n152_w500.jpg>
- J. R. Sitlington Sterrett, The Wolfe Expedition to Asia Minor (Papers of the American School of Classical Studies at Athens, vol. 3), p. 15 (itinerary entry for 1 June, at Serpek): <https://archive.org/details/papersofamerican03arch/page/15/mode/1up>
- Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby, EDCS-27800574 (CIL 03, 06786; MAMA 08, 00005; AE 1888, 00089; place: Hatunsaray / Katin Serai / Lystra): <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/278/27800574.json>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, Ch. V, Note 2 ('Declension of Lystra'); p. 129 in the 1895 first edition: <https://ccel.org/ccel/ramsay/paul_roman/paul_roman.viii.html>
- Pleiades gazetteer of ancient places, Place 648699 (Lystra/Col. Iulia Felix Gemina): <https://pleiades.stoa.org/places/648699/json>
- Wikidata, Q535982 (Lystra): <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q535982.json>

## Monnaies

### Monnaies de Judée de la cinquième année de Néron, attribuées à Festus

De petites monnaies de bronze frappées pour la Judée la cinquième année de Néron (58/59 apr. J.-C.), dont les légendes ne donnent que les noms de Néron et de César et l’année, sont souvent attribuées à Porcius Festus, le gouverneur qui remplaça Félix selon Actes 24:27. Elles s’accordent avec le cadre romain d’Actes 24–25, mais elles ne nomment jamais de gouverneur, si bien qu’elles ne peuvent pas, à elles seules, fixer la date de l’arrivée de Festus ; les propositions vont de 54 à 61 apr. J.-C.

- **Date:** An 5 de Néron (daté L E), 58/59 apr. J.-C., Néron ayant succédé à Claude en octobre 54 (Suétone, Claud. 45) ; le RPC date ce type de 59 apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** Nombreux exemplaires ; le RPC I 4972 en recense 34, dans des collections publiques et privées.
- **Références de catalogue:** RPC I 4972; Meshorer 35 (as cited by RPC I 4972)
- **Concerne:** Actes 24:10; Actes 24:27; Actes 25:1–12; Actes 27:9
- **Degré de certitude:** Moyen
- **Nature de ses appuis:** Discuté

**Ce qu’il établit**

- De petites monnaies de bronze furent frappées pour la Judée au nom de Néron au cours de sa cinquième année de règne (datées L E, 58/59 apr. J.-C.). Une face porte le nom de Néron dans une couronne ; l’autre donne l’année et le nom de César à côté d’une palme. Le RPC catalogue ce type à Jérusalem sous le numéro RPC I 4972 et le date de 59 apr. J.-C.
- Les émissions de Judée datées de l’an 14 de Claude (54 apr. J.-C. ; RPC I 4970-4971), frappées sous le gouvernement de Félix, ne nomment pas davantage de gouverneur. De Saulcy attribua le type de l’an 5 à Porcius Festus, comme le rapporte Madden (1881), et de nombreux catalogues modernes le suivent. Actes 24:27 et Josèphe (Ant. 20.182 ; War 2.271) nomment tous deux Festus comme successeur de Félix, et Josèphe dit que Néron l’envoya.
- Festus mourut en fonction avant l’arrivée d’Albinus (Ant. 20.197-200), et Albinus était procurateur dès la fête des Tabernacles, quatre ans avant la guerre (War 6.300-305) ; le mandat de Festus prit donc fin au plus tard en 62 apr. J.-C.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Les monnaies ne nomment pas de gouverneur. Leur attribution à Festus ou à Félix dépend de la chronologie adoptée : Madden (1881) datait Festus de 60–61 apr. J.-C. et rangeait le type de l’an 5 sous Félix.
- Elles ne fixent pas l’année de l’arrivée de Festus. Y voir sa première émission suppose que les nouveaux gouverneurs frappaient monnaie peu après leur arrivée. Josèphe raconte la nomination de Félix juste avant un événement daté d’après l’achèvement de la douzième année de Claude (vers 53 apr. J.-C. ; Ant. 20.137), alors que les monnaies de Judée de son mandat portant une date du règne de Claude appartiennent à 54 apr. J.-C. Selon ce raisonnement, la frappe ne suivait pas nécessairement l’arrivée.
- Elles ne disent rien de Paul, de ses comparutions devant Félix et Festus, ni de la durée de sa détention (Actes 24:27).

**Où les interprètes divergent**

L’arrivée de Festus, qui dépend de la date du rappel de Félix, a été datée de 54 à 61 apr. J.-C. Les dates hautes reposent sur la Chronique d’Eusèbe, dont le texte arménien place le rappel dans la dernière année de Claude et la version de Jérôme dans la deuxième de Néron, ainsi que sur la remarque de Josèphe selon laquelle Pallas, démis de ses fonctions en 55, protégeait encore Félix (Ant. 20.182 ; Tacite, Ann. 13.14). Schürer répondit que les dates de la Chronique sont souvent arbitraires, que Josèphe place presque tous les actes de Félix sous Néron, et que Pallas fut lavé d’une accusation avant la fin de 55 (Ann. 13.23). Le compliment de Paul sur la longue expérience de Félix comme juge de la nation (Actes 24:10) suggère lui aussi un long mandat. Ramsay data le voyage d’après le jeûne qui, selon Actes 27:9, était passé, et qui tombait le 5 octobre en 59. Si les monnaies de l’an 5 sont celles de Festus, il était en fonction dès 59 apr. J.-C., ce qui va contre 60 ou 61 ; mais cette lecture repose sur une monnaie qui ne nomme aucun gouverneur et sur un schéma de frappe supposé.

**Autres lectures**

- **Rappel précoce de Félix (54–55 apr. J.-C.).** Comme le rapporte Schürer (1890), Kellner plaçait le rappel de Félix en novembre 54 et V. Weber à l’été 55, en invoquant la Chronique d’Eusèbe et l’influence de Pallas auprès de Néron (Ant. 20.182). Schürer répondit que Josèphe place presque tous les actes de Félix sous Néron et que Pallas avait été acquitté avant la fin de 55 (Tacite, Ann. 13.23). Selon cette datation haute, les monnaies de l’an 5 tomberaient au milieu du mandat.
- **Arrivée en 59 apr. J.-C. (Ramsay).** Ramsay data le voyage vers Rome de l’automne 59 par un argument de calendrier, et non par un argument numismatique : le jeûne qui, selon Actes 27:9, était passé tombait le 5 octobre en 59. Son index chronologique place l’emprisonnement de Paul en Palestine de juin 57 à juillet 59 ; selon son calcul, Festus arriva donc en 59. Cela s’accorde avec l’attribution des monnaies de l’an 5 à Festus, qui les aurait frappées dans ses premiers mois.
- **Date traditionnelle (60 apr. J.-C.).** La plupart des chercheurs passés en revue par Schürer en 1890 plaçaient le rappel de Félix en 60, et McGiffert (1890), à la suite de Wieseler, donnait 59–61 comme marge la plus large pour l’entrée en fonction de Festus. Gray-Fow (2016) tient encore l’été 60 pour la date traditionnelle. Selon cette lecture, les monnaies de l’an 5 furent émises sous Félix, comme Madden les classait en 1881, et, selon son classement, on ne connaît aucune monnaie de Festus.

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1895 edition), Ant. 20.182 (Whiston 20.8.9): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston+chapter%3D8%3Awhiston+section%3D9>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1895 edition), Ant. 20.137-138 (Whiston 20.7.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston+chapter%3D7%3Awhiston+section%3D1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1895 edition), Ant. 20.197 (Whiston 20.9.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston+chapter%3D9%3Awhiston+section%3D1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1895 edition), Ant. 20.200 (Whiston 20.9.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston+chapter%3D9%3Awhiston+section%3D1>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1895 edition), War 2.271 (Whiston 2.14.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0148%3Abook%3D2%3Awhiston+chapter%3D14%3Awhiston+section%3D1>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1895 edition), War 6.300 (Whiston 6.5.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0148%3Abook%3D6%3Awhiston+chapter%3D5%3Awhiston+section%3D3>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1895 edition), War 6.305 (Whiston 6.5.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0148%3Abook%3D6%3Awhiston+chapter%3D5%3Awhiston+section%3D3>
- Tacitus, Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1942 reprint), Ann. 13.14 (narrative of AD 55): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0078%3Abook%3D13%3Achapter%3D14>
- Tacitus, Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1942 reprint), Ann. 13.23 (narrative of AD 55): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0078%3Abook%3D13%3Achapter%3D23>
- Suetonius, Lives of the Caesars: Claudius (J. C. Rolfe, 1914), Claud. 45: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Claudius*.html>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.22.1: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Arthur Cushman McGiffert, Notes to Eusebius, Church History (NPNF, Second Series, vol. 1), HE 2.22.1, note 469: <https://ccel.org/ccel/schaff/npnf201/npnf201.iii.vii.xxiii.html>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen (CCEL text of the 10th edition, 1907), ch. XIV, §3 'The Council': <https://www.ccel.org/ccel/r/ramsay/paul_roman/cache/paul_roman.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen (CCEL text of the 10th edition, 1907), Chronological Index to the Life of St. Paul: <https://www.ccel.org/ccel/r/ramsay/paul_roman/cache/paul_roman.txt>

## Lieux et édifices

### Le grand théâtre d’Éphèse

Le grand théâtre d’Éphèse, creusé dans le flanc du Panayır Dağı, est le lieu réel et encore visible où Actes 19:29 situe la foule. Il accueillait probablement déjà une foule nombreuse à l’époque hellénistique, et une inscription dans le théâtre même montre que l’assemblée des citoyens s’y réunissait au plus tard en 104 apr. J.-C. Le site confirme le cadre, non l’émeute, et la plupart des vestiges visibles sont postérieurs à Paul.

- **Date:** Bâtiment de scène hellénistique, première moitié du IIe siècle av. J.-C. (la date et la forme d’origine de l’auditorium ne peuvent être déterminées) ; principal agrandissement romain sous Domitien et Trajan (vers 81-117 apr. J.-C.) ; inscription de Salutaris, 104 apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** In situ, site archéologique d’Éphèse, Selçuk (province d’İzmir), Turquie ; inscription de Salutaris en partie in situ, certains blocs au British Museum
- **Références de catalogue:** I.Ephesos 27; SEG 15, 698; SEG 41, 974; GIBM III 481
- **Concerne:** Actes 19:23–41; Actes 19:29–31; Actes 19:35–41; Actes 19:39; 1 Corinthiens 15:32; 1 Corinthiens 16:8–9; 2 Corinthiens 1:8–10
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Un théâtre se dressait à Éphèse, adossé au flanc du Panayır Dağı, bien avant le séjour de Paul. Son bâtiment de scène date de la première moitié du IIe siècle av. J.-C. et comptait parmi les plus grands bâtiments de scène hellénistiques d’Asie Mineure, ce qui suggère un vaste auditorium, bien que sa taille exacte soit inconnue.
- L’inscription de Salutaris (I.Ephesos 27, 104 apr. J.-C.), gravée sur le mur de l’entrée sud du théâtre, prévoit que des images d’Artémis et d’autres figures soient portées depuis son temple jusqu’au théâtre et installées lors de chaque assemblée statutaire. À cette date, le théâtre était à la fois le lieu de réunion de l’assemblée des citoyens et une scène pour la dévotion à Artémis, ce qui correspond au cadre d’Actes 19:23–41.
- Le site et l’inscription donnent sens, selon les usages d’Éphèse, à l’opposition que font les Actes entre la foule rassemblée au théâtre et l’assemblée régulièrement convoquée qu’invoque le secrétaire de la ville (Actes 19:39).
- La plus grande partie de ce que voient aujourd’hui les visiteurs, y compris la façade de scène et les gradins supérieurs agrandis (diamètre proche de 150 m), appartient à un agrandissement daté principalement des règnes de Domitien et de Trajan (vers 81-117 apr. J.-C.), après Paul. Au milieu des années 50, l’édifice était le théâtre hellénistique antérieur, avec quelques modifications du début de l’Empire.
- Un récit légendaire du IIIe siècle montre Apollonius conduisant toute la population d’Éphèse au théâtre (Philostrate, Vie d’Apollonius de Tyane 4.10). Il est tardif et ne constitue pas un témoignage indépendant en faveur des Actes, mais il montre que le théâtre restait dans les mémoires comme le lieu où la cité se rassemblait.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Le site ne confirme pas de manière indépendante que l’émeute d’Actes 19:23–41 a eu lieu, ni aucun de ses détails : Démétrius, la capture de Gaïus et d’Aristarque, Alexandre, ou les deux heures de cris. Rien de ce qui a été trouvé au théâtre ne nomme Paul ni le tumulte.
- Les chiffres de capacité (le propre calcul de Wood, 24 500 places, en 1877 ; environ 20 000 pour la cavea romaine dans le volume autrichien de 2017 ; jusqu’à 25 000 dans Pleiades) décrivent l’édifice romain agrandi ou reposent sur des reconstitutions. Ils n’indiquent pas combien de personnes le théâtre pouvait accueillir au milieu des années 50 ni combien étaient présentes, et les Actes ne donnent aucun chiffre.
- L’inscription de Salutaris est postérieure d’environ cinquante ans au séjour de Paul et emploie, pour une assemblée régulière, un adjectif grec différent de celui d’Actes 19:39. Elle illustre la pratique civique, non les événements des années 50. Les Actes ne disent pas non plus que Paul est entré au théâtre ou y a parlé (Actes 19:30–31), malgré certains récits populaires.

**Où les interprètes divergent**

Deux questions restent ouvertes. La première porte sur l’apparence de l’édifice à l’époque de Paul. Les recherches autrichiennes datent le principal agrandissement romain et la façade de scène de Domitien et de Trajan, alors que des travaux plus anciens dataient les premiers étages de la façade de 66 apr. J.-C. ; le rapport de fouilles de 2017 conclut aussi que la date et la forme de l’auditorium hellénistique ne peuvent être déterminées, de sorte que sa capacité à cette époque est incertaine. La seconde porte sur ce qu’implique un cadre exact. Sherwin-White et Hemer voyaient dans la précision des détails civiques le signe d’une tradition bien informée. Pervo lit l’épisode comme un morceau de bravoure littéraire, et d’autres font remarquer qu’un auteur plus tardif et informé pouvait fournir une telle couleur locale ; le cadre ne peut donc à lui seul confirmer l’émeute.

**Autres lectures**

- **Un cadre exact pour un trouble réel.** Luc s’est appuyé sur des informations fiables concernant une crise réelle à Éphèse. Le théâtre comme lieu de réunion, la terminologie de l’assemblée, le secrétaire de la ville et les asiarques correspondent à l’Éphèse du début de l’Empire (Sherwin-White, Hemer) ; Ramsay a qualifié la scène de tableau le plus instructif qui nous soit parvenu de la société d’une cité d’Asie. Les lettres de Paul font état d’un grave danger à Éphèse et en Asie (1 Corinthiens 15:32 ; 1 Corinthiens 16:8–9 ; 2 Corinthiens 1:8–10), mais jamais d’une émeute au théâtre.
- **Un morceau de bravoure littéraire sur une scène familière.** L’épisode est en grande partie une composition dramatique de Luc, à la manière des scènes de foule que Pervo compare aux romans antiques. Le théâtre, la dévotion à Artémis et les fonctions civiques étaient des traits publics et durables d’Éphèse, encore très présents en 104 apr. J.-C. ; un auteur informé pouvait donc y situer une scène sans source précise. Selon ce point de vue, l’exactitude du cadre ne confirme pas l’événement et ne permet pas non plus de dater les Actes.
- **Un trouble réel, une scène composée.** Une position intermédiaire estime qu’un trouble réel se trouve derrière le récit, puisque les lettres de Paul attestent un grave danger à Éphèse, mais que Luc a composé la scène et ses discours. Selon ce point de vue, le cadre appuie une tradition de conflit sans en confirmer les détails.

**Sources**

- Pleiades, Theater of Ephesus, Pleiades 818256726 (connected to Ephesus 599612): <https://pleiades.stoa.org/places/818256726/json>
- Wikidata, Theater (Ephesus), Q15723477: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q15723477.json>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XII, sec. 5, p. 277: <https://archive.org/download/paulthetraveller00ramsuoft/paulthetraveller00ramsuoft_djvu.txt>
- Philostratus, The Life of Apollonius of Tyana (F. C. Conybeare, 1912), VA 4.10: <https://archive.org/download/lifeofapollonius00philuoft/lifeofapollonius00philuoft_djvu.txt>

### [Le bêma (rostres) du forum romain de Corinthe](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/corinth-bema)

Peut-être, mais sans preuve. La grande plateforme du forum romain de Corinthe est une candidate raisonnable pour le tribunal (bēma) où Gallion refusa de juger Paul (Actes 18:12–17). Kent a restitué des fragments de marbre dispersés comme la désignant comme les rostres de la colonie, et une plateforme se dressait probablement à cet endroit à l’époque de Paul. Aucune source ancienne ne nomme le lieu, l’identification est une inférence moderne tirée des fouilles, et un tribunal dans la basilique julienne constitue une alternative sérieuse.

- **Date:** Plateforme probablement construite peu après la fondation de la colonie en 44 av. J.-C., d’abord avec une façade en poros (Corinth Computer Project ; Kent). Un épistyle inscrit provenant de l’alcôve orientale à banquettes est provisoirement daté de l’époque d’Auguste (Kent 157). Kent datait le revêtement de marbre (Kent 322), d’après la forme des lettres, de la première moitié du Ier siècle apr. J.-C., probablement du deuxième quart, bien que son tableau des constructions le range sous Claude. Une église ou une chapelle funéraire se dressait à proximité dès le IXe ou le début du Xe siècle ; une église sur la plateforme est certaine au XIIe siècle (Scranton).
- **Lieu de conservation actuel:** Plateforme in situ dans le forum romain du site archéologique de Corinthe antique, Grèce. Les fragments de revêtement de Kent 322 (inv. de Kent 285, 410, 682, 727, 1929, 2119) appartiennent à la collection des Corinth Excavations ; leur lieu de conservation ou d’exposition n’a pas été vérifié.
- **Références de catalogue:** Corinth VIII.3 322; Corinth VIII.2 47; Corinth VIII.2 52; Corinth VIII.3 157; Corinth VIII.3 306; Corinth VIII.3 728; AE 1939, 110; AE 1947, 198; EDCS-08200272; EDCS-15300190
- **Concerne:** Actes 18:12–17; Actes 25:6; Actes 25:17; Jean 19:13
- **Degré de certitude:** Moyen
- **Nature de ses appuis:** Reconstitué

**Ce qu’il établit**

- Kent a assemblé des fragments de revêtement en marbre blanc, trouvés en 1901-1938 autour du forum, en un texte de construction dont il a restitué les lettres conservées ROST en rost[ra] (Corinth VIII.3 322 ; EDCS-08200272). En faisant correspondre l’épaisseur et la finition de la dalle à celles du parement de la plateforme, il a conclu que la plateforme centrale était officiellement les Rostra, l’équivalent latin du bēma grec (tribunal).
- Un épistyle inscrit provenant de la schola orientale est provisoirement daté de l’époque d’Auguste (Kent 157). Kent datait le revêtement de marbre de la première moitié du Ier siècle, probablement du deuxième quart, bien que son tableau des constructions le range sous Claude. Une plateforme, au moins sous une forme antérieure à parement de poros, se dressait donc probablement sur le forum lorsque Gallion gouvernait l’Achaïe au début des années 50.
- Corinthe possédait vers 170 apr. J.-C. des rostres d’où l’on lisait les lettres officielles (Kent 306 ; AE 1939, 110). Le texte ne précise pas de quelle structure il s’agissait, et il ne montre que la pratique du IIe siècle.
- Actes 18:12, 16 et 17 situent l’audience de Gallion devant un bēma. Les fouilles montrent que le centre civique de Corinthe comportait une plateforme publique bien en vue de ce type ; le cadre décrit par Luc correspond donc à la topographie de la ville. Toute capitale provinciale aurait possédé un tel tribunal ; la correspondance est donc attendue plutôt que distinctive.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Que Paul ait comparu devant cette plateforme. Aucun texte ni aucune inscription antique ne la relie à Gallion ou à Paul ; l’identification est une inférence moderne tirée de l’emplacement et de la fonction de la plateforme.
- La date ou les détails de l’audience. Le mandat de Gallion est daté par un document distinct, la lettre de Claude conservée à Delphes, et les Actes sont le seul récit de l’audience.
- Une mémoire chrétienne continue de Paul en ce lieu. Une église ou une chapelle funéraire se dressait près de la plateforme dès le IXe ou le début du Xe siècle, et une église sur la plateforme est certaine au XIIe ; Scranton jugeait difficile d’établir la continuité nécessaire depuis l’Antiquité. Une inscription des IXe-Xe siècles nommant une église de [Saint] Paul (Kent 728) atteste une dédicace à Paul à cette date, non une mémoire du Ier siècle.

**Où les interprètes divergent**

Kent jugeait assurée l’identification des rostres du gouverneur, et les catalogues ultérieurs (EDCS) reproduisent sa restitution, bien que seules les lettres ROST du mot clé subsistent et que Kent ait admis que sa restitution pourrait ne pas se révéler exacte dans tous ses détails. Trois questions restent ouvertes. Premièrement, l’audience de Gallion s’est-elle tenue devant cette plateforme ou devant un tribunal situé ailleurs ? Selon la présentation de l’éditeur de Corinth XXII (2022), la basilique julienne était le siège probable du tribunal impérial de la province. Deuxièmement, quelle part de la phase en marbre visible aujourd’hui est antérieure au mandat de Gallion ? Troisièmement, l’église médiévale sur la plateforme conserve-t-elle une mémoire ancienne ou reflète-t-elle une identification plus tardive ?

**Autres lectures**

- **Audience tenue dans une basilique.** Les audiences proconsulaires formelles ont pu se tenir dans une basilique plutôt que sur les rostres en plein air. La présentation de l’éditeur de Corinth XXII (2022) qualifie la basilique julienne, à l’extrémité orientale du forum, de siège probable du tribunal impérial de l’Achaïe. Le tribunal de Gallion a pu se trouver là. Cette présentation ne traite pas de Paul.
- **Bēma désigne le tribunal, non un bâtiment.** Les Actes emploient le même terme pour le tribunal de Festus à Césarée (Actes 25:6; Actes 25:17), et l’Évangile de Jean l’emploie pour celui de Pilate au lieu appelé le Pavé (Jean 19:13). Le tribunal d’un gouverneur est décrit dans des cadres différents ; Actes 18 ne désigne donc pas nécessairement les rostres permanents, et la plateforme du forum n’est qu’une candidate plausible parmi d’autres.
- **Identification médiévale plutôt que mémoire.** L’église byzantine sur la plateforme pourrait refléter une identification chrétienne plus tardive du site plutôt qu’une mémoire transmise depuis le Ier siècle. Scranton jugeait difficile d’établir la continuité nécessaire, et la plus ancienne dédicace à Paul attestée à proximité (Kent 728) date du IXe ou du Xe siècle.
- **Structure antérieure ou inachevée à l’époque de Paul.** Le tableau des constructions de Kent place le revêtement de marbre sous Claude (41-54 apr. J.-C.), bien que son texte privilégie le deuxième quart du siècle. Les rostres de marbre ont donc pu être achevés juste avant le mandat de Gallion ou après celui-ci, et Paul a pu voir la plateforme antérieure à parement de poros (calcaire local).

**Sources**

- Epigraphik-Datenbank Clauss-Slaby, EDCS record of the rostra revetment inscription, Corinth (cites West no. 47; = Kent no. 322), EDCS-08200272: <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/082/08200272.json>
- Epigraphik-Datenbank Clauss-Slaby, EDCS record of a governor's letter to Corinth with the note that it was read from the rostra (AE 1939, 110; = Kent no. 306), EDCS-15300190: <https://edcs.hist.uzh.ch/data/monument/153/15300190.json>
- Pleiades, Corinthus/Korinthos, 570182: <https://pleiades.stoa.org/places/570182/json>

## Papyrus et manuscrits

### [Le papyrus 46 (P46), le plus ancien manuscrit conservant une large partie des lettres de Paul](https://paulineletters.com/fr/explore/evidence/papyrus-46)

P46 est le plus ancien manuscrit conservant une large partie des lettres de Paul : 86 feuillets d’un codex de papyrus grec provenant d’Égypte, daté d’environ 200 apr. J.-C. et aujourd’hui partagé entre Dublin et Ann Arbor. Il montre que les lettres Romains, Hébreux, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens, Éphésiens, Galates, Philippiens, Colossiens et 1 Thessaloniciens étaient copiées ensemble en un seul livre. Sa date repose sur l’écriture et est débattue, et ses feuillets perdus laissent ouverte la question de savoir s’il contenait 2 Thessaloniciens, Philémon ou les lettres pastorales.

- **Date:** Vers 200 apr. J.-C., d’après la seule écriture. L’INTF indique le début du IIIe siècle (200-225), le CSNTM la fin du IIe ou le début du IIIe siècle (vers 200), et une étiquette d’exposition de la Chester Beatty Library le IIIe siècle de notre ère. Les propositions publiées vont de la fin du Ier siècle au IIIe siècle.
- **Lieu de conservation actuel:** Chester Beatty Library, Dublin (BP II, 56 feuillets) ; University of Michigan Library, Ann Arbor (inv. 6238, 30 feuillets)
- **Références de catalogue:** Gregory-Aland P46; INTF Liste docID 10046; Chester Beatty Library BP II; University of Michigan Library inv. 6238
- **Concerne:** Romains 15:33; Romains 14:24–26; Romains 16:1–23; Éphésiens 1:1; 1 Thessaloniciens 5:23–28
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Quatre-vingt-six feuillets d’un même codex de papyrus grec des lettres de Paul subsistent, répartis entre la Chester Beatty Library de Dublin (BP II, 56 feuillets) et la University of Michigan Library d’Ann Arbor (inv. 6238, 30 feuillets). Les catalogues le datent d’environ 200 apr. J.-C. sur des bases paléographiques. Il provient d’Égypte : une étiquette d’exposition de la Chester Beatty Library indique l’Égypte et le IIIe siècle de notre ère pour un feuillet (BP II f.61).
- Les feuillets conservés contiennent, dans cet ordre : Romains (à partir de 5:17, avec des lacunes), Hébreux, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens, Éphésiens, Galates, Philippiens, Colossiens et 1 Thessaloniciens (fragmentaire, s’interrompant en 5:28). Ces lettres étaient donc copiées ensemble en un seul livre, l’épître aux Hébreux étant placée immédiatement après l’épître aux Romains.
- Dans P46, l’épître aux Romains contient déjà le chapitre 16, avec la recommandation de Phœbé de Cenchrées et les salutations à Prisca, à Aquilas et à d’autres (16:1–23). Mais elle place la doxologie finale après 15:33 et passe directement de 16:23 au titre de l’épître aux Hébreux. La doxologie correspond à 16:25–27 dans les éditions critiques et à 14:24–26 dans la numérotation de la WEB.
- Son épître aux Éphésiens porte le titre de lettre aux Éphésiens, mais la salutation, en Éphésiens 1:1, ne nomme aucune ville destinataire. P46 est donc un témoin ancien de cette forme du verset.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Si le codex a jamais contenu 2 Thessaloniciens, Philémon ou les lettres pastorales. Ses premiers et derniers feuillets sont perdus, et les jugements sur la quantité de texte que les feuillets manquants pouvaient contenir sont des estimations.
- Qui a écrit l’une ou l’autre des lettres qu’il contient. L’inclusion de l’épître aux Hébreux montre que les utilisateurs du codex la rangeaient avec les lettres de Paul. C’est un indice de leur opinion, non de l’identité de son auteur. Les avis divergeaient : Clément d’Alexandrie attribuait l’épître aux Hébreux à Paul, tandis qu’à Rome Caïus ne comptait que treize lettres de Paul (Eusèbe, Histoire ecclésiastique 6.14.2 ; 6.20.3).
- Une date exacte, ou les événements des Actes. La date vient de l’écriture, non d’une indication du manuscrit. Le codex atteste le texte et la circulation des lettres, non l’histoire qu’elles décrivent ni le récit qu’en font les Actes.

**Où les interprètes divergent**

Trois questions restent ouvertes. La date : la plupart des paléographes situent l’écriture vers 200 apr. J.-C. ; l’INTF, ainsi qu’Orsini et Clarysse, la placent au début du IIIe siècle, et Griffin a plaidé pour environ 175-225. Kim a proposé la fin du Ier siècle (peu suivi), Comfort et Barrett le milieu du IIe siècle, tandis que Sanders, premier éditeur des feuillets du Michigan, l’attribuait au IIIe siècle. Le contenu : Kenyon jugeait les derniers feuillets perdus trop peu nombreux pour les lettres pastorales, tandis que Duff soutenait que le copiste resserrait le texte et aurait pu ajouter des feuillets. L’édition de Marcion ne les contenait pas non plus (Tertullien, Contre Marcion 5.21), mais c’est une analogie tirée d’une autre région et d’un autre groupe, non une preuve concernant ce codex. L’épître aux Romains : la doxologie placée après 15:33 marque-t-elle une édition en quinze chapitres (Manson), ou un déplacement secondaire dans une lettre originale de seize chapitres (Gamble) ?

**Autres lectures**

- **Datation plus ancienne.** Kim (1988) a daté P46 de la fin du Ier siècle, et Comfort et Barrett (2001) du milieu du IIe. Si l’un ou l’autre a raison, la collection est plus ancienne encore. La plupart des paléographes préfèrent environ 200 apr. J.-C., et toute datation par l’écriture comporte une marge de plusieurs décennies.
- **Pastorales prévues ou ajoutées (Duff).** Duff (1998) a soutenu que le copiste resserrait le texte dans les dernières pages et avait peut-être prévu des feuillets supplémentaires, de sorte que le codex était peut-être destiné à inclure les lettres pastorales. Le jugement contraire de Kenyon repose sur une estimation de la place qu’offraient les feuillets perdus. Les feuillets conservés ne permettent de trancher la question ni dans un sens ni dans l’autre.
- **Une épître aux Romains en quinze chapitres.** Manson voyait dans la doxologie placée après 15:33 la fin d’une édition en quinze chapitres envoyée à Rome, le chapitre 16 appartenant à une copie destinée à Éphèse. Gamble a soutenu que la lettre en seize chapitres est originale. P46 lui-même copie bien le chapitre 16 comme partie de l’épître aux Romains.

**Sources**

- Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF NTVMR, page-level record), Gregory-Aland P46 (INTF docID 10046): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10046&detail=page>
- Chester Beatty online exhibition page: New Testament (label for the Pauline Epistles leaf), CBL BP II f.61: <https://chesterbeatty.ie/exhibitions/fragments/new-testament/>
- CSNTM manuscript record: P46, GA P46: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>
- INTF NTVMR transcription of P46, P46 folio 20r: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=10046&pageID=210&format=xhtml>
- INTF NTVMR transcription of P46, P46 folio 21v: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=10046&pageID=240&format=xhtml>
- INTF NTVMR transcription of P46, P46 folio 75r: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=10046&pageID=1310&format=xhtml>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 6.14.2: <https://www.newadvent.org/fathers/250106.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 6.20.3: <https://www.newadvent.org/fathers/250106.htm>
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21.1: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Wikidata item: Papyrus 46, Q1513469: <https://www.wikidata.org/wiki/Q1513469>

### Le papyrus 32 : un fragment ancien de la lettre à Tite

P32 est un petit fragment de papyrus conservé à Manchester (P.Ryl. 1 5) qui préserve des parties de Tite 1:11–15 et 2:3–8 provenant d’un feuillet de codex. Daté par l’écriture du IIIe siècle (INTF : 200-225 apr. J.-C. ; Hunt le jugeait peut-être plus tardif qu’une écriture comparable du IIIe siècle), il fait partie, avec P133, des plus anciens manuscrits conservés des lettres pastorales. Il montre que l’épître à Tite était alors copiée sous forme de livre ; il ne peut trancher ni qui a écrit la lettre, ni quand.

- **Date:** IIIe siècle d’après l’écriture (Hunt 1911, qui le jugeait peut-être plus tardif que l’écriture du IIIe siècle à laquelle il le comparait) ; début du IIIe siècle, 200-225 apr. J.-C., dans le catalogue de l’INTF. L’intervalle 200-299 couvre les deux jugements.
- **Lieu de conservation actuel:** John Rylands Library, University of Manchester (Gr. P. 5)
- **Références de catalogue:** Gregory-Aland P32; P.Ryl. 1 5; Manchester, John Rylands Library, Gr. P. 5
- **Concerne:** Tite 1:11–15; Tite 2:3–8; Tite 3:10; 1 Timothée 3:13–4:8; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Un fragment d’environ 10,6 sur 4,9 cm, provenant du bas d’un feuillet de codex en papyrus, préserve des parties de Tite 1:11–15 sur une face et de Tite 2:3–8 sur l’autre. A. S. Hunt l’a publié en 1911 sous la cote P.Ryl. 1 5, et il est catalogué comme P32 de Gregory-Aland (Manchester, Gr. P. 5).
- Sa date repose sur la seule écriture. Hunt (1911) a comparé l’écriture à celle du papyrus de la Genèse d’Oxyrhynque (P.Oxy. 656), l’a attribuée au IIIe siècle et l’a jugée peut-être la plus tardive des deux. Le catalogue de l’INTF indique 200-225 apr. J.-C.
- Avec P133 (1 Timothée 3:13–4:8, catalogué comme du IIIe siècle), il fait partie des plus anciens manuscrits connus des lettres pastorales. Aucune des trois Pastorales ne figure dans les feuillets conservés de P46, le codex de papyrus des lettres pauliniennes du début du IIIe siècle.
- Hunt (1911) a relevé, dans un mot de Tite 2:7, une variante ancienne d’une seule lettre qu’il ne connaissait par ailleurs que comme variante consignée dans deux manuscrits du IXe siècle. Il a averti que son ancienneté ne prouve pas qu’elle soit originale.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Il ne montre pas qui a écrit l’épître à Tite ni quand. Une copie faite plus d’un siècle après Paul s’accorde aussi bien avec une rédaction par Paul qu’avec une composition sous son nom après sa mort.
- Ce n’est pas la plus ancienne preuve de l’existence de l’épître à Tite. Irénée, écrivant à la fin du IIe siècle, attribue déjà Tite 3:10 à Paul et mentionne les lettres de Paul à Timothée (Contre les hérésies 3.3.3-4).
- Il ne peut montrer ce que son codex contenait d’autre (l’épître à Tite seule, les trois Pastorales ou une collection paulinienne plus large), ni où il a été copié ou trouvé. Hunt n’indique aucun lieu de découverte, ce qui, selon la pratique qu’il a lui-même énoncée, signifie que la provenance n’était pas connue avec certitude.

**Où les interprètes divergent**

Deux questions restent ouvertes. La première est la date. P32 n’est daté que par l’écriture, si bien que toute date est une estimation : Hunt disait IIIe siècle, peut-être plus tardif que l’écriture à laquelle il le comparait, et le catalogue de l’INTF indique 200-225 apr. J.-C. La seconde est la portée. Tertullien rapporte que l’épître à Tite manquait dans la collection de Marcion, au milieu du IIe siècle, et elle ne figure pas dans ce qui subsiste de P46. Certains expliquent ces absences par un rejet ou une omission ; d’autres y voient des signes d’une composition plus tardive. P32 montre que l’épître à Tite était copiée comme un livre dès le IIIe siècle, mais il ne peut trancher la question de l’auteur.

**Autres lectures**

- **Écrite par Paul.** Beaucoup de spécialistes évangéliques, et certains autres, tiennent que Paul a écrit l’épître à Tite, peut-être avec un secrétaire, après avoir été libéré de la détention à Rome décrite en Actes 28:30–31 ; les Actes ne racontent pas cette libération, mais cette hypothèse la reconstitue à partir des lettres et de la tradition ultérieure. P32 est compatible avec cette hypothèse mais ne peut la prouver, car c’est une copie faite longtemps après la vie de Paul.
- **Écrite plus tard sous le nom de Paul.** Beaucoup de spécialistes critiques considèrent les lettres pastorales comme l’œuvre d’un continuateur écrivant sous le nom de Paul après sa mort. Ils invoquent le vocabulaire, l’organisation de l’Église et l’absence de ces lettres dans la collection de Marcion. Une copie du IIIe siècle est tout aussi compatible avec cette hypothèse.
- **Une fenêtre de datation plus large pour le fragment.** Comme P32 n’est daté que par comparaison d’écritures, sa date est une fenêtre approximative plutôt qu’un point fixe. Hunt lui-même le jugeait peut-être plus tardif que le papyrus de la Genèse du IIIe siècle auquel il le comparait ; une date plus avancée dans le IIIe siècle ne peut donc être exclue.

**Sources**

- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF online catalogue), Gregory-Aland P32: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10032&detail=page>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF online catalogue), Gregory-Aland P133: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10133&detail=page>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF online catalogue), Gregory-Aland P46: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10046&detail=page>
- Tertullian, Against Marcion (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21.1: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Irenaeus, Against Heresies (Ante-Nicene Fathers vol. 1) (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Against Heresies 3.3.3-4: <https://www.newadvent.org/fathers/0103303.htm>

### Le papyrus 30 (P. Oxy. 1598), fragments de 1 Thessaloniciens et de 2 Thessaloniciens conservés à Gand

P30 montre que, vers le IIIe siècle environ, 1 Thessaloniciens et 2 Thessaloniciens étaient copiées l’une après l’autre, probablement dans un recueil des lettres de Paul. Ses fragments, issus d’un codex découvert à Oxyrhynque et aujourd’hui conservé à Gand, préservent des parties de 1 Thessaloniciens 4–5 et le début de 2 Thessaloniciens, avec les numéros de page 207-208, qui selon ses premiers éditeurs indiquaient un tel recueil. Il ne peut montrer ni quand, ni où, ni par qui les lettres furent écrites.

- **Date:** IIIe siècle selon la notice du CSNTM et, au niveau de la cote, dans la Liste de l’INTF, dont l’en-tête indique « E II - A III » (fin du IIe au début du IIIe siècle). Les premiers éditeurs situaient l’écriture probablement à la fin du IIIe siècle, tout en intitulant leur notice fin du IIIe ou IVe siècle.
- **Lieu de conservation actuel:** Bibliothèque de l’université de Gand, Inv. 61
- **Références de catalogue:** Gregory-Aland P30; P. Oxy. XIII 1598; Ghent University Library Inv. 61; INTF Liste docID 10030
- **Concerne:** 1 Thessaloniciens 4:12–13; 1 Thessaloniciens 4:16–17; 1 Thessaloniciens 5:3; 1 Thessaloniciens 5:8–10; 1 Thessaloniciens 5:12–18; 1 Thessaloniciens 5:25–28; 2 Thessaloniciens 1:1–2; Actes 17:1–10
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Un codex de papyrus provenant d’Oxyrhynque, en Égypte, contenait 1 Thessaloniciens et fut copié au IIIe siècle ; ses premiers éditeurs admettaient le IVe. Subsistent quatre fragments de deux feuillets consécutifs et un débris non identifié, à raison d’une colonne d’environ 34 lignes par page. Les feuillets conservent 1 Thessaloniciens 4:12–13, 4:16–17, 5:3, 5:8–10, 5:12–18 et 5:25–28, avec de larges lacunes.
- Dans ce codex, 2 Thessaloniciens venait directement après 1 Thessaloniciens. Une colonne contient, dans l’ordre, la fin de 1 Thessaloniciens, le titre final de la première lettre, le titre initial de la seconde et sa salutation (2 Thessaloniciens 1:1–2). Une partie de la salutation subsiste, dont une partie du nom Silvain.
- Les numéros de page 207 et 208 subsistent, de sorte qu’environ 206 pages précédaient 1 Thessaloniciens 4:12. Grenfell et Hunt (1919) ont noté que l’ordre habituel des lettres de Paul, de Romains à 1 Thessaloniciens, remplirait exactement ces pages, et ont suggéré que le livre était un recueil des lettres de Paul. C’est leur déduction.
- Le texte est mixte. Les premiers éditeurs l’ont trouvé en accord tantôt avec le Codex Vaticanus, tantôt avec le Sinaiticus et l’Alexandrinus. Selon leur lecture, 1 Thessaloniciens se termine par le titre court que l’on trouve dans le Sinaiticus et dans la première main du Vaticanus. Il lui manque les souscriptions qu’ajoutent d’autres manuscrits, dont l’une affirme que la lettre fut écrite d’Athènes.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Il ne date ni ne situe la rédaction de l’une ou l’autre lettre. C’est une copie faite environ deux siècles plus tard, et l’absence de la souscription « d’Athènes » ne confirme ni ne réfute aucune opinion sur le lieu où Paul a écrit 1 Thessaloniciens.
- Il ne tranche pas la question de l’auteur de 2 Thessaloniciens. Il montre seulement que, au IIIe siècle, ce codex la présentait comme la deuxième lettre aux Thessaloniciens, directement après la première et probablement au sein d’un recueil paulinien.
- Il ne vérifie pas le récit des Actes sur la mission de Paul à Thessalonique (Actes 17:1–10).
- Le contenu et l’ordre des 206 pages perdues sont déduits d’un calcul de pagination ; personne ne les a vus.

**Où les interprètes divergent**

La date repose uniquement sur l’écriture. Grenfell et Hunt situaient l’écriture probablement à la fin du IIIe siècle, mais intitulaient leur notice fin du IIIe ou IVe siècle. Le CSNTM indique le IIIe siècle, de même que la Liste de l’INTF au niveau de la cote, dont l’en-tête indique « E II - A III » (fin du IIe au début du IIIe siècle). L’idée que le codex était un recueil des lettres de Paul repose sur un calcul de pagination. Environ 206 pages perdues correspondent à la séquence habituelle de Romains à 1 Thessaloniciens, mais d’autres contenus de longueur semblable ne peuvent être exclus. La question de savoir si Paul a écrit 2 Thessaloniciens est débattue ; le papyrus éclaire la manière dont la lettre a été copiée, non l’identité de son auteur.

**Autres lectures**

- **Une copie un peu plus tardive.** Les premiers éditeurs intitulaient leur notice du papyrus fin du IIIe ou IVe siècle, tout en préférant la fin du IIIe. Si l’extrémité tardive de cette fourchette est la bonne, le contenu n’en est pas affecté, mais P30 serait un témoin légèrement plus tardif.
- **Une copie un peu plus ancienne.** L’en-tête de la Liste de l’INTF date P30 « E II - A III », de la fin du IIe au début du IIIe siècle. La date repose toujours uniquement sur l’écriture, et le contenu n’en est pas affecté.
- **Pas nécessairement un corpus paulinien complet.** Les numéros de page prouvent seulement qu’environ 206 pages précédaient 1 Thessaloniciens 4:12. Une autre sélection ou un autre ordre de textes de longueur semblable pourrait occuper le même espace. « Un recueil des lettres de Paul » est la déduction probable des éditeurs, et non une chose que quelqu’un a observée.
- **2 Thessaloniciens comme pseudépigraphe.** De nombreux spécialistes critiques estiment que 2 Thessaloniciens a été écrite sous le nom de Paul par un auteur plus tardif. Selon cette lecture, P30 montre néanmoins qu’au IIIe siècle la lettre était copiée immédiatement après 1 Thessaloniciens comme deuxième lettre aux Thessaloniciens. Le papyrus s’accorde avec l’une ou l’autre opinion sur l’auteur.

**Sources**

- Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF, New Testament Virtual Manuscript Room), Gregory-Aland P30 (docID 10030): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10030&detail=page>
- CSNTM manuscript record: P30, GA P30: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P30>
- Wikidata item: Papyrus 30, Q2051048: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q2051048.json>

### Le papyrus 87, fragment de Philémon conservé à Cologne

Le papyrus 87 est un petit fragment de page de codex, aujourd’hui à Cologne, qui conserve des parties de Philémon 13–15 sur une face et 24–25 sur l’autre. Catalogué comme datant du IIIe siècle, c’est le plus ancien manuscrit connu de Philémon, et il montre que l’on copiait déjà la lettre sous forme de livre à cette époque. Seules des lettres éparses subsistent, et il ne dit rien de l’auteur de la lettre ni du lieu de sa rédaction.

- **Date:** IIIe siècle apr. J.-C., daté d’après l’écriture (INTF : 200-299 ; CSNTM : IIIe siècle). La notice de la collection de Cologne pour son édition (P.Köln IV 170, éd. C. Römer) le situe au début de ce siècle.
- **Lieu de conservation actuel:** Institut für Altertumskunde, université de Cologne (Inv. Nr. 12)
- **Références de catalogue:** Gregory-Aland P87; INTF Liste docID 10087; Köln, Institut für Altertumskunde, Inv. Nr. 12; P.Köln IV 170
- **Concerne:** Philémon 1:13–15; Philémon 1:24–25
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Un fragment de papyrus conservé à l’Institut für Altertumskunde de l’université de Cologne (Inv. Nr. 12), enregistré par l’INTF sous le numéro Gregory-Aland P87, conserve des parties de Philémon 13–15 sur une face et de Philémon 24–25 sur l’autre.
- Les deux faces portent des parties de la même lettre dans l’ordre, si bien que le fragment provient d’un feuillet de codex et non d’un rouleau. L’INTF relève des parties de huit lignes sur une face et de deux sur l’autre, et estime la page d’origine à 32 lignes.
- L’INTF le date du IIIe siècle (200-299 apr. J.-C.). Dans la liste de l’INTF, c’est le seul manuscrit de Philémon daté d’avant le IVe siècle. Les suivants par ordre d’ancienneté, P139 et le Codex Sinaiticus, datent tous deux du IVe siècle.
- C’est une preuve matérielle que l’on copiait Philémon au IIIe siècle. Les indices d’une circulation plus ancienne de la lettre sont littéraires : Tertullien, qui écrit au début du IIIe siècle, rapporte que le recueil des lettres de Paul constitué par Marcion au IIe siècle l’incluait.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Il ne montre ni qui a écrit Philémon, ni quand, ni pendant quelle captivité. Rome, Éphèse et Césarée ont toutes été proposées, et ces questions se discutent à partir de la lettre elle-même.
- Une grande partie du texte de la transcription de l’INTF est une restitution éditoriale. Sur la face portant les versets 24–25, le nom de Démas est entièrement restitué et seules deux lettres du nom de Luc sont lues, dont l’une incertaine ; le fragment n’atteste donc pas à lui seul ces noms.
- Il ne montre pas si son codex contenait Philémon seul ou un recueil des lettres de Paul, ni où il a été copié. Les notices de catalogue consultées n’indiquent aucun lieu de découverte.

**Où les interprètes divergent**

La date repose uniquement sur l’écriture. L’INTF et le CSNTM cataloguent le fragment comme datant du IIIe siècle, et la notice de la collection de Cologne pour son édition précise le début du IIIe siècle ; les datations fondées sur l’écriture littéraire admettent habituellement une marge de plusieurs décennies dans un sens ou dans l’autre. Il subsiste si peu de lettres que toute affirmation sur son type de texte dépasse ce que montre le fragment. Il en va de même de toute affirmation selon laquelle il proviendrait d’une édition collective des lettres de Paul comme P46, dont les feuillets conservés, tels que l’INTF les indexe, ne contiennent aucune partie de Philémon. La plupart des spécialistes reconnaissent Philémon comme étant de Paul pour d’autres raisons ; le lieu d’où il l’a écrite reste discuté.

**Autres lectures**

- **Lecture minimale.** Un fragment d’une dizaine de lignes partielles montre seulement que quelqu’un a copié Philémon dans un codex au IIIe siècle au plus tard. Il ne peut confirmer ni le contexte de la lettre ni les personnes qu’elle nomme. Ces questions dépendent de la lettre elle-même et de ses liens avec Colossiens et les Actes.
- **Une faible avance en ancienneté.** Les datations fondées sur l’écriture sont des estimations. Si P87 a été copié à la fin du IIIe siècle et P139 ou le Codex Sinaiticus au début du IVe, les plus anciennes copies conservées de Philémon seraient proches en âge. P87 resterait la plus ancienne d’après la date de catalogue, mais son avance pourrait se compter en décennies.

**Sources**

- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste (INTF NTVMR): manuscript record P87, P87 (docID 10087): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10087&detail=page&format=xml>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, INTF transcription of P87, folio 1r, P87 f. 1r (Phlm 13-15): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=10087&pageID=10&format=teiraw>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, INTF transcription of P87, folio 1v, P87 f. 1v (Phlm 24-25): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=10087&pageID=20&format=teiraw>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste (INTF NTVMR): manuscript record P139, P139 (docID 10139): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10139&detail=page&format=xml>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste (INTF NTVMR): manuscript record 01 (Codex Sinaiticus), 01 (docID 20001): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20001&detail=page&format=xml>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste (INTF NTVMR): manuscript record P46, P46 (docID 10046): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10046&detail=page>
- CSNTM manuscript catalogue: GA P87, GA P87: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P87>
- Wikidata: Papyrus 87, Q571588: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q571588.json>
- Tertullian, Against Marcion (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

### Le Codex Vaticanus (B) et les lettres de Paul

Le Codex Vaticanus (Vat. gr. 1209, Gregory-Aland 03), une Bible grecque du IVe siècle, conserve les lettres de Romains à 2 Thessaloniciens ainsi qu’Hébreux jusqu’à 9:14, où s’arrêtent ses feuillets originaux. Scrivener (1861) a signalé que sa numérotation continue des sections pauliniennes saute de Galates (58) à Éphésiens (70) et fait commencer Hébreux à 59, ce qui indique une copie plus ancienne où Hébreux suivait Galates. La fin perdue ne permet pas de savoir si 1 Timothée, 2 Timothée, Tite et Philémon suivaient.

- **Date:** IVe siècle (Liste de l’INTF « IV » ; Bibliothèque vaticane « sec. IV ») ; Hébreux de 9:14 jusqu’à la fin et l’Apocalypse ont été suppléés au XVe siècle
- **Lieu de conservation actuel:** Biblioteca Apostolica Vaticana, Cité du Vatican (Vat. gr. 1209)
- **Références de catalogue:** Gregory-Aland 03 (B); Vat. gr. 1209; INTF Liste docID 20003; Gregory-Aland 1957 (15th-century supplement, Vat. gr. 1209 pp. 1519-1536)
- **Concerne:** Romains 1:1–16:24; 1 Corinthiens 1:1–16:24; 2 Corinthiens 1:1–13:14; Galates 1:1–6:18; Éphésiens 1:1–6:24; Philippiens 1:1–4:23; Colossiens 1:1–4:18; 1 Thessaloniciens 1:1–5:28; 2 Thessaloniciens 1:1–3:18; Hébreux 1:1–9:14
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Un codex grec du IVe siècle conservé à la Bibliothèque vaticane (Vat. gr. 1209, Gregory-Aland 03) conserve Romains, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens et 2 Thessaloniciens ainsi qu’Hébreux 1:1–9:14. Ces textes viennent après les Évangiles, les Actes et les Épîtres catholiques, aux p. 1445-1518 du codex.
- Hébreux commence sur la page même où s’achève 2 Thessaloniciens (p. 1512) ; dans ce codex, ce texte suit donc directement les lettres de Paul aux Thessaloniciens et appartient à la section paulinienne.
- Comme l’a signalé Scrivener (1861), les lettres de Paul portent une seule série continue de numéros de section dans le plus ancien des deux systèmes de sections du codex : Galates se termine à 58, Éphésiens commence à 70 et Hébreux commence à 59. Lui et Gregory (1907) en ont conclu que la numérotation avait été établie pour une copie plus ancienne dans laquelle Hébreux se trouvait entre Galates et Éphésiens.
- La main d’origine s’arrête à Hébreux 9:14. Le reste d’Hébreux et l’Apocalypse (p. 1519-1536) forment un supplément du XVe siècle, catalogué séparément sous le numéro Gregory-Aland 1957.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Si le codex contenait 1 Timothée, 2 Timothée, Tite et Philémon. Les derniers cahiers sont perdus et le nombre de feuillets manquants est inconnu ; le codex est donc muet sur les lettres pastorales et Philémon. Ce n’est pas une preuve contre elles.
- Que Paul a écrit Hébreux. Sa place parmi les lettres de Paul montre comment les copistes du IVe siècle regroupaient une lettre qui ne nomme aucun auteur. Elle ne montre pas qui l’a écrite.
- Quand ou par qui les numéros de section continus ont été établis pour la première fois, ni la date et le lieu de la copie antérieure dont ils reflètent l’ordre.

**Où les interprètes divergent**

Le contenu conservé n’est pas contesté, et le saut dans les numéros de section est signalé depuis le XIXe siècle ; son interprétation est moins assurée. On ne sait pas avec certitude quand et par qui les numéros continus ont été établis, ni s’ils proviennent de l’ancêtre textuel du codex lui-même ou d’une autre copie. Le contenu des cahiers perdus est déduit : le Sinaiticus et l’Alexandrinus passent tous deux d’Hébreux à 1 Timothée et 2 Timothée, Tite et Philémon, mais P46, où Hébreux suit Romains, montre que les premiers recueils différaient. La date du codex au sein du IVe siècle et son origine restent débattues : en 1908, on avait proposé Rome, l’Asie Mineure et l’Égypte, et Skeat a plus tard défendu Césarée.

**Autres lectures**

- **Une numérotation héritée (la lecture habituelle).** Les numéros de section continus ont été copiés à partir d’un manuscrit plus ancien dans lequel Hébreux suivait Galates. Le codex lui-même plaçait Hébreux après 2 Thessaloniciens, ordre que l’on trouve aussi dans le Codex Sinaiticus et le Codex Alexandrinus.
- **Une numérotation d’une autre source.** Le système de sections peut provenir d’une autre copie que celle qui a fourni le texte. Dans ce cas, il reflète l’ordre de la source de ce système, et non celui de l’ancêtre textuel direct du codex.
- **Le contenu de la fin perdue.** Les lettres pastorales et Philémon, et peut-être l’Apocalypse, suivaient probablement Hébreux, comme dans le Codex Sinaiticus et le Codex Alexandrinus. C’est une déduction raisonnable à partir de Bibles comparables, mais aucun feuillet conservé ne la confirme pour ce codex.

**Sources**

- Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF, New Testament Virtual Manuscript Room), Gregory-Aland 03 (docID 20003): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20003&detail=page>
- Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF, New Testament Virtual Manuscript Room), Gregory-Aland 1957 (docID 31957): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=31957&detail=page>
- Biblioteca Apostolica Vaticana, DigiVatLib manuscript record, Vat.gr.1209, Vat.gr.1209: <https://digi.vatlib.it/mss/detail/Vat.gr.1209>
- Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF, New Testament Virtual Manuscript Room), Gregory-Aland 01 (docID 20001): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20001&detail=page>
- Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF, New Testament Virtual Manuscript Room), Gregory-Aland 02 (docID 20002): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20002&detail=page>
- Kurzgefasste Liste der griechischen Handschriften des Neuen Testaments (INTF, New Testament Virtual Manuscript Room), Gregory-Aland P46 (docID 10046): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10046&detail=page>
- Wikidata: Codex Vaticanus, Q209285: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q209285.json>

### Les lettres de Paul dans le Codex Sinaiticus

Le Codex Sinaiticus, une Bible grecque copiée au IVe siècle et aujourd’hui conservée pour l’essentiel à la British Library, est le plus ancien manuscrit connu qui contienne les treize lettres portant le nom de Paul, avec l’épître aux Hébreux placée parmi elles après 2 Thessaloniciens. Il montre comment les lettres de Paul étaient rassemblées et lues environ trois siècles après lui ; copie corrigée, il ne fixe pas chaque leçon originale et ne tranche pas la question de l’auteur de l’épître aux Hébreux.

- **Date:** IVe siècle apr. J.-C. (daté d’après l’écriture ; parfois situé plus précisément au milieu du siècle)
- **Lieu de conservation actuel:** British Library, Londres (Add. MS 43725, qui comprend tout le Nouveau Testament) ; autres feuillets à la bibliothèque universitaire de Leipzig, à la Bibliothèque nationale de Russie à Saint-Pétersbourg et au monastère Sainte-Catherine, au Sinaï
- **Références de catalogue:** Gregory-Aland 01; INTF Liste docID 20001; British Library Add. MS 43725
- **Concerne:** Romains 1:1–16:24; 1 Corinthiens 1:1–16:24; 2 Corinthiens 1:1–13:14; Galates 1:1–6:18; Éphésiens 1:1–6:24; Éphésiens 1:1; Philippiens 1:1–4:23; Colossiens 1:1–4:18; 1 Thessaloniciens 1:1–5:28; 2 Thessaloniciens 1:1–3:18; Hébreux 1:1–13:25; 1 Timothée 1:1–6:21; 2 Timothée 1:1–4:22; Tite 1:1–3:15; Philémon 1:1–25
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Un codex grec sur parchemin, daté par son écriture du IVe siècle, conserve tout le Nouveau Testament. La section consacrée aux lettres de Paul se suit ainsi : Romains, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens et 2 Thessaloniciens, Hébreux, 1 Timothée et 2 Timothée, Tite et Philémon, et les Actes viennent directement après (British Library Add. MS 43725, folios 261r-298r dans l’index des pages de l’INTF).
- C’est le plus ancien manuscrit connu qui contienne toutes les lettres portant le nom de Paul. Le Papyrus 46 (vers 200-225), tel qu’il nous est parvenu, ne contient ni 2 Thessaloniciens, ni 1 Timothée et 2 Timothée, ni Tite, ni Philémon. Le Codex Vaticanus, de date comparable, s’interrompt en Hébreux 9:14, si bien qu’on ignore s’il a jamais contenu 1 Timothée et 2 Timothée, Tite et Philémon.
- Dans les deux grands codex grecs du IVe siècle, le Sinaiticus et le Vaticanus, l’épître aux Hébreux a été copiée à l’intérieur du recueil des lettres de Paul ; ici, elle se trouve entre 2 Thessaloniciens et 1 Timothée. Eusèbe, au même siècle, compte quatorze lettres de Paul, mais rapporte que certains rejetaient l’épître aux Hébreux parce que l’Église de Rome contestait qu’elle fût de Paul.
- En Éphésiens 1:1, la première main omet l’expression qui nomme Éphèse, et un correcteur plus tardif l’a ajoutée. Le Papyrus 46 et la première main du Codex Vaticanus omettent aussi cette expression, de sorte que le codex est l’un des plus anciens témoins de cette question textuelle.

**Ce qu’il n’établit pas**

- L’auteur de l’épître aux Hébreux. La place de la lettre montre comment les copistes du IVe siècle la regroupaient, non qui l’a écrite. Origène, selon le rapport d’Eusèbe, pensait que les idées étaient de Paul et la rédaction d’un autre, et disait que seul Dieu sait qui en fut l’auteur.
- La formulation originale en tout point. Le Sinaiticus est un témoin unique, corrigé par de nombreuses mains du IVe au XIIe siècle, et ses leçons doivent être évaluées au regard des papyrus et des autres manuscrits.
- Le lieu où il a été copié, qui l’a financé, ou si un événement des Actes ou des lettres s’est produit. Une hypothèse, avancée depuis Tischendorf, le rattache aux cinquante copies que Constantin commanda à Eusèbe (Eusèbe, Vie de Constantin 4.36), mais aucun document n’atteste ce lien, et une copie exacte d’une lettre atteste son texte, non l’histoire que ce texte décrit.

**Où les interprètes divergent**

Origine : rien dans le codex n’indique où ni pour qui il a d’abord été copié. Des notes d’un correcteur plus tardif, après 2 Esdras et Esther, disent que le texte a été vérifié sur une copie très ancienne corrigée par le martyr Pamphile, presbytre à Césarée, ce qui relie le codex à Césarée quelques siècles après sa copie (Fenlon, en 1908, situait ce correcteur probablement au VIIe siècle). Césarée, l’Égypte (souvent Alexandrie), Rome et le sud de l’Italie ont tous été proposés comme lieu d’origine. Une hypothèse, avancée depuis Tischendorf, le rattache aux cinquante copies que Constantin commanda à Eusèbe (Eusèbe, Vie de Constantin 4.36), mais aucun document n’atteste ce lien. Date : l’écriture le situe au IVe siècle, parfois au milieu du siècle, mais la datation par l’écriture reste approximative. Ordre : le Codex Vaticanus et le Codex Alexandrinus, du Ve siècle, placent eux aussi l’épître aux Hébreux après 2 Thessaloniciens ; le Papyrus 46 la place après Romains, et les Bibles occidentales modernes après Philémon. Texte : les spécialistes ne s’accordent pas sur la question de savoir si le nom de lieu en Éphésiens 1:1 était original et a disparu tôt, ou s’il a été ajouté plus tard.

**Autres lectures**

- **L’épître aux Hébreux lue comme une lettre de Paul.** Certains interprètes, anciens et modernes, voient dans la place de l’épître aux Hébreux parmi les lettres de Paul un appui à son attribution à Paul, ou à un auteur de l’entourage de Paul. Ce regroupement montre bien qu’une grande partie de l’Église de langue grecque comptait l’épître aux Hébreux parmi les lettres de Paul. Des sources de la même époque rapportent aussi des doutes à Rome et l’avis d’Origène selon lequel la rédaction n’est pas de Paul ; la place de la lettre ne peut donc à elle seule trancher la question de l’auteur.
- **La commande de Constantin.** Une hypothèse, avancée depuis Tischendorf, rattache le Sinaiticus, et parfois le Codex Vaticanus, aux cinquante copies des Écritures sur parchemin que Constantin commanda à Eusèbe pour les Églises de sa nouvelle ville (Eusèbe, Vie de Constantin 4.36). Les dimensions et la date du codex rendent cela possible, mais aucun document conservé ne relie ce manuscrit à cette commande, et Fenlon (1908) ne relevait aucun indice qu’il ait jamais été à Constantinople.
- **Éphésiens, une lettre circulaire.** Plusieurs témoins anciens, dont la première main de ce codex, omettent le nom de lieu en Éphésiens 1:1. Sur cette base, certains estiment que la lettre était destinée à plusieurs Églises. D’autres tiennent le nom pour original et son absence pour une modification précoce survenue lors de la copie, que le propre correcteur de ce codex a annulée.

**Sources**

- Codex Sinaiticus Project, About the Codex: Content, About the Codex: Content (surviving books; New Testament order, Hebrews after 2 Thessalonians, Acts between the Pastoral and Catholic Epistles): <https://www.codexsinaiticus.org/en/codex/content.aspx>
- Codex Sinaiticus Project, About the Codex: Date, About the Codex: Date (fourth century, sometimes mid-century, by palaeography; Vaticanus of similar date): <https://www.codexsinaiticus.org/en/codex/date.aspx>
- Codex Sinaiticus Project, About the Codex: Significance, About the Codex: Significance (corrections from the fourth to the twelfth century; order of books): <https://www.codexsinaiticus.org/en/codex/significance.aspx>
- Codex Sinaiticus Project, About the Codex: History, About the Codex: History (holdings: British Library 347 leaves; Leipzig 43 leaves; parts of six leaves in St Petersburg; further leaves at St Catherine's): <https://www.codexsinaiticus.org/en/codex/history.aspx>
- Codex Sinaiticus Project, Transcription of Codex Sinaiticus, quire 36, folio 5 recto, Quire 36, folio 5 recto: colophon after 2 Esdras stating that the text was collated with a very old copy corrected by the martyr Pamphilus: <https://www.codexsinaiticus.org/handler/transcription.ashx?q=36&f=5&s=r&type=0>
- Codex Sinaiticus Project, Transcription of Codex Sinaiticus, quire 37, folio 3 recto, Quire 37, folio 3 recto: colophon after Esther stating that the text was collated with a very old copy corrected by the martyr Pamphilus, whose own subscription cites Origen's Hexapla: <https://www.codexsinaiticus.org/handler/transcription.ashx?q=37&f=3&s=r&type=0>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste record and page index: GA 01, Gregory-Aland 01 (docID 20001): IV century; British Library Add. 43725; page index Romans from 261r to Philemon at 298r, Hebrews 288v-293v, Acts from 299r: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20001&detail=page>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, NTVMR transcription of GA 01, folio 280v, GA 01 folio 280v (pageID 1620), Ephesians 1:1: first hand omits the place-name; corrector supplies it: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=20001&pageID=1620&format=xhtml>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste record and page index: GA 03, Gregory-Aland 03 (docID 20003): IV century; Vat. gr. 1209; page index has Hebrews after 2 Thessalonians and ends at Hebrews 9:14: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20003&detail=page>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, NTVMR transcription of GA 03, page 1493, GA 03 page 1493 (pageID 2620), Ephesians 1:1: first hand omits the place-name; corrector supplies it: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=20003&pageID=2620&format=xhtml>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste record and page index: P46, Gregory-Aland P46 (docID 10046): dated 200-225; page index Romans, Hebrews, 1-2 Corinthians, Ephesians, Galatians, Philippians, Colossians, 1 Thessalonians: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10046&detail=page>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, NTVMR transcription of P46, folio 75r, P46 folio 75r (pageID 1310), Ephesians 1:1: no place-name: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=10046&pageID=1310&format=xhtml>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste record and page index: GA 02, Gregory-Aland 02 (docID 20002): V century; British Library Royal 1 D.VIII; page index has Hebrews after 2 Thessalonians: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20002&detail=page>
- Eusebius, Church History, Book III (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.3.5: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- Eusebius, Church History, Book VI (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 6.25.11-14: <https://www.newadvent.org/fathers/250106.htm>
- Eusebius, Church History, Book VII (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 7.32.24-25 (Pamphilus a presbyter of the church at Caesarea in Palestine): <https://www.newadvent.org/fathers/250107.htm>

## Auteurs juifs et romains

### Roi Arétas IV et la fuite de Paul hors de Damas

Josèphe atteste Arétas IV, le seul roi de ce nom dont le règne correspond à la vie de Paul, et donc le roi nommé en 2 Corinthiens 11:32. Des inscriptions et des monnaies datées situent son règne vers 9 av. J.-C.–40 apr. J.-C. ; la fuite de Paul dans une corbeille hors de Damas eut donc lieu avant 40 apr. J.-C. environ. Qu’Arétas ait alors contrôlé Damas n’est pas démontré ; l’argument repose sur une lacune dans le monnayage de la ville et sur l’interprétation du titre du représentant d’Arétas, un terme que Josèphe emploie à la fois pour un souverain territorial et pour le chef d’une communauté.

- **Date:** Règne d’Arétas IV, vers 9 av. J.-C.–40 apr. J.-C. La fuite de Paul eut lieu avant la mort d’Arétas et est rappelée dans 2 Corinthiens, écrite au milieu des années 50.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle (Josèphe, Antiquités juives et Guerre juive ; Dion Cassius). Les monnaies civiques de Damas sont conservées dans plusieurs collections de musées et collections privées, et cataloguées dans le RPC.
- **Références de catalogue:** RPC I 4781-4806 (civic coinage of Damascus, 37/36 BC to AD 65/6); RPC I 4800-4802A (Damascus under Tiberius, year 345 = AD 33/4, the last dated issue before the gap); RPC I 4803-4806 (Damascus under Nero, year 377 = AD 65/6)
- **Concerne:** 2 Corinthiens 11:32–33; Actes 9:23–25; Actes 9:26; Galates 1:17–18; Galates 1:21
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Appuyé par les sources

**Ce qu’il établit**

- Arétas IV est un roi nabatéen attesté en dehors du Nouveau Testament. Josèphe rapporte qu’il prit le pouvoir à la mort d’Obodas et qu’Auguste ne le confirma qu’à contrecœur. Josèphe rapporte aussi sa victoire sur Hérode Antipas, et que Vitellius renonça à sa marche contre Arétas lorsque parvint la nouvelle de la mort de Tibère en 37 apr. J.-C.
- Son règne est estimé à environ 9 av. J.-C.–40 apr. J.-C., bien que l’année de son avènement soit incertaine. Schürer (1890) signale des inscriptions d’el-Hegr et des monnaies datées de sa 48e année ; Al-Salameen (2011) publie une inscription datée de l’année de la mort d’un roi du nom d’Arétas, très probablement Arétas IV, en 40 apr. J.-C.
- Paul dit que le représentant du roi Arétas faisait garder Damas pour s’emparer de lui ; la fuite (2 Corinthiens 11:32–33 ; comparer Actes 9:23–25) eut donc lieu avant 40 apr. J.-C. environ. Si la fuite précéda la première visite de Paul à Jérusalem (Actes 9:23–26 ; Galates 1:17–18), sa conversion eut lieu au plus tard vers 37 apr. J.-C.
- Le RPC I catalogue des monnaies civiques de Damas datées sous Tibère jusqu’à l’an 345 (33/4 apr. J.-C.). L’émission sûre suivante date du règne de Néron (an 377, 65/6 apr. J.-C.), et aucune émission de Damas sous Gaius ou sous Claude n’est cataloguée.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Cela ne montre pas qu’Arétas gouvernait Damas. Aucune inscription, aucune monnaie ni aucun texte non chrétien ne l’affirme. La liste des concessions de Gaius en 38 apr. J.-C. chez Dion mentionne des territoires arabes, mais ni Arétas ni Damas (59.12.2).
- La lacune monétaire ne prouve pas un changement de souverain. Damas ne frappait monnaie que par intermittence : le RPC I ne contient aucune émission datée entre 4/3 av. J.-C. et 13/14 apr. J.-C. Cette lacune est un argument du silence.
- Cela ne fixe pas l’année de la fuite et ne fait pas des Actes et de 2 Corinthiens des témoins pleinement indépendants. Les chercheurs défendent des dates allant du début des années 30 à 39/40 apr. J.-C., et les deux récits partagent certaines formulations.
- Les Actes et Paul nomment des poursuivants différents : dans les Actes, les Juifs surveillent les portes (Actes 9:23–24), tandis que Paul nomme le représentant d’Arétas (2 Corinthiens 11:32). Toute harmonisation, par exemple une coopération entre eux, relève de l’inférence.

**Où les interprètes divergent**

La question ouverte porte sur la nature du représentant d’Arétas à Damas. Schürer (1890) comprenait les mots de Paul comme signifiant que Damas appartenait alors à Arétas, qui l’avait probablement reçue de Gaius, et invoquait la lacune du monnayage de la ville ; comme le rapporte Riesner (2011), Welborn plaidait pour une cession par Gaius en 37–39. Bacon (1899) ne plaçait un tel contrôle qu’à partir de la fin de 38 au plus tôt. Riesner, citant notamment Hengel et Schwemer, estime que ni une concession ni une prise de la ville ne sont établies. Holtzmann, selon Bacon (1899), voyait dans ce représentant le délégué des intérêts arabes à Damas ; Riesner y voit le responsable du quartier nabatéen de la ville, à l’image du chef des Juifs d’Alexandrie que Josèphe, citant Strabon, appelle ethnarque (Ant. 14.117). Campbell traite la fuite comme un point fixe de la chronologie de Paul.

**Autres lectures**

- **Domination nabatéenne sur la ville, vers 37–40 apr. J.-C..** Arétas gouverna brièvement Damas par l’intermédiaire de son représentant, peut-être grâce à une concession de Gaius après la mort de Tibère. Ceux qui tenaient Damas avaient jadis appelé un précédent roi du nom d’Arétas à régner sur la Cœlé-Syrie (Ant. 13.392), et Josèphe donne le même titre à Archélaos en tant que souverain de la moitié du royaume d’Hérode le Grand (War 2.93). La lacune monétaire s’explique alors, la fuite se situe vers 37–40 apr. J.-C. et, avec Galates 1:18, la conversion de Paul se déplace au milieu des années 30.
- **Représentant comme chef de communauté ou agent royal.** Damas resta une ville de la Syrie romaine. Le représentant d’Arétas était soit le chef de la communauté nabatéenne locale (Riesner), soit un agent défendant les intérêts du roi (Holtzmann, selon Bacon). Dans les deux cas, il pouvait guetter Paul sans gouverner la ville, si bien que la fuite peut se situer plus tôt dans les années 30. Bacon (1899) doutait qu’un tel délégué ait pu garder une ville sous contrôle romain pour empêcher quelqu’un d’en sortir.
- **Une date d’ancrage étroite.** Campbell fait de la fuite devant le représentant d’Arétas le point d’ancrage d’une chronologie construite à partir des lettres et la date étroitement de la fin des années 30. Riesner (2011) objecte que l’autorité nabatéenne sur Damas ne peut être établie ; le seul point certain est donc que la fuite précéda la mort d’Arétas en 40 apr. J.-C.
- **Une fuite plus tardive que ne la placent les Actes.** Weizsäcker, tel que le rapporte et le suit prudemment Bacon (1899), plaçait la fuite lors d’un séjour ultérieur à Damas, vers 39 apr. J.-C., après la première visite de Paul à Jérusalem (Actes 9:26), pendant son activité en Syrie et en Cilicie (Galates 1:21). Selon cette lecture, Actes 9 situe mal l’épisode.
- **Tradition commune ou dépendance littéraire.** Paley (1790) mit les deux récits côte à côte, l’un où le représentant du roi garde la ville, l’autre où les Juifs surveillent les portes, et jugea que leurs circonstances diffèrent trop pour que l’un dérive de l’autre. Welborn note qu’ils concordent en partie dans leur formulation, ce qui est inhabituel entre les Actes et les lettres. La question de savoir si les Actes ont utilisé la lettre de Paul ou une tradition commune reste ouverte.

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text of the 1895 Beardsley edition)), Ant. 18.109-115 (Whiston 18.5.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=18:whiston%20chapter=5:whiston%20section=1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text of the 1895 Beardsley edition)), Ant. 18.120-129 (Whiston 18.5.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=18:whiston%20chapter=5:whiston%20section=3>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text of the 1895 Beardsley edition)), Ant. 16.293-299 (Whiston 16.9.4): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=16:whiston%20chapter=9:whiston%20section=4>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text of the 1895 Beardsley edition)), Ant. 16.351-355 (Whiston 16.10.9): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=16:whiston%20chapter=10:whiston%20section=9>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text of the 1895 Beardsley edition)), Ant. 14.117 (Whiston 14.7.2), quoting Strabo on the Jews of Egypt: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=14:whiston%20chapter=7:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text of the 1895 Beardsley edition)), War 2.93 (Whiston 2.6.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=6:whiston%20section=3>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text of the 1895 Beardsley edition)), Ant. 13.392 (Whiston 13.15.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=13:whiston%20chapter=15:whiston%20section=2>
- Cassius Dio, Roman History, Book 59 (Earnest Cary, 1924), 59.12.2: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/59*.html>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinaeort00pale_0/horaepaulinaeort00pale_0_djvu.txt>
- Wikidata, Aretas IV Philopatris, Q302986: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q302986.json>
- Pleiades, Damascus, Pleiades 678106: <https://pleiades.stoa.org/places/678106/json>

### Poètes grecs cités dans les Actes et les lettres de Paul : Aratos, Ménandre et « Épiménide »

Trois lignes des Actes et des lettres attribuées à Paul reproduisent des vers grecs. Actes 17:28 correspond à la première moitié du vers 5 des Phénomènes d’Aratos (IIIe siècle av. J.-C.). 1 Corinthiens 15:33 correspond, à une voyelle non élidée près, à un trimètre iambique publié comme étant de Ménandre, tiré de sa comédie perdue Thaïs. Tite 1:12 est un hexamètre que Clément d’Alexandrie attribuait au voyant crétois Épiménide. Ces lignes révèlent un horizon littéraire grec, mais ne montrent ni que Paul a lu ces poètes, ni que le discours d’Athènes est rapporté mot pour mot.

- **Date:** Poèmes : Diogène Laërce place Épiménide dans la 46e olympiade (596–593 av. J.-C.), une date légendaire, et aucune de ses œuvres ne nous est parvenue intacte ; Ménandre, 343/42–292/91 av. J.-C. (Allinson) ; Phénomènes d’Aratos, vers 276–274 av. J.-C. (déduction de Mair) ; Hymne à Zeus de Callimaque, IIIe siècle av. J.-C. Première attribution chrétienne citée : Clément d’Alexandrie, Stromates (vers 200 apr. J.-C.).
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** Aratus, Phaenomena 5 (CTS urn:cts:greekLit:tlg0653.tlg001); Menander, Thais fr. 218 Kock; Euripides fr. 1013 Nauck (cross-reference given by Allinson 1921); Callimachus, Hymn 1 (To Zeus) 8; Diogenes Laertius 1.109-112 (Epimenides)
- **Concerne:** Actes 17:28; Actes 17:22–31; 1 Corinthiens 15:33; Tite 1:12–13; Actes 22:3
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Les mots que Actes 17:28 attribue à des poètes grecs correspondent à la première moitié du vers 5 des Phénomènes d’Aratos ; le grec ne diffère que par la forme verbale (Aratos a la forme épique εἰμέν). Aratos était originaire de Soles en Cilicie et, selon la datation de Mair (1921), composa le poème vers 276–274 av. J.-C.
- 1 Corinthiens 15:33 correspond, à une voyelle non élidée près, à un trimètre iambique qu’Allinson (1921) publie comme Ménandre, Thaïs fr. 218 Kock. La pièce étant perdue, l’attribution repose sur des témoignages antiques plutôt que sur un texte conservé. Clément d’Alexandrie appelait déjà ce vers un « vers iambique tragique » emprunté.
- Tite 1:12 cite un hexamètre comme la parole d’un prophète crétois. Ses trois premiers mots ouvrent aussi le vers 8 de l’Hymne à Zeus de Callimaque (IIIe siècle av. J.-C.), que l’édition Loeb de Mair (1921) annote comme un dicton proverbial attribué à Épiménide. Clément identifie à Épiménide le prophète de la lettre à Tite (Strom. 1.14).
- Clément d’Alexandrie cite les trois lignes dans les Stromates 1.14 et 1.19. Il dit que Paul n’avait pas honte d’utiliser des poèmes grecs, et tire de la citation d’Aratos l’argument que Paul approuvait ce que les Grecs avaient bien dit.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Que Paul ait lu Aratos, Ménandre ou Épiménide de première main. Chaque ligne est brève et facile à citer, et le vers de 1 Corinthiens est qualifié de « tragique » par Clément, mais publié parmi les fragments de Ménandre par Allinson, qui renvoie aussi à Euripide. Cela s’accorde avec une circulation sous forme de maxime.
- Qu’Épiménide ait écrit le vers crétois. Aucune de ses œuvres ne nous est parvenue intacte, et la première attribution citée ici (Clément, vers 200 apr. J.-C.) est postérieure d’environ huit siècles à la date que lui assigne Diogène Laërce.
- Qui a écrit la lettre à Tite, ni avec quelle fidélité Actes 17 reproduit les paroles de Paul à Athènes. Les citations sont compatibles avec la paternité de Paul, avec une composition du discours par Luc ou avec un auteur postérieur de la tradition de Paul.

**Où les interprètes divergent**

Cinq questions restent ouvertes. Premièrement, Luc a-t-il composé le discours de l’Aréopage dans un idiome hellénistique (Dibelius), ou ses citations grecques servent-elles une théologie biblique (Gärtner) ? Deuxièmement, la première proposition d’Actes 17:28 s’inspire-t-elle aussi d’Épiménide ? Harris le soutenait à partir d’un commentaire syriaque qui, selon lui, conservait Théodore de Mopsueste, et Rothschild à partir de traditions populaires sur Épiménide. Troisièmement, Épiménide a-t-il écrit le vers crétois, ou son nom fut-il attaché plus tard à un proverbe devenu un paradoxe logique (Koskenniemi) ? Cook lit ce vers dans son contexte d’histoire des religions plutôt que comme un paradoxe. Quatrièmement, le vers de 1 Corinthiens est-il de Ménandre, d’un poète tragique, ou relève-t-il d’un fonds commun ? Cinquièmement, est-ce Paul (Mounce) ou un collaborateur (Marshall) qui a écrit la lettre à Tite ?

**Autres lectures**

- **Des citations de Paul lui-même.** Paul, juif de langue grecque originaire de Tarse (Actes 22:3), s’appuyait sur une familiarité scolaire avec les poètes grecs et choisissait des vers adaptés à ses auditoires. Clément lisait les lignes de cette manière (Strom. 1.14 ; 1.19) et, pour la lettre à Tite, Mounce défend la paternité de Paul.
- **Circulation proverbiale.** Ces lignes étaient des maximes courantes ; leur emploi révèle donc une familiarité avec la tradition gnomique grecque plutôt qu’une étude des œuvres des poètes. L’origine incertaine du vers de 1 Corinthiens, comédie de Ménandre ou tragédie comme l’implique le « tragique » de Clément, va dans ce sens.
- **Composition par Luc à Athènes.** La citation d’Aratos relève de la mise en forme littéraire, par Luc, d’un discours de style hellénistique (Dibelius). Selon cette lecture, elle révèle la culture de l’auteur des Actes, pas nécessairement celle de Paul.
- **Épiménide, une attribution tardive.** L’hexamètre crétois pourrait être un vers anonyme attribué à Épiménide après être devenu un proverbe et une énigme logique (Koskenniemi). L’emploi de ses premiers mots par Callimaque montre seulement que le demi-vers circulait dès le IIIe siècle av. J.-C.
- **Lettre à Tite postérieure à Paul.** Si un collaborateur a écrit la lettre à Tite après la mort de Paul (l’« allonymie » de Marshall), sa citation révèle l’horizon littéraire du cercle de Paul plutôt que celui de Paul lui-même.
- **Euripide ou fonds commun plutôt que Ménandre.** Clément qualifie le vers de 1 Corinthiens de « tragique », et Allinson renvoie à Euripide, fr. 1013 Nauck. Le vers a pu être employé par plus d’un poète, ou être proverbial avant Ménandre.

**Sources**

- Aratus, Phaenomena (English translation, Loeb Classical Library) (G. R. Mair, 1921), Phaen. 4-6 (English translation): <https://archive.org/download/callimachuslycop0000wmai/callimachuslycop0000wmai_djvu.txt>
- Aratus, Phaenomena (Greek text, ed. G. R. Mair), Phaen. 5: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:2008.01.0483>
- G. R. Mair, Introduction to Aratus, in Callimachus and Lycophron; Aratus (Loeb Classical Library), Introduction to Aratus, p. 360 (birthplace): <https://archive.org/download/callimachuslycop0000wmai/callimachuslycop0000wmai_djvu.txt>
- G. R. Mair, Introduction to Aratus, in Callimachus and Lycophron; Aratus (Loeb Classical Library), Introduction to Aratus, p. 363 (date of the Phaenomena): <https://archive.org/download/callimachuslycop0000wmai/callimachuslycop0000wmai_djvu.txt>
- Clement of Alexandria, Stromata, Book I (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Strom. 1.14 (Epimenides): <https://www.newadvent.org/fathers/02101.htm>
- Clement of Alexandria, Stromata, Book I (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Strom. 1.14 (Greek poems; 1 Corinthians line): <https://www.newadvent.org/fathers/02101.htm>
- Clement of Alexandria, Stromata, Book I (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Strom. 1.19 (Aratus): <https://www.newadvent.org/fathers/02101.htm>
- Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers, Book I (Epimenides) (R. D. Hicks, 1925), 1.110 (date of Epimenides' visit to Athens): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0258%3Abook%3D1%3Achapter%3D10>
- Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers, Book I (Epimenides) (R. D. Hicks, 1925), 1.111 (works ascribed to Epimenides): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0258%3Abook%3D1%3Achapter%3D10>

### Flavius Josèphe sur la mort d’Hérode Agrippa Ier à Césarée

Flavius Josèphe, historien non chrétien, rapporte dans ses grandes lignes la mort racontée en Actes 12:19–23. Dans les Antiquités juives 19.343-350 (achevées en 93/94 apr. J.-C.), Hérode Agrippa Ier, l’Hérode d’Actes 12, meurt à Césarée après avoir accepté d’être acclamé comme un dieu et avoir été saisi d’une douleur soudaine. Ses chiffres sur la durée du règne sont généralement interprétés comme plaçant la mort en 44 apr. J.-C. Les récits divergent sur l’occasion, le présage et la maladie, et la question de savoir si Luc connaissait Josèphe est débattue.

- **Date:** Antiquités juives achevées la treizième année de Domitien et la cinquante-sixième de Josèphe (Ant. 20.267), soit en 93/94 apr. J.-C. La mort est généralement placée en 44 apr. J.-C., une reconstitution moderne à partir des décomptes de règne de Josèphe ; Josèphe ne donne aucune année calendaire.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** Josephus, Antiquitates Judaicae 19.343-350 (CTS urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg001); Josephus, Bellum Judaicum 2.218-219 (CTS urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg004)
- **Concerne:** Actes 12:19–23; Actes 12:1–4; Actes 11:27–30; Actes 12:24–25
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Josèphe, qui n’était pas chrétien, rapporte qu’Hérode Agrippa Ier mourut à Césarée après avoir paru aux spectacles qui y étaient donnés en l’honneur de César, et qu’une douleur au ventre l’emporta au bout de cinq jours (Ant. 19.343-350). Sa Guerre juive situe elle aussi la mort à Césarée (War 2.219).
- Josèphe et Actes 12:19–23 partagent une séquence centrale : le roi paraît en public à Césarée en habit royal, est acclamé comme un dieu, ne refuse pas cet honneur et tombe soudain mortellement malade. Les Actes disent qu’un ange du Seigneur le frappa parce qu’il n’avait pas attribué la gloire à Dieu ; chez Josèphe, Hérode Agrippa Ier interprète sa douleur comme le destin (Whiston : « Providence ») réfutant les flatteurs.
- Josèphe dit qu’Hérode Agrippa Ier avait régné trois ans sur toute la Judée et mourut la septième année de son règne (Ant. 19.343, 350 ; War 2.219). Ces décomptes, rapprochés du début du règne de Claude, sont généralement interprétés comme plaçant la mort en 44 apr. J.-C. Cette année est une reconstitution moderne ; Josèphe ne donne aucune date calendaire.
- Le roi que les Actes appellent « Hérode » est l’homme que Josèphe nomme Hérode Agrippa Ier. Eusèbe soutenait déjà que l’époque et les événements montrent qu’il s’agit de la même personne (HE 2.10.10).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Cela ne corrobore pas les détails que seul Luc donne : l’ambassade de Tyr et de Sidon, Blastus, le discours, l’ange du Seigneur et la mort du roi rongé par les vers. Josèphe présente à la place des spectacles impériaux, le présage d’un hibou et cinq jours de douleurs abdominales.
- Cela ne fait pas à soi seul des deux récits des témoins indépendants. La question de savoir si Luc connaissait les Antiquités juives, ou si les deux auteurs ont puisé à une rumeur commune, est débattue ; leur accord ne doit donc pas être compté deux fois.
- Cela ne date pas la visite de Barnabas et de Saul pour secourir les victimes de la famine (Actes 11:27–30 ; 12:25). Josèphe place la grande famine en Judée sous les gouverneurs qui succédèrent à Hérode Agrippa Ier (Ant. 20.101) ; les Actes ont donc pu insérer la mort dans ce récit par thème plutôt que selon une stricte chronologie.

**Où les interprètes divergent**

Les chercheurs débattent depuis le XIXe siècle de la question de savoir si Luc connaissait Josèphe. Krenkel (1894) défendait l’utilisation de Josèphe par Luc dans de nombreux passages et avançait l’idée que Luc avait remplacé le hibou, que Josèphe appelle « messager » (en grec angelos), par un ange. Pour Actes 12, toutefois, il jugeait que l’ambassade de Tyr et de Sidon et Blastus provenaient d’une autre source, ce qui rendait ici douteux l’emploi de Josèphe, et il lisait le hibou, l’ange et les vers comme une légende formée autour d’un noyau historique commun. Mason (2003) range la mort d’Hérode Agrippa Ier parmi les concordances qui rendent la connaissance de Josèphe par Luc plus facile à croire qu’une coïncidence, et Pervo (2006) défend cette connaissance ainsi qu’une datation des Actes au IIe siècle. La citation du passage par Eusèbe (HE 2.10.6) porte « ange » là où les manuscrits de Josèphe ont le hibou. Les deux récits suivent aussi un schéma convenu pour les souverains impies ; reste à savoir quelle part de chacun relève du témoignage et quelle part de la mise en forme littéraire.

**Autres lectures**

- **Luc a adapté Josèphe.** L’auteur des Actes connaissait les Antiquités juives (achevées en 93/94 apr. J.-C.) et en a remanié le récit pour des lecteurs chrétiens, de sorte que l’ange et les vers prennent la place du présage du hibou. Mason (2003) juge la connaissance de Josèphe par Luc plus facile à croire qu’une coïncidence, et Pervo (2006) la défend. Selon cette lecture, les Actes furent écrits après le milieu des années 90.
- **Récits indépendants d’une mort publique.** Luc et Josèphe ont chacun puisé dans des récits d’une mort dont beaucoup furent témoins à Césarée. Ils divergent sur l’occasion, sur plusieurs détails et sur le nom du roi, ce qui plaide contre un emprunt littéraire ; Krenkel, qui défendait ailleurs l’utilisation de Josèphe par Luc, la jugeait ici douteuse. Dans ce cas, leur accord sur le cadre, l’acclamation et la maladie soudaine constitue une corroboration indépendante.
- **Une convention a façonné les deux récits.** Les deux auteurs ont raconté la mort selon un schéma familier de châtiment des souverains qui acceptent des honneurs divins. Josèphe lui-même décrit la maladie mortelle d’Hérode le Grand, avec des vers, comme le jugement de Dieu pour ses péchés (Ant. 17.168-169), et 2 Maccabées 9 raconte de la même manière la fin d’Antiochos IV. Le schéma commun peut devoir autant à cette convention qu’à une connaissance distincte de l’événement (cf. Allen 1997 sur les Actes).

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 19.343 (Whiston 19.8.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=8:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 19.344 (Whiston 19.8.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=8:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 19.345 (Whiston 19.8.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=8:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 19.346 (Whiston 19.8.2; no rebuke and the owl): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=8:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 19.346 (Whiston 19.8.2; the owl as messenger): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=8:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 19.347 (Whiston 19.8.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=8:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 19.350 (Whiston 19.8.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=8:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 18.200 (owl omen, 18.195-202; Whiston 18.6.7): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=18:whiston%20chapter=6:whiston%20section=7>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 17.168-169 (Whiston 17.6.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=17:whiston%20chapter=6:whiston%20section=5>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.101 (Whiston 20.5.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=5:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.267 (Whiston 20.11.3): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2848/pg2848.txt>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.218-219 (Whiston 2.11.6): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=11:whiston%20section=6>
- Eusebius, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1) (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.10.6: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1) (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.10.10: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Wikidata item: Agrippa I, Q298636: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q298636.json>
- Pleiades place: Stratonos Pyrgos/Caesarea, 678401: <https://pleiades.stoa.org/places/678401/json>

### Autels aux dieux inconnus à Athènes : Pausanias, Philostrate et Diogène Laërce

Des auteurs non chrétiens des IIe–IIIe siècles apr. J.-C. signalent des autels aux dieux inconnus à Athènes et dans son port de Phalère, mais toujours au pluriel ; aucun n’atteste la dédicace au singulier d’Actes 17:23. Pausanias mentionne à Phalère des autels de dieux « nommés Inconnus ». Philostrate fait mentionner de tels autels à Athènes par Apollonios, et Diogène Laërce parle d’autels anonymes dans toute l’Attique. Le cadre concorde avec les Actes ; la formulation exacte reste non confirmée.

- **Date:** IIe–IIIe siècles apr. J.-C. (Pausanias, IIe siècle ; Philostrate et Diogène Laërce, IIIe siècle). Commentaires chrétiens de Clément d’Alexandrie et de Tertullien (vers 200 apr. J.-C.) ; le témoignage plus tardif de Jérôme sur une inscription au pluriel (fin du IVe siècle) est connu ici par l’intermédiaire de Norden.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** Pausanias, Description of Greece 1.1.4; 5.14.8 (CTS urn:cts:greekLit:tlg0525.tlg001); Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers 1.110 (CTS urn:cts:greekLit:tlg0004.tlg001); Philostratus, Life of Apollonius of Tyana 6.3 (CTS urn:cts:greekLit:tlg0638.tlg001)
- **Concerne:** Actes 17:23; Actes 17:16–34
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Appuyé par les sources

**Ce qu’il établit**

- Pausanias (IIe siècle apr. J.-C.) mentionne des autels de dieux « nommés Inconnus » à Phalère, port d’Athènes, et un autel des dieux inconnus à côté de l’autel de Zeus Olympien à Olympie (1.1.4 ; 5.14.8).
- Philostrate (IIIe siècle apr. J.-C.) fait conseiller par Apollonios de Tyane, dans une conversation située en Égypte, de parler en bien de tous les dieux, « surtout à Athènes, où l’on élève des autels même en l’honneur de dieux inconnus » (Vie d’Apollonios 6.3). Le grec parle de daimones inconnus, que Conybeare rend par « dieux ».
- Diogène Laërce (1.110) conserve une tradition selon laquelle Épiménide mit fin à une peste à Athènes par des sacrifices offerts aux endroits choisis par des moutons errants, et selon laquelle on trouvait encore en Attique des autels anonymes issus de cette purification.
- Actes 17:23 décrit un autel d’un type que des auteurs non chrétiens attestent, mais seulement au pluriel. Tertullien, dans un passage qui ne mentionne ni les Actes ni Paul, est un autre témoin du pluriel : il qualifie les autels aux dieux inconnus d’idolâtrie d’Athènes (Contre Marcion 1.9). Clément d’Alexandrie comprend Paul comme sous-entendant que les Grecs adoraient indirectement Dieu le Créateur à travers le dieu inconnu (Strom. 1.19).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucun de ces auteurs ne décrit un autel dédié à un seul dieu inconnu. Ils appuient le type d’autel, non la dédicace exacte au singulier que rapportent les Actes.
- Ils ne permettent ni de localiser ni d’identifier l’autel que Paul aurait vu. Un détail local exact ne vérifie pas à lui seul le discours de l’Aréopage ni le reste de la scène.
- Les autels anonymes de Diogène ne sont pas appelés autels aux dieux inconnus, et son récit sur Épiménide est une légende située dans la 46e olympiade, au début du VIe siècle av. J.-C.

**Où les interprètes divergent**

La question ouverte est celle du singulier. Pausanias, Philostrate et Tertullien parlent de dieux inconnus au pluriel. Norden (1913) cite le commentaire de Jérôme sur Tite 1:12, selon lequel l’inscription était au pluriel et nommait les dieux de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique, ainsi que les dieux inconnus et étrangers, et Paul l’aurait mise au singulier pour les besoins de son argumentation. Norden attribuait cette formulation plus complète à un autre autel, probablement à Rome, et lisait le singulier des Actes comme le remaniement d’un motif au pluriel issu d’une tradition sur Apollonios. Deissmann (1912) pensait qu’un fidèle avait pu dédier un autel à un seul dieu inconnu, en invoquant un autel de Pergame dont la restitution comme dédicace aux dieux inconnus est elle-même incertaine.

**Autres lectures**

- **Une formule plurielle, adaptée.** Jérôme estimait que l’inscription réelle était au pluriel et que Paul l’avait citée au singulier parce que son argumentation avait besoin d’un seul Dieu. Selon cette lecture, les Actes adaptent un type réel de dédicace. Norden, qui cite Jérôme, jugeait que la formulation plus complète de celui-ci provenait d’un autre autel, probablement à Rome, qu’un interprète antérieur avait à tort identifié à celui d’Athènes.
- **Emprunt littéraire.** Norden soutenait que le discours de l’Aréopage dépend d’un récit littéraire montrant Apollonios de Tyane prenant la parole à Athènes, et que le passage du pluriel au singulier montre que ce sont les Actes qui empruntent. L’argument suppose de reconstituer un récit antérieur sur Apollonios à partir de l’œuvre de Philostrate, qui date du IIIe siècle.
- **Une authentique dédicace au singulier.** Deissmann jugeait probable qu’un particulier, reconnaissant envers une divinité qu’il ne pouvait nommer, ait dédié un autel à un seul dieu inconnu, comme l’a apparemment fait aux dieux inconnus un prêtre de Déméter à Pergame au IIe siècle apr. J.-C. Selon cette lecture, les Actes rapportent peut-être fidèlement la formulation, bien qu’aucun autel au singulier ne soit conservé et que la restitution de Pergame soit incertaine.
- **Les traditions sur Épiménide comme cadre.** Rothschild soutient que les traditions populaires sur le voyant crétois Épiménide, qu’elle rattache à l’autel d’Actes 17:23, expliquent les traits apparemment ad hoc de l’épisode d’Athènes et servent le thème du transfert de culte propre à Luc.
- **Corruption textuelle ou erreur de mémoire.** Norden rapporte que Blass conjecturait que les Actes portaient à l’origine le pluriel, et qu’Usener pensait que Paul s’était mal souvenu de l’inscription. Norden rejetait la conjecture de Blass parce que seul le singulier convient à l’argumentation du discours, et écartait l’opinion d’Usener comme un renoncement à toute solution.

**Sources**

- Pausanias, Description of Greece (W. H. S. Jones, 1918), 1.1.4: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0160:book=1:chapter=1:section=4>
- Pausanias, Description of Greece (W. H. S. Jones, 1918), 5.14.8: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0160:book=5:chapter=14:section=8>
- Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers, Book I (Epimenides) (R. D. Hicks, 1925), 1.110 (nameless altars): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0258:book=1:chapter=10>
- Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers, Book I (Epimenides) (R. D. Hicks, 1925), 1.110 (46th Olympiad): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0258:book=1:chapter=10>
- Philostratus, Life of Apollonius of Tyana (F. C. Conybeare, 1912), 6.3: <https://archive.org/download/lifeofapollonius02philuoft/lifeofapollonius02philuoft_djvu.txt>
- Tertullian, Against Marcion (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), 1.9: <https://www.newadvent.org/fathers/03121.htm>
- Clement of Alexandria, Stromata, Book I (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Strom. 1.19 (the unknown God): <https://www.newadvent.org/fathers/02101.htm>

### Félix et Drusille chez Josèphe et Tacite

Josèphe confirme les fonctionnaires et les liens familiaux que supposent Actes 23–25. Il nomme Félix, frère de Pallas, procurateur de Judée sous Claude et Néron, rapporte que Drusille, fille d’Hérode Agrippa Ier, quitta son mari pour épouser Félix, et nomme Porcius Festus comme son successeur. Tacite et Suétone confirment la fonction de Félix. Aucune source extérieure aux Actes ne mentionne les audiences de Paul, et la question de savoir si les Actes sont indépendants de Josèphe est débattue.

- **Date:** Josèphe : Guerre des Juifs vers 75-79 apr. J.-C. (datation conventionnelle) ; Antiquités juives achevées en 93/94 apr. J.-C. (Ant. 20.267). Tacite et Suétone : début du IIe siècle apr. J.-C. Événements décrits : de la mort d’Hérode Agrippa Ier (44 apr. J.-C.) à la succession de Festus, dont l’année est débattue.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg001 (Josephus, Antiquities); urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg004 (Josephus, Jewish War); urn:cts:latinLit:phi1351.phi004 (Tacitus, Histories); urn:cts:latinLit:phi1351.phi005 (Tacitus, Annals)
- **Concerne:** Actes 23:24–24:27; Actes 24:24; Actes 24:27; Actes 25:14
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Josèphe (Ant. 20.137; War 2.247) et Tacite (Hist. 5.9; Ann. 12.54), dont les récits diffèrent dans le détail, rapportent que Félix, frère de Pallas, gouverna en Judée sous Claude. Josèphe ajoute que Néron le confirma dans sa charge (War 2.252). C’est le gouverneur devant lequel Actes 23:24–24:27 situent les audiences de Paul à Césarée.
- Selon Josèphe, Drusille était une fille d’Hérode Agrippa Ier, âgée de six ans à la mort de celui-ci (Ant. 19.354). Agrippa II la maria à Azizus d’Émèse, qui accepta d’être circoncis ; alors que Félix était procurateur, elle quitta Azizus pour lui, ce que Josèphe qualifie de violation de la loi ancestrale (Ant. 20.139-143). Actes 24:24 présentent de même Drusille comme l’épouse juive de Félix.
- Josèphe rapporte que Néron envoya Porcius Festus succéder à Félix (Ant. 20.182; War 2.271 ne nomme que Festus), la succession que rapportent Actes 24:27. Il ajoute que des notables juifs de Césarée se rendirent à Rome pour accuser Félix, qui échappa au châtiment grâce à l’influence de son frère Pallas.
- Les sources non chrétiennes dressent un portrait sévère de Félix. Selon Josèphe, il s’empara par traîtrise du brigand Éléazar, fit assassiner l’ancien grand prêtre Jonathan et envoya des troupes contre les partisans du prophète égyptien et contre des Juifs en émeute à Césarée (Ant. 20.160-178; War 2.253). Tacite l’accuse de cruauté et de luxure (Hist. 5.9). Le gouverneur des Actes, qui espérait recevoir de l’argent, correspond à cette réputation.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucune source extérieure aux Actes ne mentionne Paul, ses audiences devant Félix, ses entretiens privés avec Félix et Drusille, ni ses deux années de détention. La concordance confirme les fonctionnaires, leurs liens familiaux et le contexte. Elle ne confirme pas les événements que racontent les Actes.
- Les sources ne fixent pas de dates exactes. Le début du gouvernement de Félix (Tacite dit qu’il gouvernait la Samarie aux côtés de Cumanus et qu’il exerçait sa charge « depuis un certain temps » en 52 apr. J.-C.) et l’année où Festus le remplaça sont tous deux débattus.
- La Drusilla de Tacite, petite-fille d’Antoine et de Cléopâtre, n’est pas la fille juive d’Hérode Agrippa Ier ; Tacite ne corrobore donc pas Actes 24:24 quant à l’identité de Drusille.

**Où les interprètes divergent**

Trois questions restent ouvertes. Chronologie : chez Tacite, Félix gouverne la Samarie pendant que Cumanus tient la Galilée, avant 52 apr. J.-C., alors que Josèphe fait de Félix le successeur de Cumanus ; l’année de l’arrivée de Festus est elle aussi débattue. La réponse dépend en partie de la question de savoir si Pallas, qui selon Josèphe protégea Félix, conserva cette influence après que Néron l’eut démis de ses fonctions vers 55 apr. J.-C. (Ann. 13.14), et en partie de ce que mesurent les deux années d’Actes 24:27 : la détention de Paul ou le mandat de Félix. Épouses : la Drusilla de Tacite descend d’Antoine et de Cléopâtre, et Suétone attribue à Félix trois reines. Indépendance : certains chercheurs soutiennent que Luc connaissait les Antiquités juives de Josèphe. Si c’était le cas, la concordance aurait moins de poids en tant que corroboration distincte.

**Autres lectures**

- **Les Actes s’inspirent de Josèphe.** Richard Pervo et, plus prudemment, Steve Mason soutiennent que l’auteur des Actes connaissait les écrits de Josèphe ; dans ce cas, la concordance n’est pas une corroboration indépendante. Contre un emprunt sur ce point : le mariage de Drusille n’apparaît que dans les Antiquités juives (93/94 apr. J.-C.), que de nombreux chercheurs datent d’après les Actes, et les Actes ne partagent aucun des détails propres à Josèphe (Azizus ; le magicien chypriote, Atomos dans le grec de Niese, Simon dans l’anglais de Whiston).
- **Tacite préféré sur la carrière et les épouses de Félix.** Ramsay rapporte que Mommsen préférait Tacite à Josèphe sur le premier commandement de Félix. Roman Deiksler (2020) soutient que Tacite avait raison de faire de l’une des épouses de Félix une descendante de Cléopâtre. Aucune de ces positions n’exclut que Félix ait aussi épousé la fille d’Hérode Agrippa Ier, puisque Suétone lui attribue trois épouses royales. La question touche à la précision de Josèphe, non à Actes 24:24.
- **La mauvaise réputation de Félix est peut-être exagérée.** Brenk et Canali De Rossi (2001) soutiennent que la réputation « notoire » de Félix doit être considérée avec prudence. Observation éditoriale : Tacite écrit avec un mépris ouvert pour les affranchis impériaux, et Josèphe explique le chemin qui mena à la guerre juive. Un portrait hostile chez l’un comme chez l’autre ne confirme donc pas à lui seul l’image que donnent les Actes d’un gouverneur qui voulait de l’argent.

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.137 (Whiston 20.7.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=7:whiston%20section=1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.141-144 (Whiston 20.7.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=7:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 19.354 (Whiston 19.9.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=19:whiston%20chapter=9:whiston%20section=1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.160-166 (Whiston 20.8.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=5>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.182 (Whiston 20.8.9): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=9>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), War 2.247 (Whiston 2.12.8): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=12:whiston%20section=8>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), War 2.252-253 (Whiston 2.13.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=13:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), War 2.271 (Whiston 2.14.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=14:whiston%20section=1>
- Tacitus, The Histories (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1873 (Perseus text: Random House reprint, 1942)), Hist. 5.9: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0080:book=5:chapter=9>
- Tacitus, The Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 19th-century translation (Perseus text: Random House reprint, 1942)), Ann. 12.54: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=12:chapter=54>
- Tacitus, The Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 19th-century translation (Perseus text: Random House reprint, 1942)), Ann. 13.14: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=13:chapter=14>
- Suetonius, The Lives of the Caesars: Claudius (J. C. Rolfe, 1914), Claud. 28.1: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Claudius*.html>
- William Whiston, Translator's note to Antiquities 20.7.2 (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Note 1 to Ant. 20.142 (Whiston 20.7.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=7:whiston%20section=2>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, Ch. 13 (The Voyage to Jerusalem), note 56: <https://www.ccel.org/ccel/r/ramsay/paul_roman/cache/paul_roman.txt>

### Josèphe sur le grand prêtre Ananias, fils de Nédébée

Josèphe confirme qu’un grand prêtre nommé Ananias, fils de Nédébée, fut nommé vers 47/48 apr. J.-C., resta riche et puissant, gagna les faveurs du gouverneur Albinus par des présents et fut tué par des rebelles en 66 apr. J.-C. Cela correspond au nom et à la fonction que les Actes donnent au grand prêtre qui fait frapper Paul et l’accuse devant Félix (Actes 23:2–5; 24:1). Josèphe ne mentionne jamais Paul et ne donne aucune date de fin pour la charge d’Ananias.

- **Date:** Guerre des Juifs vers 75-79 apr. J.-C. (datation conventionnelle) ; Antiquités juives achevées en 93/94 apr. J.-C. (Ant. 20.267) ; les événements décrits vont d’environ 47 à 66 apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg001 (Josephus, Antiquities); urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg004 (Josephus, Jewish War)
- **Concerne:** Actes 23:2–5; Actes 24:1; Actes 9:10–19; Actes 22:12–16; Actes 5:1–11
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Josèphe nomme un grand prêtre, Ananias, fils de Nédébée, nommé par Hérode de Chalcis vers 47/48 apr. J.-C. (Ant. 20.103). Vers 52 apr. J.-C., le gouverneur de Syrie, Quadratus, l’envoya à Claude, enchaîné selon les Antiquités juives (Ant. 20.131; War 2.243). Les Actes donnent au grand prêtre présent à l’audience de Paul, vers 57 apr. J.-C., le nom d’Ananias (Actes 23:2; 24:1).
- Josèphe décrit Ananias comme riche et bien introduit : estimé des citoyens, « grand amasseur d’argent », et gagnant le gouverneur Albinus par des présents, tandis que ses serviteurs s’emparaient des dîmes des prêtres et battaient ceux qui refusaient (Ant. 20.205-207, 213). D’autres grands prêtres faisaient de même (Ant. 20.207). La brève image que donnent les Actes d’un grand prêtre qui fait frapper un prisonnier est cohérente avec ce portrait.
- Josèphe rapporte qu’en 66 apr. J.-C. des rebelles incendièrent la maison d’Ananias, puis le tuèrent avec son frère Ézéchias (War 2.426, 441). Un grand prêtre de ce nom appartenait donc aux dirigeants de Jérusalem de la fin des années 40 jusqu’à la révolte.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Josèphe ne mentionne ni Paul, ni l’audience devant le conseil, ni l’ordre de le frapper, ni l’affaire portée devant Félix. Les scènes d’Actes 23–24 ne sont pas elles-mêmes corroborées.
- Josèphe ne donne aucune date de fin pour la charge d’Ananias. Les Actes l’appellent grand prêtre vers 57 apr. J.-C. ; Josèphe ne le confirme ni ne le contredit, et il donne aussi ce titre à des hommes qui n’étaient plus en fonction (Jonathan en Ant. 20.162; Ananias lui-même sous Albinus en Ant. 20.205).
- Les Actes ne racontent pas le meurtre d’Ananias en 66 apr. J.-C. Lire la réprimande de Paul en Actes 23:3 comme une prédiction accomplie relève de l’interprétation, non de la preuve historique.
- Le témoignage de Josèphe ne concerne que le grand prêtre, et non Ananias de Damas (Actes 9:10–19; 22:12–16) ni le mari de Saphira (Actes 5:1–11).

**Où les interprètes divergent**

Josèphe ne date jamais la fin de la charge d’Ananias. Il appelle Jonathan, qui avait exercé la charge en 36-37 apr. J.-C., « le grand prêtre » lorsque Jonathan est assassiné sous Félix (Ant. 20.162), et il rapporte plus loin la nomination d’Ismaël (Ant. 20.179). D’après Josèphe seul, le fait qu’Ananias ait été en fonction vers 57 apr. J.-C. est donc une déduction ; les Actes l’affirment. Paul dit qu’il ne savait pas qu’Ananias était grand prêtre (Actes 23:5). La note qu’Albert Barnes consacre à ce verset au XIXe siècle passe en revue l’ironie, l’excuse d’avoir parlé trop vite, la méconnaissance après une longue absence et le fait qu’Ananias ne siégeait pas ou n’était pas vêtu en grand prêtre, avant de privilégier une vacance de la charge. Les chercheurs qui pensent que Luc connaissait Josèphe se demandent si les deux récits concordent de manière indépendante. Le portrait hostile que dresse Josèphe reflète aussi ses propres intérêts aristocratiques et apologétiques.

**Autres lectures**

- **Ananias hors de fonction en 57 apr. J.-C..** Josèphe ne donne aucune date de fin pour la charge d’Ananias. Certains commentateurs du XIXe siècle, comme Albert Barnes sur Actes 23:5, estimaient que la charge était alors vacante et qu’Ananias présidait par courtoisie, ce qui expliquerait la réponse de Paul. Le silence de Josèphe ne prouve pas une interruption, et le Jonathan qu’il appelle « le grand prêtre » en Ant. 20.162 n’avait exercé la charge qu’en 36-37 apr. J.-C. (Ant. 18.95, 123).
- **Luc s’inspire de Josèphe.** Richard Pervo et, plus prudemment, Steve Mason soutiennent que l’auteur des Actes connaissait les œuvres de Josèphe. Dans ce cas, les Actes auraient pu tirer de Josèphe le nom et la fonction d’Ananias plutôt que d’une connaissance indépendante. D’autres datent les Actes d’avant les Antiquités juives (93/94 apr. J.-C.), ou ne voient ici aucun signe d’emprunt, puisque l’audience d’Actes 23 n’a pas d’équivalent chez Josèphe.
- **Une scène composée.** Certains commentateurs critiques considèrent Actes 23:1–10 comme une scène que Luc a composée autour de ses propres thèmes, tels que le respect de Paul pour la Loi et le différend entre pharisiens et sadducéens sur la résurrection. Selon cette lecture, l’exactitude du nom et de la fonction montre que Luc connaissait l’époque, mais ne confirme pas que l’audience s’est déroulée comme elle est racontée.
- **L’identification de Whiston en Ant. 20.205.** Dans une note de sa traduction de 1737, Whiston identifia le riche « grand prêtre Ananias » d’Ant. 20.205-213 à Annas l’aîné. Le texte de Josèphe le nomme Ananias à cet endroit, comme l’imprime la traduction même de Whiston, tandis que la forme qu’il emploie habituellement pour Annas est Ananus.

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.103 (Whiston 20.5.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=5:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.131 (Whiston 20.6.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=6:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.162 (Whiston 20.8.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=5>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.179 (Whiston 20.8.8): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=8>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.205 (Whiston 20.9.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=9:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.206 (Whiston 20.9.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=9:whiston%20section=2>
- William Whiston, Antiquities of the Jews, translator's note to 20.9.2 (William Whiston, 1737), Whiston's note on Ant. 20.205 (Whiston 20.9.2 n. 1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=9:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.213 (Whiston 20.9.4): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=9:whiston%20section=4>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.243 (Whiston 2.12.6): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=12:whiston%20section=6>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.426 (Whiston 2.17.6): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=17:whiston%20section=6>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.441 (Whiston 2.17.9): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=17:whiston%20section=9>

### Josèphe sur le gouverneur Porcius Festus

Josèphe nomme Porcius Festus comme le gouverneur désigné par Néron qui succéda à Félix en Judée. Il montre Festus prenant le parti du roi Agrippa II dans un différend au sujet d’un mur du Temple, et rapporte que Festus mourut en fonction et fut remplacé par Albinus. Cela correspond à la succession et aux personnages d’Actes 24:27–26:32. Josèphe ne mentionne jamais Paul et ne donne aucune année. L’arrivée de Festus, généralement datée vers 59-60 apr. J.-C., est une reconstitution.

- **Date:** Guerre des Juifs généralement datée vers 75-79 apr. J.-C. ; Antiquités juives achevées en 93/94 apr. J.-C. (Ant. 20.267) ; décrit des événements d’environ 59-62 apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** CTS urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg001 (Josephus, Jewish Antiquities); CTS urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg004 (Josephus, Jewish War)
- **Concerne:** Actes 24:27–26:32; Actes 24:10; Actes 21:18; Galates 1:19
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Josèphe nomme Porcius Festus comme le gouverneur que Néron envoya succéder à Félix en Judée (Ant. 20.182; War 2.271). Actes 24:27 donnent le même nom complet et le même ordre de succession.
- Josèphe place Festus et le roi Agrippa II du même côté dans les affaires de Jérusalem. Tous deux s’opposèrent à un mur qui bloquait la vue du roi sur le Temple et celle des gardes romains depuis ses portiques occidentaux. Festus ordonna de le démolir, mais permit à une ambassade juive d’en appeler à Néron (Ant. 20.189-196). En Actes 25:13–26:32, Festus consulte de même Agrippa sur un différend religieux juif.
- Festus mourut en fonction. Néron envoya Albinus lorsqu’il l’apprit, et dans l’intervalle le grand prêtre Ananus fit condamner à la lapidation Jacques, « le frère de Jésus, appelé Christ », ainsi que d’autres (Ant. 20.197-203). La plupart l’identifient au Jacques d’Actes 21:18 et de Galates 1:19 ; le passage est largement, mais non unanimement, accepté comme authentique.
- Josèphe présente Festus comme un gouverneur actif dans une province agitée. Festus envoya cavalerie et infanterie contre les partisans d’un imposteur du désert (Ant. 20.185-188), et la Guerre des Juifs lui attribue la capture de la plupart des brigands, contrairement à son successeur Albinus (War 2.271-272).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Josèphe ne mentionne jamais Paul. Les audiences devant Festus, l’appel à César et l’audience devant Agrippa et Bérénice (Actes 25:1–26:32) reposent sur les seuls Actes.
- Josèphe ne donne ni l’année de l’arrivée de Festus ni la durée de son mandat. Les dates habituelles (arrivée vers 59-60 apr. J.-C., mort vers 62 apr. J.-C.) sont des reconstitutions. Une arrivée plus précoce, vers 55-56 apr. J.-C., repose sur une entrée d’une chronique du IVe siècle (la version latine, par Jérôme, de la Chronique d’Eusèbe, à la deuxième année de Néron), dont le fondement est inconnu, et sur un argument tiré de la perte de sa charge par Pallas en 55.
- La concordance sur le nom d’un gouverneur, sa place dans la succession et ses rapports avec Agrippa montre que les Actes s’accordent avec ce contexte politique. Elle ne prouve pas les discours ou les événements que racontent les Actes. Si Luc a utilisé Josèphe, la concordance ne compterait pas comme une confirmation indépendante.
- Les notices d’Eusèbe (HE 2.22.1; 2.23.21) s’appuient sur les Actes et sur Josèphe, qu’il cite. Elles répètent ces témoins plutôt que d’en ajouter un indépendant.

**Où les interprètes divergent**

Deux questions sont ouvertes. Chronologie : la plupart des chercheurs datent l’arrivée de Festus vers 59-60 apr. J.-C. ; McGiffert (1890) admettait au plus large 59-61, et Schürer (1890) donnait 60. Ils invoquent la remarque de Paul selon laquelle Félix jugeait la nation depuis de nombreuses années (Actes 24:10) et les événements de l’époque de Félix que Josèphe place sous Néron (Ant. 20.160-181). La date de fin repose sur War 6.300-305, où Albinus gouverne lorsque Jésus fils d’Ananus, dont les cris avaient commencé à la fête des Tabernacles quatre ans avant la guerre, est amené devant lui. Une minorité préfère 55-56 apr. J.-C. Elle invoque la version de la Chronique d’Eusèbe par Jérôme et soutient que Pallas, qui selon Josèphe était alors au plus haut degré d’honneur auprès de Néron et sauva Félix (Ant. 20.182), perdit sa charge en 55 (Tacite, Ann. 13.14). D’autres répondent que Pallas conserva son rang après avoir perdu son poste : il fut acquitté d’une accusation de complot plus tard en 55 (Ann. 13.23) et vécut jusqu’en 62 (Ann. 14.65). Dépendance : certains soutiennent que Luc a utilisé Josèphe ; d’autres jugent les Actes indépendants de lui.

**Autres lectures**

- **Chronologie précoce.** Festus arriva vers 55-56 apr. J.-C. La version latine, par Jérôme, de la Chronique d’Eusèbe place le changement de gouverneur dans la deuxième année de Néron, et la remarque de Josèphe selon laquelle Pallas sauva Félix a été comprise comme imposant une date antérieure à la perte de sa charge par Pallas en 55. Les éditeurs Valesius et Heinichen admettaient cette date, et Schürer (1890) cite Kellner et Weber parmi les défenseurs ultérieurs d’un rappel au début du règne de Néron. Selon cette vue, la détention de Paul à Césarée et son voyage vers Rome remontent de plusieurs années.
- **Luc s’inspire de Josèphe.** Si les Actes ont été écrits après les Antiquités juives (93/94 apr. J.-C.) et que leur auteur a utilisé Josèphe, le nom, la succession et le lien avec Agrippa qu’ils partagent montreraient que Luc a utilisé une source plutôt qu’ils n’apporteraient une confirmation indépendante. Les critiques de cette thèse notent que les scènes des Actes consacrées à Festus contiennent beaucoup d’éléments absents de Josèphe, et aucun des épisodes propres à Josèphe concernant Festus : les sicarii, l’imposteur du désert et le mur du Temple.

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.182 (Whiston 20.8.9): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=9>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.185-188 (Whiston 20.8.10): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=10>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.189-196 (Whiston 20.8.11): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=11>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.197 (Whiston 20.9.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=9:whiston%20section=1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.200 (Whiston 20.9.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=9:whiston%20section=1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.267 (Whiston 20.11.3): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2848/pg2848.txt>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.271-272 (Whiston 2.14.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=14:whiston%20section=1>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 6.300 (Whiston 6.5.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=6:whiston%20chapter=5:whiston%20section=3>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 6.305 (Whiston 6.5.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=6:whiston%20chapter=5:whiston%20section=3>
- Tacitus, Annals (A. J. Church and W. J. Brodribb, 1876), Ann. 13.14: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=13:chapter=14>
- Tacitus, Annals (A. J. Church and W. J. Brodribb, 1876), Ann. 13.23: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=13:chapter=23>
- Tacitus, Annals (A. J. Church and W. J. Brodribb, 1876), Ann. 14.65: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=14:chapter=65>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.22.1: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.23.21: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- A. C. McGiffert, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1), note on HE 2.21 (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.21.3, note 468: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxii.html>
- A. C. McGiffert, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1), note on HE 2.22 (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.22.1, note 469: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxiii.html>

### Josèphe sur le prophète égyptien d’Actes 21:38

Josèphe décrit à deux reprises un prophète égyptien anonyme qui, alors que Félix gouvernait la Judée, conduisit des partisans au mont des Oliviers et s’échappa quand les troupes de Félix attaquèrent. En Actes 21:38, le tribun romain demande à Paul s’il est cet homme. Josèphe atteste l’épisode que la question présuppose, non l’arrestation de Paul elle-même, et les chiffres diffèrent : environ 30 000 partisans dans la Guerre des Juifs, 400 tués et 200 capturés dans les Antiquités juives, 4 000 hommes dans les Actes.

- **Date:** Épisode du milieu des années 50 apr. J.-C., sous Félix et après l’avènement de Néron (54) ; rapporté dans la Guerre des Juifs (généralement datée vers 75-79 apr. J.-C.) et dans les Antiquités juives (achevées en 93/94 apr. J.-C., Ant. 20.267)
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** CTS urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg004 (Josephus, Jewish War); CTS urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg001 (Josephus, Jewish Antiquities)
- **Concerne:** Actes 21:37–39; Actes 22:1–21; Actes 23:24–26
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Josèphe, historien non chrétien, rapporte à deux reprises qu’alors que Félix gouvernait la Judée, un prétendu prophète connu seulement comme « l’Égyptien » conduisit des partisans au mont des Oliviers, fut mis en déroute par les troupes de Félix et s’échappa (War 2.261-263; Ant. 20.169-172).
- La prémisse de la question du tribun en Actes 21:38 concorde avec Josèphe : le même gouverneur (Actes 23:24–26), le même surnom, un mouvement associé au désert, bien que dans une direction différente (War 2.262), et un chef qui s’échappa et ne reparut pas (Ant. 20.172).
- Actes 21:38 emploient le mot d’emprunt latin sicarii, le terme que Josèphe applique aux hommes au poignard qu’il situe à Jérusalem sous Félix (War 2.254-257) ; la formulation des Actes s’accorde donc avec les années 50 telles que les décrit Josèphe (sur la question de la dépendance, voir ci-dessous).
- Les propres récits de Josèphe sont difficiles à concilier : la Guerre des Juifs compte environ 30 000 partisans et dit que la plupart de ceux qui étaient avec l’Égyptien furent tués ou capturés, tandis que les Antiquités juives comptent 400 tués et 200 prisonniers. Les 4 000 des Actes sont un troisième chiffre, et non une contradiction avec un nombre unique et fixe.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Ce témoignage ne corrobore ni l’arrestation de Paul, ni son échange avec le tribun, ni le discours qui suit (Actes 22:1–21) ; il atteste l’épisode antérieur que la question présuppose.
- Il ne permet pas de déterminer quel chiffre est juste, ni si Luc connaissait Josèphe, s’appuyait sur la rumeur publique ou disposait de sa propre source. Les deux récits de Josèphe constituent un seul témoin, non deux.
- Josèphe ne relie jamais l’Égyptien aux sicarii. Il décrit les hommes au poignard, les prophètes du désert et l’Égyptien comme des troubles distincts (War 2.254-263) ; ce lien n’apparaît donc que dans les Actes.
- Les récits divergent quant à la direction : Josèphe fait venir les partisans de l’Égyptien du désert (Guerre des Juifs) ou de la ville (Antiquités juives) jusqu’au mont des Oliviers, tandis qu’Actes 21:38 parlent d’hommes emmenés dans le désert.

**Où les interprètes divergent**

Deux questions restent ouvertes. Pour les chiffres, les 30 000 de la Guerre des Juifs peuvent être une estimation arrondie ou gonflée de la foule. McGiffert (1890), citant Tholuck, a plutôt compris 30 000 comme la populace qui se dispersa, 600 comme les brigands que Félix tua ou captura et 4 000 comme le petit nombre de ceux qui s’échappèrent avec l’Égyptien, en ajoutant que les chiffres se corrompent facilement à la copie. Pour la dépendance, Steve Mason soutient que Luc connaissait Josèphe, puisque le rapprochement de l’Égyptien et des sicarii, que la Guerre des Juifs décrit juste avant lui, suit de trop près l’ordre de la Guerre des Juifs pour être une coïncidence. D’autres répondent que le chiffre de 4 000 donné par les Actes, la direction de la marche qu’ils indiquent et leur formulation ne correspondent à aucun des deux récits de Josèphe, ce qui suggère une connaissance indépendante d’un soulèvement récent et notoire.

**Autres lectures**

- **Les Actes s’inspirent de Josèphe.** Luc connaissait Josèphe et a rattaché les sicarii, décrits juste avant l’Égyptien en War 2.254-263, au mouvement de l’Égyptien. Selon cette vue, les Actes ont été écrits après la Guerre des Juifs, ou après 93/94 apr. J.-C. si Luc a utilisé les Antiquités juives.
- **Souvenir indépendant du soulèvement.** Luc, ou sa source, a pu associer un soulèvement récent et notoire aux hommes au poignard des mêmes années sans avoir lu Josèphe. Le chiffre, la direction de la marche et la formulation des Actes ne suivent aucun des deux récits de Josèphe, ce qui indique une connaissance distincte plutôt qu’une copie.
- **Chiffres harmonisés.** Les trois nombres comptent des groupes différents : une foule de 30 000 personnes qui se dispersa, quelque 600 tués ou capturés, et une bande de 4 000 hommes qui s’échappa avec le chef. McGiffert (1890), citant Tholuck, l’a proposé tout en admettant que les chiffres se corrompent facilement à la copie. Cela suppose de comprendre l’affirmation de la Guerre des Juifs selon laquelle il s’échappa avec quelques autres comme un petit nombre par rapport à 30 000.

**Sources**

- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.261-262 (Whiston 2.13.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=13:whiston%20section=5>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.263 (Whiston 2.13.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=13:whiston%20section=5>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 2.254 (Whiston 2.13.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=2:whiston%20chapter=13:whiston%20section=3>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.169 (Whiston 20.8.6): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=6>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.171-172 (Whiston 20.8.6): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=6>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.267 (Whiston 20.11.3): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2848/pg2848.txt>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.21.3: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- A. C. McGiffert, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1), note on HE 2.21 (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.21.3, note 466 (the three figures): <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxii.html>
- A. C. McGiffert, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1), note on HE 2.21 (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.21.3, note 466 (on numerals): <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxii.html>
- A. C. McGiffert, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1), note on HE 2.21 (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.21.3, note 468: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxii.html>

### Josèphe sur la famine en Judée sous Claude

Josèphe, historien juif écrivant vers 93/94 apr. J.-C., rapporte une grave famine à Jérusalem et en Judée sous Claude, sous Fadus ou, d’après le grec imprimé par Niese, sous son successeur Tiberius Alexander (vers 44-48 apr. J.-C.). Les achats de grain de la reine Hélène d’Adiabène la soulagèrent. Cela concorde avec la famine que les Actes situent sous le règne de Claude, avec une détresse en Judée. Mais Josèphe ne mentionne jamais les chrétiens, Agabus, Barnabas ni Saul, et aucune source ne rapporte une famine unique sur l’ensemble du monde romain.

- **Date:** Antiquités juives achevées en 93/94 apr. J.-C. (Ant. 20.267). La famine qu’elles rapportent se situe sous Cuspius Fadus ou Tiberius Alexander, vers 44-48 apr. J.-C. ; les dates proposées pour son paroxysme vont de 46 à 47/48 apr. J.-C.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** CTS urn:cts:greekLit:tlg0526.tlg001 (Josephus, Jewish Antiquities)
- **Concerne:** Actes 11:27–30; Actes 12:25; Actes 12:20–23; Actes 5:36–37; Galates 2:1–10
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Josèphe était un historien juif, et non chrétien. Il rapporte une grave famine à Jérusalem et en Judée sous le règne de Claude, au cours de laquelle beaucoup moururent (Ant. 20.51, 20.101), sous Fadus ou, d’après le grec imprimé par Niese, sous son successeur Tiberius Alexander (vers 44-48 apr. J.-C.). Cumanus remplaça Tiberius Alexander à peu près au moment où mourut Hérode de Chalcis, la huitième année de Claude (Ant. 20.103-104).
- L’aide pour Jérusalem vint de l’extérieur de la Judée. Hélène d’Adiabène, qui avait adopté les coutumes juives (Ant. 20.17), fit acheter du grain à Alexandrie et des figues sèches à Chypre. Son fils Izatès envoya de l’argent aux notables de Jérusalem (Ant. 20.51-53). Un secours venu de l’extérieur pour Jérusalem pendant cette famine est donc attesté indépendamment des Actes.
- Les auteurs romains rapportent des pénuries de grain répétées à Rome sous Claude. Dion signale une grave famine dans son récit de l’année 42 apr. J.-C. (Dio 60.10.1, 60.11.1). En 51 apr. J.-C., après de mauvaises récoltes, Rome n’avait plus de vivres que pour quinze jours, et une foule malmena l’empereur sur le Forum (Tacite, Ann. 12.41, 12.43; cf. Suétone, Claud. 18.2).
- Les Actes datent une famine du règne de Claude et font envoyer des secours en Judée (Actes 11:28–30). Cela concorde avec Josèphe sur le règne et la région. Les Actes ne donnent aucune année, et la place de l’épisode près de la mort d’Hérode Agrippa Ier (44 apr. J.-C.; Actes 12:20–23) ne correspond qu’approximativement aux années 44-48 de Josèphe ; Ramsay lisait Actes 12 comme une digression.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Josèphe ne dit rien des chrétiens, de la prophétie d’Agabus, de la collecte d’Antioche ni du voyage de Barnabas et de Saul (Actes 11:30; 12:25). Ces détails reposent sur les seuls Actes. L’exactitude sur la famine et le règne ne confirme pas à elle seule la visite.
- Aucune source ne décrit une famine unique et simultanée dans tout le monde romain. Les pénuries attestées se situent à des années et en des lieux différents (Rome 42 et 51; Égypte vers 45-46; Judée vers 44-48). La question de savoir si elles constituent une seule disette étendue ou si les Actes généralisent est débattue.
- L’année exacte de la famine ne peut être fixée. Ant. 20.101 peut se lire comme couvrant les deux procurateurs ou seulement Tiberius Alexander. L’autre notice de Josèphe sur une famine (Ant. 3.320) nomme un grand prêtre Ismaël, mais le livre 20 fait nommer un Ismaël par Agrippa II seulement après avoir rapporté la mort de Claude (Ant. 20.179).
- Les auteurs chrétiens ultérieurs n’ajoutent aucun témoignage indépendant. Eusèbe cite Josèphe (HE 2.11.3-2.12.1), et Orose (Hist. 7.6.12) place une famine dans toute la Syrie la quatrième année de Claude et fait d’Hélène une convertie au Christ, contrairement à Josèphe. Si Luc a utilisé Josèphe, la notice des Actes sur la famine ne serait pas indépendante non plus.

**Où les interprètes divergent**

Datation : Whiston rend Ant. 20.101 par « sous ces procurateurs », ce qui couvre Fadus et Tiberius Alexander ; le grec imprimé par Niese porte le singulier, ce qui restreindrait la famine à Tiberius Alexander (vers 46-48). Les dates proposées vont de 46 (Ramsay) ou 46/47 (Gapp, d’après des papyrus égyptiens) à 47/48 (Jeremias, une année sabbatique). Portée : Ramsay et Gapp tenaient pour réelle la famine universelle des Actes, bien que de manière différente ; Schürer y voyait une généralisation non historique. Dépendance : Ant. 20.97-102 rapporte Theudas puis les fils de Judas, si bien que certains soutiennent que Luc a lu Josèphe ; d’autres jugent les différences trop grandes. La visite : certains l’identifient à Galates 2:1–10 ; d’autres pensent que Galates 1–2 ne lui laisse pas de place.

**Autres lectures**

- **Luc a généralisé une famine locale.** Ramsay rapporte qu’Emil Schürer jugeait l’affirmation de Luc sur la famine non historique, improbable et non corroborée, et le Schürer révisé (1973) tient toujours une famine mondiale pour improbable. Selon cette vue, les Actes ont fait de la famine de Judée un événement mondial. Certains critiques, lisant le récit que Paul fait lui-même de ses visites à Jérusalem en Galates 1–2, considèrent aussi la visite de secours de Barnabas et de Saul comme une construction de Luc plutôt que comme un voyage distinct.
- **Un règne de pénuries régionales successives.** Ramsay soutenait que les Actes affirment une famine dans tout le monde romain pendant le règne de Claude, et non en une seule année. Selon sa lecture, les disettes survenues à Rome et ailleurs en différentes années, ainsi que la famine de Judée (qu’il datait probablement de 46 apr. J.-C.), satisfont à cette affirmation.
- **Une seule disette étendue.** Gapp (1935) soutint, d’après des papyrus égyptiens, qu’une crue très haute du Nil rendit la culture du blé non rentable en Égypte en 45-46, et que la famine universelle ne peut s’expliquer comme une simple suite de famines locales. Winter (1989) jugea de même la disette étendue, bien qu’elle ne se soit pas fait sentir partout en même temps.
- **Les Actes s’inspirent de Josèphe.** Les Antiquités juives 20.97-102 rapportent Theudas sous Fadus, puis l’exécution des fils de Judas le Galiléen, en rappelant la révolte de Judas. Actes 5:36–37 mentionnent Theudas puis Judas ; certains soutiennent donc que Luc a suivi l’ordre de Josèphe. D’autres répondent que les Actes placent Theudas avant la révolte de Judas en 6 apr. J.-C., avec un nombre de partisans différent, ce qu’un lecteur de Josèphe n’aurait guère produit.
- **La visite de secours est celle de Galates 2.** Ramsay, comme beaucoup de ceux qui tiennent la visite de secours pour historique, l’identifiait à la rencontre privée de Paul à Jérusalem en Galates 2:1–10, en relevant la demande qui y est faite de se souvenir des pauvres. D’autres assimilent Galates 2 au concile d’Actes 15 et concilient autrement la visite de secours avec Galates, ou doutent qu’elle ait eu lieu.

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.51-53 (Whiston 20.2.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=2:whiston%20section=5>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.101 (Whiston 20.5.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=5:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.102 (Whiston 20.5.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=5:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.103-104 (Whiston 20.5.2): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=5:whiston%20section=2>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.17 (Whiston 20.2.1): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2848/pg2848.txt>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.97 (Whiston 20.5.1): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2848/pg2848.txt>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 3.320 (Whiston 3.15.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=3:whiston%20chapter=15:whiston%20section=3>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.179 (Whiston 20.8.8): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=8:whiston%20section=8>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.267 (Whiston 20.11.3): <https://www.gutenberg.org/cache/epub/2848/pg2848.txt>
- Suetonius, The Lives of the Caesars: Claudius (J. C. Rolfe, 1914), Claud. 18.2: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Claudius*.html>
- Tacitus, Annals (A. J. Church and W. J. Brodribb, 1876), Ann. 12.43: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=12:chapter=43>
- Tacitus, Annals (A. J. Church and W. J. Brodribb, 1876), Ann. 12.41: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=12:chapter=41>
- Cassius Dio, Roman History (Earnest Cary, 1914–1927), Dio 60.10.1: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/60*.html>
- Cassius Dio, Roman History (Earnest Cary, 1914–1927), Dio 60.11.1: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/60*.html>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.8.1: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), HE 2.11.3-2.12.1: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Orosius, Historiae adversus paganos, Hist. 7.6.12: <https://www.thelatinlibrary.com/orosius/orosius7.shtml>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. III §3 (Schürer's verdict): <https://ccel.org/ccel/ramsay/paul_roman/paul_roman.vi.html>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. III §3 (date of the famine): <https://ccel.org/ccel/ramsay/paul_roman/paul_roman.vi.html>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. III §3 (Galatians and the relief visit): <https://ccel.org/ccel/ramsay/paul_roman/paul_roman.vi.html>

### Le roi Agrippa II et Bérénice chez Josèphe et Juvénal

Josèphe confirme qu’Agrippa II était un roi client de Rome à qui avait été confié le temple de Jérusalem, et il montre Bérénice, la sœur d’Agrippa, à ses côtés en public, comme le font Actes 25:13–26:32 à Césarée. Il rapporte aussi une rumeur d’inceste entre eux, que Juvénal reprend sur le mode satirique. Ces sources confirment les deux personnages et leur rang, non l’audience de Paul, et certains spécialistes pensent que Luc s’est inspiré de Josèphe.

- **Date:** La Guerre des Juifs de Josèphe, vers 75–79 apr. J.-C., et ses Antiquités juives, 93/94 apr. J.-C. (achevées la treizième année de Domitien, Ant. 20.267) ; la Satire 6 de Juvénal, début du IIe siècle. Les événements décrits vont de 44 apr. J.-C. aux années 70. Tacite et Suétone (début du IIe siècle) se situent dans l’intervalle dateFrom-dateTo ; Dion (début du IIIe siècle) est un témoin d’appui plus tardif, extérieur à cet intervalle.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Concerne:** Actes 25:13–26:32; Actes 25:13–22; Actes 25:23; Actes 26:3; Actes 26:30–32
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Agrippa II, fils d’Hérode Agrippa Ier, détenait un royaume concédé par Rome pendant les années que couvrent Actes 25–26. Claude lui a donné la tétrarchie qui avait été celle de Philippe le tétrarque, à la place de Chalcis, et Néron y a ajouté Tibériade, Tarichée et Julias (Josèphe, Ant. 19.354 ; 20.138, 20.159). Le titre royal que lui donnent les Actes concorde avec ces données.
- Josèphe montre Agrippa et le procurateur Festus tous deux mêlés à un différend portant sur le temple de Jérusalem. Il indique que Claude avait confié la charge du temple à Agrippa, qui nommait et destituait les grands prêtres (Ant. 20.189-196, 20.222-223). Cela concorde avec le tableau que dressent les Actes : Festus soumet à Agrippa un différend religieux propre aux Juifs (Actes 25:13–22 ; 26:3).
- Bérénice, sœur d’Agrippa et veuve d’Hérode de Chalcis (Ant. 20.145), apparaît publiquement à ses côtés en 66 apr. J.-C. Elle est placée là où la foule de Jérusalem peut la voir pendant le discours de son frère, pleure avec lui et monte au temple avec lui. Des insurgés incendient « les palais d’Agrippa et de Bérénice » (Guerre 2.344, 402, 405, 426). Les Actes la montrent avec le roi à Césarée (Actes 25:13, 23 ; 26:30).
- Des auteurs de l’Antiquité ont transmis une rumeur d’inceste entre Bérénice et son frère. Josèphe la rapporte, ainsi que la tentative de Bérénice pour la démentir en épousant Polémon, roi de Cilicie (Ant. 20.145-146), et Juvénal la reprend comme une pique satirique (Sat. 6.156-159). Cela montre la réputation des deux personnages, non la vérité de l’accusation.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucune de ces sources ne mentionne Paul ni l’audience de Césarée. Elles confirment les personnages et leur rang, non l’événement, les discours ou le verdict que rapportent Actes 25:13–26:32.
- Elles ne prouvent pas l’accusation d’inceste. Josèphe la présente comme un ouï-dire que Bérénice tenait pour une calomnie. Juvénal est un satiriste qui écrit des décennies plus tard, dans une Rome qui avait été hostile à la reine orientale liée à Titus (Tacite, Hist. 2.2 ; Suétone, Tit. 7.1 ; Dion 66.15.3-4).
- L’accord avec Josèphe ne montre pas à lui seul que Luc était indépendant de lui. Des noms et des titres exacts pouvaient venir d’une connaissance générale de ce frère et de cette sœur de sang royal très en vue, et certains spécialistes soutiennent que Luc connaissait les œuvres de Josèphe.

**Où les interprètes divergent**

Deux questions restent ouvertes. D’abord, le rapport entre les Actes et Josèphe. Certains spécialistes soutiennent que Luc a utilisé les Antiquités, ce qui ferait de l’accord sur Agrippa et Bérénice une donnée dérivée plutôt qu’indépendante. D’autres relèvent des différences ailleurs, ainsi que la notoriété des deux personnages dans les années 50 et 60, et y voient une connaissance indépendante. Ensuite, ce qui se cachait derrière la rumeur d’inceste. Il peut s’agir de commérages hostiles visant une reine veuve qui vivait à la cour de son frère et a plus tard fait scandale à Rome avec Titus, ou d’une croyance largement répandue à l’époque. Aucune source n’offre davantage qu’une réputation.

**Autres lectures**

- **Luc s’est inspiré de Josèphe.** Si les Actes ont été écrits après 93/94 apr. J.-C., leur tableau d’Agrippa et de Bérénice pourrait venir des Antiquités de Josèphe, comme l’ont soutenu Max Krenkel (1894) et Richard Pervo (2006). Dans cette perspective, l’accord révèle la source de Luc, non une corroboration indépendante. Steve Mason (1992) soutient que Luc connaissait probablement Josèphe, tout en admettant que cela ne peut être prouvé.
- **Une connaissance précoce et indépendante.** Colin Hemer (1989) et d’autres estiment que la manière dont les Actes traitent les fonctionnaires romains et les rois clients reflète une connaissance précoce et indépendante. Dans cette perspective, Agrippa et Bérénice étaient des personnalités publiques en vue, dont les apparitions communes devaient être largement connues en Judée et en Syrie, de sorte que Luc n’avait besoin d’aucune source littéraire pour les nommer correctement.
- **La rumeur : calomnie ou croyance.** Josèphe présente l’accusation comme un bruit que Bérénice a tenté de réfuter, et le vers de Juvénal relève de l’invective, si bien que beaucoup de lecteurs tiennent la rumeur pour un commérage. D’autres notent que Josèphe, pourtant bien disposé envers Agrippa, a tout de même choisi de la consigner, et qu’il dit que Bérénice a quitté Polémon, « à ce que l’on disait », avec des intentions impures (Ant. 20.146). Ils en concluent que cette croyance circulait largement, même si elle reste non prouvée.

**Sources**

- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.145-147 (Whiston 20.7.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston%20chapter%3D7%3Awhiston%20section%3D3>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.137-140 (Whiston 20.7.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston%20chapter%3D7%3Awhiston%20section%3D1>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.158-159 (Whiston 20.8.4): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston%20chapter%3D8%3Awhiston%20section%3D4>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.189-196 (Whiston 20.8.11): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston%20chapter%3D8%3Awhiston%20section%3D11>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 20.222-223 (Whiston 20.9.7): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D20%3Awhiston%20chapter%3D9%3Awhiston%20section%3D7>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 19.354 (Whiston 19.9.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0146%3Abook%3D19%3Awhiston%20chapter%3D9%3Awhiston%20section%3D1>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), War 2.342-344 (Whiston 2.16.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0148%3Abook%3D2%3Awhiston%20chapter%3D16%3Awhiston%20section%3D3>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), War 2.402-404 (Whiston 2.16.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0148%3Abook%3D2%3Awhiston%20chapter%3D16%3Awhiston%20section%3D5>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), War 2.405-407 (Whiston 2.17.1): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0148%3Abook%3D2%3Awhiston%20chapter%3D17%3Awhiston%20section%3D1>
- Flavius Josephus, The Wars of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), War 2.426 (Whiston 2.17.6): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0148%3Abook%3D2%3Awhiston%20chapter%3D17%3Awhiston%20section%3D6>
- Juvenal, Satires (Satire 6) (G. G. Ramsay, 1918), Sat. 6.156-159: <https://www.tertullian.org/fathers/juvenal_satires_06.htm>
- Tacitus, Histories (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1873 (reprinted 1942, as given by Perseus)), Hist. 2.2: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0080%3Abook%3D2%3Achapter%3D2>
- Tacitus, Histories (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1873 (reprinted 1942, as given by Perseus)), Hist. 2.81: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0080%3Abook%3D2%3Achapter%3D81>
- Suetonius, Lives of the Caesars: Titus (J. C. Rolfe, 1914), Tit. 7.1: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Titus*.html>
- Cassius Dio, Roman History (Epitome) (Earnest Cary, 1925), 66.15.3-4 (Boissevain numbering, as in the LacusCurtius section anchors; printed in Cary's Loeb as Book 65): <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/65*.html>

### L’expulsion des Juifs de Rome par Claude (Suétone, Claude 25.4)

Suétone, biographe romain non chrétien, rapporte que Claude a expulsé de Rome les Juifs parce qu’ils ne cessaient de provoquer des troubles « à l’instigation de Chrestus » (Claud. 25.4). C’est un témoignage indépendant sur le type de décret mentionné en Actes 18:2. Suétone ne donne aucune date. La date habituelle de 49 apr. J.-C. vient seulement d’Orose, au Ve siècle, Dion ne rapporte qu’une interdiction de réunions en 41 apr. J.-C., et la question de savoir si « Chrestus » désigne le Christ est discutée.

- **Date:** Témoin principal : les Vies des douze Césars de Suétone, vers 119–122 apr. J.-C. Rolfe (1913) date leur publication de 120 et situe la préfecture de leur dédicataire, Septicius Clarus, en 119–121 ; dateFrom et dateTo donnent cet intervalle de composition. Intervalle des événements : mesure(s) prise(s) par Claude entre 41 et vers 49 apr. J.-C. Dion (début du IIIe siècle) place une interdiction des réunions des Juifs parmi les actes de la première année de Claude (41 apr. J.-C.) ; Orose (début du Ve siècle) date l’expulsion de la neuvième année de Claude (vers 49 apr. J.-C.).
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Concerne:** Actes 18:1–3; Actes 18:12–17; Romains 16:3–5; Actes 28:17
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Suétone (Claud. 25.4), biographe romain non chrétien, rapporte que Claude a expulsé de Rome les Juifs parce qu’ils ne cessaient de s’agiter à l’instigation d’un certain « Chrestus ». C’est un témoignage indépendant sur une expulsion décidée par Claude, semblable à celle qui, en Actes 18:2, explique pourquoi Aquilas et Priscille étaient récemment venus d’Italie. Qu’il s’agisse du même décret est probable, mais dépend de la date, qui est discutée.
- Dion Cassius (60.6.6) range parmi les actes de la première année de Claude (41 apr. J.-C.) une mesure concernant les Juifs. Il dit qu’ils étaient trop nombreux pour être chassés de la ville sans tumulte, si bien que Claude ne les a pas expulsés, mais leur a permis de conserver leur mode de vie traditionnel et leur a interdit de tenir des réunions. La question de savoir s’il s’agit de la même action rapportée autrement ou d’une mesure distincte est discutée.
- Orose (Hist. adv. pag. 7.6.15) donne la seule date explicite : la neuvième année de Claude, vers 49 apr. J.-C. Il attribue l’information à Josèphe, mais aucun passage de ce genre n’est connu dans les œuvres conservées de Josèphe. Celles-ci décrivent une expulsion antérieure des Juifs de Rome sous Tibère (Ant. 18.81-84).
- Les auteurs de l’Antiquité confondaient les deux graphies. Orose cite Suétone sous la forme « inpulsore Christo » et y lit le Christ, tout en disant ne pas pouvoir déterminer si Claude visait les Juifs soulevés contre le Christ ou aussi les chrétiens (7.6.16). La note de Rolfe dit que Chrestus est « une autre forme de Christus » et renvoie à la plainte de Tertullien contre la prononciation païenne fautive « Chrestianus » (Apol. 3). Cela rend plausible la lecture « Christ », sans la prouver.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Cela ne montre pas que « Chrestus » était Jésus, ni que les émeutes étaient des disputes au sujet de la prédication chrétienne. Suétone ne dit ni l’un ni l’autre. Le texte latin imprimé dans la Loeb porte « Chresto », et Suétone emploie « Christiani » pour le groupe puni sous Néron (Néron 16.2).
- Cela ne montre pas combien de Juifs ont quitté Rome, ni pour combien de temps. Les Actes décrivent un décret visant tous les Juifs, alors que la notice de Dion pour 41 apr. J.-C. dit que Claude ne les a pas expulsés. Prisca et Aquilas (si Romains 16 était adressé à Rome) et les chefs des Juifs de Rome se trouvent de nouveau dans la ville plus tard (Romains 16:3–5 ; Actes 28:17).
- Cela ne fournit pas de date sûre de 49 apr. J.-C. Suétone ne donne aucune date et place la notice parmi des mesures sans rapport entre elles, et l’autorité qu’invoque Orose ne peut être vérifiée.

**Où les interprètes divergent**

Beaucoup d’historiens voient dans « Chrestus » une graphie romaine fautive de Christus. Dans cette perspective, la prédication de Jésus comme Messie a provoqué des conflits dans les synagogues de Rome, et les personnes impliquées ont été expulsées. Les Actes ne disent pas si Aquilas et Priscille étaient déjà croyants. D’autres, comme Slingerland, notent que Chrestus était un nom personnel courant, que Suétone connaît le mot « Christiani » et que Tacite, qui écrit à peu près à la même époque, emploie la forme correcte « Christus » (Ann. 15.44). Dans cette perspective, Chrestus était quelqu’un d’autre : un agitateur local, ou quelqu’un qui a poussé Claude à agir. Sur la date, beaucoup acceptent la date de 49 apr. J.-C. donnée par Orose et voient dans l’interdiction des réunions rapportée par Dion une étape antérieure, en 41. D’autres pensent que les deux récits décrivent un seul événement et se méfient du renvoi d’Orose à Josèphe, qui ne peut être vérifié.

**Autres lectures**

- **Chrestus, quelqu’un d’autre que le Christ.** Suétone désigne peut-être un homme qui s’appelait réellement Chrestus. La note de Rolfe de 1914 évoquait cette possibilité (« quelque juif de ce nom »), tout en jugeant plus probable la lecture « Christ ». H. Dixon Slingerland (1997) rejette la lecture « Christ » et suggère que Chrestus était quelqu’un, peut-être un affranchi conseiller, qui a poussé Claude à agir. Dans les deux cas, le passage confirme une expulsion décidée par Claude, mais ne dit rien des croyants de Rome.
- **Une seule mesure en 41 apr. J.-C..** Suétone et Dion décrivent une seule action au début du règne de Claude, et la date de 49 donnée par Orose n’est pas fiable. Dans ce cas, l’arrivée récente d’Aquilas et de Priscille à Corinthe suppose soit une visite antérieure de Paul dans cette ville, comme dans la chronologie de Lüdemann, soit une lecture plus souple d’Actes 18:1–3.
- **Deux mesures : 41 et vers 49 apr. J.-C..** Dion décrit une première interdiction des réunions des Juifs en 41. Suétone, les Actes et Orose décrivent une expulsion ultérieure vers 49, peut-être limitée aux personnes impliquées dans les troubles. Cela concorde avec l’arrivée de Paul à Corinthe peu avant le proconsulat de Gallion (Actes 18:12–17).

**Sources**

- Suetonius, Life of Claudius (Lives of the Caesars) (J. C. Rolfe, 1914), Claud. 25.4: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Claudius*.html>
- J. C. Rolfe, Loeb Suetonius, editor's note 75 on Claud. 25.4, Claud. 25.4, note 75: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Claudius*.html>
- Suetonius, Divus Claudius (Latin text as printed in the Loeb Classical Library, 1913), Claud. 25.4: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/L/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Claudius*.html>
- J. C. Rolfe, Suetonius, vol. 1 (Loeb Classical Library), Introduction, Introduction, 'The Life and Works of Suetonius': <https://archive.org/download/suetonius01suet_0/suetonius01suet_0_djvu.txt>
- J. C. Rolfe, Suetonius, vol. 1 (Loeb Classical Library), Introduction, Introduction, 'The Life and Works of Suetonius': <https://archive.org/download/suetonius01suet_0/suetonius01suet_0_djvu.txt>
- Suetonius, Life of Nero (Lives of the Caesars) (J. C. Rolfe, 1914), Nero 16.2: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Nero*.html>
- Cassius Dio, Roman History (Earnest Cary, 1924), 60.6.6: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/60*.html>
- Paulus Orosius, Historiarum adversum paganos libri VII, 7.6.15: <https://www.thelatinlibrary.com/orosius/orosius7.shtml>
- Paulus Orosius, Historiarum adversum paganos libri VII, 7.6.16: <https://www.thelatinlibrary.com/orosius/orosius7.shtml>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737 (Perseus text: Auburn and Buffalo, 1895)), Ant. 18.81-84 (Whiston 18.3.5): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=18:whiston%20chapter=3:whiston%20section=5>
- Tacitus, Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1942 (Random House reprint, as given by Perseus)), Ann. 15.44: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=15:chapter=44>

### Tacite sur le châtiment des chrétiens par Néron après l’incendie de Rome (Annales 15.44)

Le passage des Annales 15.44 de Tacite, écrit au début du IIe siècle, est le seul récit indépendant et détaillé montrant Néron imputer aux chrétiens de Rome l’incendie de juillet 64 et en faire mourir un grand nombre ; la version plus tardive de Sulpice Sévère en dépend. Il implique l’existence d’un groupe chrétien important dans la Rome de Romains et d’Actes 28. Il ne nomme aucun apôtre et ne dit rien de la mort de Paul, et une minorité d’historiens soutient qu’il reflète l’époque de Tacite plus que les années 60.

- **Date:** Écrit au début du IIe siècle apr. J.-C. : les Annales sont conventionnellement datées vers 110–120, et Furneaux (1907) situe leur achèvement cinquante ans pleins après la persécution. Rapporte des événements qui ont suivi l’incendie du 19 juillet 64 apr. J.-C. (Ann. 15.41).
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle. Les Annales 11-16 nous sont parvenues par le second manuscrit médicéen (seconde moitié du XIe siècle), aujourd’hui conservé à la Bibliothèque Laurentienne, à Florence (Furneaux 1907)
- **Concerne:** Actes 28:15; Actes 28:30–31; Romains 1:7–8
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Tacite était un sénateur et historien romain, hostile au mouvement. Il rapporte qu’après l’incendie de juillet 64, Néron a fait porter la responsabilité sur des gens que la foule appelait chrétiens, et qu’un grand nombre d’entre eux ont été condamnés et mis à mort lors de spectacles dans les jardins de Néron (Ann. 15.44 ; la date de l’incendie figure en 15.41).
- Selon le récit de Tacite, les chrétiens de Rome étaient en 64 assez nombreux et visibles pour être désignés. Cela concorde avec la communauté de croyants établie à Rome que présuppose Romains 1:7–8 et dont des membres viennent à la rencontre de Paul en Actes 28:15.
- Suétone mentionne séparément le châtiment des chrétiens parmi les mesures de police de Néron (Néron 16.2). Furneaux estimait qu’il suit une autre autorité ; Suétone ne le rattache pas à l’incendie. L’action menée contre les chrétiens à Rome à l’époque de Néron ne repose donc pas sur Tacite seul, mais le lien avec l’incendie, si : le récit de l’incendie par Dion ne mentionne pas les chrétiens (Dion 62.16-18).
- Le passage fournit le contexte non chrétien de la tradition chrétienne selon laquelle Paul est mort à Rome sous Néron. 1 Clément 5 (conventionnellement vers 96 apr. J.-C.) dit que Paul a rendu témoignage devant les gouvernants et a quitté ce monde, sans nommer Néron. Tertullien désigne Néron comme le premier persécuteur et situe la mort de Paul à Rome ; Eusèbe la date du règne de Néron (HE 2.25.4-5 ; Prescr. 36). Cette tradition s’est développée en grande partie sans Tacite.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Il ne nomme ni Paul, ni Pierre, ni aucun chrétien en particulier ; ce n’est donc pas une preuve que Paul est mort lors des représailles de 64. Le lien entre Néron et la mort de Paul vient d’auteurs chrétiens. Parmi les auteurs chrétiens de l’Antiquité, seul Sulpice Sévère (vers 400 apr. J.-C.) suit clairement le récit de Tacite (Furneaux 1907), et il date ensuite de cette période la condamnation de Paul et de Pierre (Chron. 2.29).
- Il ne fixe ni l’année, ni le lieu à Rome, ni la manière dont Paul est mort. Tertullien laisse entendre une décapitation (« une mort semblable à celle de Jean ») et Eusèbe la rapporte ; Tacite n’en dit rien. La question de savoir si Paul a été libéré après la détention d’Actes 28 est distincte.
- Il ne montre pas que les chrétiens ont allumé l’incendie, ni que Néron l’a fait : Tacite dit que la cause était incertaine (Ann. 15.38). Il ne montre pas non plus qu’une loi générale contre les chrétiens, ou une persécution à l’échelle de l’empire, existait en 64.

**Où les interprètes divergent**

La plupart des historiens tiennent Annales 15.44 pour un texte authentique de Tacite. Brent Shaw (2015) le juge probablement authentique, mais soutient qu’il reflète les idées de l’époque de Tacite. Il conteste une exécution de masse ordonnée par Néron et la mort de Pierre et de Paul sous Néron. Christopher P. Jones (2017) répond que rien ne permet de douter du rapport de Tacite. Richard Carrier (2014) soutient que la phrase qui nomme Christus doit être considérée comme une insertion postérieure suspecte. Une autre question ouverte est de savoir si Paul est mort lors des représailles de 64, avant celles-ci, ou plus tard sous le règne de Néron, après une libération.

**Autres lectures**

- **Authentique mais anachronique (Shaw).** Le chapitre est probablement l’œuvre de Tacite lui-même, mais le lien qu’il établit entre les chrétiens et l’incendie reflète des présupposés du début du IIe siècle. Dans cette perspective, Néron n’a ordonné aucune exécution de masse de chrétiens en 64, et le passage ne garantit pas les martyres de Pierre et de Paul sous Néron.
- **La phrase sur Christus, suspecte (Carrier).** La phrase qui identifie Christus comme exécuté sous Ponce Pilate pourrait être un ajout chrétien postérieur et devrait être traitée comme suspecte. La contestation porte sur cette phrase, non sur le récit des châtiments infligés par Néron en tant que tel.
- **La mort de Paul sans lien avec l’incendie.** Paul est peut-être mort avant 64, à la fin des deux années de détention d’Actes 28:30–31. Ou bien il est peut-être mort plus tard sous le règne de Néron, après une libération et un second emprisonnement à Rome, ce qu’Eusèbe rapporte comme une tradition (« on dit », HE 2.22.2). Dans les deux cas, Tacite fournit le contexte général, non l’événement.

**Sources**

- Tacitus, Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1942 (Random House reprint, as given by Perseus)), Ann. 15.44: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=15:chapter=44>
- Tacitus, Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1942 (Random House reprint, as given by Perseus)), Ann. 15.38: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=15:chapter=38>
- Tacitus, Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1942 (Random House reprint, as given by Perseus)), Ann. 15.41: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=15:chapter=41>
- Suetonius, Lives of the Caesars: Nero (J. C. Rolfe, 1914), Nero 16.2: <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Suetonius/12Caesars/Nero*.html>
- Cassius Dio, Roman History (epitome of Book 62) (Earnest Cary, 1925), 62.16.1 (fire narrative 62.16-18; Christians not mentioned): <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/62*.html>
- Clement of Rome (traditional attribution), 1 Clement (J. B. Lightfoot), 1 Clem. 5.5-6: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>
- Eusebius (quoting Tertullian), Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.25.4: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.25.5: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.22.2: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Tertullian, The Prescription against Heretics (Peter Holmes, 1885), Prescr. 36 (of the church at Rome): <https://www.newadvent.org/fathers/0311.htm>

## Premiers auteurs chrétiens

### La Lettre aux Philippiens de Polycarpe sur Paul et ses lettres

La lettre de Polycarpe de Smyrne à l’Église de Philippes (vers 110–140 apr. J.-C.) rappelle que Paul a enseigné en personne chez les Philippiens et leur a écrit ensuite (3.2 ; 11.3). Elle compte Paul parmi les apôtres qui ont souffert (9.1–2), lui attribue un enseignement qui se trouve dans 1 Corinthiens et fait écho à Éphésiens et à 1 Timothée ; ces lettres et ces souvenirs circulaient donc déjà à cette époque. Elle ne tranche pas la question de l’auteur d’Éphésiens ou de 1 Timothée, et n’ajoute aucun événement aux Actes.

- **Date:** Vers 110–140 apr. J.-C. Habituellement datée peu après le passage d’Ignace à Smyrne et à Philippes, en route vers Rome ; selon la théorie des deux lettres de Harrison, les chapitres 1–12 remontent à 135 environ. La notice des traducteurs des Ante-Nicene Fathers situait la lettre vers le milieu du IIe siècle, et une minorité, qui suit une datation d’Ignace dans les années 140 (Barnes), la placerait plus tard.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** CPG 1040
- **Concerne:** Actes 16:11–40; Actes 2:24; Philippiens 1:5; Philippiens 2:16; 2 Thessaloniciens 1:4; 1 Corinthiens 6:2; 1 Corinthiens 6:9–10; Galates 4:26; Galates 6:7; Éphésiens 2:8–9; Éphésiens 4:26; 1 Timothée 2:1–2; 1 Timothée 6:7–10; 2 Timothée 4:10
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Polycarpe dit aux Philippiens que Paul a enseigné parmi eux en personne, leur a écrit pendant son absence et a « travaillé » parmi eux (3.2 ; 11.3). C’est un souvenir ecclésial du début du IIe siècle, cohérent avec Actes 16 et avec la lettre de Paul aux Philippiens.
- Il attribue à Paul (« comme l’enseigne Paul ») l’enseignement qui se trouve en 1 Corinthiens 6:2 (11.2). Il est très proche de 1 Timothée 6:7 et 6:10 (4.1), d’Éphésiens 2:8–9 (1.3) et d’Éphésiens 4:26 (12.1), de sorte que la formulation d’Éphésiens était très probablement connue à Smyrne lorsqu’il écrivait, et celle de 1 Timothée probablement.
- D’autres formulations ressemblent à Galates 4:26 (3.3), Galates 6:7 (5.1), 1 Corinthiens 6:9–10 (5.3), Philippiens 2:16 et 2 Timothée 4:10 (9.2), et 1 Timothée 2:1–2 (12.3). Ce sont des comparaisons éditoriales de formulation ; elles montrent une familiarité avec le langage paulinien, non quelles lettres Polycarpe possédait ni comment il les considérait.
- Il place « Paul lui-même et les autres apôtres » aux côtés d’Ignace et de croyants de Philippes comme exemples d’endurance, des personnes qui ont souffert avec le Seigneur et qui sont maintenant auprès de lui (9.1–2).
- La lettre est attestée tôt. Irénée la recommande vers 180 (Contre les hérésies 3.3.4). Eusèbe cite plus tard 9.1–2 et 13.1–2 en grec, en s’arrêtant avant la demande de nouvelles d’Ignace, et relève qu’elle utilise 1 Pierre (Histoire ecclésiastique 3.36.13–15 ; 4.14.9).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Polycarpe ne désigne aucune lettre par son titre et n’attribue à aucun auteur les formulations de 1 Timothée ou d’Éphésiens. Les parallèles montrent que ces formulations étaient en usage, non que Paul a écrit ces lettres.
- Elle n’ajoute aucun détail indépendant sur la mission de Paul à Philippes ni sur sa mort. Le passage 9.2 dit que les apôtres ont souffert et sont auprès du Seigneur, mais non comment, quand ni où Paul est mort.
- Le pluriel grec qui se trouve derrière « une lettre » en 3.2 ne montre pas à lui seul que Paul a écrit plus d’une lettre aux Philippiens.
- Les chapitres 10–12, la fin du chapitre 13 et le chapitre 14 ne survivent qu’en latin (Eusèbe conserve en grec le chapitre 9 et la plus grande partie du chapitre 13), si bien que leur formulation exacte, y compris le « sont » de 13.2 et l’attribution à Paul en 11.2, est incertaine.

**Où les interprètes divergent**

Unité et date : 9.1–2 place Ignace parmi ceux qui sont désormais auprès du Seigneur, alors que 13.2 demande des nouvelles de lui et de ceux qui sont avec lui. P. N. Harrison a donc divisé le texte en un billet d’accompagnement précoce (ch. 13, peut-être avec le ch. 14) et une lettre postérieure, de 135 environ (ch. 1–12). Lightfoot avant lui, et Hartog depuis, défendent une seule lettre écrite peu après le voyage d’Ignace. Certains critiques antérieurs ont au contraire considéré le ch. 13 comme une interpolation, opinion que la notice des traducteurs des Ante-Nicene Fathers jugeait convaincante. Référence : savoir si le pluriel de 3.2 désigne une seule lettre ou plusieurs. Dépendance : savoir si les parallèles avec Éphésiens et 1 Timothée relèvent d’un emprunt littéraire, et si Polycarpe pensait que ces lettres étaient de Paul.

**Autres lectures**

- **Deux lettres (Harrison).** P. N. Harrison (1936) voyait dans le chapitre 13 un billet d’accompagnement précoce, envoyé avec les lettres d’Ignace alors que son sort était encore inconnu ; le latin de 13.2 parle de ceux qui « sont » avec lui. Il voyait dans les chapitres 1–12 une lettre postérieure, de 135 environ, qui répondait peut-être à un enseignement comme celui de Marcion, lien que d’autres contestent. Les partisans d’une lettre unique répondent que Polycarpe pouvait connaître la mort d’Ignace avant d’en apprendre les circonstances.
- **Ce que signifie le pluriel de 3.2.** Le pluriel grec peut désigner une seule lettre, comme le notent les traducteurs des Ante-Nicene Fathers et comme le traduit Lightfoot. Il peut refléter plus d’une lettre adressée à Philippes, comme le proposent certaines théories de partition de l’épître canonique aux Philippiens. Ou il peut englober de façon large les lettres de Paul à Thessalonique et à Corinthe, comme le suggère une note éditoriale entre crochets dans cette édition ; la fierté avec laquelle Paul parle des Philippiens parmi les Églises (11.3) ressemble à 2 Thessaloniciens 1:4.
- **La formulation de 11.3.** Le latin de 11.3 est obscur. Lightfoot le rend en disant que les Philippiens ont été les « lettres au commencement » de Paul ; les traducteurs des Ante-Nicene Fathers comprennent qu’ils sont loués au début de son épître et renvoient à Philippiens 1:5. Dans les deux cas, le passage rappelle la correspondance de Paul avec Philippes sans ajouter de fait nouveau.
- **Tradition commune ou auteur commun, et non citation.** Les sentences de 4.1 sur l’amour de l’argent et sur le fait de n’avoir rien apporté dans le monde font écho à des maximes morales plus largement répandues, si bien que certains jugent la dépendance envers 1 Timothée probable plutôt que certaine. Hans von Campenhausen (1951) a proposé que Polycarpe ou son entourage aient écrit les Épîtres pastorales ; les parallèles montreraient alors une origine commune plutôt qu’une réception, mais la plupart des spécialistes n’ont pas adopté cette thèse.
- **Éphésiens appelée Écriture ?.** En 12.1, qui ne survit qu’en latin, Polycarpe introduit la formulation du Psaume 4:4 et celle d’Éphésiens 4:26 par l’expression « comme il est dit dans ces Écritures ». Certains y voient une manière de traiter Éphésiens comme Écriture. D’autres pensent que Polycarpe croyait que les deux phrases venaient de l’Ancien Testament, ou que la formulation d’un traducteur ne peut porter une telle inférence.
- **Connaissance des Actes ?.** En 1.2, l’expression de Polycarpe sur Dieu qui délie les douleurs de l’Hadès ressemble de près à Actes 2:24, comme l’ont noté les traducteurs des Ante-Nicene Fathers. Elle peut refléter une connaissance des Actes ou une formule commune et précoce sur la résurrection ; ce n’est donc pas une preuve sûre que les Actes circulaient à Smyrne.

**Sources**

- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 3.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 9.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 9.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 11.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 11.3: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 12.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 13.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Alexander Roberts and James Donaldson (translators' notes), Ante-Nicene Fathers, vol. 1: The Epistle of Polycarp to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), ch. 3, note 358: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.ii.iii.html>
- Alexander Roberts and James Donaldson (translators' notes), Ante-Nicene Fathers, vol. 1: The Epistle of Polycarp to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), ch. 1, note 341: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.ii.i.html>
- Alexander Roberts and James Donaldson (translators' notes), Ante-Nicene Fathers, vol. 1: The Epistle of Polycarp to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), ch. 10, note 391: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.ii.x.html>
- Alexander Roberts and James Donaldson (translators' notes), Ante-Nicene Fathers, vol. 1: The Epistle of Polycarp to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), ch. 11, note 401: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.ii.xi.html>
- Alexander Roberts and James Donaldson (translators' notes), Ante-Nicene Fathers, vol. 1: The Epistle of Polycarp to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), ch. 13, note 414: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.ii.xiii.html>
- Alexander Roberts and James Donaldson (translators' notes), Ante-Nicene Fathers, vol. 1: The Epistle of Polycarp to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), ch. 13, note 415: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.ii.xiii.html>
- Alexander Roberts and James Donaldson (translators' notes), Ante-Nicene Fathers, vol. 1: The Epistle of Polycarp to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), ch. 13, note 416: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.ii.xiii.html>
- Ante-Nicene Fathers translators, Ante-Nicene Fathers, vol. 1: Introductory Note to the Epistle of Polycarp to the Philippians, Introductory Note (original Introductory Notice), on chapter 13: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.i.html>
- Ante-Nicene Fathers translators, Ante-Nicene Fathers, vol. 1: Introductory Note to the Epistle of Polycarp to the Philippians, Introductory Note (original Introductory Notice), on the date: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.iv.i.html>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.36.13: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.36.15: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 4.14.9: <https://www.newadvent.org/fathers/250104.htm>
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), AH 3.3.4 (Polycarp's letter): <https://www.newadvent.org/fathers/0103303.htm>
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), AH 3.3.4 (Polycarp and Marcion): <https://www.newadvent.org/fathers/0103303.htm>
- Wikidata item: Epistle of Polycarp to the Philippians, Q914111 (P7988 Clavis Patrum Graecorum ID 1040): <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q914111.json>
- Pleiades place record: Krenides/Philippi/Col. Augusta Iulia Philippensis, 501482: <https://pleiades.stoa.org/places/501482/json>

### La Première épître de Clément sur la mort de Paul et sa lettre à Corinthe

Selon sa datation habituelle (vers 95–97 apr. J.-C.), la Première épître de Clément, envoyée par l’Église de Rome à l’Église de Corinthe, est le premier texte extérieur au Nouveau Testament à rapporter la fin de la vie de Paul, après des emprisonnements, l’exil, une lapidation et un témoignage devant les gouvernants. C’est aussi le premier à renvoyer ses lecteurs à la lettre de Paul sur les factions de Corinthe (1 Corinthiens). Elle ne dit ni où, ni quand, ni comment il est mort.

- **Date:** Habituellement vers 95–97 apr. J.-C., à la fin du règne de Domitien ou juste après (Lightfoot : vers 95 ou 96 apr. J.-C.). Les propositions vont de vers 70 apr. J.-C. (Edmundson, Robinson, Herron) jusqu’à vers 140 (limite extrême de Welborn). Le plus vieil exemplaire conservé se trouve dans le Codex Alexandrinus (Ve siècle).
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** CPG 1001; Gregory-Aland 02 (Codex Alexandrinus), London, British Library, Royal MS 1 D VIII, 5th century; 1 Clement incomplete (a leaf lost near the end); Codex Hierosolymitanus 54 (Jerusalem, Holy Sepulchre collection), dated AD 1056, 1 Clement on fols. 51b-70a; formerly no. 456 in the Holy Sepulchre library at Constantinople (Lightfoot 1890)
- **Concerne:** 1 Corinthiens 1:10–12; 1 Corinthiens 3:4–6; 2 Corinthiens 11:23–25; Actes 13:50; Actes 14:19; Romains 15:24; Romains 15:28; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Une lettre envoyée au nom de l’Église de Rome présente Pierre et Paul comme des « champions » de sa propre génération, qui ont été persécutés et ont « combattu jusqu’à la mort » (1 Clem. 5.1–7). Selon la datation habituelle, l’Église de Rome, une génération plus tard, tenait la mort de Paul pour un fait connu d’histoire récente.
- Elle résume la carrière de Paul et sa fin : sept fois dans les chaînes, contraint à l’exil, lapidé, prêchant en Orient et en Occident, parvenu « aux extrêmes limites de l’Occident », rendant témoignage « devant les gouvernants », puis quittant le monde « pour le lieu saint » (1 Clem. 5.6–7).
- Elle invite les Corinthiens à « reprendre l’épître du bienheureux Paul » et rappelle qu’il a blâmé les partis formés autour de lui-même, de Céphas et d’Apollos (1 Clem. 47.1–3). Cela correspond à 1 Corinthiens 1:10–12 (comparer 1 Corinthiens 3:4–6) et montre que Rome connaissait la lettre et supposait que Corinthe la possédait encore.
- Sa liste d’épreuves concorde avec le propre catalogue de Paul et avec les Actes sur la lapidation (2 Corinthiens 11:25 ; Actes 14:19), sur les emprisonnements répétés (2 Corinthiens 11:23) et sur des expulsions comme celle d’Actes 13:50. Son compte de sept emprisonnements dépasse ce que racontent les Actes, de sorte que la liste n’est pas un simple résumé des Actes.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Elle ne nomme ni lieu, ni date, ni empereur, ni manière de mourir. Rome est déduite de 6.1 ; Denys de Corinthe (vers 170, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique 2.25.8) associe Pierre et Paul à Rome et dit qu’ils ont enseigné en Italie et subi le martyre au même moment. La décapitation est suggérée par Tertullien (vers 200), et Eusèbe la situe à Rome sous Néron.
- L’expression « les extrêmes limites de l’Occident » ne prouve pas à elle seule une mission en Espagne ni une libération après Actes 28. Beaucoup y lisent l’Espagne (comparer Romains 15:24, 28), et le Fragment de Muratori parle plus tard de Paul allant de Rome en Espagne (sa date est discutée). D’autres y lisent Rome ou une universalité rhétorique, et l’expression pourrait dériver de Romains 15 plutôt que d’une connaissance indépendante.
- La lettre ne nomme pas son auteur et ne donne pas sa propre date. L’attribution à Clément et la datation vers 95–97 reposent sur des témoignages du IIe siècle (Denys de Corinthe, Hégésippe, Irénée) et sur des déductions tirées du texte.

**Où les interprètes divergent**

Trois questions restent vives. La date : la plupart des spécialistes placent la lettre vers 95–97, en lisant les « malheurs soudains et répétés » (1.1) à la lumière du règne de Domitien. Edmundson, Robinson et Herron plaident pour une date vers 70, et Welborn pour un intervalle plus large, de 80 à 140 apr. J.-C. La géographie : Lightfoot estimait que « les extrêmes limites de l’Occident » devait désigner l’Espagne, ce qui implique que Paul a été libéré après Actes 28. D’autres y lisent Rome, une universalité rhétorique ou un écho de Romains 15:24. Le détail : « sept fois dans les chaînes » conserve-t-il une tradition indépendante ou un nombre conventionnel ? Et « a rendu son témoignage » signifie-t-il déjà le martyre, ou seulement un témoignage lors d’un procès ? Beaucoup rattachent aussi la « grande multitude » de victimes de 6.1 à la persécution de Néron que décrit Tacite (Annales 15.44), bien que la lettre ne nomme aucun empereur.

**Autres lectures**

- **Datation haute (vers 70 apr. J.-C.).** Edmundson (1913) a soutenu que les malheurs de 1.1 correspondent aux bouleversements de 69 apr. J.-C. et que la lettre a été écrite au début de 70 apr. J.-C. Robinson (1976) et Herron (2008) défendent aussi une date vers 70. Dans cette perspective, le témoignage date de quelques années seulement après la mort de Paul.
- **Un intervalle plus large ou plus tardif.** Welborn (1984 ; 1992) a soutenu que 1.1 ne renvoie pas nécessairement à une persécution sous Domitien, de sorte que la date traditionnelle n’a pas de point d’ancrage solide. Dans cette perspective, la lettre pourrait se situer n’importe où entre 80 et 140 apr. J.-C. environ, et sa distance par rapport à la mort de Paul est incertaine.
- **Les « limites de l’Occident » : Rome ou rhétorique.** Certains estiment que Paul est mort à la fin de la détention à Rome d’Actes 28. Ils lisent l’expression comme désignant Rome, limite occidentale de sa propre œuvre, ou comme formant une paire rhétorique avec « le monde entier ». Lightfoot a recensé ces lectures et les a rejetées, car un auteur écrivant à Rome n’aurait guère appelé Rome « l’extrême occident ».
- **Sept, un nombre conventionnel.** Le chiffre de sept emprisonnements peut être un nombre arrondi ou symbolique, dans une liste exemplaire d’épreuves écrite pour exhorter à la concorde, et non un compte tiré d’archives.

**Sources**

- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 5.6: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 5.7: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 5.1: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot), 1 Clem. 5.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 47.1-3: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 6.1: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 1.1: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. inscription (salutation): <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, Part I: S. Clement of Rome, vol. 2, Note on 1 Clem. 5 ('the extreme west'), p. 30: <https://archive.org/stream/apostolicfathers0102clem/apostolicfathers0102clem_djvu.txt>
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, Part I: S. Clement of Rome, vol. 2, Note on 1 Clem. 5 ('the extreme west'), p. 31: <https://archive.org/stream/apostolicfathers0102clem/apostolicfathers0102clem_djvu.txt>
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, Part I: S. Clement of Rome, vol. 2, Note on 1 Clem. 5 ('seven times'), p. 29: <https://archive.org/stream/apostolicfathers0102clem/apostolicfathers0102clem_djvu.txt>
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, Part I: S. Clement of Rome, vol. 1, Part I, vol. 1, p. 27: <https://archive.org/stream/apostolicfathers0101clem/apostolicfathers0101clem_djvu.txt>
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, Part I: S. Clement of Rome, vol. 1, Part I, vol. 1, p. 118 (Alexandrian MS): <https://archive.org/stream/apostolicfathers0101clem/apostolicfathers0101clem_djvu.txt>
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers, Part I: S. Clement of Rome, vol. 1, Part I, vol. 1, p. 122 (Constantinople MS): <https://archive.org/stream/apostolicfathers0101clem/apostolicfathers0101clem_djvu.txt>
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), AH 3.3.3: <https://www.newadvent.org/fathers/0103303.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.16: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- Eusebius of Caesarea, quoting Dionysius of Corinth (c. 170), Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 4.23.11: <https://www.newadvent.org/fathers/250104.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.25.5: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius of Caesarea, quoting Dionysius of Corinth (c. 170), Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.25.8: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Tertullian, The Prescription against Heretics (Peter Holmes, 1885), Praescr. 36: <https://www.newadvent.org/fathers/0311.htm>
- Anonymous, Muratorian Fragment (Canon Muratorianus) (S. D. F. Salmond, 1886), §2 in ANF numbering (on Acts): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Tacitus, Annals (Alfred John Church and William Jackson Brodribb, 1876), Ann. 15.44: <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0078%3Abook%3D15%3Achapter%3D44>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Kurzgefasste Liste: GA 02 (Codex Alexandrinus), docID 20002 (GA 02; London, British Library, Royal 1 D.VIII; 5th century): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=20002&detail=page>
- Wikidata, First Epistle of Clement, Q10993949 (P7988 Clavis Patrum Graecorum ID 1001): <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q10993949.json>
- Wikidata, Codex Hierosolymitanus, Q2724904 (inventory Codex Hierosolymitanus 54; inception 1056): <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q2724904.json>

### 2 Pierre 3:15–16 : une référence précoce aux lettres de Paul comme ensemble

En 2 Pierre 3:15–16, l’auteur, qui parle en tant que Pierre, appelle Paul un frère bien-aimé, mentionne les lettres de Paul comme un ensemble que ses lecteurs connaissent déjà et les range implicitement parmi les Écritures. C’est l’un des premiers témoins de la connaissance conjointe de plusieurs lettres de Paul, bien qu’il n’en nomme aucune, et son poids dépend d’une date discutée : le milieu des années 60 si Pierre l’a écrit, plus tard s’il est pseudépigraphe.

- **Date:** Discutée : milieu des années 60 apr. J.-C. si l’écrit est de Pierre ; de la fin du Ier siècle au IIe siècle s’il est pseudépigraphe (la borne supérieure de 150 est un chiffre rond pour les propositions situées au IIe siècle). Plus vieux manuscrit : P72 (IIIe/IVe siècle) ; nommé pour la première fois, avec des doutes, par Origène (IIIe siècle, cité par Eusèbe).
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** Gregory-Aland P72 (P. Bodmer VIII, Vatican Library; 2 Peter 3:11-18 on pp. 35-36)
- **Concerne:** 2 Pierre 3:15–16; 2 Pierre 3:1; 2 Pierre 1:14; Colossiens 4:16; 1 Thessaloniciens 5:27; Galates 2:9; Galates 2:11–14; Actes 15:7–11; 1 Corinthiens 6:2
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Discuté

**Ce qu’il établit**

- 2 Pierre 3:15–16 mentionne les lettres de Paul au pluriel, comme un ensemble que ses lecteurs connaissent déjà, et pas seulement une lettre qui leur aurait été envoyée. Cela suppose que des copies de plusieurs lettres de Paul avaient circulé au-delà de leurs premiers destinataires ; les propres instructions de Paul, qui demande que ses lettres soient lues à tous les croyants et transmises à une Église voisine (1 Thessaloniciens 5:27 ; Colossiens 4:16), rendent une telle circulation plausible.
- Le passage range implicitement les lettres de Paul parmi les Écritures ; la plupart des lecteurs comprennent l’expression ainsi, bien qu’une minorité y voie d’autres écrits en général. Il dit que certains points y sont difficiles et que des lecteurs ignorants et instables les déforment, de sorte que l’interprétation de Paul était déjà contestée au moment où il a été écrit.
- C’est l’un des divers témoins précoces de la lecture des lettres de Paul au-delà de leurs destinations initiales. 1 Clément 47 renvoie Corinthe à 1 Corinthiens. Polycarpe (Aux Philippiens 3.2 ; 11.2) sait que Paul a écrit à Philippes et lui attribue un enseignement qui se trouve en 1 Corinthiens 6:2. Ignace (Aux Éphésiens 12.2) dit que Paul mentionne les Éphésiens dans chaque lettre, hyperbole qui implique qu’il en connaissait plusieurs.
- Le plus vieux manuscrit conservé du passage est P72 (P. Bodmer VIII, aujourd’hui à la Bibliothèque vaticane), daté par l’INTF du IIIe ou du IVe siècle ; ses pages 35-36 couvrent 2 Pierre 3:11–18. À titre de comparaison, P46 (date INTF vers 200-225), un codex précoce des lettres de Paul et de l’épître aux Hébreux, ne contient pas 2 Pierre.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Il ne dit pas quelles lettres de Paul l’auteur connaissait, ni combien. Ce n’est donc pas la preuve d’un recueil édité, d’un corpus fixe de treize ou quatorze lettres, ni d’un canon clos.
- Il ne tranche ni la question de son propre auteur ni celle de sa date. Si 2 Pierre est pseudépigraphe, le passage montre comment un auteur postérieur présentait le regard de Pierre sur Paul, non les propres paroles de Pierre.
- Il ne dit rien des voyages de Paul et n’apporte aucune corroboration indépendante de l’itinéraire ou de la chronologie des Actes.

**Où les interprètes divergent**

La plupart des spécialistes critiques considèrent 2 Pierre comme pseudépigraphe. Ils invoquent son style et son vocabulaire, qui diffèrent de ceux de 1 Pierre ; ses parallèles étroits avec Jude ; sa réception précoce lente et incertaine (les hésitations d’Origène, et le classement par Eusèbe parmi les livres contestés) ; et cette référence même aux lettres de Paul comme un ensemble rangé parmi les Écritures. Les défenseurs de l’authenticité pétrinienne répondent que le pluriel peut ne désigner que les lettres que l’auteur connaissait, et que le ton chaleureux mais franc convient à Pierre. Un autre débat porte sur la question de savoir si 2 Pierre a utilisé l’Apocalypse de Pierre ou a été utilisée par elle.

**Autres lectures**

- **Pétrinienne, milieu des années 60.** Pierre, peut-être avec l’aide d’un secrétaire, l’a écrite peu avant sa mort sous Néron. Le passage montrerait alors des lettres de Paul copiées et lues d’une Église à l’autre quelques années seulement après leur rédaction, et un apôtre qui s’était autrefois opposé à Paul (Galates 2:11–14), mais avait aussi approuvé la mission auprès des païens (Galates 2:9 ; Actes 15:7–11), en train de le recommander.
- **Pseudépigraphe, postapostolique.** Un auteur postérieur a utilisé le nom de Pierre, en présentant la lettre comme la deuxième de Pierre et comme un testament d’adieu (2 Pierre 3:1 ; 2 Pierre 1:14). Le passage atteste alors plusieurs lettres de Paul dotées d’une autorité reconnue dans la génération qui a suivi les apôtres, ainsi qu’une image transmise par la mémoire de Pierre et de Paul en accord.
- **IIe siècle, après l’Apocalypse de Pierre.** Jörg Frey soutient que 2 Pierre dépend de l’Apocalypse de Pierre. Cela placerait la lettre en plein IIe siècle, de sorte qu’elle témoignerait de la manière dont les lettres de Paul étaient traitées à cette période plutôt qu’à l’âge apostolique.

**Sources**

- Eusebius of Caesarea, Church History, Book III (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.3.1: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History, Book III (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.25.3: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- Eusebius of Caesarea (quoting Origen, Commentary on John, Book 5), Church History, Book VI (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 6.25.8: <https://www.newadvent.org/fathers/250106.htm>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot, 1891), Eph. 12.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 3.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Polycarp of Smyrna, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot), Phil. 11.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Clement of Rome (the church at Rome to the church at Corinth), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 47.1-2: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Münster, Kurzgefasste Liste (NTVMR), P72, docID 10072 (P72; P. Bodmer VIII, Biblioteca Apostolica Vaticana: 1 Pet 1:1-5:14, 2 Pet 1:1-3:18; P. Bodmer VII, Bibliotheca Bodmeriana: Jude); date III/IV (200-399): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10072&detail=page>
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Münster, Kurzgefasste Liste (NTVMR), P46, docID 10046 (P46; Dublin, Chester Beatty Library, CBL BP II, and Ann Arbor, University of Michigan Library, Inv. 6238; date III (A), 200-225): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10046&detail=page>
- Wikidata entity: Second Epistle of Peter, Q131178: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q131178.json>
- Wikidata entity: Papyrus 72, Q673569: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q673569.json>

### Les lettres d’Ignace d’Antioche sur Paul

Les lettres d’Ignace d’Antioche, datées par convention vers 110 apr. J.-C. et écrites sous escorte sur la route de Rome, montrent que Paul était honoré très tôt comme apôtre et auteur de lettres, mais n’ajoutent aucun fait nouveau sur sa carrière. En Ign. Eph. 12.2, il appelle les Éphésiens les coïnitiés de Paul, que celui-ci mentionne « dans chaque lettre ». En Ign. Rom. 4.3, il oppose Pierre et Paul, des apôtres qui pouvaient donner des ordres, à lui-même, un condamné.

- **Date:** Par convention vers 105-117 apr. J.-C. (fin du règne de Trajan) ou un peu plus tard ; Barnes (2008) plaide pour les années 140. dateFrom et dateTo ne couvrent que l’hypothèse de l’authenticité des lettres ; l’hypothèse d’un faux placerait les lettres plus tard dans le IIe siècle.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Références de catalogue:** CPG 1025.1 (Ignatius, Ad Ephesios)
- **Concerne:** Actes 9:15; Actes 10:41; Actes 19:1–41; Actes 20:17–38; Actes 28:14–31; Romains 1:7–15; 1 Corinthiens 1:18–20; 1 Corinthiens 4:13; 1 Corinthiens 6:9–10; 1 Corinthiens 15:8–9; 1 Corinthiens 15:32; 1 Corinthiens 16:8; Éphésiens 1:1; 1 Timothée 1:3; 2 Timothée 1:18; 2 Timothée 4:12
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Dans la recension moyenne, que la plupart des spécialistes acceptent, Ignace dit Paul sanctifié et « digne de toute félicitation », espère être trouvé sur ses traces et affirme que Paul mentionne les Éphésiens « dans chaque lettre » (Ign. Eph. 12.2). Un évêque de Syrie connaissait donc déjà Paul comme un auteur de lettres étroitement lié à Éphèse et, selon la lecture habituelle, comme l’auteur de plusieurs lettres.
- Ign. Rom. 4.3 nomme ensemble Pierre et Paul comme des apôtres qui pouvaient donner des ordres à l’Église de Rome, ce qu’Ignace, prisonnier condamné, refuse de faire. Le passage figure dans les trois formes conservées du texte : l’abrégé syriaque, la recension moyenne et la recension longue.
- Ignace reprend des formulations de 1 Corinthiens. Eph. 18.1 fait écho à 1 Co 1:18–20 et 4:13 ; Rom. 9.2, où il se qualifie de « tout dernier » et d’« avorton », fait écho à 1 Co 15:8–9 ; Eph. 16.1 et Phld. 3.3 font écho à 1 Co 6:9–10. Pris ensemble, ces échos font de 1 Corinthiens le cas le plus net d’une lettre paulinienne qu’il connaissait.
- Les lettres elles-mêmes sont attestées tôt et par des sources extérieures. Polycarpe (Phil. 13.2) parle de rassembler et de transmettre les lettres d’Ignace. Irénée (Haer. 5.28.4) cite Ign. Rom. 4.1 sans le nommer, et Eusèbe (HE 3.36.12) attribue la citation à Ignace. Eusèbe nomme les sept lettres qui composent la recension moyenne dans HE 3.36.5-10.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Ce n’est pas une vérification indépendante des Actes. Ignace ne cite jamais clairement les Actes. Le parallèle le plus proche, Smyrn. 3.3 avec Actes 10:41, peut venir d’une tradition commune et ne montre pas qu’il ait lu les Actes. L’expression « vase d’élection » (Actes 9:15) n’entre en Eph. 12 que dans la recension longue du IVe siècle. Son image du lien de Paul avec Éphèse n’est pas un témoin distinct d’Actes 19–20.
- « Dans chaque lettre » ne peut être pris au pied de la lettre, car Éphèse n’est nommée que dans certaines des lettres attribuées à Paul (par exemple 1 Corinthiens 15:32 ; 16:8 ; 1 Timothée 1:3 ; 2 Timothée 1:18 ; 4:12). L’expression ne montre ni combien de lettres pauliniennes Ignace possédait, ni lesquelles, et elle ne tranche pas la question de savoir si Éphésiens 1:1 nommait à l’origine Éphèse.
- Rom. 4.3 ne dit pas que Pierre et Paul sont morts à Rome, ni qu’ils ont fondé l’Église de Rome, ni quels ordres ils ont donnés ; ce sont des déductions et des traditions ultérieures. En Eph. 12.2, le mot que Lightfoot traduit « qui a obtenu un bon témoignage » est rendu par « le martyrisé » chez Roberts-Donaldson ; il ne constitue donc pas une preuve sûre du martyre de Paul.

**Où les interprètes divergent**

La plupart des spécialistes, à la suite de Zahn et de Lightfoot, tiennent pour authentique la recension moyenne en sept lettres et la datent de la fin du règne de Trajan ou d’un peu plus tard ; Barnes plaide pour les années 140. Une minorité, notamment Joly, considère les lettres comme un faux plus tardif. Sur Eph. 12.2, les lecteurs se demandent si « dans chaque lettre » est une exagération, signifie « tout au long d’une lettre » ou reflète une collection connue des lettres de Paul ; si le mot qui qualifie Paul signifie « bien attesté » ou « martyrisé » ; et combien de lettres, outre 1 Corinthiens, Ignace a réellement utilisées.

**Autres lectures**

- **Faux plus tardif.** Les sept lettres sont une œuvre pseudonyme d’une période plus tardive du IIe siècle (Joly 1979 en est la formulation la plus connue). Dans cette hypothèse, Eph. 12.2 et Rom. 4.3 montrent toujours comment on se souvenait de Paul au IIe siècle, mais ils ne sont plus un témoin situé à une ou deux générations de sa mort.
- **Exagération et connaissance limitée.** « Dans chaque lettre » est une exagération rhétorique, et Ignace ne connaissait peut-être guère plus que 1 Corinthiens. Certaines des expressions aux accents pauliniens pourraient venir de la tradition orale de l’Église plutôt que de la lecture de lettres écrites.
- **La forme syriaque courte comme original.** Cureton (1845) soutenait que seules les trois lettres syriaques abrégées sont authentiques. La lettre syriaque aux Éphésiens n’a pas de chapitre 12 ; dans son hypothèse, le passage « dans chaque lettre » ne serait donc pas d’Ignace lui-même. La plupart des travaux ultérieurs considèrent le syriaque comme un abrégé de la recension moyenne.

**Sources**

- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Ign. Eph. 12.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Romans (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Ign. Rom. 4.3: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-romans-lightfoot.html>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Romans (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Ign. Rom. 9.2 (echo of 1 Cor 15:8-9): <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-romans-lightfoot.html>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Ign. Eph. 18.1 (echo of 1 Cor 1:18-20; 4:13): <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Smyrnaeans (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Ign. Smyrn. 3.3: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-smyrnaeans-lightfoot.html>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians, shorter (middle) recension, ANF 1 (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), Ign. Eph. 12 (shorter version): <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.v.ii.xii.html>
- Ignatius of Antioch (long recension, 4th-century revision), Epistle to the Ephesians, longer recension, ANF 1 (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), Ign. Eph. 12 (longer version): <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.v.ii.xii.html>
- Ignatius of Antioch (Syriac abridgment), Epistle to the Romans, Syriac version, ANF 1 (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), Ign. Rom. 4 (Syriac version): <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.v.xii.iv.html>
- Ignatius of Antioch (long recension, 4th-century revision), Epistle to the Romans, longer recension, ANF 1 (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), Ign. Rom. 4 (longer version): <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.v.v.iv.html>
- ANF editors (A. Roberts, J. Donaldson; A. C. Coxe), Introductory Note to the Epistles of Ignatius, ANF 1, ANF 1, Introductory Note to the Epistles of Ignatius: <https://ccel.org/ccel/schaff/anf01.v.i.html>
- Eusebius of Caesarea, Ecclesiastical History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.36.10: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- Polycarp of Smyrna, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot), Pol. Phil. 13.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 5.28.4 (quoting Ign. Rom. 4.1): <https://www.newadvent.org/fathers/0103528.htm>
- Wikidata: Epistle of Ignatius to the Ephesians, Q65051525 (P7988 CPG 1025.1): <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q65051525.json>
- Wikidata: Letters of Ignatius, Q350126: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q350126.json>

### La liste des lettres de Paul dans le Fragment de Muratori

Le Fragment de Muratori, liste latine de livres du Nouveau Testament habituellement datée vers 170-200 (certains plaident pour le IVe siècle), reçoit treize lettres de Paul, dont celles à Philémon, à Tite et deux à Timothée, et rejette comme des faux des lettres « aux Laodicéens » et « aux Alexandrins ». Il ne subsiste en entier que dans un manuscrit du milieu du VIIIe siècle conservé à Milan. Il montre comment les lettres de Paul étaient reçues, non qui les a écrites.

- **Date:** Texte probablement composé à la fin du IIe siècle (vers 170-200, ou au plus tard au début du IIIe). Une minorité le date du IVe siècle, et un argument récent en fait un faux de l’Antiquité tardive. dateTo 400 couvre l’hypothèse du IVe siècle, mais pas la thèse du faux. La seule copie complète date du milieu du VIIIe siècle (Lowe, CLA III 352 : « VIII med »).
- **Lieu de conservation actuel:** Biblioteca Ambrosiana, Milan (I 101 sup., également cité J 101 sup.)
- **Références de catalogue:** CLA III 352
- **Concerne:** Actes 1:1–2; Colossiens 4:14; Colossiens 4:16; Romains 15:24–28; 1 Corinthiens 1:10–12; Galates 5:2–6; 1 Timothée 1:1–2; 2 Timothée 1:1–2; Tite 1:1–4; Philémon 1:1–3
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Le texte conservé reçoit treize lettres sous le nom de Paul. Il y a des lettres à sept Églises (aux Corinthiens, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, aux Galates, aux Thessaloniciens, aux Romains), avec une seconde lettre pour les Corinthiens comme pour les Thessaloniciens, plus une à Philémon, une à Tite et deux à Timothée. Le fragment suppose ce total mais ne l’énonce jamais, et il ne mentionne pas l’épître aux Hébreux.
- Il décrit les lettres à Philémon, à Tite et à Timothée comme des lettres personnelles que l’Église catholique (c’est-à-dire universelle) tient néanmoins pour sacrées et utilise pour la discipline ecclésiastique. Il rejette des lettres « aux Laodicéens » et « aux Alexandrins » comme forgées sous le nom de Paul en lien avec l’hérésie de Marcion. Son auteur traçait donc une ligne entre les lettres pauliniennes reçues et les lettres pseudonymes.
- Il attribue « les Actes de tous les apôtres » à Luc, le médecin que Paul avait pris comme compagnon, et dit que le livre est adressé à Théophile. Il explique pourquoi les Actes ne disent rien de la mort de Pierre ni du voyage de Paul de Rome en Espagne : selon lui, Luc n’a consigné que ce dont il avait lui-même été témoin.
- La seule copie complète est un codex latin en onciale du VIIIe siècle provenant de la bibliothèque de Bobbio, aujourd’hui à la Biblioteca Ambrosiana de Milan. Les CLA de Lowe le jugent du milieu du VIIIe siècle et probablement écrit à Bobbio. Muratori l’a publié en 1740 (notice de l’ANF). Quelques phrases subsistent aussi dans des manuscrits du Mont-Cassin contenant les lettres de Paul.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Il montre quelles lettres son auteur et sa communauté recevaient comme étant de Paul, à la date et au lieu, débattus, de la liste. Il ne tranche pas à lui seul la question de l’auteur des lettres pastorales ni d’aucune autre lettre contestée.
- Son affirmation selon laquelle Paul est allé de Rome en Espagne rapporte une croyance de son auteur, utilisée pour expliquer la fin des Actes. Ce n’est pas une preuve indépendante que le voyage a eu lieu.
- Ce n’est pas un témoin du Ier siècle, et sa date comme sa provenance sont contestées ; il ne peut donc pas prouver l’existence d’un canon clos dès 200 apr. J.-C. Ses remarques historiques sont aussi schématiques : selon lui, Paul suit « son prédécesseur Jean » en écrivant à sept Églises, ce qui n’est pas une chronologie fiable.

**Où les interprètes divergent**

La date de la fin du IIe siècle repose surtout sur deux éléments : l’affirmation selon laquelle Hermas a écrit le Pasteur « tout récemment, de notre temps » sous Pie, évêque de Rome au milieu du IIe siècle, et les groupes que la liste rejette (Marcion, Valentin, les montanistes). Sundberg (1973) et Hahneman (1992) plaident pour une liste orientale du IVe siècle, et Rothschild (2018) pour un faux de l’Antiquité tardive. Ferguson, Hill, Verheyden, Schnabel et Guignard répondent qu’un cadre occidental vers 200 convient le mieux. Le bilan de Schnabel en 2014 estime que la plupart des réponses à Hahneman sont critiques. L’expression que la traduction de l’ANF de 1886 rend par « dirigée contre l’hérésie de Marcion » se lit plus habituellement au sens de lettres forgées pour soutenir l’hérésie de Marcion.

**Autres lectures**

- **Liste orientale du IVe siècle.** Sundberg et Hahneman lisent « tout récemment, de notre temps » de manière large et rapprochent le texte des catalogues canoniques du IVe siècle. Hahneman le situe vers 375 en Syrie ou en Palestine. Dans cette hypothèse, la liste montre la réception au IVe siècle des mêmes treize lettres pauliniennes, et non leur réception au IIe siècle.
- **Faux de l’Antiquité tardive.** Rothschild soutient que la liste a été composée plus tard et présentée de façon à paraître ancienne, si bien que sa mention de Pie est un procédé littéraire. Guignard répond que Chromace d’Aquilée (mort en 407) a utilisé le texte, et qu’un original grec s’accorde mal avec un faux occidental tardif.
- **Identité des lettres rejetées.** Certains voient dans les « Laodicéens » rejetés le titre que Marcion donnait à la lettre que l’Église appelait épître aux Éphésiens (Tertullien, Contre Marcion 5.17). D’autres pensent à une lettre pseudonyme distincte, comme la courte Épître aux Laodicéens latine que l’on trouve dans des Bibles latines plus tardives. La lettre « aux Alexandrins » est inconnue, et l’identifier à l’épître aux Hébreux relève de la spéculation.

**Sources**

- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus, in Ante-Nicene Fathers vol. 5 (printed among the Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3, on Philemon, Titus and Timothy (ANF 5:603): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus, in Ante-Nicene Fathers vol. 5 (printed among the Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3, on Laodiceans and Alexandrians (ANF 5:603): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus, in Ante-Nicene Fathers vol. 5 (printed among the Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 2, on Acts and Theophilus (ANF 5:603): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus, in Ante-Nicene Fathers vol. 5 (printed among the Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 2, on Peter's passion and Paul's journey to Spain (ANF 5:603): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus, in Ante-Nicene Fathers vol. 5 (printed among the Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 4 (ANF 5:604): <https://ccel.org/ccel/caius/fragments/anf05.v.iii.iii.html>
- ANF vol. 5 editors (editorial headnote), Ante-Nicene Fathers vol. 5, note to 'Canon Muratorianus', ANF 5:603, headnote (CCEL note 4977): <https://ccel.org/ccel/caius/fragments/anf05.v.iii.iii.html>
- Tertullian, Against Marcion, in Ante-Nicene Fathers vol. 3 (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Tertullian, Against Marcion, in Ante-Nicene Fathers vol. 3 (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.17: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Wikidata item: Muratorian fragment, Q692665: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q692665.json>

### Denys de Corinthe, Caïus et Tertullien sur la mort de Paul à Rome

L’exécution de Paul à Rome repose sur la tradition de l’Église, non sur les Actes, qui s’achèvent avant l’issue de son procès. Denys de Corinthe (vers 170) dit que Pierre et Paul ont subi le martyre à peu près au même moment. Caïus de Rome (vers 200) désigne les « trophées » des apôtres au Vatican et sur la voie d’Ostie, et Tertullien (vers 200) laisse entendre une décapitation. Le principal témoin antérieur, 1 Clément 5 (habituellement daté vers 96), ne nomme aucun lieu. Eusèbe (début du IVe siècle) est le premier à affirmer explicitement une libération et une seconde captivité.

- **Date:** Denys de Corinthe vers 170 apr. J.-C. (lettre à l’Église de Rome sous l’évêque Soter) ; Caïus et Tertullien vers 200 apr. J.-C. ; l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe a été rédigée par étapes et achevée dans les années 320. Les paroles de Denys de Corinthe et de Caïus ne subsistent que sous forme de citations chez Eusèbe.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle
- **Concerne:** Actes 18:1–11; Actes 22:25–28; Actes 28:16; Actes 28:30–31; 1 Corinthiens 1:12; 1 Corinthiens 3:6–10; 1 Corinthiens 4:15; Romains 1:13; Romains 15:20–23; Romains 15:24–28; Philippiens 1:25–26; Philippiens 2:24; Philémon 1:22; 2 Timothée 4:6–8; 2 Timothée 4:16–18
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Présentation traditionnelle

**Ce qu’il établit**

- Denys de Corinthe, évêque de cette ville, a écrit à l’Église de Rome au temps de l’évêque Soter (vers 170 apr. J.-C.). Il a dit que Pierre et Paul ont fondé l’Église de Corinthe et y ont enseigné, ont enseigné ensemble en Italie et ont subi le martyre « en même temps » (Histoire ecclésiastique 2.25.8 ; la lettre est datée en 4.23.9). McGiffert note que l’expression grecque laisse une certaine marge dans le temps et ne signifie pas nécessairement le même jour.
- Caïus, un clerc de l’Église de Rome actif sous l’évêque Zéphyrin vers 200 apr. J.-C., a déclaré, dans une controverse avec Proclus, un montaniste (l’« hérésie phrygienne »), qu’il pouvait montrer les « trophées » des apôtres au Vatican et sur la voie d’Ostie (Histoire ecclésiastique 2.25.6-7 ; 6.20.3). Vers 200 apr. J.-C., l’Église de Rome associait donc les apôtres à deux monuments précis.
- Tertullien, De la prescription contre les hérétiques 36 (vers 200 apr. J.-C.), dit que Paul a reçu sa couronne à Rome « par une mort semblable à celle de Jean », que les éditeurs de l’ANF glosent comme celle de Jean-Baptiste, c’est-à-dire une décapitation. La même phrase montre l’apôtre Jean plongé sans dommage dans l’huile bouillante ; il s’agit donc d’une tradition romaine, non d’un fait vérifié. La citoyenneté de Paul (Actes 22:25–28) ferait aussi attendre une décapitation, si bien que ce détail pourrait être une déduction.
- Dans son récit de la persécution de Néron, Eusèbe affirme que Paul a été décapité à Rome (Histoire ecclésiastique 2.25.5). Il rapporte aussi que Paul a été libéré après sa défense et a subi le martyre lors d’un second séjour à Rome (2.22.2-8), en introduisant ce récit par « dit-on » et en l’appuyant sur 2 Timothée 4. McGiffert (1890) le jugeait le premier auteur à le consigner explicitement.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Aucun ne donne l’accusation, le procès ni le lieu de l’exécution, et aucun ne date la mort autrement qu’en la rattachant à Pierre ou à Néron. Denys de Corinthe et Caïus ne nous parviennent que par des extraits choisis par Eusèbe. Tertullien connaissait, et rejetait comme un faux, un écrit sur Paul et Thècle, habituellement identifié aux Actes de Paul, dont le Martyre fait aussi décapiter Paul par Néron ; une tradition commune ne peut être exclue.
- Caïus ne dit pas que les trophées étaient des tombes, ni quel site appartenait à quel apôtre. Les lire comme des lieux de sépulture relève de l’interprétation d’Eusèbe. L’attribution de la voie d’Ostie à Paul vient de la tradition romaine, non des paroles de Caïus.
- Aucun auteur avant Eusèbe n’affirme explicitement une libération et une seconde captivité, bien que 1 Clément 5 (« les limites extrêmes de l’Occident ») et le voyage en Espagne du Fragment de Muratori puissent impliquer une activité après Actes 28. Cette reconstitution s’appuie sur l’idée que 2 Timothée est de Paul et postérieure aux Actes, deux points débattus.
- Denys de Corinthe n’est pas fiable dans tous les détails. Son affirmation selon laquelle Pierre et Paul auraient planté ensemble les Églises de Corinthe et de Rome s’accorde mal avec Actes 18:1–11 et avec les lettres de Paul lui-même (1 Corinthiens 3:6–10 ; 4:15 ; Romains 1:13 ; 15:20–23). McGiffert pensait que la partie corinthienne de la tradition était probablement née en partie du groupe de Céphas de 1 Corinthiens 1:12.

**Où les interprètes divergent**

La plupart des historiens admettent que Paul est mort à Rome. La question ouverte est de savoir ce que chaque témoin apporte de façon indépendante. Les « trophées » de Caïus pourraient marquer des tombes ou des lieux d’exécution. Une libération suivie d’une seconde captivité dépend largement de l’authenticité de 2 Timothée comme lettre de Paul lui-même, postérieure aux Actes, ce dont beaucoup de spécialistes doutent. Brent Shaw conteste qu’une persécution sous Néron ait fait mourir Pierre et Paul. Christopher Jones défend le récit de Tacite sur cette persécution. Otto Zwierlein conteste que Pierre soit jamais allé à Rome, ce qui touche l’affirmation de Denys de Corinthe selon laquelle les deux ont subi le martyre ensemble.

**Autres lectures**

- **Libération, nouvelle mission, mort sous Néron.** Paul a été libéré après les deux années d’Actes 28:30–31 et a poursuivi son activité, peut-être en Orient et peut-être en Espagne (Romains 15:24, 28), avant une seconde arrestation et une exécution sous Néron au milieu des années 60. C’est le récit d’Eusèbe, habituellement retenu par ceux qui tiennent 2 Timothée pour une lettre de Paul. Si Philippiens et Philémon proviennent de la détention à Rome, Paul y attend sa libération (Philippiens 1:25–26 ; 2:24 ; Philémon 1:22).
- **Une seule détention à Rome, terminée par la mort.** Selon cette hypothèse, Paul n’a jamais été libéré. La détention que décrit Actes 28 s’est achevée par son exécution, et la seconde captivité a été déduite des lettres pastorales. McGiffert (1890) notait déjà que la plupart des spécialistes qui nient l’authenticité des Pastorales rejettent aussi une seconde captivité.
- **Mort à Rome sans persécution sous Néron.** Brent Shaw soutient que le récit de Tacite sur la persécution des chrétiens par Néron reflète des idées de l’époque de Tacite lui-même. Si c’est le cas, le lien entre la mort des apôtres et Néron pourrait être une construction plus tardive. Christopher Jones répond qu’il n’y a aucune raison de douter du récit de Tacite.
- **Le martyre de Pierre à Rome comme construction tardive.** Otto Zwierlein soutient que Pierre n’a jamais atteint Rome. Il traite la tradition associant Pierre et Paul, y compris la lettre de Denys de Corinthe, comme un développement littéraire du IIe siècle. Cela touche l’affirmation d’un martyre commun plus que la mort de Paul à Rome, puisque les Actes eux-mêmes y amènent Paul.

**Sources**

- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.25.6-7: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.25.8: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.25.5: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 2.22.2: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 4.23.9: <https://www.newadvent.org/fathers/250104.htm>
- Eusebius of Caesarea, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 6.20.3: <https://www.newadvent.org/fathers/250106.htm>
- Tertullian, The Prescription against Heretics (Peter Holmes, 1885), Praescr. 36, on Peter and Paul: <https://www.newadvent.org/fathers/0311.htm>
- Tertullian, The Prescription against Heretics (Peter Holmes, 1885), Praescr. 36, on the apostle John: <https://www.newadvent.org/fathers/0311.htm>
- ANF editors, The Prescription against Heretics, ANF vol. 3, footnote, Praescr. 36, ANF footnote on 'a death like John's' (CCEL note 2235): <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf03.v.iii.xxxvi.html>
- Arthur Cushman McGiffert, Church History of Eusebius, NPNF2 vol. 1, notes, Note on HE 2.22.2 (CCEL footnote 474), opening: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxiii.html>
- Arthur Cushman McGiffert, Church History of Eusebius, NPNF2 vol. 1, notes, Note on HE 2.22.2 (CCEL footnote 474), on the second imprisonment: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxiii.html>
- Arthur Cushman McGiffert, Church History of Eusebius, NPNF2 vol. 1, notes, Note on HE 2.25.8 (CCEL footnote 555): <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxvi.html>
- Arthur Cushman McGiffert, Church History of Eusebius, NPNF2 vol. 1, notes, Note on HE 2.25.8 (CCEL footnote 556): <https://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf201.iii.vii.xxvi.html>
- Tertullian, On Baptism (S. Thelwall, 1885), De bapt. 17: <https://www.newadvent.org/fathers/0321.htm>
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clem. 5: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>
- Wikidata item: Caius (early 3rd-century Christian author), Q2441699: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q2441699.json>
- Pleiades place record: Via Ostiensis, 390205932: <https://pleiades.stoa.org/places/390205932/json>

### L’édition de Paul en dix lettres de Marcion (l’« Apostolikon »)

Marcion du Pont, maître du milieu du IIe siècle, utilisait une édition de dix lettres pauliniennes ouverte par l’épître aux Galates. Elle ne comprenait ni 1 Timothée, ni 2 Timothée, ni Tite et, selon Tertullien, elle donnait à l’épître aux Éphésiens le titre « Aux Laodicéens ». Elle est perdue et n’est connue que par ses adversaires, principalement Tertullien (à partir de 207 environ) et Épiphane (fin du IVe siècle). Elle montre que dix lettres avaient été réunies en une seule édition au milieu du IIe siècle. Elle ne permet pas à elle seule de dater les Pastorales.

- **Date:** Milieu du IIe siècle. Tertullien situe Marcion sous Antonin le Pieux (138–161) ; la date de l’édition elle-même est inconnue et peut être antérieure. L’intervalle 138–161 indiqué ici correspond à cette période d’activité de Marcion, non à une date de l’édition.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle (perdue ; reconstituée à partir de citations de Tertullien, d’Épiphane et d’autres)
- **Concerne:** Colossiens 4:16; Éphésiens 1:1; Éphésiens 2:12; 1 Timothée 6:7; 1 Timothée 6:10
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Appuyé par les sources

**Ce qu’il établit**

- Marcion était actif au milieu du IIe siècle. Justin Martyr, cité par Eusèbe (Histoire ecclésiastique 4.11.9), le décrit comme encore vivant et enseignant. Tertullien le qualifie d’hérétique du règne d’Antonin le Pieux, 138–161 (Contre Marcion 1.19.2). Irénée l’accuse déjà d’avoir retranché des lettres de Paul tout ce qui désignait le Créateur du monde comme le Père du Christ (Contre les hérésies 1.27.2).
- Tertullien réfute dix lettres dans cet ordre au livre 5 du Contre Marcion : Galates, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens, Romains, 1 Thessaloniciens et 2 Thessaloniciens, « Laodicéens » (Éphésiens), Colossiens, Philippiens et Philémon. Épiphane (Panarion 42), témoin plus tardif qui dit argumenter à partir du texte même de Marcion, donne les mêmes dix lettres avec Galates en premier, mais nomme Éphésiens et place Philémon en neuvième position et Philippiens en dixième.
- 1 Timothée, 2 Timothée et Tite ne figuraient pas dans l’édition. Tertullien dit que Marcion acceptait la courte lettre personnelle à Philémon, mais rejetait les lettres à Timothée et à Tite (Contre Marcion 5.21.1). L’épître aux Hébreux ne figure dans aucune des deux listes.
- Dans l’usage marcionite, la lettre que l’Église connaissait comme l’épître aux Éphésiens avait pour titre « Aux Laodicéens ». Tertullien, à propos d’Éphésiens 2:12, dit que les hérétiques la tiennent pour écrite aux Laodicéens, et attribue ce nouveau titre à Marcion (Contre Marcion 5.11.12 ; 5.17.1). Épiphane (Panarion 42) mentionne au contraire Éphésiens, mais dit que Marcion possédait aussi des parties d’une prétendue lettre « aux Laodicéens ».

**Ce qu’il n’établit pas**

- Elle ne donne pas la formulation exacte de Marcion. Le texte ne subsiste que dans des citations et des paraphrases hostiles, si bien que les reconstitutions modernes divergent, et certaines leçons imputées à Marcion peuvent être des variantes plus anciennes dont il a hérité.
- Elle ne montre pas quand ni par qui les lettres pastorales ont été écrites. Leur absence s’accorde avec l’affirmation de Tertullien selon laquelle Marcion les rejetait. Elle est aussi compatible avec l’hypothèse que Marcion ne les connaissait pas, ou qu’elles ont été écrites plus tard.
- Elle ne montre pas que l’épître aux Éphésiens a été envoyée à l’origine à Laodicée. Le titre de Marcion peut être une déduction tirée de Colossiens 4:16, appliquée à une copie dépourvue de l’adresse à Éphèse. Tertullien considère ce titre comme une innovation de Marcion.
- Elle ne montre pas que Marcion a inventé la collection des lettres pauliniennes, ni que le Nouveau Testament de l’Église n’a été qu’une réaction à son égard.

**Où les interprètes divergent**

Trois questions restent ouvertes. D’abord, Marcion a-t-il compilé cette édition ou en a-t-il hérité, et dans quelle mesure l’a-t-il modifiée ? Ses critiques l’accusent de coupures délibérées (Tertullien, Contre Marcion 5.13.4). Clabeaux et Schmid soutiennent que beaucoup de ses leçons circulaient déjà, et qu’il a donc travaillé sur une collection héritée. Ensuite, l’absence de 1 Timothée, de 2 Timothée et de Tite signifie-t-elle qu’il les rejetait, comme le dit Tertullien ? Il ne les connaissait peut-être pas, ou elles n’avaient peut-être pas encore été écrites. Enfin, « Laodicéens » conserve-t-il une adresse réelle pour une lettre dont l’adresse à Éphèse manque dans au moins une copie ancienne (P46) ? Ou Marcion l’a-t-il déduite de Colossiens 4:16 ?

**Autres lectures**

- **Une édition héritée, légèrement retouchée.** Clabeaux (1989) et Schmid (1995) soutiennent que Marcion a utilisé une édition existante des lettres de Paul. Beaucoup de leçons que ses critiques lui imputaient apparaissent aussi dans d’autres formes anciennes du texte. Dans cette hypothèse, ses modifications délibérées étaient moins nombreuses que ne le laissent entendre Tertullien et Épiphane.
- **Pastorales écrites à l’époque de Marcion (von Campenhausen).** Une opinion minoritaire, défendue par von Campenhausen (1951), date 1 Timothée, 2 Timothée et Tite du milieu du IIe siècle et propose Polycarpe ou un contemporain comme auteur, écrivant en partie contre un enseignement proche de celui de Marcion. Dans cette hypothèse, ces lettres étaient absentes de l’édition de Marcion parce qu’elles étaient nouvelles ou pas encore en circulation.
- **Pastorales antérieures à Marcion.** Qu’elles aient été écrites par Paul (comme le soutient Johnson) ou par un continuateur plus tardif vers le tournant des Ier et IIe siècles, ces lettres existaient déjà et Marcion les a exclues, comme le dit Tertullien. Si la lettre de Polycarpe aux Philippiens (4.1) fait écho à 1 Timothée 6:7 et 6:10, 1 Timothée était connue avant Marcion, même si un proverbe commun pourrait expliquer ce recoupement.
- **« Laodicéens » comme adresse réelle.** Au moins une copie ancienne de l’épître aux Éphésiens (P46) ne nomme aucune ville dans le verset d’ouverture ; certains spécialistes voient donc dans cette lettre une circulaire, ou une lettre destinée à Laodicée, et l’identifient à la lettre de Colossiens 4:16. Le Fragment de Muratori mentionne une lettre « aux Laodicéens » forgée et liée à l’hérésie de Marcion, peut-être une autre lettre. Salmond rend le latin par « dirigée contre » ; d’autres traducteurs le comprennent comme écrite pour favoriser l’hérésie de Marcion.
- **Marcion, catalyseur du canon.** Harnack, Knox et von Campenhausen voyaient dans l’Écriture en deux parties de Marcion, un Évangile et l’Apôtre, un stimulus décisif pour le Nouveau Testament de l’Église. Trobisch et d’autres soutiennent que les lettres de Paul étaient rassemblées bien avant Marcion. Dans cette perspective, son édition reflète une pratique existante plutôt qu’elle ne l’inaugure.

**Sources**

- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21.1: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.17.1: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.11.12: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.13.4: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 1.19.2: <https://www.newadvent.org/fathers/03121.htm>
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 1.15: <https://www.newadvent.org/fathers/03121.htm>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 1.27.2: <https://www.newadvent.org/fathers/0103127.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 4.11.9 (quoting Justin): <https://www.newadvent.org/fathers/250104.htm>
- Muratorian Fragment (Canon Muratorianus) (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian Fragment, sec. 3 (ANF 5 numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Polycarp, Epistle of Polycarp to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Phil. 4.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>
- INTF NTVMR transcription of P46, P46 folio 75r: <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/transcript/get/?docid=10046&pageID=1310&format=xhtml>

### Irénée de Lyon sur les lettres pastorales et l’auteur des Actes

Irénée de Lyon, qui écrit Contre les hérésies vers 180 apr. J.-C., cite explicitement les lettres à Timothée et à Tite comme étant de Paul et affirme que Luc, qu’il appelle le compagnon inséparable de Paul, a écrit à la fois l’Évangile et les Actes. Il compte parmi les plus anciens témoins datables de ces deux attributions. Cela montre comment ces livres étaient reçus à cette époque ; cela ne tranche pas la question de leur auteur, car son argument en faveur du compagnonnage de Luc s’appuie en partie sur les Actes eux-mêmes.

- **Date:** Vers 180 apr. J.-C. (livre III écrit alors qu’Éleuthère était évêque de Rome ; Eusèbe lui attribue treize ans s’achevant la dixième année de Commode, vers 189)
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle (complète seulement dans une ancienne traduction latine ; des parties grecques subsistent dans des citations d’Hippolyte, d’Épiphane et d’Eusèbe)
- **Concerne:** 1 Timothée 1:4; 1 Timothée 6:7; 1 Timothée 6:10; 1 Timothée 6:20; 2 Timothée 4:10–11; 2 Timothée 4:21; Tite 3:10; Colossiens 4:14; Galates 2:1–2; Actes 9:15–16; Actes 11:27–30; Actes 15:1–4; Actes 16:8–13; Actes 20:5–6; Actes 27:1–28:16
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Attesté

**Ce qu’il établit**

- Vers 180 apr. J.-C., les lettres à Timothée et à Tite étaient lues comme étant de Paul dans les Églises au nom desquelles parle Irénée. Il nomme Paul en citant 2 Timothée (Contre les hérésies 3.3.3 ; 3.14.1) et Tite (1.16.3 ; 3.3.4), cite 1 Timothée 1:4 comme les paroles de « l’apôtre » dans sa préface initiale, et donne à l’ouvrage un titre tiré de 1 Timothée 6:20 (5, préface ; Eusèbe, Histoire ecclésiastique 5.7.1).
- Irénée désigne Luc, qu’il appelle le compagnon de Paul, comme l’auteur du troisième Évangile (3.1.1) et traite les Actes comme l’œuvre de Luc. Il cite les passages en « nous » d’Actes 16 et 20 et résume le reste du voyage, jusqu’à la traversée vers Pouzzoles et Rome, comme le propre récit, par Luc, d’événements dont il a été témoin (3.14.1). Il attribue aussi à Luc les récits des Actes sur l’appel de Paul (3.15.1).
- Il lit les Actes en parallèle avec les lettres de Paul. Il soutient que la visite à Jérusalem de Galates 2:1–2 est celle que rapporte Actes 15:2, entreprise au sujet de la question de la circoncision, de sorte que la déclaration de Paul concorde avec le récit de Luc (3.13.3). La question de savoir si Galates 2 correspond à Actes 15 ou à la visite liée à la famine d’Actes 11:27–30 reste débattue.
- Le livre III peut être daté de l’épiscopat d’Éleuthère. Sa liste des évêques de Rome va de Lin, qu’Irénée identifie au Lin des lettres à Timothée, jusqu’à Éleuthère, évêque en fonction (3.3.3). Eusèbe cite la liste en grec et, s’appuyant sur elle, affirme que l’ouvrage fut composé sous Éleuthère (Histoire ecclésiastique 5.5.9 ; 5.6.1).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Ce témoignage ne prouve pas à lui seul que Paul a écrit les Pastorales ni que Luc a écrit les Actes. Irénée écrit plus d’un siècle après Paul, au milieu d’une polémique contre des hérétiques, et son argument en faveur du compagnonnage de Luc repose en partie sur les passages en « nous » des Actes, sur Colossiens 4:14 et sur 2 Timothée 4:11 eux-mêmes.
- Ce n’est pas la première trace de ces livres. La lettre de Polycarpe aux Philippiens (4.1) présente des parallèles plus anciens avec 1 Timothée, bien qu’elle ne nomme pas Paul. Irénée marque l’attribution explicite, non le premier usage. Il n’est pas seul non plus : le Fragment de Muratori, dont la date est discutée, attribue lui aussi les Actes à Luc et range une lettre à Tite et deux à Timothée parmi celles de Paul.
- Sa liste de succession, qui fait de Lin le premier évêque de Rome, relève de la tradition ecclésiale de la fin du IIe siècle. Elle ne confirme pas de manière indépendante l’organisation de l’Église de Rome du vivant de Paul.

**Où les interprètes divergent**

Les spécialistes divergent sur ce que prouve le témoignage d’Irénée. De nombreux spécialistes critiques considèrent les Pastorales comme pseudépigraphes et doutent qu’un compagnon de Paul ait écrit les Actes ; certains datent les Actes du IIe siècle, Tyson les rattachant à la controverse autour de Marcion. Selon cette lecture, Irénée atteste la réception, non l’origine. D’autres estiment que ses attributions constantes conservent une tradition plus ancienne qui s’accorde avec les textes. Tertullien affirme que Marcion rejetait les Pastorales ; les spécialistes discutent pour savoir si Marcion les a rejetées ou ne les a jamais connues.

**Autres lectures**

- **Un consensus plus tardif.** Vers 180, ces attributions étaient fixées dans les Églises qu’Irénée connaissait en Gaule, à Rome et en Asie, mais des décennies de circulation pouvaient produire ce consensus. Selon cette lecture, les Pastorales pourraient être postpauliniennes et les Actes l’œuvre d’un auteur plus tardif, et Irénée n’atteste que la réception.
- **Une tradition plus ancienne conservée.** Irénée dit avoir vu Polycarpe dans sa jeunesse et en appelle aux Églises fondées par des apôtres. Selon cette lecture, il transmet une tradition déjà établie. Jointe aux passages en « nous » des Actes, elle appuie l’attribution des Actes à Luc et est compatible avec l’attribution des Pastorales à Paul.
- **En partie une déduction tirée des textes.** Irénée a peut-être identifié Luc en lisant les passages en « nous » des Actes à la lumière de Colossiens 4:14 et de 2 Timothée 4:11. Si c’est le cas, son témoignage n’est pas entièrement indépendant des données du Nouveau Testament qu’il sert à appuyer.

**Sources**

- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 1, preface 1 (ANF editors' note identifies 1 Tim 1:4): <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ix.ii.i.html>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.1.1: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ix.iv.ii.html>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.3.3: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ix.iv.iv.html>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.3.4 (Titus 3:10 cited as Paul's): <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ix.iv.iv.html>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.13.3: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ix.iv.xiv.html>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.14.1: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ix.iv.xv.html>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.15.1: <https://www.newadvent.org/fathers/0103315.htm>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 1.16.3 (Titus 3:10 cited as Paul's command): <https://www.newadvent.org/fathers/0103116.htm>
- Irenaeus, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 5, preface (the work's title adopts the phrase of 1 Tim 6:20): <https://www.newadvent.org/fathers/0103500.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 5.5.9: <https://www.newadvent.org/fathers/250105.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 5.6.1 (Greek text of Haer. 3.3.3): <https://www.newadvent.org/fathers/250105.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 5.7.1 (title Irenaeus gave his five books): <https://www.newadvent.org/fathers/250105.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 5.8.3 (Greek text of Haer. 3.1.1): <https://www.newadvent.org/fathers/250105.htm>
- Eusebius, Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 5.22: <https://www.newadvent.org/fathers/250105.htm>
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>
- Muratorian Fragment (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian Fragment, section 2 (printed in ANF 5 among the 'Fragments of Caius'): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Muratorian Fragment (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian Fragment, section 3 (printed in ANF 5 among the 'Fragments of Caius'): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>
- Polycarp, Epistle to the Philippians (Alexander Roberts and James Donaldson, 1885), Phil. 4.1 (parallels 1 Tim 6:7, 10 without naming Paul): <https://www.newadvent.org/fathers/0136.htm>

### Les Actes de Paul et Thècle et la plus ancienne description de Paul

Les Actes de Paul et Thècle montrent comment les chrétiens du IIe siècle se souvenaient de Paul et se le représentaient ; ils ne constituent pas un récit indépendant de ses voyages. Ce roman, épisode des Actes de Paul qui a aussi circulé séparément, contient la plus ancienne description connue de l’apparence de Paul. Tertullien, qui écrit vers 200 apr. J.-C., affirme qu’un presbytre d’Asie composa un écrit sur Thècle sous le nom de Paul par amour pour Paul et fut destitué de sa charge.

- **Date:** Composé avant le Traité du baptême de Tertullien (vers 200 apr. J.-C. ; Ramsay le situait vers 195), probablement vers 150-200 apr. J.-C. ; M. R. James (1924) proposait environ 160 apr. J.-C. Les manuscrits conservés sont beaucoup plus tardifs.
- **Lieu de conservation actuel:** Tradition textuelle (grec, avec des versions copte, latine, syriaque et autres)
- **Concerne:** Actes 13:50–51; 2 Timothée 1:15–18; 2 Timothée 2:17–18; 2 Timothée 3:11; 2 Timothée 4:10; 2 Timothée 4:19; 2 Corinthiens 10:10; Galates 4:13–14
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Présentation traditionnelle

**Ce qu’il établit**

- Vers 200 apr. J.-C., un écrit placé sous le nom de Paul se servait de l’exemple de Thècle pour défendre l’enseignement et le baptême pratiqués par des femmes. Tertullien affirme qu’un presbytre d’Asie le composa comme pour ajouter à la renommée de Paul et qu’après avoir été confondu et avoir avoué l’avoir fait par amour pour Paul, il fut destitué de sa charge (Traité du baptême 17.5).
- Il donne la plus ancienne description connue de l’apparence de Paul : petit, chauve, les jambes arquées, solidement bâti, les sourcils joints et le nez un peu long, plein de grâce, paraissant tantôt un homme, tantôt avoir le visage d’un ange (Actes de Paul et Thècle 3).
- Il s’ouvre sur Paul montant à Icone après une fuite d’Antioche de Pisidie, comme en Actes 13:50–51, tandis qu’Onésiphore l’attend sur la route de Lystre (comparer 2 Timothée 3:11). Il emploie des noms qui figurent aussi dans 2 Timothée (Démas, Hermogène, Onésiphore, Tite), et il attribue à Démas et à Hermogène l’enseignement selon lequel la résurrection a déjà eu lieu, que 2 Timothée 2:17–18 impute à Hyménée et Philète.
- Au début du IVe siècle, Eusèbe rangeait les Actes de Paul parmi les écrits « rejetés », en dehors des livres reçus (Histoire ecclésiastique 3.25.4).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Il ne montre pas à quoi ressemblait Paul. Le portrait a été écrit peut-être quatre-vingt-dix ans ou plus après sa mort, et son informateur déclaré, Tite, appartient au récit lui-même.
- Ce n’est pas un témoin indépendant des Actes. Ses lieux et ses noms peuvent provenir des Actes et de 2 Timothée, si bien que son accord avec eux n’apporte aucune corroboration distincte.
- Il ne confirme ni les épreuves de Thècle, ni ses miracles, ni le rôle qu’y joue la reine Tryphène. Même si Tryphène est la reine cliente historique qu’identifiaient James et Ramsay, nommer une personne réelle n’authentifie pas l’épisode.
- Tertullien n’identifie l’ouvrage que par son usage de l’exemple de Thècle. Il n’est pas démontré que son texte correspondait épisode par épisode à l’épisode conservé des Actes de Paul et Thècle ; les manuscrits sont beaucoup plus tardifs, et les témoins divergent (l’édition de Walker imprime une fin alternative tirée du manuscrit de Grabe).

**Où les interprètes divergent**

Deux questions restent ouvertes. D’abord, le portrait de Paul conserve-t-il un souvenir ? Ramsay jugeait que ses détails simples et peu flatteurs reflétaient une tradition très ancienne et que sa géographie locale révélait un auteur connaissant la région ; d’autres lisent ces traits à travers les conventions grecques de description du corps et du caractère, ce qui en ferait un portrait littéraire. Ensuite, quel est le rapport du récit avec 2 Timothée, dont il partage les noms ? Son auteur a pu les emprunter à la lettre, ou, comme l’a soutenu MacDonald, tous deux pourraient refléter des récits oraux controversés sur Paul.

**Autres lectures**

- **Un souvenir local ancien.** W. M. Ramsay (1893) soutenait que le portrait simple et peu flatteur reflète une tradition très ancienne, et que la « Route royale » menant à Lystre dans le récit, nom qui selon lui tomba en désuétude après 74 apr. J.-C., révèle un auteur du Ier siècle connaissant la région. Ramsay lui-même ne prétendait pas que les événements étaient historiques. M. R. James (1924) signalait que la théorie de Ramsay sur un récit écrit antérieur consacré à Thècle n’était pas généralement acceptée.
- **Un portrait littéraire.** Les traits suivent les conventions grecques de description du corps et du caractère d’une personne, contexte dans lequel Abraham Malherbe (1986) a lu le portrait. Selon cette lecture, il montre comment les chrétiens du IIe siècle se représentaient Paul, non à quoi il ressemblait. Si les traits sont conventionnels, leur simplicité apparente ne garantit en rien un souvenir ancien.
- **Une déduction tirée des lettres.** Des auteurs ultérieurs ont pu imaginer une figure peu impressionnante à partir des propres lettres de Paul, où des critiques qualifient de faible sa présence physique (2 Corinthiens 10:10), où il rappelle une faiblesse corporelle en Galatie et où il dit que les Galates l’ont reçu comme un ange de Dieu (Galates 4:13–14), source possible du visage angélique du portrait.
- **Une légende orale derrière les Pastorales.** Dennis MacDonald (1983) soutenait que des récits sur Paul et Thècle circulaient comme légendes orales avant d’être intégrés par écrit aux Actes de Paul, et que les Épîtres pastorales furent écrites en partie pour contrer de telles légendes. Selon cette lecture, le récit n’a pas simplement emprunté ses noms à 2 Timothée.

**Sources**

- Anonymous, Acts of Paul and Thecla (Ante-Nicene Fathers vol. 8) (Alexander Walker, 1886), Acts of Paul and Thecla 1 (section numbers as in James 1924): Paul goes up to Iconium: <https://www.newadvent.org/fathers/0816.htm>
- Anonymous, Acts of Paul and Thecla (Ante-Nicene Fathers vol. 8) (Alexander Walker, 1886), Acts of Paul and Thecla 3 (section numbers as in James 1924): Onesiphorus waits on the road to Lystra: <https://www.newadvent.org/fathers/0816.htm>
- Anonymous, Acts of Paul and Thecla (Ante-Nicene Fathers vol. 8) (Alexander Walker, 1886), Acts of Paul and Thecla 3 (section numbers as in James 1924): description of Paul: <https://www.newadvent.org/fathers/0816.htm>
- Anonymous, Acts of Paul and Thecla (Ante-Nicene Fathers vol. 8) (Alexander Walker, 1886), Acts of Paul and Thecla 14 (section numbers as in James 1924): Demas and Hermogenes on the resurrection: <https://www.newadvent.org/fathers/0816.htm>
- Anonymous, Acts of Paul and Thecla (Ante-Nicene Fathers vol. 8) (Alexander Walker, 1886), Acts of Paul and Thecla, editor's note introducing the alternative ending from Grabe's manuscript: <https://www.newadvent.org/fathers/0816.htm>
- Tertullian, On Baptism (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (S. Thelwall, 1885), On Baptism 17.5 (Thecla's example): <https://www.newadvent.org/fathers/0321.htm>
- Tertullian, On Baptism (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (S. Thelwall, 1885), On Baptism 17.5: <https://www.newadvent.org/fathers/0321.htm>
- Eusebius, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1) (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 3.25.4: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>

## Études classiques

### Les Horae Paulinae (1790) de William Paley : coïncidences non préméditées entre les Actes et les lettres de Paul

Les Horae Paulinae (1790) de William Paley comparent les lettres de Paul avec les Actes et soutiennent que des concordances apparemment non concertées montrent que les deux reposent sur des événements réels. Son exemple principal est la collecte pour Jérusalem, que Romains 15 expose en un seul endroit, tandis que les Actes et 1 Corinthiens et 2 Corinthiens en présentent les éléments de façon dispersée. C’est un argument fondé sur une comparaison interne, et non une donnée nouvelle, qui ne vaut que si les concordances sont non concertées et indépendantes, ce que contestent certains spécialistes.

- **Date:** 1790 (première publication) ; les citations proviennent ici de l’édition des Works de 1819
- **Lieu de conservation actuel:** Livre imprimé ; l’impression de Dublin de 1790 et les Works de 1819 sont numérisées sur archive.org
- **Concerne:** Romains 15:24–28; Actes 20:2–3; Actes 20:16; Actes 24:17–19; 1 Corinthiens 16:1–4; 2 Corinthiens 8:1–4; 2 Corinthiens 9:2; 1 Corinthiens 4:17–19; 1 Corinthiens 16:10–11; Actes 19:21–22; Actes 16:1; 2 Timothée 1:5; 2 Timothée 3:15; Galates 2:1–10; Actes 15:1–29
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Discuté

**Ce qu’il établit**

- Le critère de Paley (chap. 1) : un accord entre un récit historique et des lettres ne vaut comme preuve que s’il paraît non concerté. Un récit compilé à partir des lettres, des lettres forgées à partir du récit, ou les deux tirés d’une même source commune produiraient tous un accord concerté. Il applique ce critère aux Actes et à treize lettres et numérote chaque cas, afin qu’un lecteur puisse rejeter un cas faible sans écarter les autres.
- Son exemple principal (chap. 2, n° 1) repose sur une observation textuelle solide. Romains 15:25–26 relie les dons de Macédoine et d’Achaïe à un voyage imminent à Jérusalem. Actes 20:2–3 et 20:16 mentionnent le séjour en Grèce et la hâte de gagner Jérusalem, mais pas de collecte, que les Actes ne mentionnent que dans la défense de Paul devant Félix (24:17). 1 Corinthiens 16:1–4 et 2 Corinthiens 8:1–4 et 9:2 apportent les précisions sur les dons de l’Achaïe et de la Macédoine.
- Un deuxième exemple (chap. 3, n° 3-4) : Actes 19:21–22 envoie Timothée et Éraste en Macédoine avant Paul. 1 Corinthiens 4:17 dit que Timothée a déjà été envoyé, tandis que 16:10–11 tient son arrivée à Corinthe pour incertaine. Paley concilie les deux par un itinéraire passant par la Macédoine. Cet itinéraire est sa propre déduction, et il le présente comme probable, non comme affirmé.
- Les deux exemples principaux ne dépendent que de lettres que presque tous les spécialistes reconnaissent comme étant de Paul (Romains, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Que les Actes sont exacts d’un bout à l’autre. Les concordances portent sur des projets de voyage, des compagnons et une collecte, non sur les discours, les miracles ou l’interprétation des événements par le narrateur.
- Que les treize lettres utilisées par Paley sont toutes de Paul. Ses exemples tirés de lettres d’attribution contestée, comme 2 Timothée, ne valent que ce que vaut l’argument qui date ces lettres du vivant de Paul.
- Que les concordances sont indépendantes au-delà de tout doute. Si l’auteur des Actes connaissait les lettres, certaines concordances seraient dépendantes plutôt que corroborantes.

**Où les interprètes divergent**

La déduction de Paley ne vaut que si les concordances sont indépendantes. Depuis F. C. Baur, de nombreux spécialistes critiques lisent les Actes comme un récit plus tardif et façonné, et la plupart n’acceptent que sept lettres comme certainement de Paul. Richard Pervo a soutenu que les Actes datent du début du IIe siècle et utilisent les lettres de Paul, précisément la dépendance que le critère de Paley vise à exclure. La réponse de la méthode, de Paley à Lydia McGrew, est que les concordances sont trop indirectes pour être des emprunts : dans les exemples de Paley, les Actes mentionnent à peine la collecte et, en 19:22, n’envoient Timothée qu’en Macédoine. La question de savoir si ces silences sont accidentels ou délibérés est elle-même débattue. De nombreux spécialistes pensent que l’auteur des Actes ne connaissait pas les lettres, ce qui accorde à Paley sa prémisse d’indépendance. Ils répondent plutôt que les concordances sur les voyages et les compagnons montrent une bonne information sur les déplacements de Paul, non l’exactitude des discours ou de la théologie des Actes, et ils donnent la priorité aux lettres là où les deux se contredisent (Knox).

**Autres lectures**

- **Les Actes ont utilisé les lettres.** Certains spécialistes, notamment Richard Pervo, estiment que l’auteur des Actes connaissait plusieurs lettres de Paul. Selon cette lecture, certaines concordances sont des emprunts, et non des confirmations indépendantes. Le recoupement partiel que relève Paley (les Actes presque muets sur la collecte, Timothée envoyé seulement en Macédoine) signifierait alors que les lettres ont été utilisées librement plutôt que copiées.
- **Le silence est délibéré.** Certains commentateurs expliquent le quasi-silence des Actes sur la collecte par une réticence délibérée, par exemple si le don a été accueilli froidement ou s’est trouvé mêlé à l’arrestation de Paul. L’omission serait alors concertée plutôt qu’accidentelle. Cela impliquerait néanmoins que l’auteur connaissait l’existence de la collecte.
- **Une lettre plus tardive a utilisé les Actes.** De nombreux spécialistes critiques considèrent que 2 Timothée a été écrite après la mort de Paul. Un auteur plus tardif aurait pu tirer la mère juive de Timothée d’Actes 16:1, que Paley présente comme une coïncidence non préméditée avec 2 Timothée 1:5 et 3:15 (chap. 12, n° 2-3). Ces exemples n’ont donc de poids que pour les lecteurs qui datent déjà la lettre du vivant de Paul.
- **Concordances comptées, tensions écartées.** Les critiques de la méthode soutiennent qu’une liste de concordances peut exagérer la force de l’argument si l’on ne pèse pas en même temps les tensions, comme celles qui opposent Galates 1–2 et les Actes au sujet des visites de Paul à Jérusalem. Paley lui-même examine l’écart entre Galates 2 et Actes 15 et soutient qu’il montre qu’aucun des deux auteurs n’a puisé chez l’autre ; ses défenseurs ajoutent que chaque coïncidence doit être jugée selon ses propres termes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 1 (Exposition of the Argument); Works (London, 1819) vol. 2, p. 132: <https://archive.org/details/paleyworks02paleuoft>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 1 (Exposition of the Argument); Works (London, 1819) vol. 2, p. 133: <https://archive.org/details/paleyworks02paleuoft>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 1 (Exposition of the Argument); Works (London, 1819) vol. 2, p. 139: <https://archive.org/details/paleyworks02paleuoft>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 2 (Romans), no. 1; Works (London, 1819) vol. 2, p. 145: <https://archive.org/details/paleyworks02paleuoft>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 3 (First Corinthians), no. 3; Works (London, 1819) vol. 2, p. 178: <https://archive.org/details/paleyworks02paleuoft>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2; Works (London, 1819) vol. 2, p. 235: <https://archive.org/details/paleyworks02paleuoft>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 12 (Second Timothy), no. 2; Works (London, 1819) vol. 2, p. 355: <https://archive.org/details/paleyworks02paleuoft>
- William Paley, Horae Paulinae (Dublin printing), Title page and contents, Dublin printing of 1790 (Princeton Theological Seminary Library copy): <https://archive.org/details/horaepaulinaeo00pale>

### L’analyse nautique du voyage et du naufrage de Paul par James Smith (1848)

Dans The Voyage and Shipwreck of St. Paul (1848), James Smith de Jordanhill, plaisancier et géologue écossais, a confronté Actes 27 aux cartes hydrographiques, aux instructions nautiques et aux avis d’officiers de marine. Il a soutenu que le coup de vent, l’abri sous Cauda, le ceinturage de la coque, la dérive et les sondages concordent tous avec un atterrissage dans la baie Saint-Paul, à Malte. Cela montre une cohérence nautique, même si certaines données étaient tirées des Actes eux-mêmes. Cela ne permet d’établir ni qui est l’auteur, ni la réalité de chaque événement.

- **Date:** 1848 (première édition ; éditions ultérieures en 1856, 1866 et 1880)
- **Lieu de conservation actuel:** Livre publié ; la première édition de 1848 est numérisée sur Internet Archive à partir d’un exemplaire de la Harvard College Library
- **Concerne:** Actes 27:12; Actes 27:13–20; Actes 27:21–26; Actes 27:27–29; Actes 27:39–44; Actes 28:1
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Reconstitué

**Ce qu’il établit**

- Smith a reconstitué la tempête décrite en Actes 27:13–17 comme un coup de vent d’est-nord-est, préférant en Actes 27:14 à la leçon plus tardive le nom de vent donné par les manuscrits et les versions les plus anciens, qu’il comprenait comme désignant un vent soufflant entre l’est et le nord-est. Ce vent a poussé le navire depuis le large du centre de la côte sud de la Crète jusque sous le vent de Cauda (l’actuelle Gavdos), où l’équipage a pu hisser la chaloupe et passer des câbles autour de la coque.
- Smith a retenu une dérive moyenne d’environ trente-six milles et demi par jour, tirée des estimations de deux capitaines de la Royal Navy. À ce rythme, un navire à la cape depuis Cauda parcourrait les 476,6 milles jusqu’à la pointe de Koura, à Malte, en un peu plus de treize jours. Cela concorde avec la quatorzième nuit mentionnée en Actes 27:27, et le cap calculé correspond à l’orientation de la baie Saint-Paul.
- Smith a fait correspondre les sondages de vingt, puis quinze brasses (Actes 27:28) au relevé de la baie Saint-Paul par le capitaine Smyth, et a cité le conseil de guerre de 1810 relatif à la frégate Lively, dont la vigie avait vu des brisants à la pointe de Koura avant de voir la terre (Actes 27:27). Il situait l’échouage près de Salmonetta (l’île Saint-Paul) et concédait que la concordance de la dérive était en partie fortuite et que la plage de sable de la crique a disparu.
- Ramsay (1895) a qualifié la démonstration de Smith en faveur de la baie Saint-Paul de l’un des services les plus complets jamais rendus à l’étude du Nouveau Testament et lui a donné raison sur le ceinturage transversal, mais il jugeait sa solution de la plage disparue plutôt violente. Il rejetait aussi l’interprétation du grec par Smith au sujet de Phénix et de la dérive : Luc, qui n’a jamais vu Phénix, a transmis une description confuse, et a écrit sur la dérive avec une idée de terrien.

**Ce qu’il n’établit pas**

- Ce n’est pas un témoin indépendant du voyage. Smith a déduit la direction du vent de la géographie du récit lui-même, a tiré le taux de dérive d’estimations d’officiers du XIXe siècle et a utilisé le point d’arrivée maltais traditionnel. La concordance montre donc que le récit est cohérent avec des vents, des cartes et des côtes réels ; elle ne confirme pas chaque détail par des preuves extérieures.
- L’analyse ne montre pas que Luc a écrit en témoin oculaire, ni que se sont produits des événements qui échappent à toute vérification nautique, comme le message angélique et les assurances de Paul en Actes 27:21–26. L’affirmation de Smith selon laquelle aucun non-marin n’aurait pu écrire avec une telle cohérence sans observation directe est une inférence tirée de la cohérence du récit, et d’autres la contestent. Même Ramsay estimait que Luc rapportait de seconde main ce qui concerne Phénix et décrivait la dérive comme le ferait un terrien.
- L’analyse ne fixe pas le lieu exact du débarquement et ne règle pas chaque point technique. La crique choisie par Smith suppose une plage qui n’existe plus, et la méthode de ceinturage comme l’orientation du port de Phénix restent discutées.

**Où les interprètes divergent**

Les admirateurs de Smith, de Ramsay à Colin Hemer, voient dans la cohérence nautique du récit la marque d’un témoignage de première main. D’autres répondent que la narration de voyages en mer à la première personne était une convention littéraire (Vernon Robbins), ou que Actes 27–28 imite les naufrages d’Ulysse (Dennis MacDonald). Selon ces lectures, l’exactitude peut témoigner d’une connaissance de la navigation plutôt que d’une présence à bord. Hemer a répondu que les parallèles de Robbins n’établissent pas une telle convention, tout en concédant que la précision nautique, à elle seule, montre seulement que l’auteur avait fait un tel voyage. Des questions techniques restent aussi ouvertes : les câbles de ceinturage passaient-ils en travers ou le long de la coque, quelle était l’orientation de Phénix, et Melita était-elle même Malte ? Heinz Warnecke a plaidé pour Céphalonie, et A. Acworth et O. F. A. Meinardus pour Mljet.

**Autres lectures**

- **Convention littéraire.** Vernon Robbins soutient que la narration à la première personne du pluriel relevait des conventions des récits antiques de voyages en mer. Selon cette lecture, les vérifications de Smith montrent que l’auteur savait comment se comportent les navires et les vents de la Méditerranée, non qu’il était à bord. Hemer a répondu que les exemples de Robbins n’établissent pas l’existence d’un tel genre.
- **Imitation homérique.** Dennis MacDonald soutient qu’Actes 27–28 renvoie à plusieurs reprises aux naufrages d’Ulysse, avec lesquels il partage l’imagerie nautique, une promesse divine de vie sauve et un héros accueilli par des insulaires, afin d’exalter Paul et son Dieu par comparaison. Sa forme serait alors littéraire, même là où sa géographie est réaliste.
- **Une autre île.** Heinz Warnecke situait le naufrage à Céphalonie, au large de l’ouest de la Grèce. Une opinion plus ancienne, réfutée par Smith et reprise par A. Acworth (1973) et O. F. A. Meinardus, plaçait Melita à Mljet (Meleda), dans l’Adriatique. Malte, et en particulier la baie Saint-Paul, reste l’identification majoritaire.

**Sources**

- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Introduction, p. ix, note: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Introduction, p. xiii: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Introduction, p. xix: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Crete to Melita, p. 60: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Crete to Melita, p. 64: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Crete to Melita, p. 81: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Crete to Melita, p. 82: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Crete to Melita, p. 85: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Crete to Melita, p. 87: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- James Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, The Shipwreck, p. 102: <https://archive.org/details/voyageandshipwr01smitgoog>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XIV, p. 326: <https://archive.org/details/stpaultravellerr00rams>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XIV, p. 329: <https://archive.org/details/stpaultravellerr00rams>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XIV, p. 334: <https://archive.org/details/stpaultravellerr00rams>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XIV, p. 341: <https://archive.org/details/stpaultravellerr00rams>
- Wikidata, Q6143365: <https://www.wikidata.org/wiki/Q6143365>

### St Paul the Traveller (1895) de W. M. Ramsay et la thèse de l’exactitude des Actes

Dans St Paul the Traveller (1895), W. M. Ramsay, spécialiste des lettres classiques à Aberdeen, écrivait qu’il avait autrefois accepté la thèse de Tübingen faisant des Actes une œuvre du IIe siècle. Des années de travail sur l’Asie Mineure l’ont convaincu que leurs termes régionaux correspondent à la Galatie romaine du Ier siècle, comme dans la fuite d’Icone vers la Lycaonie (Actes 14:6). Là où ses lectures tiennent, elles montrent que l’auteur connaissait la région ; elles ne vérifient pas chaque événement, et sa fenêtre de datation comme sa thèse de la Galatie du Sud restent débattues.

- **Date:** Première publication en 1895 (dédicace datée du 17 septembre, préface du 23 septembre 1895) ; citations vérifiées sur la dixième édition, Hodder and Stoughton, 1907
- **Lieu de conservation actuel:** Livre publié ; la dixième édition (Hodder and Stoughton, 1907) est numérisée par la Christian Classics Ethereal Library
- **Concerne:** Actes 13:49; Actes 14:1–7; Actes 14:11; Actes 16:6; Actes 18:23; Galates 1:2; Galates 3:1
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé
- **Nature de ses appuis:** Discuté

**Ce qu’il établit**

- En 1895, Ramsay écrivait que la théorie de Tübingen l’avait autrefois pleinement convaincu et qu’il avait traité les Actes comme une composition du IIe siècle. Il disait que son opinion avait changé peu à peu, à mesure qu’il utilisait les Actes comme source pour la topographie, les antiquités et la société de l’Asie Mineure.
- Il soutenait qu’Actes 14:6 marque une frontière réelle. Selon lui, Icone appartenait au district de Phrygie de la province de Galatie, tandis que Lystre et Derbe se trouvaient dans la partie romaine (« galatique ») de la Lycaonie, qui relevait de cette province. Il estimait que cette description n’était exacte qu’entre 37 et 72 apr. J.-C.
- Ramsay estimait que la lecture de l’épître aux Galates en faveur de la Galatie du Sud était liée à l’origine au Ier siècle des Actes et à leur attribution à Luc. Sa thèse sur la Galatie fut contestée dès le départ, par le Dr Chase dans l’Expositor (1893-94), puis par James Moffatt. Même un évaluateur bienveillant, F. F. Bruce (1966), jugeait qu’il avait tendance à exagérer sa thèse, même si c’était une bonne thèse à exagérer.

**Ce qu’il n’établit pas**

- L’ouvrage ne montre pas que les événements, les discours ou les miracles des Actes se sont produits tels qu’ils sont racontés. Une frontière, un titre ou un district exact montre que l’auteur connaissait le cadre, non que chaque épisode est historique.
- Le récit que fait Ramsay de son changement d’avis atteste qu’il a changé d’avis ; ce n’est pas une confirmation indépendante des Actes. Dans sa version de 1915, telle que Gasque la résume, l’épisode de Lycaonie en Actes 14:5–12 marque le tournant. Le texte de 1895 insiste plutôt sur le débat consistant à savoir si Paul a traversé la Galatie du Nord ou la Lycaonie.
- L’ouvrage ne tranche ni la destination de l’épître aux Galates en Galatie du Sud, ni une date haute et l’attribution des Actes à Luc. Ces trois questions restent débattues.

**Où les interprètes divergent**

Trois questions restent ouvertes. D’abord, une connaissance locale précise désigne-t-elle un compagnon de Paul (Ramsay, Hemer), ou convient-elle à un auteur plus tardif et bien informé qui a façonné les événements dans une perspective théologique ? Les dates proposées pour les Actes vont du début des années 60 (Hemer) au IIe siècle (O’Neill), en passant par les années 80 couramment retenues ; Gasque rapporte que Barrett admet une date aussi tardive que 95-115. Ensuite, les Galates de Paul vivaient-ils dans les villes méridionales de la province romaine ou dans la Galatie ethnique, au nord (Lightfoot, Moffatt) ? Enfin, la fenêtre de 37-72 retenue par Ramsay, qui repose sur la division entre la Lycaonie romaine et la Lycaonie antiochienne, est-elle aussi décisive qu’il l’affirmait, alors qu’il reconnaissait lui-même que les preuves concernant les districts de la province étaient maigres ?

**Autres lectures**

- **Un auteur plus tardif et bien informé.** Une géographie et des termes administratifs exacts pourraient provenir de sources, de connaissances de voyage ou d’usages régionaux qui ont longtemps perduré. Ils conviennent donc à un auteur écrivant à la fin du Ier siècle ou après, qui a façonné le récit à des fins théologiques. Selon cette opinion, Ramsay a montré que l’auteur connaissait l’Asie Mineure, non qu’il était le compagnon de Paul.
- **La lecture de la Galatie du Nord.** J. B. Lightfoot, défenseur classique de cette opinion à l’époque de Ramsay, voyait dans les Galates de Paul le peuple gaulois du centre de l’Asie Mineure, visité lors des voyages mentionnés en Actes 16:6 et 18:23. Moffatt a maintenu cette opinion contre Ramsay, comme l’a fait, selon Gasque, la majeure partie de la recherche allemande. Ses défenseurs utilisent aussi les Actes pour l’itinéraire de Paul, si bien que l’affirmation de Ramsay selon laquelle leur opinion ne peut s’accorder avec des Actes du Ier siècle écrits par Luc est sa propre inférence.
- **Ramsay affiné, non renversé.** Des successeurs bienveillants comme Gasque et Hemer conservent sa méthode, qui confronte les Actes aux inscriptions et à la géographie. Gasque juge la thèse de la Galatie du Sud favorisée par les preuves, mais impossible à démontrer à la satisfaction de tous les spécialistes. Bruce, dans sa préface à l’ouvrage de Gasque, estimait que le rôle ultérieur de Ramsay comme apologète populaire avait nui à sa réputation scientifique.

**Sources**

- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. 1 §1 (Trustworthiness): <https://ccel.org/ccel/ramsay/paul_roman/paul_roman.iv.html>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. 5 §6 (The Cities of Lycaonia): <https://ccel.org/ccel/ramsay/paul_roman/paul_roman.viii.html>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, Preface to the second edition (dated 25 March 1896): <https://ccel.org/ccel/ramsay/paul_roman/paul_roman.iii.html>
- Wikidata item for William Mitchell Ramsay, Q326308: <https://www.wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q326308.json>

### Les titres officiels dans les Actes, ville par ville

Les Actes donnent un titre adapté à chaque lieu qu’ils décrivent : des proconsuls à Chypre et en Achaïe, des politarques à Thessalonique, des préteurs avec des licteurs dans la colonie de Philippes, des asiarques et un secrétaire de la ville à Éphèse, un « premier homme » à Malte et un tribun romain à Jérusalem. Les inscriptions et les auteurs anciens attestent la plupart de ces titres ; à Philippes, « préteurs » était un usage de courtoisie. Cela montre une bonne connaissance locale ou de bonnes sources ; cela ne prouve pas que chaque événement s’est produit et ne date pas les Actes.

- **Date:** Usages attestés de 22 av. J.-C. (retour de Chypre aux proconsuls) au milieu du IIe siècle apr. J.-C. (l’asiarque Philippe à Smyrne, vers 155-160 selon la datation habituelle ; décrets d’Éphèse jusqu’en 160 apr. J.-C.). Certaines des sources qui les rapportent sont plus tardives (Dion Cassius, début du IIIe siècle ; Eusèbe, début du IVe). Les scènes des Actes se situent vers 46-60 apr. J.-C. selon la chronologie habituelle.
- **Lieu de conservation actuel:** Sans objet : vue d’ensemble de plusieurs textes et inscriptions ; voir les éléments liés pour l’emplacement de chaque objet.
- **Références de catalogue:** IG XIV 601
- **Concerne:** Actes 13:6–12; Actes 16:12–40; Actes 17:5–9; Actes 18:12–17; Actes 19:29–41; Actes 21:30–40; Actes 22:24–29; Actes 23:10–30; Actes 24:22; Actes 28:7–10
- **Degré de certitude:** Élevé
- **Nature de ses appuis:** Appuyé par les sources

**Ce qu’il établit**

- Les proconsuls que les Actes placent à Chypre et en Achaïe (Actes 13:7 ; Actes 18:12) correspondent au statut de chaque province à l’époque. Auguste rendit Chypre au peuple en 22 av. J.-C., après quoi des proconsuls la gouvernèrent (Dion 54.4.1). L’Achaïe passa à l’empereur en 15 apr. J.-C. et revint, sous Claude, en 44 apr. J.-C., à des proconsuls tirés au sort (Tacite, Annales 1.76 ; Dion 60.24.1), avant le proconsulat de Gallion, habituellement daté du début des années 50.
- Politarque (Actes 17:6 et 17:8) était surtout un titre civique de Macédoine. En 1898, Burton notait qu’en dehors des Actes, cette forme du mot n’était alors connue que par des inscriptions (une forme apparentée se trouve chez Énée le Tacticien). Sa liste provenait surtout de Macédoine, avec quelques exemples de Thrace, de Bithynie, du Bosphore et d’Égypte, et aucun de la Grèce proprement dite ; à Thessalonique, ils vont d’Auguste au milieu du IIe siècle.
- Dans la colonie romaine de Philippes (Actes 16:12), les Actes désignent les magistrats par le terme grec habituel pour les préteurs et leur donnent des licteurs (Actes 16:20–38). Ramsay jugeait que « préteurs » n’était pas le titre techniquement exact, mais un titre de courtoisie souvent employé pour les magistrats suprêmes d’une colonie, Luc écrivant « sur le plan de la conversation cultivée » plutôt qu’avec une exactitude technique rigide.
- À Éphèse, les asiarques des Actes (Actes 19:31) portent un titre provincial attesté en dehors des Actes : dans le Martyre de Polycarpe, cité par Eusèbe (Histoire ecclésiastique 4.15.27), la foule de Smyrne demande à l’asiarque Philippe de lâcher un lion sur Polycarpe. Ramsay jugeait que le secrétaire de la ville était probablement le plus important magistrat d’Éphèse ; l’édition des inscriptions de la ville publiée par Hicks en 1890 montre ce secrétaire rédigeant des décrets et gérant les affaires publiques.
- À Malte, une inscription grecque (IG XIV 601) qualifie un chevalier romain de protos Melitaion, « premier des Maltais », et la note de Kaibel renvoie à Actes 28:7. À Jérusalem, Josèphe dit qu’une unité romaine était toujours cantonnée dans la forteresse Antonia, avec des passages descendant vers les portiques du temple, qu’elle utilisait lors des fêtes (Guerre 5.243-244). Il nomme aussi un tribun (chiliarque), Celer, en Judée sous Claude (Ant. 20.136).

**Ce qu’il n’établit pas**

- Qu’une scène donnée s’est produite telle qu’elle est racontée. Un titre exact pour les magistrats de Thessalonique ou de Malte ne confirme pas l’attaque contre la maison de Jason ni la guérison du père de Publius ; chaque épisode demande son propre examen.
- À eux seuls, une date ou un auteur pour les Actes. La plupart de ces titres sont restés en usage pendant des générations (les politarques à Thessalonique jusqu’au IIe siècle, les asiarques encore au milieu du IIe siècle), si bien qu’un auteur plus tardif disposant de bonnes sources aurait aussi pu les employer correctement.
- Une précision technique uniforme. À Philippes, « préteurs » était, selon Ramsay, un titre de courtoisie plutôt que le titre officiel de la colonie, et les Actes y emploient aussi un mot général désignant les dirigeants (Actes 16:19). L’exactitude est celle d’un usage informé et cultivé, non d’une terminologie juridique.
- Que chaque magistrat nommé soit identifié de manière indépendante, ou que chaque titre ait eu un sens unique et fixe. La question de savoir si une inscription nomme le proconsul Sergius Paulus, ce qu’étaient exactement les asiarques, et si le « premier » de Malte était une fonction officielle ou un rang honorifique (la note de Kaibel dit seulement qu’une distinction civique précise est visée), tout cela reste débattu.

**Où les interprètes divergent**

Ramsay, Sherwin-White et Hemer voyaient dans la série de détails locaux exacts, dont les titres, un faisceau de preuves que les Actes reposent sur une connaissance ancienne et bien informée ; Ramsay défendait l’idée que Luc était le compagnon de Paul, et Hemer l’attribution à Luc et une date antérieure à 70 apr. J.-C. Pervo répond que les romans antiques utilisaient aussi des personnes réelles et des techniques historiographiques, et il datait les Actes d’environ 115 ; Witetschek lit leur couleur locale d’Éphèse comme un témoignage portant davantage sur l’époque même de Luc que sur celle de Paul. Des questions plus restreintes restent ouvertes, notamment celle de savoir si un asiarque était simplement le grand prêtre de l’Asie (l’opinion de Ramsay, partagée par Hicks en 1890) ou autre chose, un doute que Witetschek tire d’Actes 19:31 lui-même.

**Autres lectures**

- **Un compagnon bien informé.** L’éventail des titres exacts et propres à chaque lieu reflète un auteur qui a voyagé avec Paul ou connaissait ces villes de première main, comme l’ont soutenu Ramsay et Hemer. Cela s’accorde avec les passages en « nous », mais c’est une inférence tirée de l’exactitude, non une preuve de l’identité de l’auteur.
- **Un auteur plus tardif disposant de bonnes sources.** Un écrivain de la fin du Ier ou du début du IIe siècle, s’appuyant sur des notes de voyage, des informateurs locaux ou des récits antérieurs, pouvait reproduire des titres encore en usage à son époque. Selon cette opinion, les titres garantissent la qualité des sources, ou l’époque de l’auteur lui-même, plus qu’une date haute (Pervo ; Witetschek).
- **Réalisme littéraire.** Les romans antiques utilisaient aussi des personnes, des lieux et des techniques historiographiques réels, si bien qu’une couleur locale exacte montre une compétence, mais ne peut à elle seule distinguer l’histoire de la fiction. Chaque épisode doit être jugé selon ses propres preuves.

**Sources**

- Cassius Dio, Roman History (Earnest Cary, 1917), 54.4.1 (22 BC): <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/54*.html>
- Tacitus, Annals (A. J. Church and W. J. Brodribb, 1876), Ann. 1.76 (AD 15): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.02.0078:book=1:chapter=76>
- Cassius Dio, Roman History (Earnest Cary, 1924), 60.24.1 (AD 44): <https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Cassius_Dio/60*.html>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. X sect. 3, p. 218 (praetors at Philippi): <https://archive.org/download/stpaultraveller02ramsgoog/stpaultraveller02ramsgoog_djvu.txt>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Hist. eccl. 4.15.27 (quoting Mart. Pol. 12.2): <https://www.newadvent.org/fathers/250104.htm>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XII sect. 5, p. 281 (Asiarchs): <https://archive.org/download/stpaultraveller02ramsgoog/stpaultraveller02ramsgoog_djvu.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XII sect. 5, p. 281 (town clerk): <https://archive.org/download/stpaultraveller02ramsgoog/stpaultraveller02ramsgoog_djvu.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, ch. XIV sect. 9, p. 343 (Malta): <https://archive.org/download/stpaultraveller02ramsgoog/stpaultraveller02ramsgoog_djvu.txt>
- G. Kaibel, Inscriptiones Graecae XIV: Inscriptiones Siciliae et Italiae, IG XIV 601 (p. 112): <https://archive.org/download/bub_gb_WNFOCQoUpq4C/bub_gb_WNFOCQoUpq4C_djvu.txt>
- Flavius Josephus, The Jewish War (William Whiston, 1737), War 5.243-244 (Whiston 5.5.8; his 'legion' renders a general Greek word for a military unit): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0148:book=5:whiston%20chapter=5:whiston%20section=8>
- Flavius Josephus, Antiquities of the Jews (William Whiston, 1737), Ant. 20.136 (Whiston 20.6.3): <https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0146:book=20:whiston%20chapter=6:whiston%20section=3>

## Depuis quand chaque lettre était connue

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### Romains

Irénée attribue Romains à Paul vers 180 apr. J.-C. L’édition de Marcion, au milieu du IIe siècle, connue par le témoignage hostile de Tertullien, en contenait un texte abrégé. 1 Clément, généralement daté vers 96, et Polycarpe en reprennent probablement les formulations ; un parallèle chez Ignace peut refléter une profession de foi commune. Une lettre des Églises de Gaule de 177 la cite sans la nommer. P46, daté vers 200 apr. J.-C. d’après l’écriture, est le plus ancien manuscrit.

- **1 Clément (Église de Rome à Corinthe)** (Vers 95–97 apr. J.-C. (propositions allant de 70 à 140 environ); Allusion probable): Sa liste de vices partage des termes avec Romains 1:29–32, notamment la médisance et la haine de Dieu, et condamne de même ceux qui approuvent ces actes autant que ceux qui les commettent. Elle a été écrite à Rome, destination de Romains ; le caractère courant des listes de vices laisse place à une coïncidence.
- Clement of Rome (traditional attribution), 1 Clement (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clem. 35.6: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, Aux Smyrniotes** (Vers 105–117 apr. J.-C. (certains proposent les années 140); Écho possible): Il présente le Christ comme descendant de David selon la chair et Fils de Dieu par la puissance divine, association présente en Romains 1:3–4. Beaucoup pensent que Paul y adapte une profession de foi antérieure : Ignace pourrait donc faire écho à cette formule commune plutôt qu’à la lettre.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Smyrnaeans (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Smyrn. 1.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-smyrnaeans-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140 apr. J.-C.; Allusion probable): Il associe la comparution devant le tribunal du Christ au fait que chacun rendra compte de lui-même, comme Romains 14:10–12. 2 Corinthiens 5:10 contient aussi l’expression sur le tribunal, et Polycarpe ne nomme aucune source : un souvenir mêlant plusieurs textes ou une formule courante reste donc possible.
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Phil. 6.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion, selon Tertullien** (Marcion actif vers 138–161 apr. J.-C. ; Tertullien écrit à partir de 207 environ; Liste des lettres): Tertullien traite Romains en quatrième position dans l’édition de dix lettres de Marcion, après Galates, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens. Il dit que Marcion a retranché des passages entiers, et sa discussion s’arrête à Romains 14:10. Cette édition n’est connue que par des témoignages hostiles ; son contenu exact reste incertain.
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.13: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Lettre des Églises de Vienne et de Lyon** (Vers 177–178 apr. J.-C. (conservée par Eusèbe, début du IVe siècle); Citation claire): Décrivant les martyrs de Gaule, elle reprend presque mot pour mot Romains 8:18 sans nommer Paul. Eusèbe dit reproduire les propres paroles des Églises et date la persécution de la dix-septième année d’Antoninus Verus, c’est-à-dire Marc Aurèle (177 apr. J.-C.).
- Eusebius (quoting the churches of Vienne and Lyons), Church History (Arthur Cushman McGiffert, 1890), HE 5.1.6: <https://www.newadvent.org/fathers/250105.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Il dit que Paul, écrivant aux Romains, a montré que Jésus et le Christ ne font qu’un, puis cite Romains 1:1–4 et Romains 9:5 ; il nomme de nouveau la lettre en 3.16.9. Le livre 3 date de l’épiscopat d’Éleuthère à Rome.
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.16.3: <https://www.newadvent.org/fathers/0103316.htm>

- **Fragment de Muratori** (Probablement vers 170–200 apr. J.-C. ; une minorité le date du IVe siècle; Liste des lettres): Il compte Romains parmi les lettres de Paul à sept Églises, disant qu’il l’a écrite selon la règle des Écritures de l’Ancien Testament, avec le Christ pour premier objet. On le date généralement d’après sa remarque selon laquelle Hermas a écrit récemment, sous Pie ; certains le situent au IVe siècle.
- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus, in Ante-Nicene Fathers vol. 5 (printed among the Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3, on Paul's letters to seven churches: <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Papyrus 46 (P46)** (Vers 200 apr. J.-C. d’après l’écriture (CSNTM : fin du IIe ou début du IIIe siècle ; INTF : début du IIIe siècle); Manuscrit): Il est généralement considéré comme le plus ancien manuscrit de Romains, qui ouvre sa série de lettres. Les feuillets précédant Romains 5:17 et deux autres couvrant l’essentiel de Romains 6:14–8:15 sont perdus. Il place la doxologie (Romains 14:24–26 dans la numérotation WEB) après Romains 15:33. La datation repose uniquement sur l’écriture.
- CSNTM manuscript record: P46, GA P46: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

### 1 Corinthiens

1 Corinthiens est attestée tôt : 1 Clément, généralement datée vers 96 apr. J.-C., invite Corinthe à reprendre la lettre de Paul sur ses divisions, probablement la première mention explicite d’une lettre paulinienne. Ignace et Polycarpe la citent quelques décennies plus tard ; l’édition de Marcion et la liste de Muratori l’incluent, Irénée la nomme, et P46, vers 200 apr. J.-C., en est la plus ancienne copie conservée.

- **1 Clément** (Vers 95–97 apr. J.-C. (datation discutée); Nommée explicitement): Écrite de Rome à Corinthe, elle invite les lecteurs à reprendre la lettre de Paul sur leurs partis de Paul, de Céphas et d’Apollos (1 Corinthiens 1:10–12). Les chapitres 37–38 et 49 s’appuient probablement sur 1 Corinthiens 12–13, même si l’image du corps était courante. Les datations proposées vont de 70 à 140 environ.
- Clement of Rome, The Epistle of S. Clement to the Corinthians (Lightfoot, Apostolic Fathers Part I, vol. 2) (J. B. Lightfoot, 1890), 1 Clem. 47.1-3: <https://www.earlychristianwritings.com/lightfoot/pt1vol2/translation1.html>

- **Ignace d’Antioche, Aux Éphésiens** (Vers 105–117 apr. J.-C. (datation discutée); Citation claire): Sans indication de citation, il reprend presque littéralement deux des trois questions de 1 Corinthiens 1:20 demandant où se trouve tel ou tel, à côté de la croix comme scandale et salut (1 Corinthiens 1:18–23) ; Eph. 16.1 fait écho à 1 Corinthiens 6:9–10. On le date généralement vers 105–117 ; Barnes (2008) propose les années 140 ; une minorité doute de l’authenticité.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot, 1891), Ign. Eph. 18.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, Aux Romains** (Vers 105–117 apr. J.-C. (datation discutée); Allusion probable): Ignace se présente comme indigne, le tout dernier et un être venu au monde hors du terme normal, expressions réunies en 1 Corinthiens 15:8–9. L’emprunt est probable, non certain : il les applique à sa place dans l’Église de Syrie. Rom. 5.1 reprend de même 1 Corinthiens 4:4.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Romans (J. B. Lightfoot, 1891), Ign. Rom. 9.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-romans-lightfoot.html>

- **Polycarpe, Aux Philippiens** (Vers 110–140 apr. J.-C. (datation discutée); Citation claire): Polycarpe attribue à Paul l’affirmation selon laquelle les saints jugeront le monde (1 Corinthiens 6:2), nommant l’apôtre mais pas la lettre. Le chapitre 11 ne subsiste qu’en traduction latine ; le passage grec 5.3 reprend sans attribution une partie de la liste de vices de 1 Corinthiens 6:9–10.
- Polycarp, Epistle of Polycarp to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. Phil. 11.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion, transmis par Tertullien** (Milieu du IIe siècle (témoignage du début du IIIe); Liste des lettres): Dans son examen de l’édition de Marcion, Tertullien traite 1 Corinthiens en deuxième position, après Galates, et accuse Marcion d’en avoir modifié le texte en 1 Corinthiens 15:45. Ce témoignage hostile a été écrit des décennies plus tard ; la part des changements de Marcion par rapport aux leçons héritées reste discutée.
- Tertullian, Against Marcion (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (P. Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.10: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Irénée, Contre les hérésies** (Vers 180 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Irénée nomme la lettre et cite 1 Corinthiens 10:1–12 en rapportant les propos d’un ancien anonyme qui avait appris auprès de personnes ayant vu les apôtres (4.27.1). On distingue mal ce qui, dans l’argument, appartient à cet ancien plutôt qu’à Irénée lui-même.
- Irenaeus, Against Heresies (Ante-Nicene Fathers vol. 1) (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), Haer. 4.27.3: <https://www.newadvent.org/fathers/0103427.htm>

- **Fragment de Muratori** (Vers 170–200 apr. J.-C. (certains proposent le IVe siècle); Liste des lettres): Il place à deux reprises les lettres aux Corinthiens en tête de celles que Paul a adressées aux Églises et mentionne deux lettres à Corinthe. La plupart le datent vers 170–200, puisqu’il présente Hermas comme récent ; Sundberg (1973) et Hahneman (1992) proposent le IVe siècle. Il subsiste dans une copie latine du VIIe ou du VIIIe siècle.
- Muratorian Fragment (Ante-Nicene Fathers vol. 5) (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian Fragment, section 3 (ANF 5 numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Papyrus 46 (P46)** (Vers 200 apr. J.-C. (fin du IIe ou début du IIIe siècle); Manuscrit): Le CSNTM le date vers 200, à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle. La datation repose uniquement sur l’écriture ; Kim (1988) proposait la fin du Ier siècle, avis rejeté par la plupart des chercheurs. 1 Corinthiens suit Romains et Hébreux ; les feuillets endommagés ont perdu quelques lignes.
- CSNTM manuscript record, Gregory-Aland P46, GA P46 (Dublin, CBL BP II): <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

### 2 Corinthiens

2 Corinthiens est attestée pour la première fois avec certitude dans la collection de Marcion (vers les années 140, connue par Tertullien), et nommée d’abord par Irénée (vers 180), puis par Clément d’Alexandrie et la liste de Muratori, de datation contestée. Polycarpe lui fait probablement écho ; Ignace et 1 Clément n’offrent au mieux que de faibles échos. Le papyrus 46, vers 200, est le plus ancien manuscrit.

- **1 Clément (Rome à Corinthe)** (Vers 96 (propositions de 80 à 100); Écho possible): L’image du miroir peut faire écho à 2 Corinthiens 3:18, même si 1 Corinthiens 13:12 est tout aussi proche. Clément ne nomme qu’une lettre paulinienne à Corinthe (47.1) ; certains y voient un signe que 2 Corinthiens n’était pas encore connue à Rome, d’autres le choix de la lettre pertinente.
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clem. 36.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, Aux Tralliens et Aux Philadelphiens** (Vers 110 (certains proposent 140 environ); Écho possible): Trall. 9.2, où le Père relèvera les croyants comme il a relevé Jésus, ressemble à 2 Corinthiens 4:14, mais autant à 1 Corinthiens 6:14 ; Phld. 6.3, sur le fait de ne peser sur personne, rappelle 2 Corinthiens 11:9, mais aussi 1 Thessaloniciens 2:9. Une dépendance envers 2 Corinthiens ne peut être établie.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Trallians (J. B. Lightfoot, 1891), Trall. 9.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-trallians-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140 (datation discutée); Allusion probable): Trois expressions forment un ensemble proche de 2 Corinthiens 4:14, où Dieu relèvera les croyants comme il a relevé Jésus, de 2 Corinthiens 6:7, sur les armes de la justice, et de 2 Corinthiens 8:21, sur une conduite honorable devant Dieu et les hommes. Chacune a ailleurs un parallèle (1 Corinthiens 6:14 ; Romains 6:13 ; Romains 12:17) : l’argument repose donc sur leur réunion.
- Polycarp, Epistle of Polycarp to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. Phil. 2.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion (selon Tertullien)** (Vers 140–150 ; témoignage vers 208; Liste des lettres): Tertullien parcourt le texte de 2 Corinthiens chez Marcion, troisième dans son ordre après Galates et 1 Corinthiens, et conteste sa ponctuation de 2 Corinthiens 4:4. C’est le plus ancien indice certain que la lettre circulait dans une collection paulinienne, mais il n’est connu que par des témoignages hostiles.
- Tertullian, Against Marcion (P. Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.11: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180; Nommée explicitement): Irénée nomme la deuxième lettre aux Corinthiens en répondant à des adversaires qui lisent 2 Corinthiens 4:4 comme la preuve d’un second dieu inférieur, verset dont Marcion avait, selon Tertullien, modifié la ponctuation. Les deux camps considéraient la lettre comme étant de Paul.
- Irenaeus, Against Heresies (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), Haer. 3.7.1: <https://www.newadvent.org/fathers/0103307.htm>

- **Fragment de Muratori** (Fin du IIe siècle, ou IVe siècle (datation contestée); Liste des lettres): La liste dit que Paul a écrit deux fois aux Corinthiens : elle connaît donc deux lettres à Corinthe. Si elle date de la fin du IIe siècle et provient de Rome, c’est une liste canonique ancienne ; si elle date du IVe siècle, comme l’ont soutenu A. C. Sundberg et G. M. Hahneman, elle ajoute peu de témoignages anciens.
- Muratorian Fragment (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3 (ANF 5:603): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 200; Nommée explicitement): Clément nomme la deuxième lettre aux Corinthiens et en cite de longs passages dans Strom. 4.21. Avec Irénée en Gaule et Tertullien à Carthage, cela montre que, vers 200, la lettre était lue comme une lettre de Paul dans l’ensemble de l’Église.
- Clement of Alexandria, Stromata (W. Wilson, 1885), Strom. 4.16: <https://www.newadvent.org/fathers/02104.htm>

- **Papyrus 46 (P46)** (Vers 200 (fin du IIe ou début du IIIe siècle); Manuscrit): Le plus ancien manuscrit de 2 Corinthiens appartient à un codex de lettres de Paul partagé entre Dublin (CBL BP II, 56 feuillets) et Ann Arbor (P.Mich. inv. 6238, 30 feuillets). Le CSNTM le date vers 200 ; la datation au Ier siècle proposée par Y. K. Kim en 1988 a recueilli peu d’adhésions.
- Manuscript P46, GA P46: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

### Galates

Le premier usage clair de Galates apparaît chez Polycarpe, qui cite Galates 6:7 (vers 110–140). Marcion, vers les années 140, l’aurait placée en tête de sa collection paulinienne. Irénée, vers 180, la nomme et identifie son voyage à Jérusalem à celui des Actes 15. P46, vers 200, est le plus ancien manuscrit. Les parallèles dans 1 Clément et chez Ignace sont des échos possibles, non des preuves.

- **1 Clément (Rome)** (Vers 96 (datation discutée); Écho possible): Elle appelle les apôtres persécutés, dont Pierre et Paul, les colonnes de l’Église, mot employé en Galates 2:9 pour Jacques, Céphas et Jean. Lightfoot remarquait que l’image était courante dans les écrits juifs : une dépendance est donc douteuse. La seule lettre paulinienne que Clément invoque explicitement est 1 Corinthiens (47.1).
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clement 5.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, Aux Philadelphiens** (Vers 110 (certains proposent les années 130–140); Écho possible): Il dit que l’évêque détient son ministère sans le tirer de lui-même ni des hommes. La formulation est proche du refus d’une origine humaine en Galates 1:1, mais elle décrit ici un évêque. Les avertissements d’Ignace contre le judaïsme (Aux Magnésiens 8.1, 10.3) sont des parallèles thématiques, non la preuve qu’il a lu Galates.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Philadelphians (J. B. Lightfoot, 1891), Philadelphians 1.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-philadelphians-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140; Citation claire): Il introduit la formulation caractéristique de Galates 6:7 par une formule signifiant que ses lecteurs le savent, qu’il emploie aussi pour 1 Timothée 6:7 (4.1). Un propos antérieur commun est possible, mais non attesté. Présenter la foi comme la mère de tous les croyants (3.3) fait probablement écho à Galates 4:26. Il nomme Paul, pas Galates.
- Polycarp, Epistle of Polycarp to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Philippians 5.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion, selon Tertullien** (Vers 140–150 (témoignage vers 208); Liste des lettres): La collection de dix lettres de Marcion n’est connue que par ses adversaires. Elle commençait apparemment par Galates, traitée en premier dans le livre 5 de Tertullien. Tertullien dit que Marcion a effacé les références à Abraham (5.3–4) ; certains pensent que son texte était simplement différent. Elle atteste davantage l’autorité de la lettre que son texte intégral.
- Tertullian, Against Marcion (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (P. Holmes, 1885), Against Marcion 4.3: <https://www.newadvent.org/fathers/03124.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180; Nommée explicitement): Il nomme la lettre aux Galates, cite son récit de la montée avec Barnabas et Tite et soutient que les années correspondent aux Actes 15. Cette identification reste discutée : beaucoup préfèrent le voyage de secours lors de la famine des Actes 11:30, et certains voient une tension réelle entre les récits.
- Irenaeus, Against Heresies (Ante-Nicene Fathers vol. 1) (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), Against Heresies 3.13.3: <https://www.newadvent.org/fathers/0103313.htm>

- **Fragment de Muratori** (Vers 170–200, ou IVe siècle (datation discutée); Liste des lettres): Il dit que Galates a été écrite pour interdire la circoncision et la cite de nouveau parmi sept Églises. Sa remarque sur Hermas suggère Rome vers 170–200, mais Sundberg et Hahneman proposent le IVe siècle. Il subsiste dans une copie latine du VIIe ou du VIIIe siècle.
- Muratorian Fragment (Ante-Nicene Fathers vol. 5, Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3: <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 200; Nommée explicitement): Il introduit Galates 4:19 comme un propos de Paul écrivant aux Galates (l’ANF imprime ce livre en latin). Les Stromates citent souvent Galates. Tertullien, à Carthage, la nomme aussi (La Prescription contre les hérétiques 6) : vers 200, des auteurs de plusieurs régions la citaient donc par son nom.
- Clement of Alexandria, The Stromata, or Miscellanies (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (W. Wilson, 1885), Stromata 3.15: <https://www.newadvent.org/fathers/02103.htm>

- **Papyrus 46 (P46)** (Vers 200 (d’après l’écriture); Manuscrit): Le plus ancien manuscrit de Galates est un codex paulinien, probablement d’Égypte, où Galates suit Éphésiens. Il est daté uniquement d’après l’écriture. Le CSNTM indique 200 environ et la Liste de l’INTF le début du IIIe siècle ; les propositions publiées vont de la fin du Ier siècle au IIIe.
- Center for the Study of New Testament Manuscripts, CSNTM manuscript record: P46, GA P46: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

### Éphésiens

Éphésiens était connue vers 110–140 apr. J.-C. : Polycarpe cite Éphésiens 4:26 dans un passage conservé seulement en latin, Ignace y fait probablement allusion, et 1 Clément en présente des échos possibles. Marcion l’intitulait Aux Laodicéens ; Irénée et Clément d’Alexandrie la nomment ; P46, vers 200, ne nomme aucune ville dans l’adresse. Cela montre une circulation sous le nom de Paul, non qu’il en est l’auteur, attribution que beaucoup de chercheurs contestent.

- **1 Clément (Église de Rome à Corinthe)** (Vers 95–97 apr. J.-C. (propositions de 70 à 140 environ); Écho possible): L’appel de Clément à un seul Dieu, un seul Christ, un seul Esprit et une seule vocation (46.6) ressemble à Éphésiens 4:4–6 ; sa prière pour que s’ouvrent les yeux du cœur (59.3) ressemble à Éphésiens 1:18. Un langage liturgique commun peut expliquer les deux ; une commission d’Oxford (1905) jugeait impossible d’établir une dépendance.
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clem. 46.6: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche** (Traditionnellement vers 105–117 apr. J.-C. ; certains proposent plus tard; Allusion probable): Sa salutation à Éphèse reprend le vocabulaire de bénédiction d’Éphésiens 1:3–12 ; À Polycarpe 5.1 fait écho à Éphésiens 5:25. Son affirmation selon laquelle Paul les mentionne dans chaque lettre (12.2) ne nomme aucune lettre. Une commission d’Oxford (1905) jugeait presque certain que ces échos ne sont pas fortuits ; von der Goltz doutait d’une dépendance.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot, 1891), Ign. Eph. inscription: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140 apr. J.-C.; Citation claire): Polycarpe associe deux propositions qui ne figurent ensemble qu’en Éphésiens 4:26 et les appelle Écritures ; son premier chapitre fait étroitement écho à Éphésiens 2:8–9. Le chapitre 12 ne subsiste qu’en latin, et la première proposition figure aussi dans les Psaumes grecs : cette désignation pourrait donc viser le Psaume.
- Polycarp of Smyrna, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. Phil. 12.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion (selon Tertullien)** (Milieu du IIe siècle, vers 138–161 apr. J.-C. ; témoignage vers 207–208; Nommée explicitement): La collection paulinienne remaniée de Marcion présentait cette lettre sous le titre Aux Laodicéens, peut-être déduit de Colossiens 4:16 ou d’une copie ne nommant aucune ville. Tertullien, témoin hostile, dit que la tradition de l’Église la nomme Éphésiens et accuse Marcion d’avoir supprimé des mots (5.17–18).
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.17.1: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180 apr. J.-C. (livre 3 écrit durant l’épiscopat d’Éleuthère à Rome); Nommée explicitement): Irénée nomme la lettre à plusieurs reprises, notamment en 5.8.1 et 5.14.3, et rapporte que des maîtres valentiniens citent ses paroles comme celles de Paul (1.8.4–5). Vers 180, lui et ses adversaires la considéraient donc comme étant de Paul ; cela montre son acceptation, non qui l’a écrite.
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 5.2.3: <https://www.newadvent.org/fathers/0103502.htm>

- **Fragment de Muratori** (Traditionnellement vers 170–200 apr. J.-C. ; certains proposent le IVe siècle; Liste des lettres): Il place Éphésiens en deuxième position parmi les lettres de Paul à sept Églises nommées. Beaucoup datent cette liste vers 170–200 en Occident ; Sundberg (1973) et Hahneman (1992) proposent une liste orientale du IVe siècle. Sa copie principale est un manuscrit latin du VIIIe siècle.
- Muratorian Fragment (Canon Muratorianus) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3 (ANF 5 numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 198–210 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Clément nomme la lettre et cite Éphésiens 5:21–29 avec la formule « il est écrit », puis passe à Colossiens. Maître alexandrin, il atteste une lecture faisant autorité en Égypte, comme Irénée le fait pour la Gaule.
- Clement of Alexandria, Stromata (William Wilson, 1885), Strom. 4.8: <https://www.newadvent.org/fathers/02104.htm>

- **Papyrus 46 (P46)** (Vers 200 apr. J.-C. (d’après l’écriture); Manuscrit): Le plus ancien manuscrit est un codex de papyrus des lettres de Paul, daté d’après l’écriture vers 200 apr. J.-C., avec une marge de plusieurs décennies. En Éphésiens 1:1, il ne nomme aucune ville, comme le Sinaiticus et le Vaticanus avant que des correcteurs ultérieurs ajoutent Éphèse.
- CSNTM manuscript record: GA P46, GA P46: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

### Philippiens

Philippiens est bien attestée à la fin du IIe siècle. Polycarpe, vers 110–140, rappelle aux Philippiens que Paul leur a écrit ; la collection de Marcion, vers les années 140, l’incluait ; une lettre de Lyon, vers 177, la cite ; Irénée et Clément d’Alexandrie la citent par son nom ; P46, vers 200, la conserve. Des échos dans 1 Clément et chez Ignace sont possibles, non démontrés.

- **1 Clément (Rome à Corinthe)** (Vers 95–100 (datation discutée); Écho possible): Le passage 21.1 associe l’idée d’une conduite digne au verbe grec désignant la conduite de la vie en citoyen, comme Philippiens 1:27, et l’expression sur le début de l’Évangile en 47.2 correspond à Philippiens 4:15. Les deux peuvent relever d’un langage chrétien commun ; Clément ne nomme que la lettre de Paul à Corinthe.
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clem. 21.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, lettres** (Vers 110 (datation discutée); Écho possible): Aux Philadelphiens 8.2 partage avec Philippiens 2:3 une expression grecque excluant toute rivalité ; Aux Smyrniotes 4.2, sur le fait de tout supporter grâce à la force donnée par le Christ, ressemble à Philippiens 4:13. Ignace ne nomme jamais Philippiens, et de telles expressions pouvaient circuler indépendamment : l’usage est donc possible, non démontré.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Philadelphians (J. B. Lightfoot, 1891), Phld. 8.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-philadelphians-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140; Nommée explicitement): Il dit aux Philippiens que Paul, absent, leur a écrit des lettres : le grec est au pluriel, mais Lightfoot traduit au singulier. Les chercheurs envisagent une seule lettre, plusieurs lettres ou une composition réunissant plusieurs textes dans Philippiens. Le passage 9.2 partage des formulations avec Philippiens 2:16 (voir Galates 2:2) ; 12.3, conservé uniquement en latin, peut faire écho à Philippiens 3:18.
- Polycarp, Epistle of Polycarp to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. Phil. 3.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion, selon Tertullien** (Vers les années 140 (témoignage du début du IIIe siècle); Liste des lettres): Le livre 5 argumente uniquement à partir des lettres pauliniennes acceptées par Marcion ; le chapitre 20 traite Philippiens et répond à l’affirmation marcionite, tirée de Philippiens 2:6–8, selon laquelle le Christ semblait seulement avoir un corps de chair. La collection de Marcion n’est connue que par des témoins hostiles : sa formulation exacte reste donc incertaine.
- Tertullian, Against Marcion (P. Holmes, 1885), Marc. 5.20: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Lettre des Églises de Vienne et de Lyon, chez Eusèbe** (Vers 177 (conservée par Eusèbe, début du IVe siècle); Citation claire): Elle décrit l’imitation du Christ par les martyrs avec les mots de Philippiens 2:6, cité sans nommer la lettre. La lettre des Églises de Gaule ne subsiste que dans les extraits d’Eusèbe : sa formulation nous parvient donc par lui.
- Eusebius of Caesarea, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Hist. eccl. 5.2.2: <https://www.newadvent.org/fathers/250105.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180–189; Nommée explicitement): Il introduit Philippiens 4:18, le don apporté par Épaphrodite, en précisant que Paul s’adresse aux Philippiens, pour en faire un modèle de l’offrande de l’Église. C’est l’une des plus anciennes citations conservées qui nomment les destinataires de la lettre.
- Irenaeus, Against Heresies (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), Haer. 4.18.4: <https://www.newadvent.org/fathers/0103418.htm>

- **Fragment de Muratori** (Fin du IIe siècle (datation discutée); Liste des lettres): Il place Philippiens en troisième position parmi les lettres de Paul à sept Églises, selon un schéma symbolique. Beaucoup situent la liste à Rome à la fin du IIe siècle ; Sundberg et Hahneman ont défendu une origine au IVe siècle. Elle subsiste dans un manuscrit latin du VIIe ou du VIIIe siècle.
- Muratorian Fragment (Ante-Nicene Fathers vol. 5), Pauline letter list: <https://www.earlychristianwritings.com/text/muratorian.html>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 200 (datation discutée); Nommée explicitement): Il cite Philippiens 1:28–2:2 et 2:20–21, paraphrase 2:17 et nomme les Philippiens comme destinataires de l’apôtre, montrant que la lettre était utilisée à Alexandrie vers 200.
- Clement of Alexandria, Stromata (W. Wilson, 1885), Strom. 4.13: <https://www.newadvent.org/fathers/02104.htm>

- **Papyrus 46 (Chester Beatty BP II et Michigan)** (Vers 200 (datation discutée); Manuscrit): Le plus ancien manuscrit conservé de Philippiens appartient à un codex des lettres de Paul partagé entre Dublin (Chester Beatty BP II) et Ann Arbor (P. Mich. inv. 6238). La plupart le datent autour de 200 ; la datation à la fin du Ier siècle proposée par Young Kyu Kim a recueilli peu d’adhésions.
- P46 manuscript record, Gregory-Aland P46: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

### Colossiens

Irénée, vers 180, est le premier auteur de datation sûre à nommer Colossiens. Auparavant, elle figurait dans la collection paulinienne de Marcion vers 150, comme le rapporte Tertullien, et des maîtres valentiniens la citaient comme étant de Paul. Ignace et Polycarpe peuvent lui faire écho, mais aucun des deux cas n’est certain. Le papyrus 46, vers 200, est la plus ancienne copie conservée. L’usage ancien ne règle pas la question de l’auteur.

- **Ignace d’Antioche, Aux Tralliens** (Vers 110 apr. J.-C. (datation discutée); Écho possible): Ignace rapproche les réalités visibles et invisibles des rangs angéliques, comme Colossiens 1:16, et Aux Smyrniotes 6.1 présente un parallèle. Des chrétiens ont pu partager cette manière de décrire les cieux sans l’emprunter à la lettre : ce n’est donc qu’un écho possible.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Trallians (J. B. Lightfoot, 1891), To the Trallians 5.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-trallians-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140 apr. J.-C.; Écho possible): L’appel à rester ferme dans la foi et inébranlable ressemble à Colossiens 1:23, mais 1 Corinthiens 15:58 est au moins aussi proche. Ce chapitre ne subsiste qu’en version latine : on ne peut donc pas comparer sa formulation grecque.
- Polycarp, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), To the Philippians 10.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion, selon Tertullien** (Vers 140–150 apr. J.-C. (témoignage vers 207–208); Liste des lettres): Tertullien répond à Marcion à partir des lettres de son édition et argumente ici à partir de sa version de Colossiens : la lettre figurait donc dans la collection paulinienne de Marcion dès le milieu du IIe siècle. La proximité de ce texte avec le nôtre reste discutée.
- Tertullian, Against Marcion, Book 5 (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), Against Marcion 5.19: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Maîtres valentiniens, selon Irénée** (Avant 180 apr. J.-C. environ; Citation claire): Irénée rapporte que des maîtres valentiniens citent Paul en des termes proches de Colossiens 3:11 et de Colossiens 2:9 pour montrer que le Sauveur provient de tous les Éons. Des lecteurs extérieurs aux principales Églises considéraient donc déjà les mots de la lettre comme ceux de Paul avant 180 environ.
- Irenaeus, Against Heresies, Book 1 (Ante-Nicene Fathers vol. 1) (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Against Heresies 1.3.4: <https://www.newadvent.org/fathers/0103103.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180–189 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Irénée nomme l’épître aux Colossiens et cite la salutation de Luc en Colossiens 4:14 pour montrer que Luc est resté proche de Paul. Il nomme encore la lettre ailleurs, notamment dans Contre les hérésies 5.14.2.
- Irenaeus, Against Heresies, Book 3 (Ante-Nicene Fathers vol. 1) (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Against Heresies 3.14.1: <https://www.newadvent.org/fathers/0103314.htm>

- **Fragment de Muratori** (Fin du IIe siècle, ou IVe siècle (datation discutée); Liste des lettres): La liste place Colossiens en quatrième position parmi les lettres de Paul à sept Églises. La plupart des chercheurs la datent vers 170–200, et une minorité au IVe siècle. Son texte intégral ne subsiste que dans un manuscrit latin du VIIe ou du VIIIe siècle.
- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus (Ante-Nicene Fathers vol. 5) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3 (ANF numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 200 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Clément nomme la lettre écrite aux Colossiens et en cite plusieurs passages, dont Colossiens 1:9–11 et Colossiens 1:25–27, sur un mystère révélé aux croyants parvenus à maturité. Les chrétiens d’Alexandrie la lisaient comme une lettre de Paul vers 200.
- Clement of Alexandria, Stromata, Book 5 (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Stromata 5.10: <https://www.newadvent.org/fathers/02105.htm>

- **Papyrus 46 (Gregory-Aland P46)** (Vers 200 apr. J.-C. (datation discutée); Manuscrit): Dans ce codex des lettres de Paul, Philippiens est immédiatement suivie de Colossiens, puis de 1 Thessaloniciens. Le CSNTM le date vers 200. La plupart des datations paléographiques se situent entre 175 et 250 environ ; une proposition au Ier siècle a recueilli peu d’adhésions.
- Center for the Study of New Testament Manuscripts, CSNTM manuscript record: GA P46, GA P46 (CSNTM images 134471, Philippians 4 to Colossians 1; 134835, Colossians 4 to 1 Thessalonians 1): <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

### 1 Thessaloniciens

Irénée, écrivant vers 180–189, est le premier auteur chrétien de datation sûre à nommer 1 Thessaloniciens, dont il cite la prière pour l’esprit, l’âme et le corps. La réfutation ultérieure de Tertullien montre que la collection paulinienne de Marcion la contenait déjà dans les années 140. Ignace et Polycarpe n’offrent que des échos possibles. Clément d’Alexandrie la cite clairement. Le papyrus 46, vers 200, conserve des parties des chapitres 1–2.

- **Ignace d’Antioche** (Vers 110 (certains proposent 140 environ); Écho possible): Il invite les Éphésiens à prier sans cesse pour ceux du dehors, consigne de 1 Thessaloniciens 5:17 ; dans Aux Romains 2.1, il oppose le fait de plaire aux hommes à celui de plaire à Dieu, comme 1 Thessaloniciens 2:4. Des formulations proches en Romains 1:9 et Galates 1:10 rendent une dépendance possible, non démontrée.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot, 1891), Ign. Eph. 10.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne** (Vers 110–140; Écho possible): Lightfoot traduit la phrase comme un appel à s’abstenir de tout mal ; la version ANF emploie la formulation de 1 Thessaloniciens 5:22. Le chapitre ne subsiste qu’en latin et cette maxime relève d’un enseignement moral courant : c’est donc au plus un écho ; 11.2 cite 1 Corinthiens comme étant de Paul.
- Polycarp of Smyrna, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. Phil. 11.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion (selon Tertullien)** (Vers 140–150 (témoignage vers 207–212); Liste des lettres): Tertullien répond à l’édition paulinienne de Marcion lettre après lettre et reproche aux hérétiques d’avoir ajouté un possessif signifiant les leurs en 1 Thessaloniciens 2:15 : l’Apostolikon de Marcion contenait donc cette lettre. Le témoignage est indirect : le texte de Marcion ne subsiste que dans des comptes rendus hostiles, écrits ici vers 207–212.
- Tertullian, Against Marcion, Book V (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.15 (on 1 Thessalonians 2:15): <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Irénée de Lyon** (Vers 180–189; Nommée explicitement): Il nomme la première épître aux Thessaloniciens et cite 1 Thessaloniciens 5:23 comme les paroles de l’apôtre, soutenant que le salut comprend le corps. Il nomme la seconde dans Contre les hérésies 3.7.2. C’est la plus ancienne mention explicite par un auteur chrétien dont la date soit sûre.
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies, Book V (Ante-Nicene Fathers vol. 1) (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Adv. Haer. 5.6.1: <https://www.newadvent.org/fathers/0103506.htm>

- **Fragment de Muratori** (Vers 170–200, ou IVe siècle (datation discutée); Liste des lettres): Il place les lettres aux Thessaloniciens en sixième position parmi les lettres de Paul à sept Églises et dit qu’il a écrit deux fois aux Corinthiens et aux Thessaloniciens. Généralement daté vers 170–200 et situé à Rome ; certains, notamment Hahneman (1992), proposent le IVe siècle.
- Anonymous, Muratorian Fragment (Canon Muratorianus) (S. D. F. Salmond, 1886), §3 in ANF numbering (Paul's letters): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Papyrus 46 (GA P46)** (Vers 200 (IIe–IIIe siècle); Manuscrit): Les images du folio 94 du CSNTM montrent Colossiens 4:16–18, suivie de 1 Thessaloniciens 1:1 et 1:9–2:3. Le CSNTM date le codex vers 200, la Chester Beatty Library au IIIe siècle ; une proposition de datation au Ier siècle a recueilli peu d’adhésions.
- Center for the Study of New Testament Manuscripts, Manuscript record: GA P46 (Chester Beatty Biblical Papyrus II), GA P46, images P46_094a and P46_094b (Dublin, Chester Beatty Library, CBL BP II; 2nd-3rd century): <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P46>

- **Clément d’Alexandrie** (Vers 200; Citation claire): Il cite longuement 1 Thessaloniciens 4:3–8 comme les paroles du divin apôtre en répondant à Basilide ; ailleurs dans les Stromates (1.11, 6.13), il cite 1 Thessaloniciens 5:21 et 4:17 comme venant de l’apôtre. L’usage est clair et fait autorité, même si ces passages ne nomment pas la lettre.
- Clement of Alexandria, Stromata, Book IV (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Strom. 4.12 (against Basilides): <https://www.newadvent.org/fathers/02104.htm>

- **Tertullien** (Vers 207–212; Citation claire): Il parcourt la lettre contre Marcion, citant ou paraphrasant 1 Thessaloniciens 2:15, 4:3–5, 4:15–17, 5:19–20 et 5:23 ; comme Irénée, il utilise la prière pour l’esprit, l’âme et le corps afin de défendre le salut du corps. Le passage ne nomme pas la lettre.
- Tertullian, Against Marcion, Book V (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.15 (on 1 Thessalonians 5:23): <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

### 2 Thessaloniciens

Polycarpe, vers 110–140, a probablement utilisé 2 Thessaloniciens : écrivant à Philippes, il rappelle l’éloge que la lettre fait des Thessaloniciens. L’édition de Marcion, au milieu du IIe siècle, l’incluait. Irénée, vers 180, est le plus ancien auteur conservé à la nommer ; la liste de Muratori la compte. Ignace n’offre qu’un écho possible. P30, papyrus du IIIe siècle, est l’une de ses plus anciennes copies. L’usage ancien ne tranche pas la question de l’auteur.

- **Ignace d’Antioche, Aux Romains** (Vers 105–117 (certains proposent les années 140); Écho possible): Le grec d’Ignace parle littéralement de la persévérance de Jésus Christ, proche de la formulation de 2 Thessaloniciens 3:5. Apocalypse 1:9 emploie un langage semblable : il peut donc s’agir d’un langage commun. La commission d’Oxford de 1905 classait ce rapprochement en catégorie d, trop incertain pour qu’on s’y fie.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Romans (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Ign. Rom. 10.3: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-romans-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140; Allusion probable): Écrivant à Philippes, Polycarpe dit que Paul fait l’éloge de ses lecteurs dans toutes les Églises. La formulation la plus proche se trouve en 2 Thessaloniciens 1:4, adressée à une autre Église de Macédoine ; il a pu se souvenir imparfaitement du texte ou généraliser les éloges de Paul envers Philippes. Le passage subsiste seulement en latin. La commission d’Oxford de 1905 jugeait l’usage très probable.
- Polycarp of Smyrna, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. Phil. 11.3: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140; Écho possible): Polycarpe invite les Philippiens à ne pas traiter l’ancien presbytre Valens et sa femme en ennemis, ce qui est proche de 2 Thessaloniciens 3:15, mais à les rétablir, ce qui est plus proche de Galates 6:1. Une pratique ecclésiale courante pourrait l’expliquer. La commission d’Oxford de 1905 le classait plus bas, en catégorie c. Le passage subsiste seulement en latin.
- Polycarp of Smyrna, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. Phil. 11.4: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion, selon Tertullien** (Vers 138–161 (Marcion, selon Tertullien) ; témoignage vers 207 ou plus tard; Liste des lettres): Tertullien accuse Marcion d’avoir effacé le feu du jugement en 2 Thessaloniciens 1:7–8 : la lettre figurait donc dans son Apostolikon de dix lettres ; Tertullien la traite juste après 1 Thessaloniciens. Le témoignage est hostile et date d’environ 207 ou plus tard.
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.16: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Fragment de Muratori** (Vers 170–200 (minorité : IVe siècle); Liste des lettres): Après avoir nommé sept Églises auxquelles Paul a écrit, il ajoute qu’il a écrit deux fois aux Corinthiens et aux Thessaloniciens : il compte donc deux lettres aux Thessaloniciens. Sa remarque selon laquelle Hermas a écrit très récemment appuie une datation vers 170–200 ; Sundberg (1973) et Hahneman (1992) proposent le IVe siècle.
- Muratorian Fragment (Canon Muratorianus) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3 (ANF 5 numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180; Nommée explicitement): Irénée nomme la deuxième lettre aux Thessaloniciens et cite 2 Thessaloniciens 2:8–9 comme un texte de Paul en discutant son ordre des mots ; Haer. 5.25.1 et 5.25.3 nomment de nouveau la lettre à propos de l’Antéchrist. C’est la plus ancienne mention conservée par un auteur connu.
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Haer. 3.7.2: <https://www.newadvent.org/fathers/0103307.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 200; Citation claire): Clément cite précisément 2 Thessaloniciens 3:1–2 juste après avoir cité 1 Corinthiens 8:7 comme un propos de l’apôtre, dans une série de textes sur le petit nombre de ceux qui ont la foi. Il ne nomme pas ici la lettre.
- Clement of Alexandria, Stromata, Book V (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Strom. 5.3: <https://www.newadvent.org/fathers/02105.htm>

- **Papyrus 30 (P. Oxy. 1598)** (IIIe siècle (premiers éditeurs : fin du IIIe ou IVe siècle); Manuscrit): Codex de papyrus d’Oxyrhynque, aujourd’hui à Gand. Les premiers éditeurs y lisaient 1 Thessaloniciens 4:12 jusqu’à 2 Thessaloniciens 1:2, avec des lacunes : 2 Thessaloniciens suivait donc 1 Thessaloniciens ; les numéros de page 207–208 suggèrent une collection paulinienne. Ils le dataient de la fin du IIIe ou du IVe siècle, probablement de la fin du IIIe.
- Center for the Study of New Testament Manuscripts, CSNTM manuscript record: P30, GA P30: <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P30>

### 1 Timothée

Un usage clair et attribué de 1 Timothée apparaît à partir de 180 apr. J.-C. environ chez Irénée, puis chez Clément d’Alexandrie, Tertullien et dans la liste de Muratori, si elle date du IIe siècle. Polycarpe, vers 110–140, s’en inspire probablement ; 1 Clément et Ignace n’offrent que des échos possibles. Tertullien dit que l’édition de Marcion du milieu du IIe siècle ne la contenait pas. La plus ancienne copie connue est P133, fragment de papyrus du IIIe siècle.

- **1 Clément (lettre de l’Église de Rome à Corinthe)** (Généralement vers 95–97 apr. J.-C. (propositions allant de 70 à 140 environ); Écho possible): Une prière pour les dirigeants appelle Dieu Roi des siècles, titre grec de 1 Timothée 1:17, proche des thèmes de 1 Timothée 2:1–3. Ce langage était traditionnel dans la prière juive, et beaucoup datent 1 Timothée après 1 Clément : une dépendance ne peut donc être établie.
- Clement of Rome (traditional attribution), 1 Clement (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clem. 61.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, Lettre à Polycarpe** (Traditionnellement vers 105–117 apr. J.-C. ; certains proposent les années 140; Écho possible): Il met en garde contre ceux qui enseignent une doctrine étrangère : un rare verbe grec, présent dans le Nouveau Testament seulement en 1 Timothée 1:3 et 6:3 ; Aux Magnésiens 8.1 ajoute des fables vieillies. Un vocabulaire commun contre les hérésies pourrait l’expliquer sans dépendance littéraire.
- Ignatius of Antioch, Epistle to Polycarp (J. B. Lightfoot, 1891), Pol. 3.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-polycarp-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Lettre aux Philippiens** (Vers 110–140 apr. J.-C.; Allusion probable): Deux propos sur l’argent suivent 1 Timothée 6:10 et 6:7 en ordre inverse, le second étant introduit comme un enseignement connu. Beaucoup de chercheurs en déduisent une dépendance, même si les deux propos avaient des parallèles proverbiaux ; von Campenhausen (1951) a même proposé que Polycarpe ait écrit les lettres pastorales.
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Phil. 4.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Fragment de Muratori (liste latine des livres du Nouveau Testament)** (Généralement vers 170–200 apr. J.-C. ; une minorité propose le IVe siècle; Liste des lettres): Il compte deux lettres à Timothée parmi celles de Paul : lettres personnelles que l’Église universelle tient néanmoins pour sacrées et utilise pour son organisation. Cela montre leur réception, non qui les a écrites ; le texte subsiste surtout dans un manuscrit latin datant approximativement du VIIIe siècle.
- Anonymous (Muratorian Fragment), Canon Muratorianus, in Ante-Nicene Fathers vol. 5 (printed among the Fragments of Caius) (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus 3, on Philemon, Titus and Timothy (ANF 5:603): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Il commence en citant 1 Timothée 1:4 comme un propos de l’apôtre ; il désigne sa cible à l’aide de l’expression sur la connaissance faussement ainsi nommée (1 Timothée 6:20 ; préface du livre 2) ; il dit que Paul mentionne Linus dans les épîtres à Timothée (3.3.3). Cela atteste l’attribution à Paul vers 180, non qu’il en est l’auteur.
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), AH 1, preface 1: <https://www.newadvent.org/fathers/0103100.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates (Mélanges)** (Vers 195–210 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Il cite 1 Timothée 6:20–21 comme un propos de l’apôtre à Timothée, puis rapporte que des hérétiques, réfutés par ce propos, rejettent les épîtres à Timothée. Vers 200, les lettres étaient reçues à Alexandrie, mais contestées par certains groupes hérétiques.
- Clement of Alexandria, Stromata, Book II (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Strom. 2.11: <https://www.newadvent.org/fathers/02102.htm>

- **Papyrus 133 (P.Oxy. LXXXI 5259)** (IIIe siècle (datation d’après l’écriture); Manuscrit): Fragments d’un feuillet de papyrus d’Oxyrhynque contenant des parties de 1 Timothée 3:13–4:8, publiés en 2016 : c’est la plus ancienne copie connue. Les feuillets conservés de P46, vers 200, s’arrêtent avant les lettres pastorales ; le plus ancien texte intégral figure dans le Codex Sinaiticus, du IVe siècle.
- Institut für Neutestamentliche Textforschung, Münster, Kurzgefasste Liste (NTVMR), P133, Gregory-Aland P133 (INTF docID 10133): <https://ntvmr.uni-muenster.de/community/vmr/api/metadata/liste/search/?docID=10133&detail=page>

- **Tertullien sur l’édition paulinienne de Marcion** (Vers 207–212 apr. J.-C. (sur Marcion, actif vers 138–161); Nommée explicitement): Il dit que l’édition paulinienne de Marcion, au milieu du IIe siècle, conservait Philémon, mais rejetait les deux lettres à Timothée et celle à Tite. Certains y voient une raison dans l’approbation du mariage, des aliments et de la Loi en 1 Timothée (1 Timothée 1:8 ; 4:3–4) ; d’autres pensent que Marcion ne les a jamais possédées ou qu’elles lui sont postérieures.
- Tertullian, Against Marcion (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), 5.21: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

### 2 Timothée

Irénée, vers 180, est le premier auteur de datation sûre à citer 2 Timothée comme une lettre de Paul, en nommant les épîtres à Timothée ; Clément d’Alexandrie, Tertullien et la liste de Muratori suivent. Polycarpe y fait probablement allusion plus tôt ; Ignace et 1 Clément n’offrent que des échos possibles. L’édition de Marcion ne la contenait pas. Le Codex Sinaiticus, du IVe siècle, est le plus ancien manuscrit ; aucun papyrus antérieur n’est conservé.

- **1 Clément** (Généralement datée vers 95–97 apr. J.-C.; Écho possible): Clément dit que Dieu protège ceux qui le servent avec une conscience pure, formulation proche de 2 Timothée 1:3. L’expression est brève et revient en 1 Timothée 3:9 ; beaucoup de chercheurs datent 2 Timothée après 1 Clément : une dépendance dans un sens ou dans l’autre n’est donc pas démontrée.
- Church of Rome (traditionally Clement of Rome), First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clement 45:7: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, Aux Smyrniotes** (Vers 110 apr. J.-C. (certains proposent plus tard, jusqu’à 140 environ); Écho possible): Ignace remercie les Smyrniotes de ne pas avoir eu honte de ses liens et présente le Christ comme la fidélité parfaite, ce qui ressemble à 2 Timothée 1:16 et 2:13 ; À Polycarpe 6:2 ressemble à 2 Timothée 2:4. Des images communes du prisonnier et du soldat, ainsi que Luc 9:26, peuvent expliquer la ressemblance.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Smyrnaeans (J. B. Lightfoot, 1891), Ignatius, To the Smyrnaeans 10:2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-smyrnaeans-lightfoot.html>

- **Polycarpe, Aux Philippiens** (Vers 110–140 apr. J.-C.; Allusion probable): Polycarpe dit qu’Ignace, Paul et d’autres n’ont pas aimé le monde présent, inversant 2 Timothée 4:10 à propos de Démas ; 5:2, sur le fait de régner avec lui, ressemble à 2 Timothée 2:12. La formulation est caractéristique, mais brève. Von Campenhausen (1951) soutenait que Polycarpe avait lui-même écrit les lettres pastorales ; peu de chercheurs l’acceptent.
- Polycarp of Smyrna, Letter to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Polycarp, To the Philippians 9:2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Irénée, Contre les hérésies** (Vers 180–189 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Linus n’apparaît dans le Nouveau Testament qu’en 2 Timothée 4:21. En 3.14.1, Irénée cite 2 Timothée 4:10–11 comme les propres paroles de Paul pour montrer que Luc est resté avec lui. Il cite la lettre sans argumentation, comme un écrit reçu.
- Irenaeus of Lyons, Against Heresies (Alexander Roberts and William Rambaut, 1885), Against Heresies 3.3.3: <https://www.newadvent.org/fathers/0103303.htm>

- **Fragment de Muratori** (Généralement vers 170–200 apr. J.-C. ; certains proposent le IVe siècle; Liste des lettres): Il compte une lettre à Tite et deux à Timothée parmi celles de Paul, personnelles à l’origine, mais honorées pour l’organisation de l’Église. On le situe généralement à Rome vers 170–200 ; Sundberg et Hahneman défendaient une date au IVe siècle, ce qui en ferait un témoin plus tardif.
- Anonymous, Muratorian Fragment (Canon Muratorianus) (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian Fragment, sec. 3 (ANF 5 numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 200 apr. J.-C.; Nommée explicitement): Après avoir cité 1 Timothée 6:20, Clément dit que des hérétiques rejettent les épîtres à Timothée. Il cite 2 Timothée 2:1–2 comme un texte de Paul (Stromates 1.1) et 2 Timothée 1:7–8 comme adressé à Timothée (4.7). Il ne nomme pas les hérétiques.
- Clement of Alexandria, Stromata, Book II (Ante-Nicene Fathers vol. 2) (William Wilson, 1885), Stromata 2.11: <https://www.newadvent.org/fathers/02102.htm>

- **Tertullien, Contre Marcion (sur l’Apostolikon de Marcion)** (Vers 207–212 apr. J.-C., à propos de l’édition de Marcion des années 140; Nommée explicitement): L’Apostolikon de dix lettres de Marcion, vers les années 140, ne contenait pas les deux lettres à Timothée ni celle à Tite. Tertullien dit que Marcion les a rejetées ; d’autres pensent qu’il ne les connaissait pas ou qu’elles n’étaient pas encore écrites. Tertullien lui-même cite 2 Timothée 1:14 comme un texte de Paul (La Prescription 25).
- Tertullian, Against Marcion (Ante-Nicene Fathers vol. 3) (Peter Holmes, 1885), Against Marcion 5.21: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Codex Sinaiticus (Gregory-Aland 01)** (IVe siècle; Manuscrit): C’est le plus ancien manuscrit connu de 2 Timothée, qui commence au folio 295b de la British Library. Aucun papyrus antérieur n’est conservé. Les feuillets subsistants de P46, du début du IIIe siècle, ne contiennent pas les lettres pastorales ; la présence de celles-ci dans ses feuillets perdus reste discutée. Le Vaticanus s’interrompt en Hébreux 9:14.
- Codex Sinaiticus Project, Codex Sinaiticus: See the Manuscript (2 Timothy 1:1), Folio 295b (quire 86, folio 3v): 1 Timothy 6:9-21 and 2 Timothy 1:1-15, scribe A: <https://codexsinaiticus.org/en/manuscript.aspx?book=48&chapter=1&lid=en&side=r&verse=1&zoomSlider=0>

### Tite

Tite est attestée avec certitude à partir de 180 apr. J.-C. environ : Irénée la cite comme une lettre de Paul, Clément d’Alexandrie la nomme, et la liste de Muratori l’inclut, si cette liste date du IIe siècle. Les rapprochements antérieurs dans 1 Clément, chez Ignace et chez Polycarpe ne sont que des échos possibles. Tertullien rapporte que la collection de Marcion des années 140 ne la contenait pas ; son plus ancien manuscrit, P32, est daté vers 200–300 apr. J.-C. d’après l’écriture.

- **1 Clément (Clément de Rome)** (Vers 96 apr. J.-C. (la plupart proposent 90–100); Écho possible): Son expression sur la disponibilité pour toute œuvre bonne (2.7) correspond à Tite 3:1 ; 1.3 s’adresse aux groupes de Tite 2 : hommes âgés, jeunes gens, femmes aimant leur mari et administrant leur maison. Mais 2 Timothée 2:21 est semblable, et l’enseignement sur la vie domestique était courant : une tradition commune peut donc expliquer les deux.
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clement 2.7: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

- **Ignace d’Antioche, Aux Magnésiens** (Vers 105–117 apr. J.-C. (certains proposent plus tard); Écho possible): Il met en garde contre des fables vieillies et inutiles, liées à une vie selon le judaïsme, rappelant Tite 1:14 et 3:9. Mais les fables figurent aussi dans 1 Timothée, les doctrines étrangères en Hébreux 13:9, et la polémique contre la judaïsation était répandue : rien n’est assez caractéristique pour prouver un usage.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Magnesians (J. B. Lightfoot, 1891), Magnesians 8.1: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-magnesians-lightfoot.html>

- **Polycarpe de Smyrne, Aux Philippiens** (Vers 110–140 apr. J.-C.; Écho possible): Il utilise probablement 1 Timothée (4.1). Sa consigne aux femmes (4.2) ressemble à Tite 2:4–5, mais fait écho à l’expression de 1 Clément 1.3 sur l’amour de leur propre mari : une dépendance envers Clément ou un enseignement courant est donc plus probable. Campenhausen (1951) a même proposé que Polycarpe ait écrit les lettres pastorales ; peu le suivent.
- Polycarp, Epistle to the Philippians (J. B. Lightfoot, 1891), Philippians 4.2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/polycarp-lightfoot.html>

- **Irénée de Lyon, Contre les hérésies** (Vers 180 apr. J.-C. (livre 3 écrit sous l’évêque Éleuthère); Nommée explicitement): Il cite Tite 3:10–11 comme les paroles de Paul juste après le récit où Polycarpe repousse Marcion ; 1.16.3 cite de nouveau la consigne de Paul d’éviter les hérétiques après deux avertissements. Parmi les premières attributions datables à Paul, ce témoignage montre la réception de la lettre, non qui l’a écrite.
- Irenaeus, Against Heresies (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), Against Heresies 3.3.4: <https://www.newadvent.org/fathers/0103303.htm>

- **Fragment de Muratori** (Fin du IIe siècle, ou IVe siècle (datation discutée); Liste des lettres): Il cite Tite avec Philémon, 1 Timothée et 2 Timothée parmi les lettres personnelles honorées pour la discipline de l’Église. La copie latine date du VIIe–VIIIe siècle ; beaucoup datent l’original de la fin du IIe siècle, mais Sundberg (1973) et Hahneman (1992) proposent le IVe.
- Muratorian Fragment (Ante-Nicene Fathers vol. 5) (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian fragment §3 (ANF numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Clément d’Alexandrie, Stromates** (Vers 198–203 apr. J.-C. (après 192 apr. J.-C.); Nommée explicitement): Il nomme l’épître à Tite et cite Tite 1:12–13 comme un passage où Paul cite le prophète crétois Épiménide ; Stromates 1.8 cite aussi Tite 1:10. Le texte a été écrit après la mort de Commode en 192, où s’arrête la chronologie du livre 1.
- Clement of Alexandria, Stromata (W. Wilson, 1885), Stromata 1.14: <https://www.newadvent.org/fathers/02101.htm>

- **Tertullien sur l’Apostolikon de Marcion** (Vers 207–212 apr. J.-C., à propos de la collection de Marcion des années 140; Nommée explicitement): Il rapporte que l’Apostolikon de Marcion, vers les années 140, omettait 1 Timothée, 2 Timothée et Tite, et dit qu’il les a rejetées. D’autres soutiennent que Marcion n’a jamais connu les lettres pastorales ou qu’elles ont été écrites plus tard, selon certains en partie contre lui ; Tertullien lui-même considère Tite comme une lettre de Paul.
- Tertullian, Against Marcion (P. Holmes, 1885), Against Marcion 5.21: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Papyrus 32 (P32)** (Vers 200 apr. J.-C. ou plus tard au IIIe siècle (d’après l’écriture); Manuscrit): Il conserve Tite 1:11–15 et 2:3–8 sur un feuillet de codex daté uniquement d’après l’écriture : IIIe siècle (Hunt 1911), vers 200 (CSNTM). Gathergood (2013) soutient qu’au moins un texte précédait Tite dans le codex. Les feuillets conservés de P46 ne contiennent pas les lettres pastorales.
- Center for the Study of New Testament Manuscripts, Manuscript P32 (CSNTM digital manuscript collection), GA P32 (Manchester, John Rylands University Library, Gr. P. 5): <https://manuscripts.csntm.org/Manuscript/Group/GA_P32>

### Philémon

La première attestation solide de Philémon se trouve dans la collection paulinienne de Marcion, vers 140–160, rapportée par Tertullien. La liste de Muratori la nomme comme une lettre de Paul ; Tertullien la traite ainsi. Ignace pourrait lui faire un faible écho. Aucune citation claire n’est connue dans 1 Clément, chez Polycarpe, Justin, Irénée ou Clément d’Alexandrie, peut-être à cause de sa brièveté. Le plus ancien manuscrit, P87, date du IIIe siècle.

- **Ignace d’Antioche, Aux Éphésiens** (Vers 110 ; certains proposent plus tard; Écho possible): Juste après avoir nommé l’évêque Onésime, Ignace exprime le souhait de trouver sa joie dans ses destinataires, avec le verbe de Philémon 1:20, unique dans le Nouveau Testament. Pourtant, il répète ce souhait ailleurs, ce nom d’esclave était courant, et l’identification des deux hommes proposée par John Knox n’est pas démontrée.
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot and J. R. Harmer, 1891), Ign. Eph. 2.1-2: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>

- **Apostolikon de Marcion, selon Tertullien** (Vers 140–160 ; témoignage vers 208; Liste des lettres): Premier témoignage solide : la collection de dix lettres de Paul de Marcion incluait Philémon. Le témoignage vient d’un adversaire quelque soixante ans plus tard ; Épiphane, au IVe siècle, la mentionne aussi. Tertullien dit que sa brièveté l’a préservée des remaniements de Marcion.
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21.1 (Marcion's Apostolicon): <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

- **Fragment de Muratori** (Vers 170–200, ou IVe siècle; Liste des lettres): Il cite Philémon avec Tite, 1 Timothée et 2 Timothée comme des lettres à des personnes, écrites par affection personnelle, mais honorées par l’Église. La plupart le datent vers 170–200, probablement à Rome ; A. C. Sundberg (1973) et G. M. Hahneman (1992) proposent le IVe siècle.
- Anonymous (Muratorian Fragment), Muratorian Fragment (Canon Muratorianus) (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian Fragment, sec. 3 (ANF 5 numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

- **Papyrus 87 (Gregory-Aland P87)** (IIIe siècle; Manuscrit): La plus ancienne copie conservée est un fragment d’un feuillet de codex, avec des parties de Philémon 1:13–15 d’un côté et de Philémon 1:24–25 de l’autre, daté au IIIe siècle d’après l’écriture. Les feuillets conservés de P46 ne contiennent pas Philémon ; les copies complètes commencent avec des codex du IVe siècle, comme le Sinaiticus.
- Center for the Study of New Testament Manuscripts, CSNTM manuscript catalogue: GA P87, GA P87 (3rd century; Köln, Institut für Altertumskunde, Inv. Nr. 12): <https://manuscripts.csntm.org/manuscript/View/GA_P87>

- **Tertullien, Contre Marcion** (Vers 207–212; Nommée explicitement): Dans un chapitre intitulé Sur l’épître à Philémon dans les éditions modernes, Tertullien traite la lettre comme celle de Paul à un seul homme, mais ne cite aucun verset. Irénée et Clément d’Alexandrie ne la citent jamais : il en est donc le premier témoin de datation sûre issu du courant principal de l’Église.
- Tertullian, Against Marcion (Peter Holmes, 1885), Adv. Marc. 5.21.1 (Philemon's brevity): <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

## Questions fréquentes

### Un auteur romain ou juif mentionne-t-il Paul ?

Aucun auteur non chrétien du Ier siècle dont l’œuvre nous est parvenue ne nomme Paul. Josèphe, Suétone et Tacite décrivent des personnes et des événements de son entourage — Félix, Festus, le souverain sacrificateur Ananias, la mesure de Claude contre les Juifs à Rome, la persécution de Néron —, ce qui permet de confronter les Actes à des récits indépendants de leur cadre.

### Quel est le témoignage extérieur le plus solide pour la chronologie de la vie de Paul ?

L’inscription de Gallion à Delphes. Elle date le mandat de Gallion comme proconsul d’Achaïe vers 51–52 apr. J.-C., et les Actes placent Paul devant lui à Corinthe. La plupart des reconstitutions de la chronologie de Paul sont élaborées à partir de ce seul point fixe.

### Qui cite le premier les lettres de Paul ?

La Première épître de Clément, écrite de Rome à Corinthe vers 96 apr. J.-C., invite ses lecteurs à reprendre la lettre que Paul leur a écrite au sujet des factions, et elle fait écho à l’épître aux Romains. Au début du IIe siècle, Ignace et Polycarpe connaissent plusieurs lettres. La collection de Marcion, vers 140 apr. J.-C., est la première liste connue.


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Canonique: https://paulineletters.com/fr/explore/evidence
