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title: "Les Actes et les lettres de Paul, point par point"
canonical: "https://paulineletters.com/fr/explore/acts-and-letters"
published: "2026-10-23"
updated: "2026-10-23"
language: "fr"
license: "https://paulineletters.com/fr/explore/license"
source: "Lettres de Paul · Pauline Letters"
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# Les Actes et les lettres de Paul, point par point

> Les Actes et les lettres ont été écrits dans des buts différents, si bien que leurs recoupements sont inégaux : là où ils s’accordent sans se copier, ils se corroborent, et là où ils divergent, la différence doit être expliquée plutôt qu’aplanie.

**Les Actes et les lettres de Paul s’accordent-ils sur la vie de Paul ?**

Pour l’essentiel, et souvent de manière incidente. Ils ont en commun des compagnons, des villes, des itinéraires et la collecte pour Jérusalem, parfois dans des détails qu’aucun ne semble avoir empruntés à l’autre. Ils divergent aussi, surtout au sujet des visites de Paul à Jérusalem et du concile, et sur ce que les Actes passent sous silence, comme les lettres de Paul et une grande partie de ses souffrances.

## Comment fonctionne la comparaison

Chaque entrée met en regard les passages d’une lettre et les passages des Actes qui concernent la même personne, le même lieu, le même déplacement ou le même événement, et classe leur relation. Un accord explicite énonce le même fait. Une coïncidence non préméditée est un accord qui n’apparaît que lorsque les deux récits sont lus ensemble, sans qu’aucun n’ait été écrit pour fournir le détail de l’autre. Un détail complémentaire comble une lacune de l’autre récit. Une tension apparente demande une explication. Un silence signale ce qu’une source omet.

Ce classement relève du jugement, et chaque entrée donne la lecture alternative la plus solide, y compris l’idée que l’auteur des Actes connaissait certaines des lettres, ce qui affaiblirait l’indépendance d’un accord.

## Pourquoi c’est important

William Paley a rendu célèbre ce type de comparaison en 1790, en soutenant que de petits accords non concertés sont difficiles à fabriquer. La méthode garde sa force, mais elle procède élément par élément : une coïncidence isolée prouve peu, et une tension exposée honnêtement est aussi instructive qu’une concordance.

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## Accord explicite

### Les titres juifs de Paul et son zèle pour les traditions ancestrales

Les Actes et les lettres de Paul s’accordent : avant de suivre Jésus, Paul était un pharisien zélé pour les traditions de ses pères. Les deux sources s’accordent sur le fond, non sur la formulation, et chacune ajoute des détails. Comme ces faits étaient connus de tous, la concordance montre une cohérence plus qu’une confirmation indépendante ; Paley a d’ailleurs écarté la liste de Philippiens, qu’un faussaire aurait pu compiler.

- **La lettre:** Galates 1:13–14; Philippiens 3:4–6; 2 Corinthiens 11:22
- **Actes:** Actes 21:39–22:3; Actes 23:6; Actes 26:4–5
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit avoir surpassé ses contemporains dans le judaïsme, zélé pour les traditions ancestrales ; il revendique la circoncision au huitième jour, une naissance israélite et benjamite, des parents hébreux, le pharisaïsme et une conduite irréprochable au regard de la Loi.

**Actes:** Paul, né à Tarse, dit avoir été élevé à Jérusalem, instruit avec rigueur auprès de Gamaliel, zélé pour Dieu, pharisien issu d’une famille de pharisiens ; il s’adresse en hébreu à la foule de Jérusalem.

Les deux portraits s’accordent sur le fond, non sur la formulation. Les Actes ajoutent Tarse, Gamaliel, l’éducation à Jérusalem et le discours en hébreu ; les lettres ajoutent la circoncision au huitième jour et la tribu. Paley a tenu le zèle exprimé dans Galates pour un témoignage indépendant des Actes, mais a écarté Philippiens 3:5, car un faussaire aurait pu le compiler à partir des Actes et des autres lettres.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont puisé dans les lettres.** Richard Pervo soutient que les Actes ont utilisé les lettres de Paul ; leurs thèmes du pharisien et du zèle pourraient donc venir de Galates et de Philippiens ; Gamaliel, Tarse et l’éducation à Jérusalem demanderaient alors une autre source ou seraient un ajout de Luc.
- **La formation à Jérusalem mise en question.** Les lettres ne mentionnent jamais Gamaliel ni une éducation à Jérusalem, et certains spécialistes y voient une insistance lucanienne ; Martin Hengel a défendu comme plausible une formation à la Torah à Jérusalem.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2, particular 1; 1849 New York reprint, p. 101: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 1 (Exposition of the Argument), on Philippians 3:5; 1849 New York reprint, p. 10: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Servir le Dieu des ancêtres avec une conscience nette

2 Timothée et les discours de défense de Paul dans les Actes le dépeignent de la même manière : servant le Dieu de ses pères avec une conscience nette. L’accord est réel mais tient à un idiome commun ; l’attribution contestée des épîtres pastorales et leurs affinités avec le vocabulaire de Luc signifient qu’il peut refléter le portrait d’un même cercle plutôt que deux témoins indépendants.

- **La lettre:** 2 Timothée 1:3; Romains 1:9; 2 Corinthiens 1:12
- **Actes:** Actes 22:3; Actes 23:1; Actes 24:14–16; Actes 26:5–7; Actes 27:23
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul rend grâce à Dieu, qu’il sert comme l’ont fait ses ancêtres, avec une conscience pure, et rappelle qu’il prie pour Timothée nuit et jour.

**Actes:** Paul dit au conseil qu’il vit en bonne conscience ; à Félix, qu’il sert le Dieu de ses ancêtres avec une conscience nette ; à Agrippa, il parle de la promesse faite aux ancêtres ; à ses compagnons de navigation, du Dieu qu’il sert.

Servir le Dieu des ancêtres et garder une conscience nette apparaissent ensemble en 2 Timothée 1:3 et en Actes 24:14–16, et Actes 26:7 ajoute le service nuit et jour, bien que les termes grecs désignant les ancêtres et les adjectifs qualifiant la conscience diffèrent. Romains 1:9 associe de même le service de Dieu à une prière incessante, et 2 Corinthiens 1:12 en appelle à la conscience. Toutefois, les Pastorales partagent beaucoup de vocabulaire avec Luc-Actes ; le parallèle peut donc venir d’une même main ou d’un même cercle plutôt que d’un souvenir indépendant.

**Autres lectures**

- **Une main plus tardive ou lucanienne.** La plupart des spécialistes critiques tiennent 2 Timothée pour pseudépigraphe, peut-être modelée sur Romains 1:9 dans un idiome proche de celui de Luc ; C. F. D. Moule et Stephen G. Wilson ont rattaché les Pastorales à Luc lui-même. Dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit pas d’une confirmation indépendante.
- **Idiome commun ou voix de Paul.** La bonne conscience relève d’un idiome ecclésial plus large (1 Pierre 3:16 ; Hébreux 13:18) ; la concordance peut donc refléter un langage chrétien commun. Ceux qui tiennent que Paul a écrit 2 Timothée y lisent sa propre description de lui-même, comme en Romains 1:9.

### Le persécuteur qui ravageait l’Église

Toutes les sources s’accordent : Paul a violemment persécuté l’Église avant son appel. Les lettres ne nomment aucune ville ; les Actes situent la persécution à Jérusalem et l’étendent vers Damas. Un verbe rare signifiant ravager relie Galates et les Actes, ce qui peut refléter une tradition ancienne commune ou l’usage de Galates par les Actes.

- **La lettre:** Galates 1:13; Galates 1:22–23; 1 Corinthiens 15:9; Philippiens 3:6; 1 Timothée 1:12–16
- **Actes:** Actes 8:1–3; Actes 9:1–2; Actes 9:13–14; Actes 9:21; Actes 22:4–5; Actes 22:19–20; Actes 26:9–11
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a persécuté à l’excès l’Église de Dieu et cherché à la détruire ; il se dit pour cela le moindre des apôtres, et 1 Timothée ajoute blasphémateur, ayant agi par ignorance, dans l’incrédulité.

**Actes:** Saul traîne en prison des croyants arrachés aux maisons de Jérusalem, approuve la mort d’Étienne, demande des mandats pour Damas, cherche à forcer les croyants à blasphémer et les poursuit jusque dans des villes étrangères.

Le verbe portheo (ravager) n’apparaît dans le Nouveau Testament qu’en Actes 9:21, Galates 1:13 et Galates 1:23, chaque fois à propos de la persécution menée par Paul, et deux fois dans des propos que d’autres tiennent sur lui : peut-être une manière de parler fixée très tôt. 1 Timothée, dont l’attribution est contestée, ajoute qu’il a agi par ignorance, de même qu’en Actes 26:9 il est sincèrement convaincu. Galates 1:22, où les Églises de Judée ne connaissaient pas Paul de visage, s’accorde mal avec la localisation à Jérusalem dans les Actes.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont emprunté à Galates.** Si les Actes ont utilisé les lettres de Paul, comme le soutient Richard Pervo, le verbe commun peut être emprunté à Galates, et les détails des Actes sur Jérusalem et Damas pourraient être une élaboration narrative des brèves déclarations de Paul.
- **Une persécution hors de Jérusalem.** Puisque Galates 1:22 dit que les Églises de Judée ne connaissaient pas Paul de visage, certains spécialistes situent sa persécution près de Damas, et non à Jérusalem ; d’autres répondent que les Églises de Judée situées hors de Jérusalem pouvaient fort bien ne pas l’avoir vu.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2, particular 2; 1849 New York reprint, p. 101: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 11 (First Epistle to Timothy), no. 5; 1849 New York reprint, p. 205: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Un ancien persécuteur qui a vu Jésus ressuscité

Les lettres de Paul et les Actes s’accordent : l’ancien persécuteur a vu Jésus ressuscité, et cela a bouleversé sa vie. Les Actes le racontent trois fois comme une lumière et une voix près de Damas ; Paul le présente comme la dernière des apparitions du Ressuscité et comme la révélation par Dieu de son Fils. Les accents diffèrent, et savoir si l’événement a eu lieu relève d’une autre question historique.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 9:1; 1 Corinthiens 15:5–10; Galates 1:15–16; Galates 1:17
- **Actes:** Actes 9:3–9; Actes 9:17; Actes 9:27; Actes 22:6–15; Actes 26:13–19
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a vu Jésus le Seigneur, qui lui est apparu en dernier de tous ; après que Dieu eut révélé en lui son Fils, il est allé en Arabie, puis est revenu à Damas.

**Actes:** Près de Damas, une lumière céleste aveugle Saul et Jésus parle ; ses compagnons ne voient personne. Ananias et Barnabas disent qu’il a vu le Seigneur ; Paul parle plus tard d’une vision céleste.

L’affirmation centrale est commune : Paul a vu le Seigneur, ce que les deux sources décrivent avec le vocabulaire de l’apparition employé dans la liste des apparitions du Ressuscité donnée par Paul. Galates ne nomme directement aucun lieu, mais sa remarque incidente selon laquelle Paul est revenu à Damas (Galates 1:17) implique que l’appel a eu lieu là ; Paley y voyait une coïncidence non concertée, argument qui s’affaiblit si les Actes connaissaient Galates. Les Actes varient leurs propres détails : les compagnons restent debout ou tombent, et entendent le son (Actes 9:7) mais ne comprennent pas la voix (Actes 22:9).

**Autres lectures**

- **Une expérience visionnaire.** Certains historiens lisent la rencontre comme une expérience visionnaire, relevant la vision céleste des Actes et les compagnons qui ne voient personne ; d’autres soulignent que Paul la range avec les apparitions à Céphas, à Jacques et aux apôtres.
- **Une réécriture littéraire de Luc.** Certains spécialistes tiennent les trois récits des Actes pour des réécritures par Luc d’une seule tradition, adaptées au cadre de chaque discours ; leurs différences montreraient sa liberté dans les détails plutôt que trois témoignages indépendants.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2, particular 3; 1849 New York reprint, p. 102: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2, particular 3, on Galatians 1:17; 1849 New York reprint, p. 102: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Appelé et envoyé vers les païens

Les Actes et les lettres s’accordent : l’appel de Paul était aussi une mission auprès des païens. Galates relie la révélation du Fils de Dieu à la prédication parmi les nations ; les trois récits des Actes rattachent cette mission à son appel, chacun la transmettant différemment. Romains reprend l’apostolat auprès des païens, de même qu’Éphésiens, Colossiens et les épîtres pastorales, dont l’attribution est contestée.

- **La lettre:** Galates 1:11–12; Galates 1:15–16; Galates 2:7–9; Romains 1:5; Romains 1:16; Romains 11:13; Romains 15:15–16; 2 Corinthiens 11:24; Éphésiens 3:2–9; Colossiens 1:25–27; 1 Timothée 2:7; 2 Timothée 1:11; 2 Timothée 4:17
- **Actes:** Actes 9:15; Actes 9:20; Actes 13:46–47; Actes 22:12–15; Actes 22:17–21; Actes 26:16–18; Actes 28:28
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Dieu a révélé son Fils en Paul pour qu’il prêche parmi les païens ; il est leur apôtre, et des lettres d’attribution contestée ajoutent administrateur du mystère, héraut et docteur.

**Actes:** Le Seigneur appelle Saul un instrument choisi pour les nations, les rois et Israël ; dans les récits suivants, Jésus l’envoie vers les païens. Il prêche d’abord dans les synagogues et se tourne vers les païens lorsqu’il est rejeté.

Les Actes transmettent la mission différemment à chaque fois : par des paroles adressées à Ananias, par Ananias et une vision ultérieure dans le Temple, et directement par Jésus sur la route. Galates affirme que Paul n’a reçu son Évangile d’aucun homme (Galates 1:11–12), ce qui s’accorde mal avec le rôle d’Ananias en Actes 22. Galates fait des païens le but de l’appel ; les Actes y incluent Israël. Paley rapprochait Actes 9:20 de Galates 1:16, mais dans Galates l’immédiateté porte sur le fait de ne consulter personne, non sur la prédication.

**Autres lectures**

- **Un appel plutôt qu’une conversion.** Krister Stendahl a soutenu que Paul décrit un appel de type prophétique vers les païens plutôt qu’une conversion d’une religion à une autre ; Alan Segal a répondu que Paul se comprend mieux comme un véritable converti.
- **Le schéma du retournement chez Luc.** Certains lisent le schéma des Actes où la synagogue vient d’abord comme une construction de Luc, relevant que Galates 2:7–9 partage les missions entre païens et Juifs ; pourtant Romains 1:16 donne la priorité aux Juifs, et 2 Corinthiens 11:24 mentionne cinq flagellations infligées par des Juifs, ce qui suggère que Paul continuait d’entrer dans les synagogues.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2, particular 3; 1849 New York reprint, p. 102: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### La mission d’Actes 26:18 et le langage de Colossiens et d’Éphésiens

Actes 26:18, la mission que rapporte Paul, et Colossiens 1:12–14, dont Éphésiens se fait l’écho, ont en commun les ténèbres et la lumière, le pouvoir des ténèbres ou de Satan, le pardon des péchés et une part parmi les saints. Les lettres décrivent la conversion des croyants, non la mission de Paul ; le recoupement est réel, mais sa cause reste ouverte : idiome de Paul, idiome de Luc, langage commun de la conversion ou langage du Serviteur d’Ésaïe.

- **La lettre:** Colossiens 1:12–14; Éphésiens 1:7; Éphésiens 1:18; Éphésiens 5:8; 1 Thessaloniciens 5:4–5
- **Actes:** Actes 26:17–18; Actes 26:23; Actes 20:32; Actes 13:47
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Le Père a rendu les croyants capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, les a délivrés du pouvoir des ténèbres et leur a pardonné ; Éphésiens ajoute des yeux illuminés et d’anciennes ténèbres devenues lumière.

**Actes:** Paul dit à Agrippa que Jésus ressuscité l’a envoyé ouvrir les yeux des païens, les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu, pour le pardon et un héritage parmi les sanctifiés.

Les termes grecs communs comprennent exousia (pouvoir) de Satan ou des ténèbres, aphesis (pardon) et kleros (part) parmi les saints. Luc peut conserver la manière dont Paul parlait de sa mission, mais ce sont aussi des mots de Luc : le nom aphesis revient tout au long de Luc-Actes, mais dans les lettres de Paul seulement en Colossiens 1:14 et Éphésiens 1:7 ; Luc 22:53 parle du pouvoir des ténèbres ; Actes 20:32 reprend l’expression de l’héritage. Les deux passages peuvent puiser dans le Serviteur d’Ésaïe, lumière des nations qui ouvre les yeux des aveugles (Ésaïe 42:6–7), langage qu’Actes 13:47 applique à la mission de Paul en citant Ésaïe 49:6.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont puisé dans les lettres.** Richard Pervo soutient que les Actes ont utilisé un recueil des lettres de Paul ; dans cette hypothèse, Luc aurait pu façonner Actes 26:18 à partir d’un langage semblable à celui de Colossiens plutôt qu’à partir des propres paroles de Paul.
- **Un langage commun de la conversion.** Le langage de la lumière et des ténèbres était un idiome chrétien courant (1 Thessaloniciens 5:4–5 ; 1 Pierre 2:9), et de nombreux spécialistes doutent que Paul ait écrit Colossiens et Éphésiens ; le parallèle peut donc refléter un langage ecclésial commun plutôt qu’une seule voix.

### Évasion de Damas dans une corbeille, par-dessus la muraille

Les Actes et 2 Corinthiens s’accordent : Paul s’est échappé de Damas en étant descendu dans une corbeille à travers la muraille de la ville. Paul le raconte, après un serment, comme un exemple de faiblesse ; les Actes le racontent comme la fin de sa prédication à Damas. Les deux sources partagent ce détail singulier mais divergent sur ceux qui le traquaient.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 11:30–33
- **Actes:** Actes 9:23–25
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Se glorifiant de sa faiblesse, avec le serment qu’il dit vrai, Paul rappelle qu’il a été descendu dans une corbeille par une fenêtre de la muraille, échappant au gouverneur du roi Arétas à Damas.

**Actes:** Après la prédication de Saul, des Juifs de Damas complotent de le tuer et surveillent les portes jour et nuit ; ses disciples le descendent de nuit par la muraille dans une corbeille.

L’événement central et son mode inhabituel concordent, ce qui en fait l’un des points de contact les plus solides. Paley jugeait les différences de circonstances trop grandes pour qu’un récit dérive de l’autre ; seule la lettre, par exemple, mentionne une fenêtre. Pourtant, la dépendance est aussi ici la plus défendable : la corbeille et la muraille figurent dans les deux, et les spécialistes qui pensent que Luc connaissait les lettres de Paul, comme Richard Pervo, voient les Actes retravailler 2 Corinthiens.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont utilisé la lettre.** Luc a tiré l’épisode de 2 Corinthiens 11:32–33, en gardant sa corbeille et sa muraille ; l’accord refléterait alors un emprunt, non deux témoins indépendants.
- **Une tradition orale commune.** Ce récit frappant a probablement circulé oralement, peut-être à partir des propres récits de Paul ; les Actes pourraient reposer sur cette tradition plutôt que sur la lettre, si bien que les deux s’accordent mais ne sont peut-être pas pleinement indépendants.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. 4 (Second Epistle to the Corinthians), No. II; 1850 Religious Tract Society edition: <https://archive.org/download/horaepaulinaeor00palegoog/horaepaulinaeor00palegoog_djvu.txt>

### Justifiés par la foi, sauvés par la grâce : les lettres et les discours des Actes

Les lettres de Paul enseignent que les Juifs comme les païens sont justifiés gratuitement par la grâce de Dieu, par la foi en Christ, et non par les œuvres de la Loi. Les Actes prêtent un langage semblable sur le salut à Paul à Antioche de Pisidie, à Pierre lors de la rencontre de Jérusalem et à Paul à Milet. Les critiques débattent de la question de savoir si la version des Actes est pleinement celle de Paul.

- **La lettre:** Galates 2:14–16; Galates 3:11; Galates 3:24; Galates 5:1; Romains 3:20–28; Philippiens 3:6; Éphésiens 2:8–9; Tite 3:4–7
- **Actes:** Actes 13:38–39; Actes 15:1; Actes 15:10–11; Actes 20:24; Actes 20:32
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Nul n’est justifié par les œuvres de la Loi, mais par la foi en Christ, comme Paul le rappelle à Pierre ; Romains ajoute que Dieu justifie gratuitement par sa grâce.

**Actes:** Paul dit que les croyants sont justifiés de tout ce dont la loi de Moïse ne pouvait les justifier. Pierre qualifie l’imposition de la Loi de joug insupportable et dit que les Juifs et les païens sont sauvés par la grâce.

Les deux textes présentent le débat comme opposant le salut par la grâce aux œuvres de la Loi (Actes 15:1). Les paroles de Pierre en Actes 15:11 correspondent à la conviction que Paul lui attribue en Galates 2:15–16, et tous deux emploient l’image du joug (Actes 15:10; Galates 5:1), même si l’affirmation de Pierre selon laquelle nul n’a pu porter la Loi s’accorde mal avec celle de Paul, qui dit avoir été irréprochable sous elle (Philippiens 3:6). À Milet, Paul résume son ministère comme un témoignage rendu à la grâce de Dieu. Comme les Actes pourraient refléter l’enseignement connu de Paul, cela montre une cohérence, non une confirmation indépendante.

**Autres lectures**

- **Une doctrine partielle.** Philipp Vielhauer soutenait qu’Actes 13:38–39 assimile la justification au pardon et laisse entendre que la Loi justifie en partie, une conception qu’il jugeait différente de celle de Paul ; Luc aurait donc repris le vocabulaire de Paul sans sa théologie.
- **Dépendance ou paulinisme tardif.** Richard Pervo soutenait que les Actes utilisaient les lettres de Paul, ce qui expliquerait ces échos ; les critiques qui datent Éphésiens et l’épître à Tite d’après Paul lisent leurs résumés du salut par la grâce, et non par les œuvres, comme un paulinisme plus tardif.

### L’Évangile du descendant de David ressuscité des morts

Romains et 2 Timothée résument l’Évangile de Paul ainsi : Jésus, descendant de David, ressuscité des morts. Dans les Actes, le sermon de Paul à la synagogue d’Antioche de Pisidie associe les mêmes thèmes et, selon la lecture habituelle, relie la filiation de Jésus à sa résurrection par le Psaume 2, comme le fait Romains 1:4. Le sermon de Pierre à la Pentecôte argumente de façon semblable ; cette association pourrait donc relever d’une prédication primitive commune.

- **La lettre:** Romains 1:3–4; 2 Timothée 2:8
- **Actes:** Actes 13:22–23; Actes 13:30–37; Actes 2:29–32
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Romains présente le Fils de Dieu comme descendant de David, déclaré Fils de Dieu avec puissance par la résurrection ; 2 Timothée demande à Timothée de se souvenir de Jésus-Christ, ressuscité et issu de la lignée de David.

**Actes:** À Antioche de Pisidie, Paul dit que Dieu a fait venir le salut de la descendance de David et a ressuscité Jésus, appliquant le Psaume 2, selon la lecture habituelle, à la résurrection.

Les lettres et les Actes s’accordent sur un Évangile ramassé : Jésus est l’héritier de David et le Fils de Dieu, ce que montre sa résurrection. Pourtant, le sermon de Pierre à la Pentecôte développe le même argument tiré du Psaume 16, à savoir que la mort de David lui-même montre que le psaume parle de la résurrection de Jésus (Actes 2:29–31; Actes 13:35–37), et Romains 1:3–4 est largement considéré comme citant une confession de foi plus ancienne ; l’accord montre donc un message apostolique commun, non un détail que seul Paul connaîtrait.

**Autres lectures**

- **Une composition de Luc.** Martin Dibelius soutenait que les discours des Actes sont des compositions de Luc lui-même, à la manière des historiens antiques ; dans cette perspective, la ressemblance du sermon avec celui de Pierre et avec Romains reflète la théologie de Luc, et non un compte rendu des paroles de Paul.
- **2 Timothée, d’attribution contestée.** Beaucoup de spécialistes considèrent 2 Timothée comme écrite après Paul, sous son nom ; son résumé montrerait alors comment l’Évangile de Paul était remémoré, peut-être en s’inspirant de Romains.

### Persécutions à Antioche de Pisidie, à Icone et à Lystre, dans l’ordre des Actes et en s’arrêtant avant Derbe

2 Timothée et les Actes s’accordent : Paul a subi des persécutions à Antioche de Pisidie, à Icone et à Lystre. La lettre les énumère dans l’ordre des Actes et s’arrête avant Derbe, où les Actes ne signalent aucune difficulté, et les Actes font de Timothée un disciple du lieu. Paley y voyait une coïncidence non intentionnelle ; selon l’opinion qui date 2 Timothée d’après la mort de Paul, son auteur a pu s’inspirer des Actes.

- **La lettre:** 2 Timothée 3:10–12
- **Actes:** Actes 13:14; Actes 13:50–51; Actes 14:1–6; Actes 14:19–23; Actes 16:1–2
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul rappelle à Timothée qu’il a suivi son enseignement et les persécutions qu’il a endurées à Antioche de Pisidie, à Icone et à Lystre, dont le Seigneur l’a délivré.

**Actes:** Paul est expulsé d’Antioche de Pisidie, fuit un complot visant à le lapider à Icone et est lapidé à Lystre ; à Derbe, aucune difficulté n’est signalée. Timothée apparaît plus tard, recommandé à Lystre et à Icone.

Les trois villes, leur ordre et l’omission de Derbe correspondent à Actes 13–14, dont l’avertissement selon lequel le royaume vient à travers de nombreuses afflictions fait écho à l’affirmation de la lettre selon laquelle les gens pieux seront persécutés. Paley soutenait qu’un faussaire puisant dans les Actes aurait plutôt choisi Philippes ou Thessalonique, où Timothée semble avoir été présent ; ici, la connaissance qu’en avait Timothée doit être déduite d’Actes 16:1–2, qui le situe comme disciple dans cette région.

**Autres lectures**

- **Emprunté aux Actes ou à la tradition.** Si 2 Timothée est pseudépigraphe, son auteur a pu tirer les trois villes d’Actes 13–14 ou de récits locaux sur Paul ; MacDonald relie les Pastorales à des légendes comme celles des Actes de Paul, situées à Icone et à Antioche de Pisidie.
- **Un seul auteur pour les deux.** Stephen Wilson a soutenu que l’auteur de Luc-Actes a aussi écrit les épîtres pastorales ; dans cette perspective, l’accord reflète la connaissance d’un seul écrivain plutôt que celle de deux témoins indépendants.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. XII (Second Epistle to Timothy), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Lapidé une fois, à Lystre

Les Actes s’accordent avec la déclaration de Paul selon laquelle il a été lapidé une fois : ils racontent une seule lapidation, à Lystre, où il a été traîné dehors et tenu pour mort, tandis qu’à Icone un projet de lapidation échoue. Paley jugeait que cette proposition, placée à côté de cette quasi-lapidation, approchait de la contradiction, sans en être une, plus que toute autre qu’il connaissait. Un seul chiffre concordant prouve peu de chose à lui seul.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 11:24–25
- **Actes:** Actes 14:5–6; Actes 14:19–20; Actes 16:22–23
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Énumérant ses souffrances, Paul dit avoir été battu de verges trois fois, lapidé une fois et avoir fait naufrage trois fois, sans compter cinq flagellations reçues des Juifs.

**Actes:** À Icone, un projet de lapider Paul échoue parce qu’il s’enfuit. À Lystre, des Juifs venus d’Antioche de Pisidie et d’Icone gagnent la foule ; Paul est lapidé, traîné dehors et tenu pour mort.

Le décompte tient jusqu’à la date de la lettre, et même pour l’ensemble des Actes : aucune seconde lapidation n’est racontée, bien que les Actes rapportent de nombreuses émeutes, et le complot d’Icone reste inaccompli. Paley a noté que les autres éléments de la liste de Paul ne peuvent pas être tirés des Actes, qui ne rapportent qu’un seul châtiment par les verges et aucun naufrage antérieur à la lettre ; la lettre n’a donc pas été construite à partir du récit historique, et ce récit, bien que silencieux, leur laisse de la place.

**Autres lectures**

- **Les Actes connaissent peut-être la lettre.** Pervo a soutenu que les Actes ont été écrits au début du IIe siècle et ont utilisé les lettres de Paul ; si leur auteur connaissait 2 Corinthiens 11, la lapidation unique pourrait faire écho à cette liste plutôt qu’à une tradition indépendante.
- **Cohérence, non confirmation.** Une lapidation unique est un fait modeste et mémorable que la tradition pouvait conserver ; la concordance montre que les récits sont cohérents, non que l’un confirme de façon indépendante le reste de l’autre.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. IX: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des anciens établis dans chaque Église, également appelés évêques

Les Actes et les épîtres pastorales s’accordent : les Églises de Paul avaient des anciens établis, parfois aussi appelés évêques. Dans les Actes, Paul dit aux anciens d’Éphèse que le Saint-Esprit les a établis évêques, et l’épître à Tite passe directement des anciens aux qualités de l’évêque. On discute pour savoir si c’était la pratique de Paul lui-même, car ses lettres incontestées ne mentionnent jamais d’anciens.

- **La lettre:** Tite 1:5–9; 1 Timothée 3:1–7; 1 Timothée 5:17–22; Philippiens 1:1
- **Actes:** Actes 14:21–23; Actes 20:17; Actes 20:28
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Tite doit établir des anciens dans chaque ville ; suivent les qualités de l’évêque. 1 Timothée réglemente les évêques et honore les anciens qui dirigent et enseignent ; l’épître aux Philippiens salue les évêques et les serviteurs.

**Actes:** Paul et Barnabas établissent des anciens dans chaque Église, avec prière et jeûne. À Milet, Paul dit aux anciens d’Éphèse que le Saint-Esprit les a établis évêques pour paître l’Église de Dieu.

Actes 20 emploie clairement « ancien » et « évêque » pour les mêmes responsables d’Éphèse, et Tite 1 semble le faire aussi, en établissant des anciens ville par ville comme le fait Actes 14:23. 1 Timothée traite séparément des évêques et des anciens, et certains lisent son évêque au singulier comme un responsable unique issu des anciens, une étape vers l’évêque unique du IIe siècle. Pourtant, Actes 14:23 établit des anciens dans des Églises fondées lors de ce même voyage, tandis que 1 Timothée interdit la fonction de surveillance à un nouveau converti. L’épître aux Philippiens, dont l’attribution est incontestée, confirme l’existence d’évêques dans une Église paulinienne.

**Autres lectures**

- **Une organisation ecclésiale plus tardive.** Les lettres incontestées de Paul n’appellent jamais les responsables « anciens ». De nombreux spécialistes pensent que les Actes et les épîtres pastorales reflètent l’organisation ecclésiale de la génération qui a suivi Paul, certains allant jusqu’à leur attribuer un auteur commun ; l’accord n’est donc pas une confirmation indépendante.
- **Un titre honorifique.** Le terme « ancien » a peut-être d’abord été un nom collectif et honorifique désignant les chefs des Églises de maison, chacun supervisant sa propre Église de maison ; les premières lettres de Paul sont peut-être antérieures à cet usage, et les Pastorales élèvent peut-être un évêque unique au-dessus des anciens d’une ville.

### La fondation de l’Église de Philippes comme première étape de la mission en Macédoine

Les Actes racontent, et la lettre aux Philippiens laisse entendre, que Philippes a été la première Église de Paul en Macédoine et que Thessalonique est venue ensuite. Les Actes retracent la traversée depuis Troas et la route jusqu’à Thessalonique ; la lettre aux Philippiens fait remonter le partenariat de l’Église au premier jour et rappelle que ses dons ont rejoint Paul à Thessalonique.

- **La lettre:** Philippiens 1:5; Philippiens 4:15–16; 1 Thessaloniciens 2:9
- **Actes:** Actes 16:9–12; Actes 16:13–15; Actes 16:33–34; Actes 16:40; Actes 17:1–2
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul remercie les Philippiens de leur participation depuis le premier jour et rappelle qu’au début, eux seuls ont pris part au don, lui envoyant même de l’aide à Thessalonique plus d’une fois.

**Actes:** Après la vision macédonienne à Troas, Paul fait voile par Samothrace et Néapolis jusqu’à Philippes, rassemble des croyants, puis passe par Amphipolis et Apollonie pour gagner Thessalonique, où il discute trois sabbats dans la synagogue.

L’ordre concorde : Philippes, puis Thessalonique, où l’aide venue de Philippes a suivi Paul. Paley lisait l’expression sur le commencement de l’Évangile comme sa première prédication dans ces contrées ; dans les Actes, Philippes est la première étape après la traversée. La maison de Lydie et la table du geôlier conviennent à un partenariat dès le premier jour, bien que la lettre ne nomme aucun des deux. Les dons répétés et le travail de Paul nuit et jour suggèrent un séjour à Thessalonique plus long que les trois sabbats à la synagogue des Actes ; les Actes condensent peut-être, ou ne comptent que la phase synagogale. Étant explicite, l’accord montre la cohérence plus que l’indépendance.

**Autres lectures**

- **Un ordre tiré des lettres.** Si l’auteur des Actes connaissait les lettres de Paul, l’ordre Philippes puis Thessalonique pourrait en provenir. Les détails de l’itinéraire dans les Actes, Samothrace, Néapolis, Amphipolis et Apollonie, n’apparaissent toutefois dans aucune lettre.
- **Plus tôt que dans les Actes.** Certaines chronologies établies d’abord à partir des lettres, notamment celle de Gerd Lüdemann, lisent le commencement de l’Évangile comme le début de la mission indépendante de Paul et placent la fondation en Macédoine avant la rencontre de Jérusalem, conservant l’ordre des Actes mais non leur chronologie.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. VII (Epistle to the Philippians), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Battu et outragé à Philippes, juste avant Thessalonique

1 Thessaloniciens dit que le groupe de Paul est arrivé à Thessalonique après avoir subi des outrages à Philippes, et la lettre aux Philippiens rappelle à ses lecteurs qu’ils ont vu son combat. Les Actes racontent la scène : Paul et Silas saisis, dépouillés de leurs vêtements, battus de verges et mis aux ceps, puis relâchés et en route vers Thessalonique.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 2:2; 1 Thessaloniciens 2:17–18; Philippiens 1:28–30; 2 Corinthiens 11:25
- **Actes:** Actes 16:19–24; Actes 16:35–40; Actes 17:1
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Le groupe de Paul avait souffert et été outragé à Philippes avant de prêcher avec assurance à Thessalonique ; les Philippiens affrontent maintenant le même combat qu’ils ont autrefois vu Paul endurer.

**Actes:** Paul et Silas sont traînés devant les magistrats, dépouillés de leurs vêtements, battus de verges et mis aux ceps ; relâchés le lendemain, ils protestent contre la bastonnade publique infligée à des Romains et partent pour Thessalonique.

Paley jugeait l’accord si explicite qu’il fallait argumenter en faveur de l’indépendance ; il signalait le projet contrarié, dans la lettre, de revenir à Thessalonique, que les Actes omettent. Il voyait aussi dans le rappel adressé aux Philippiens, le combat que les lecteurs avaient vu, une confirmation du récit des Actes sur Philippes. Le mot qu’emploie la lettre aux Thessaloniciens pour l’outrage convient à une bastonnade publique et humiliante comme celle que décrivent les Actes. Les lettres ne donnent aucun détail, et la servante, le tremblement de terre et le geôlier des Actes n’apparaissent dans aucune lettre ; l’accord porte donc sur la souffrance et la séquence, non sur chaque épisode.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont amplifié les lettres.** Si l’auteur des Actes connaissait 1 Thessaloniciens, la scène pourrait développer sa brève mention, peut-être avec les verges tirées de 2 Corinthiens 11:25 ; les détails vivants seraient alors littéraires plutôt que des souvenirs.
- **Noyau et embellissement.** Certains critiques acceptent la bastonnade et l’emprisonnement, mais considèrent le tremblement de terre et la conversion du geôlier comme des ajouts ultérieurs, en notant que la libération ordonnée le lendemain matin par les magistrats ne mentionne jamais le tremblement de terre.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IX (First Epistle to the Thessalonians), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. VII (Epistle to the Philippians), No. VII: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Le Silvain des lettres est Silas, le partenaire de Paul dans la fondation des Églises de Macédoine

Les Actes et les lettres aux Thessaloniciens s’accordent : Silas, que Paul appelle Silvain, a aidé à fonder l’Église de Thessalonique. Dans les Actes, des convertis se joignent à Paul et à Silas, qui sont renvoyés ensemble de nuit ; les deux lettres nomment Silvain comme cosignataire et rappellent la conduite des fondateurs. Les formes du nom ne se croisent jamais, ce qui va à l’encontre d’une copie mot pour mot.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:1; 1 Thessaloniciens 1:5; 1 Thessaloniciens 2:1–12; 2 Thessaloniciens 1:1; 2 Thessaloniciens 3:7–9; 2 Corinthiens 1:19; Romains 16:3
- **Actes:** Actes 15:22; Actes 15:27; Actes 15:32; Actes 15:40; Actes 16:19–25; Actes 17:4; Actes 17:10; Actes 18:2; Actes 18:5
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les deux lettres aux Thessaloniciens émanent de Paul, Silvain et Timothée, et leur « nous » rappelle comment les fondateurs ont prêché et se sont conduits ; 2 Corinthiens nomme Silvain parmi ceux qui ont prêché le Christ à Corinthe.

**Actes:** Silas, responsable à Jérusalem et prophète, aide à porter la lettre du concile, se joint à Paul, souffre avec lui à Philippes, se trouve avec lui à Thessalonique et le rejoint à Corinthe en venant de Macédoine.

Presque tous les spécialistes identifient Silas à Silvain. Les Actes n’emploient que Silas et les lettres que Silvain ; Paley soutenait que cette différence exclut que l’un des récits ait été transcrit de l’autre. Mais les Actes écrivent aussi Priscille là où Romains 16:3 a Prisca ; la forme pourrait donc relever de l’usage des Actes en matière de noms, ce qui est compatible avec l’indépendance sans la prouver. Les Actes ajoutent ce que les lettres n’ont pas : Silas venait de l’Église de Jérusalem, était prophète et a aidé à porter la lettre du concile.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont utilisé les lettres.** Si les Actes ont été écrits au début du IIe siècle par quelqu’un qui connaissait les lettres de Paul, la présence de Silas à Thessalonique pourrait être tirée du cosignataire des lettres ; l’accord ne serait alors pas indépendant.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. VII: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. IX (First Epistle to the Thessalonians), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Une Église fondée sous la pression : l’émeute contre Jason et la persécution persistante

Accord net sur le fait principal. Les Actes et 1 Thessaloniciens disent tous deux que l’Église de Thessalonique est née au milieu d’une opposition violente, juste après les mauvais traitements subis par Paul à Philippes. Les lettres ajoutent ce que les Actes ne racontent pas : Paul avait prévenu les convertis qu’ils souffriraient, et la persécution s’est poursuivie après le départ des missionnaires.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:6; 1 Thessaloniciens 2:2; 1 Thessaloniciens 2:17–18; 1 Thessaloniciens 3:3–4; 2 Thessaloniciens 1:4–8; 2 Corinthiens 8:1–2
- **Actes:** Actes 14:22; Actes 16:22–24; Actes 17:5–9; Actes 17:13–14
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les convertis ont reçu le message au milieu d’une lourde affliction ; les fondateurs, qui sortaient de mauvais traitements à Philippes, ont prêché au milieu de luttes ; Paul avait annoncé des souffrances, et les persécutions ont continué ensuite.

**Actes:** Après les coups reçus à Philippes, des opposants à Thessalonique soulèvent une foule, attaquent la maison de Jason, et le traînent avec d’autres croyants devant les autorités de la ville, qui exigent une caution et les relâchent.

L’accord est direct : les deux sources placent des mauvais traitements à Philippes juste avant une fondation contestée à Thessalonique. Paley jugeait cette harmonie si évidente qu’il fallait prouver l’indépendance des textes, et il trouvait cette preuve dans le projet contrarié de Paul de revenir, que les Actes ne mentionnent jamais. Seuls les Actes racontent l’attaque contre Jason et la poursuite jusqu’à Bérée ; seules les lettres parlent de l’avertissement et des épreuves persistantes des convertis, dont 2 Corinthiens 8:1–2 se fait l’écho pour la Macédoine. Actes 14:22 montrent Paul donnant ailleurs des avertissements semblables.

**Autres lectures**

- **L’accord n’implique pas l’indépendance.** Comme l’accord est explicite, il pourrait venir de ce que l’auteur des Actes connaissait 1 Thessaloniciens, comme le proposent certains qui datent les Actes tardivement. Il montrerait alors une tradition cohérente plutôt que deux témoins indépendants.
- **2 Thessaloniciens, attribution contestée.** Beaucoup de spécialistes doutent que Paul ait écrit 2 Thessaloniciens. Si cette lettre est plus tardive, son tableau d’une persécution persistante peut dépendre de 1 Thessaloniciens plutôt que rapporter des événements nouveaux.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IX (First Epistle to the Thessalonians), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Silvain et Timothée rejoignent Paul à Corinthe : le cadre des lettres aux Thessaloniciens

Les lettres de Paul et les Actes s’accordent : Silas, appelé Silvain dans les lettres, et Timothée ont travaillé avec Paul à Corinthe. Les deux lettres aux Thessaloniciens sont envoyées au nom des trois mêmes hommes, et 1 Thessaloniciens suit le retour de Timothée : elles ont donc probablement été écrites pendant le séjour à Corinthe ; les lettres elles-mêmes ne nomment aucun lieu.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 1:19; 1 Thessaloniciens 1:1; 1 Thessaloniciens 3:6–8; 2 Thessaloniciens 1:1; 2 Thessaloniciens 3:1–2
- **Actes:** Actes 15:40; Actes 18:1–6; Actes 18:9–11; Actes 18:12–17
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Christ a été prêché à Corinthe par Paul, Silvain et Timothée. Les trois mêmes envoient les deux lettres aux Thessaloniciens, la première juste après le retour de Timothée avec de bonnes nouvelles.

**Actes:** Paul choisit Silas pour le deuxième voyage ; Silas et Timothée le rejoignent à Corinthe, venant de Macédoine, pendant son séjour de dix-huit mois. Les Actes ne mentionnent plus Silas ensuite.

L’accord est direct. 2 Corinthiens, lettre d’attribution incontestée, nomme le même trio que les Actes réunissent à Corinthe, et après Athènes les Actes n’offrent aucun autre moment où les trois étaient ensemble. Paley concédait qu’un accord aussi ouvert prouve peu à lui seul, mais notait que les Actes disent Silas et les lettres Silvain, ce qui plaide contre une copie. La prière pour être délivrés des hommes méchants peut faire écho à l’opposition rencontrée à Corinthe et à la comparution devant Gallion, mais elle reste générale.

**Autres lectures**

- **Seconde lettre pseudépigraphe.** Si 2 Thessaloniciens est pseudépigraphe, comme l’ont soutenu William Wrede et Wolfgang Trilling, son ouverture ne fait que copier 1 Thessaloniciens et n’apporte aucun témoignage indépendant ; Abraham Malherbe et d’autres la défendent comme étant de Paul, écrite de Corinthe peu après.
- **Luc a utilisé les lettres.** Richard Pervo a soutenu que Luc connaissait un recueil des lettres de Paul ; dans ce cas, les Actes auraient pu bâtir leurs retrouvailles de Corinthe à partir de 2 Corinthiens 1:19, bien que le nom de Silas plaide contre une simple copie.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4 (Second Epistle to the Corinthians), no. 7: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 9 (First Epistle to the Thessalonians), no. 3: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 15 (Subscriptions of the Epistles), no. 4: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Macédoine et Achaïe : la carte provinciale de la mission

Les Actes et les lettres dessinent la même carte provinciale de Rome, en associant les provinces de Macédoine et d’Achaïe : les lettres, pour l’influence des Thessaloniciens, le cadre de l’Église de Corinthe et la collecte ; les Actes, pour l’itinéraire de Paul, le voyage d’Apollos, le projet de voyage de Paul et Gallion, correctement désigné comme proconsul. L’accord est réel, mais on l’attend de quiconque écrit dans ce monde-là.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:7–8; 1 Thessaloniciens 4:10; 2 Corinthiens 1:1; 2 Corinthiens 9:2; 2 Corinthiens 11:10; Romains 15:26; Romains 16:1
- **Actes:** Actes 16:9–12; Actes 17:34; Actes 18:12; Actes 18:18; Actes 18:27; Actes 19:21
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les Thessaloniciens sont un modèle pour les croyants de Macédoine et d’Achaïe et aiment les frères dans toute la Macédoine ; 2 Corinthiens s’adresse aux saints de toute l’Achaïe et se glorifie de l’empressement de l’Achaïe.

**Actes:** Philippes est une ville de Macédoine ; Gallion est proconsul d’Achaïe, où se trouve Corinthe ; Apollos passe en Achaïe ; Paul projette de traverser la Macédoine et l’Achaïe pour se rendre à Jérusalem.

Chaque source emploie la paire à ses propres fins, sans recoupement verbal. Des croyants existent déjà en Achaïe quand 1 Thessaloniciens est écrite, ce qui s’accorde avec les convertis des Actes à Athènes et à Corinthe et avec une lettre écrite quelques mois après le début du séjour à Corinthe. Les Actes ne nomment aucune Église ailleurs en Achaïe, mais Cenchrées, port de Corinthe (Actes 18:18), où la lettre aux Romains situe une Église, rend plausible l’adresse plus large. Le titre que les Actes donnent à Gallion convient aux années postérieures à 44 apr. J.-C., quand Claude rendit l’Achaïe à des proconsuls sénatoriaux.

**Autres lectures**

- **Une connaissance commune.** Les noms des provinces étaient connus de tous ; l’accord montre donc un cadre impérial commun plutôt qu’une corroboration indépendante d’événements particuliers ; un auteur plus tardif pouvait le reproduire.
- **Tiré des lettres.** Si Luc connaissait les lettres de Paul, comme le soutient Pervo, le projet que les Actes prêtent à Paul de traverser la Macédoine et l’Achaïe (Actes 19:21) pourrait faire écho aux passages sur la collecte (Romains 15:26; 2 Corinthiens 9:2).

### Paul a fondé l’Église de Corinthe

Les deux textes font de Paul le fondateur de l’Église de Corinthe. 1 Corinthiens dit à plusieurs reprises qu’il leur a apporté le premier l’Évangile, qu’il a posé le fondement et qu’il est devenu leur père dans la foi ; Actes 18 racontent ce premier séjour : arrivée d’Athènes, prédication à la synagogue, installation dans la maison voisine, nombreux convertis et dix-huit mois d’enseignement.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 2:1–2; 1 Corinthiens 3:1–2; 1 Corinthiens 3:6; 1 Corinthiens 3:10; 1 Corinthiens 4:15; 1 Corinthiens 9:1–2; 1 Corinthiens 12:2; 1 Corinthiens 15:1–2
- **Actes:** Actes 18:1–11; Actes 20:2–3
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a le premier prêché le Christ crucifié à Corinthe, a nourri les convertis comme de petits enfants, a planté avant qu’Apollos n’arrose, a posé le fondement et les a engendrés par l’Évangile ; l’Église prouve son apostolat.

**Actes:** Paul arrive d’Athènes, travaille avec Aquilas et Priscille, discute dans la synagogue, s’installe dans la maison voisine quand on s’oppose à lui, gagne de nombreux Corinthiens et reste dix-huit mois.

La lettre présuppose un séjour de fondation tel que le décrivent les Actes, au cours duquel Paul a planté l’Église avant que d’autres ne bâtissent dessus. L’accord porte sur le fond, non sur une formulation commune. Paley a noté que 1 Corinthiens est écrite après un séjour et avant un autre, ce qui correspond à Actes 18 et aux trois mois passés en Grèce, vraisemblablement à Corinthe, d’Actes 20:2–3 ; 2 Corinthiens implique plus tard une autre visite que les Actes omettent.

**Autres lectures**

- **Des croyants avant Paul.** Les Actes ne rapportent aucune conversion d’Aquilas et de Priscille ; ils croyaient donc peut-être déjà au Christ quand Paul les rencontra. Paul serait alors le fondateur de la communauté, sans être le premier croyant de Corinthe.
- **La synagogue d’abord, schéma propre à Luc.** Certains critiques considèrent la séquence qui commence par la synagogue comme un schéma récurrent chez Luc, alors que la lettre s’adresse à une Église principalement issue des païens, formée d’anciens idolâtres (1 Corinthiens 12:2). Les deux s’accordent pourtant pour dire que Paul l’a fondée.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter III (First Epistle to the Corinthians), No. II; 1849 New York edition, p. 46: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Crispus et les quelques personnes que Paul baptisa lui-même

Les deux textes placent Crispus parmi les premiers convertis de Corinthe. Paul dit n’avoir baptisé lui-même que Crispus, Gaïus et la maison de Stéphanas ; les Actes présentent Crispus comme le chef de synagogue qui crut avec sa maison et rapportent de nombreux baptêmes sans nommer qui baptisait. La lettre laisse entendre que d’autres ont fait l’essentiel des baptêmes.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 1:14–17
- **Actes:** Actes 18:5; Actes 18:8
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul se félicite de n’avoir baptisé lui-même que Crispus, Gaïus et la maison de Stéphanas, puisque sa mission était de prêcher, et que personne ne pouvait prétendre avoir été baptisé en son nom.

**Actes:** Crispus, le chef de synagogue, vient à la foi avec sa maison, et beaucoup d’autres Corinthiens croient aussi et reçoivent le baptême.

Les textes s’accordent sur une personne et un lieu nommés, et l’affirmation de la lettre selon laquelle Paul baptisa peu de gens s’accorde avec le silence des Actes sur qui baptisa la multitude. Paley soutenait que ceux que Paul baptisa lui-même devaient être des gens en vue ou des proches, et un chef de synagogue correspond à ce profil. Les Actes racontent la conversion de Crispus après l’arrivée de Silas et de Timothée ; les quelques personnes baptisées par Paul n’étaient donc pas simplement celles converties avant la venue de ses aides.

**Autres lectures**

- **Les Actes dépendants de la lettre.** Si Luc connaissait les lettres de Paul, comme l’a soutenu Richard Pervo, le nom commun pourrait venir de 1 Corinthiens. Le détail des Actes selon lequel Crispus dirigeait la synagogue, absent de la lettre, plaide contre un simple emprunt.
- **Différence sur la maison.** Les Actes disent que Crispus crut avec sa maison, tandis que Paul ne nomme que Crispus lui-même parmi ceux qu’il baptisa ; d’autres ont pu baptiser la maison, ou Paul a simplement nommé son chef.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter III (First Epistle to the Corinthians), No. VIII; 1849 New York edition, p. 57: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Apollos à Corinthe après Paul

Les deux textes situent l’œuvre d’Apollos à Corinthe après la fondation de l’Église par Paul. 1 Corinthiens montre Paul qui plante et Apollos qui arrose ; les Actes font passer Apollos d’Éphèse en Achaïe après le départ de Paul, et le situent à Corinthe quand Paul revient à Éphèse. Paley y voyait une concordance non intentionnelle, mais Luc a pu connaître la lettre.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 1:12; 1 Corinthiens 3:4–6; 1 Corinthiens 3:22; 1 Corinthiens 4:6; 1 Corinthiens 16:12
- **Actes:** Actes 18:18–19; Actes 18:24–28; Actes 19:1
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a planté et Apollos a arrosé ; les Corinthiens se rangent derrière Paul, Apollos ou Céphas ; Apollos, apparemment auprès de Paul, refuse pour l’instant de revenir malgré l’insistance de Paul.

**Actes:** Apollos, originaire d’Alexandrie, qui ne connaissait que le baptême de Jean, fut instruit par Priscille et Aquilas à Éphèse, passa en Achaïe avec une lettre, et se trouvait à Corinthe quand Paul arriva à Éphèse.

L’ordre concorde sans effort : Paul fonde l’Église, Apollos lui succède, et au moment où la lettre est écrite, Apollos a quitté Corinthe et se trouve apparemment avec Paul. Paley jugeait la concordance non intentionnelle, puisque chaque texte fait intervenir Apollos pour sa propre raison, les Actes pour son baptême incomplet et la lettre pour reprocher les factions. Mais la séquence se déduit aisément de la lettre, connue à Rome dès les années 90 selon la datation habituelle de 1 Clément 47, et Ramsay pensait que Luc avait choisi ses détails sur Apollos pour l’éclairer.

**Autres lectures**

- **Indépendants malgré tout.** Les détails propres aux Actes, Alexandrie, le baptême de Jean, l’enseignement du couple et la lettre d’Éphèse, n’apparaissent dans aucune épître, ce qui plaide contre la copie ; l’accord peut reposer sur la connaissance que Luc avait lui-même des événements.
- **Tiré de la lettre.** Pervo soutient que Luc a utilisé les lettres de Paul. Dans cette perspective, la place d’Apollos dans l’histoire de Corinthe pourrait venir de 1 Corinthiens même, le reste étant fourni par Luc.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. III (First Corinthians), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (A. Roberts and J. Donaldson, 1885), 1 Clement 47: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ii.ii.xlvii.html>

### Écrire depuis Éphèse : une porte ouverte et de nombreux adversaires

Les deux textes situent Paul à Éphèse dans un ministère long, fécond et contesté. 1 Corinthiens, écrite là-bas, parle d’une large ouverture pour le travail, de nombreux adversaires et des salutations des Églises d’Asie ; les Actes rapportent plus de deux ans d’enseignement qui atteignit toute l’Asie, une opposition, et le séjour prolongé de Paul en Asie. La concordance est réelle mais générale.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 16:8–9; 1 Corinthiens 16:19
- **Actes:** Actes 18:18–19; Actes 18:26; Actes 19:8–10; Actes 19:17–20; Actes 19:22; Actes 19:26; Actes 20:31
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul restera à Éphèse jusqu’à la Pentecôte, car une large ouverture s’est présentée pour un travail fécond, ainsi que de nombreux adversaires. Les Églises d’Asie, Aquilas et Priscille envoient leurs salutations.

**Actes:** Paul laisse Priscille et Aquilas à Éphèse, puis enseigne pendant deux ans dans la salle de Tyrannus, si bien que toute l’Asie entend ; certains décrient la Voie ; la parole se répand ; Paul reste encore quelque temps en Asie.

Les indications de lieu de la lettre concordent avec les Actes : Paul réside à Éphèse, Aquilas et Priscille s’y trouvent (Actes 18:18–19, 18:26), son œuvre se répand dans la province (Actes 19:10, 19:20, 19:26) et l’opposition vient de ceux qui décriaient la Voie (Actes 19:9). Actes 19:22, où Paul reste encore en Asie, s’accorde avec le projet de rester jusqu’à la Pentecôte. Les adversaires ne sont pas nommés, et l’émeute est peut-être postérieure. Paley qualifiait l’accord de « circonstancié et parfait » et n’y voyait aucune trace d’intention ; étant général, il montre une cohérence plus qu’une coïncidence non intentionnelle.

**Autres lectures**

- **Les Actes se sont inspirés de la lettre.** Si Luc connaissait les lettres de Paul, comme le soutient Richard Pervo, la porte ouverte et les adversaires ont pu façonner son résumé sur Éphèse, et l’accord ne serait pas indépendant.
- **Une mémoire commune.** Le long ministère mouvementé de Paul à Éphèse était resté dans de nombreuses mémoires, si bien que tout auteur bien informé aurait pu produire cette concordance ; elle montre une cohérence, non une confirmation indépendante.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 3 (First Epistle to the Corinthians), No. II; 1849 New York printing, p. 48: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Le projet : par la Macédoine et l’Achaïe jusqu’à Jérusalem, puis Rome

Les Actes et les lettres de Paul présentent le même projet dans le même ordre : d’Éphèse, par la Macédoine et l’Achaïe, jusqu’à Jérusalem, puis Rome. 1 Corinthiens énonce la première étape, l’épître aux Romains les suivantes et la collecte qui les motive, et les Actes racontent le voyage. La question de savoir si les Actes ont tiré ce projet de l’épître aux Romains est discutée.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 4:19; 1 Corinthiens 16:3–7; Romains 1:10–13; Romains 15:22–29; Romains 15:30–31
- **Actes:** Actes 19:21; Actes 20:1–3; Actes 20:16; Actes 20:22–23; Actes 21:15–17; Actes 23:11; Actes 24:17
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** 1 Corinthiens : Paul arrivera à Corinthe après la Macédoine ; le don ira à Jérusalem. Romains : la Macédoine et l’Achaïe ont donné ; il le porte à Jérusalem, craignant l’opposition, puis ira à Rome et en Espagne.

**Actes:** À Éphèse, Paul décide de passer par la Macédoine et l’Achaïe pour aller à Jérusalem, puis de voir Rome. Il part, averti des chaînes qui l’attendent, et à Jérusalem le Seigneur lui dit qu’il doit rendre témoignage à Rome.

Chaque lettre est écrite à une étape différente d’un même projet : 1 Corinthiens avant la Macédoine, l’épître aux Romains probablement en Achaïe, avec Jérusalem pour étape suivante. Les Actes énoncent le projet à Éphèse et le racontent, en ajoutant un complot qui modifia l’itinéraire. L’épître aux Romains ajoute l’Espagne, un désir longtemps contrarié de visiter Rome et la collecte comme but du voyage ; les Actes ne mentionnent des dons qu’en passant, en Actes 24:17. Paley soutenait que la différence concernant l’Espagne montre qu’aucun des deux textes n’a copié l’autre.

**Autres lectures**

- **Les Actes connaissaient l’épître aux Romains.** Schellenberg, à la suite de Pervo, retrouve la formulation et les pressentiments de Romains 15:22–31 en Actes 19:21 et Actes 20:22–23 : Luc connaissait donc la lettre, même si l’itinéraire pourrait relever d’un souvenir indépendant ; l’Espagne se situait au-delà de son récit.
- **Des sources indépendantes.** Campbell estimait que les Actes et les lettres concordent sur l’itinéraire de Paul comme le feraient deux sources fiables et indépendantes. D’autres ajoutent que le quasi-silence des Actes sur la collecte, centrale en Romains 15:25–31, plaide contre un usage étroit de cette lettre.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 2 (Romans), no. 3: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Signes et prodiges dans la mission de Paul, bien qu’aucun ne soit rapporté à Corinthe

Les lettres de Paul et les Actes s’accordent pour dire que des miracles accompagnèrent sa mission auprès des païens : l’épître aux Romains et 2 Corinthiens emploient l’expression couplée « signes et prodiges », que les Actes appliquent à Paul et à Barnabas. Les Actes ne rapportent pourtant aucun miracle à Corinthe, où Paul dit que de tels signes ont eu lieu. La concordance porte sur l’affirmation ; la réalité des miracles relève d’un jugement distinct.

- **La lettre:** Romains 15:18–19; 2 Corinthiens 12:12; Galates 3:5
- **Actes:** Actes 14:3; Actes 14:8–10; Actes 15:12; Actes 18:1–18; Actes 19:11–12; Actes 28:8–9
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit que Christ a agi par lui avec des signes, des prodiges et la puissance du Saint-Esprit, rappelle aux Corinthiens que les signes d’un apôtre ont été accomplis parmi eux, et évoque des miracles parmi les Galates.

**Actes:** Le Seigneur accorde des signes et des prodiges par Paul et Barnabas à Icone ; ils rapportent ces signes à Jérusalem, et les Actes racontent des guérisons à Lystre, à Éphèse et à Malte.

Paul avance cette affirmation devant des lecteurs qui avaient vu les miracles (2 Corinthiens 12:12; Galates 3:5, peut-être les Églises d’Actes 14) et devant une Église qu’il n’avait pas encore visitée (Romains 15:18–19). Les lettres ne racontent aucun miracle précis ; les récits des Actes ne peuvent donc pas en provenir, et les Actes n’en rapportent aucun à Corinthe ; ils n’illustrent donc pas simplement les lettres. L’expression couplée est un idiome biblique courant ; le vocabulaire commun ne prouve donc aucune dépendance. Les critiques considèrent souvent certains miracles des Actes, comme les linges guérisseurs, comme amplifiés.

**Autres lectures**

- **Une tradition amplifiée.** De nombreux spécialistes critiques admettent qu’on attribuait des guérisons à Paul, mais considèrent les récits des Actes, comme celui des linges emportés de son corps, comme une croissance légendaire, et lisent les références de Paul lui-même comme des affirmations charismatiques plutôt que comme des événements vérifiés.
- **Un critère des rivaux.** Certains lisent les signes d’un apôtre comme un slogan des rivaux de Paul, auquel il répond à contrecœur en insistant plutôt sur la faiblesse ; les miracles auraient donc moins compté dans la conscience qu’il avait de lui-même que ne le suggèrent les Actes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. XVI (The Conclusion), proposition VII; New York 1849 edition, p. 259: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. XVI (The Conclusion), proposition VII; New York 1849 edition, p. 259: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### La paix annoncée à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient près : les païens unis aux Juifs en un seul corps

L’épître aux Éphésiens et les Actes s’accordent pour dire que les païens partagent avec les Juifs le salut et le Saint-Esprit. L’épître l’enseigne : ceux qui étaient loin sont rapprochés en un seul corps. Les Actes le racontent : le Saint-Esprit descend sur la maison de Corneille, et le concile entend que Dieu n’a fait aucune distinction. Sur la Loi, ils divergent : l’épître aux Éphésiens dit que ses commandements ont été abolis ; le concile des Actes demande aux païens quatre abstentions.

- **La lettre:** Éphésiens 1:12–13; Éphésiens 2:8–9; Éphésiens 2:11–22; Éphésiens 3:6
- **Actes:** Actes 2:39; Actes 10:28; Actes 10:34–36; Actes 10:44–48; Actes 11:17–18; Actes 15:7–11; Actes 15:28–29; Actes 21:20–26; Actes 22:21
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les païens, autrefois éloignés et étrangers à la promesse, sont rapprochés et forment un seul corps avec les Juifs, ayant accès auprès de Dieu dans un seul Esprit ; le Christ a annoncé la paix à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient près.

**Actes:** Pierre offre la promesse à tous ceux qui sont loin, appelle le message de Dieu la bonne nouvelle de la paix, voit le Saint-Esprit donné aux païens et dit au concile que Dieu n’a fait aucune distinction.

La formulation se recoupe : Éphésiens 2:17 et Actes 10:36 annoncent tous deux la bonne nouvelle de la paix, et tous deux parlent de ceux qui sont loin (Éphésiens 2:13; Actes 2:39). Tous deux semblent faire écho à Ésaïe 52:7 et 57:19 ; l’Écriture commune peut donc l’expliquer. Actes 2:39 désigne peut-être des Juifs éloignés, bien qu’Actes 22:21 associe « loin » aux païens. L’épître aux Éphésiens dit que le Christ a aboli la loi des commandements (Éphésiens 2:15), tandis que le concile des Actes demande encore aux païens quatre abstentions (Actes 15:28–29) et que Paul observe la coutume juive (Actes 21:20–26).

**Autres lectures**

- **Les Actes font écho à l’école de Paul.** Pervo soutenait que les Actes connaissaient plusieurs lettres de Paul, dont l’épître aux Éphésiens, et que le langage de la grâce chez Pierre lors du concile fait écho à Éphésiens 2:8. L’accord serait alors littéraire, non indépendant.
- **Une prédication primitive commune.** La paix d’Ésaïe pour ceux qui sont loin et ceux qui sont près était un matériau chrétien primitif courant. Les deux auteurs ont pu y puiser séparément, ce qui explique le recoupement sans que l’un connaisse l’œuvre de l’autre.

### Paul écrit en prisonnier enchaîné

Cinq lettres présentent Paul comme un prisonnier dans les liens ou les chaînes et nomment des compagnons de captivité. Les Actes racontent une nuit dans les ceps à Philippes, puis une longue détention de Jérusalem à Rome en passant par Césarée. L’épître aux Éphésiens, l’épître aux Colossiens et les Actes rattachent ses liens à la mission auprès des païens. L’accord porte sur le fait et la cause de la détention, non sur la détention qui a produit les lettres.

- **La lettre:** Éphésiens 3:1; Éphésiens 4:1; Philippiens 1:7; Philippiens 1:13; Philippiens 1:30; Colossiens 1:27; Colossiens 4:3; Colossiens 4:10; Colossiens 4:18; Philémon 1:1; Philémon 1:9–10; Philémon 1:23–24; 2 Timothée 1:8; 2 Corinthiens 11:23; 1 Thessaloniciens 2:2
- **Actes:** Actes 16:22–24; Actes 21:28–29; Actes 21:33; Actes 22:21–22; Actes 24:27; Actes 26:29; Actes 28:16–17; Actes 28:20
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul se dit prisonnier du Christ Jésus pour les païens, demande aux lecteurs de se souvenir de ses chaînes, nomme Aristarque et Épaphras compagnons de captivité, et rappelle le combat dont les Philippiens ont été témoins.

**Actes:** Paul est mis aux ceps à Philippes ; plus tard, il est lié de deux chaînes à Jérusalem, laissé dans les liens à Césarée, et gardé enchaîné sous la surveillance d’un soldat à Rome.

Éphésiens 3:1 fait de Paul un prisonnier pour les païens ; Colossiens 4:3 le montre lié à cause du mystère, que Colossiens 1:27 définit comme le Christ parmi les païens. Dans les Actes, l’émeute naît d’une accusation selon laquelle Paul aurait fait entrer des Grecs dans le temple, et la foule éclate en entendant parler de sa mission auprès des païens (Actes 21:28–29; 22:21–22). Philippiens 1:30 rappelle le combat dont les Philippiens ont été témoins, comme le rapportent Actes 16:22–24 et 1 Thessaloniciens 2:2. Les Actes ne mentionnent jamais Épaphras et n’appellent pas Aristarque prisonnier, et Paul revendique plus d’emprisonnements que les Actes n’en rapportent (2 Corinthiens 11:23).

**Autres lectures**

- **Un fait connu de tous.** Que Paul ait été longtemps prisonnier était largement connu ; un auteur plus tardif pouvait donc le représenter enchaîné sans se servir des Actes. L’accord confirme alors la tradition de sa détention, non l’un de ses détails.
- **Des captifs au sens figuré.** « Compagnon de captivité » (synaichmalotos) désigne littéralement celui qui partage la condition de prisonnier de guerre et peut être figuré ; l’épître aux Colossiens l’applique à Aristarque, l’épître à Philémon à Épaphras ; le terme n’indique donc peut-être pas qui partageait sa détention.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 8 (Colossians), No. I: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7 (Philippians), No. VII: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Le témoignage de Jésus devant Ponce Pilate

Ponce Pilate n’est nommé qu’une fois dans les lettres de Paul, dans 1 Timothée, qui dit que le Christ Jésus a rendu témoignage devant lui. Les Actes le nomment trois fois, dont une dans le sermon de Paul à Antioche de Pisidie, toujours en lien avec la condamnation et la mort de Jésus. La concordance est explicite, mais elle reflète une tradition chrétienne commune plutôt qu’un emprunt littéraire.

- **La lettre:** 1 Timothée 6:12–13
- **Actes:** Actes 3:13; Actes 4:27; Actes 13:28
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Rappelé à sa propre confession devant de nombreux témoins, Timothée reçoit une charge devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui a rendu témoignage devant Ponce Pilate.

**Actes:** Pierre dit que Jésus a été renié devant Pilate, qui avait décidé de le relâcher ; la prière des croyants nomme Hérode Antipas et Ponce Pilate ; Paul dit que les chefs de Jérusalem ont demandé à Pilate de le faire exécuter.

Les deux sources rattachent la passion de Jésus à Pilate. Les Actes ajoutent ce que 1 Timothée ne dit pas : Pilate avait décidé de relâcher Jésus, et les chefs ne trouvaient aucun motif de condamnation à mort, mais réclamaient pourtant son exécution. Le nom était devenu un élément fixe de la confession chrétienne ; au début du IIe siècle, Ignace rattache à plusieurs reprises la souffrance du Christ à Ponce Pilate, une fois aux côtés d’Hérode Antipas, comme en Actes 4:27. La concordance est réelle, mais elle montre une tradition commune, non une dépendance.

**Autres lectures**

- **Une formule de confession.** 1 Timothée 6:13 conserve peut-être une ancienne formule de confession (Kelly), et son grec peut signifier « au temps de Ponce Pilate », ce qui daterait le témoignage du Christ comme le fait le « sous Ponce Pilate » des credo, plutôt que de décrire un procès.
- **Une lettre plus tardive.** Si 1 Timothée est postérieure à Paul, la mention montre seulement que la formule sur Pilate était établie à son époque, comme elle l’est chez Ignace.

**Sources**

- Ignatius of Antioch, Epistle to the Trallians (A. Roberts and J. Donaldson, 1885), Trallians 9: <https://www.newadvent.org/fathers/0106.htm>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Smyrnaeans (A. Roberts and J. Donaldson, 1885), Smyrnaeans 1: <https://www.newadvent.org/fathers/0109.htm>

## Coïncidence non préméditée

### La Syrie et la Cilicie : des Églises que les Actes supposent sans jamais en raconter la fondation

Les Actes supposent l’existence d’Églises en Cilicie dont ils ne montrent jamais la fondation ; Galates suggère une explication. Après sa première visite à Jérusalem, dit Paul, il est allé dans les régions de Syrie et de Cilicie, et les Églises de Judée ont appris qu’il prêchait désormais. Les Actes le situent à Tarse puis à Antioche pendant ces années, mais aucun des deux textes ne nomme les fondateurs de ces Églises.

- **La lettre:** Galates 1:21–23
- **Actes:** Actes 9:30; Actes 11:19–20; Actes 11:25–26; Actes 15:23; Actes 15:41; Actes 21:39; Actes 22:3
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Après cette visite, Paul situe l’étape suivante de son parcours en Syrie et en Cilicie. Il rapporte aussi que l’on parlait de sa prédication : il annonçait désormais la foi qu’il avait auparavant cherché à faire disparaître.

**Actes:** Paul est envoyé à Tarse, sa ville natale de Cilicie, puis amené plus tard à Antioche. Le concile écrit aux croyants d’origine païenne d’Antioche, de Syrie et de Cilicie, dont Paul affermit ensuite les Églises.

Les Actes racontent la fondation de l’Église d’Antioche, mais d’aucune Église de Cilicie ; pourtant Actes 15:23 et 15:41 traitent les Églises de Cilicie comme établies. Galates situe Paul en Syrie et en Cilicie durant les années où les Actes le placent à Tarse puis à Antioche, et rapporte qu’il prêchait. Paley notait qu’un voyage par voie de terre de Césarée à Tarse correspondrait à l’ordre des régions donné par Paul ; l’argument est plus faible, car il a pu voyager par mer, et les deux régions étaient souvent associées sur le plan administratif.

**Autres lectures**

- **D’autres ont pu les fonder.** Les Églises de Cilicie peuvent être issues des croyants dispersés après la mort d’Étienne, qui atteignirent la Phénicie, Chypre et Antioche (Actes 11:19–20), ou de missionnaires anonymes ; Galates implique que Paul a prêché dans la région, non qu’il y a fondé chaque Église.
- **Un écho de Galates.** Actes 15:23 et 15:41 emploient la même association, Syrie et Cilicie, que Galates 1:21. Si Luc connaissait Galates, comme le soutient Richard Pervo, cette association pourrait faire écho à la lettre plutôt que la confirmer de manière indépendante.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. V, No. II, 4 (New York 1849 ed., p. 103): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des dons de Macédoine parvinrent à Paul à Corinthe

L’imbrication la plus solide relie deux lettres : Philippiens dit que seule Philippes a soutenu Paul lorsqu’il quittait la Macédoine ; 2 Corinthiens dit que des frères venus de Macédoine ont pourvu à ses besoins à Corinthe. Les Actes, muets sur les dons, ajoutent l’itinéraire et une arrivée de Macédoine qu’exigeait leur propre récit.

- **La lettre:** Philippiens 4:10–18; 2 Corinthiens 11:7–9; 2 Corinthiens 1:19
- **Actes:** Actes 17:14–15; Actes 18:1–5
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Lorsque Paul quitta la Macédoine, seuls les Philippiens le soutinrent ; à Corinthe, il ne reçut rien des Corinthiens, car des frères arrivés de Macédoine pourvurent à ses besoins.

**Actes:** Paul quitte la Macédoine depuis Bérée pour Athènes et Corinthe, fabrique des tentes et discute chaque sabbat ; une fois Silas et Timothée arrivés de Macédoine, il rend témoignage avec une urgence nouvelle.

Philippiens et 2 Corinthiens, écrites à des moments différents à des Églises différentes, s’accordent : l’argent de Macédoine a suivi Paul vers le sud. Les Actes, muets sur les dons, fournissent l’itinéraire et une arrivée de Macédoine qui aurait pu l’apporter ; 2 Corinthiens 1:19 confirme que Silvain et Timothée ont prêché à Corinthe. Selon le texte critique d’Actes 18:5, Paul se consacre alors à la prédication, comme libéré de la fabrication de tentes ; la WEB suit la plupart des manuscrits tardifs, qui n’ont pas cet indice. Aucun texte ne nomme les porteurs.

**Autres lectures**

- **Un autre don.** Philippiens 4:15 peut décrire un soutien reçu au moment où Paul quittait la Macédoine, ou pendant la période macédonienne en général, et non un don envoyé jusqu’à Corinthe ; et 2 Corinthiens 11:8 parle de plusieurs Églises, non de Philippes seule.
- **Luc a utilisé les lettres.** Si Luc connaissait les lettres de Paul, comme le soutient Pervo, les Actes pourraient en être le reflet ; mais leur propre récit avait déjà laissé Silas et Timothée en Macédoine, si bien que leur arrivée n’a besoin d’aucun emprunt et, pour la même raison, n’apporte guère de confirmation indépendante.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. VII, No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. IV, No. VI: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Prisca et Aquilas : de Rome à Corinthe et à Éphèse, puis retour à Rome

Les Actes, 1 Corinthiens et l’épître aux Romains situent le couple de façon cohérente. Les Actes le font venir d’Italie à Corinthe après que Claude eut expulsé les Juifs de Rome, puis à Éphèse ; 1 Corinthiens, écrite à Éphèse, transmet ses salutations ; l’épître aux Romains, écrite plus tard, le salue à Rome, où il est apparemment revenu. La concordance est indirecte, mais elle suppose que Romains 16 ait été envoyé à Rome.

- **La lettre:** Romains 16:3–5; Romains 15:25–26; 1 Corinthiens 16:8; 1 Corinthiens 16:19; 2 Timothée 4:19; 2 Timothée 1:16–18
- **Actes:** Actes 18:2–3; Actes 18:18–19; Actes 18:26
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** 1 Corinthiens transmet leurs salutations avec l’Église qui se réunit dans leur maison ; l’épître aux Romains les salue, ainsi que l’Église de leur maison, en les remerciant d’avoir risqué leur vie pour Paul ; 2 Timothée les salue.

**Actes:** Aquilas, originaire du Pont, et Priscille venaient de quitter l’Italie à la suite de l’ordre de Claude ; Paul logea et travailla avec eux à Corinthe ; ils embarquèrent avec lui pour Éphèse, y restèrent et instruisirent Apollos.

Paley a relevé combien de telles salutations auraient facilement pu contredire les dates. Lorsque 1 Corinthiens fut écrite à Éphèse, le couple s’y trouvait, comme les Actes le laissent attendre ; l’épître aux Romains, écrite une fois la collecte rassemblée (Romains 15:25–26), laisse le temps d’un retour à Rome, peut-être après la mort de Claude en 54. 2 Timothée, dont l’attribution est contestée, les salue plus tard, apparemment en Asie. Chaque côté apporte ses propres éléments : les lettres, les Églises de maison et un risque pris pour Paul ; les Actes, le Pont, l’édit et le nom de Priscille pour la Prisca de Paul.

**Autres lectures**

- **Romains 16 envoyé à Éphèse.** T. W. Manson a soutenu que Romains 16, avec ses nombreuses salutations, fut envoyé à Éphèse, de sorte qu’il ne montrerait pas le couple de retour à Rome. Harry Gamble et Peter Lampe défendent une destination romaine, aujourd’hui l’opinion majoritaire.
- **Luc s’est inspiré des lettres.** Si Luc connaissait l’épître aux Romains et 1 Corinthiens, il a pu y puiser le couple. Mais le Pont, l’édit et la fabrication de tentes que mentionnent les Actes n’apparaissent dans aucune lettre, et les Églises de maison des lettres n’apparaissent nulle part dans les Actes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. II (Romans), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, Ch. XII, sec. 2: <https://archive.org/download/stpaultravellerr00rams/stpaultravellerr00rams_djvu.txt>

### Travailler de ses propres mains pour n’être à la charge de personne

Les Actes et les lettres s’accordent : Paul subvenait à ses besoins par un travail manuel, et cet accord est indirect. Les Actes nomment son métier, la fabrication de tentes à Corinthe, mais ne mentionnent son travail à Éphèse que dans le discours d’adieu prononcé plus tard par Paul ; 1 Corinthiens, écrite à Éphèse, dit qu’il travaille encore de ses mains. Les lettres ajoutent Thessalonique et ses raisons.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 4:11–12; 1 Corinthiens 9:6; 1 Corinthiens 9:12; 1 Corinthiens 9:15–18; 1 Corinthiens 16:8; 2 Corinthiens 11:7–12; 2 Corinthiens 12:13–18; 1 Thessaloniciens 2:9; 1 Thessaloniciens 4:11–12; 2 Thessaloniciens 3:7–10; Éphésiens 4:28; Philippiens 4:15–16
- **Actes:** Actes 17:7; Actes 18:3; Actes 20:33–35
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a travaillé nuit et jour de ses mains pour n’être à la charge de personne et donner l’exemple, sans recevoir de rémunération de l’Église qu’il servait, bien que des Macédoniens lui aient envoyé des dons.

**Actes:** À Corinthe, Paul fabriquait des tentes avec Aquilas et Priscille. Les Actes ne mentionnent aucun travail à Éphèse jusqu’à l’adieu de Paul à Milet, où il rappelle que ses mains ont pourvu à ses besoins et à ceux de ses compagnons.

1 Corinthiens implique un travail manuel à Éphèse ; les Actes ne le confirment qu’indirectement, dans un discours à Milet plutôt que dans leur récit sur Éphèse, et en d’autres termes. Paley soutenait qu’un auteur copiant la lettre aurait placé ce détail dans le récit. Les deux côtés donnent le même motif, un exemple pour les autres (2 Thessaloniciens 3:9; Actes 20:35), et Éphésiens 4:28, comme les Actes, lie le travail au don, bien que l’attribution de ces deux lettres soit contestée. Seuls les Actes nomment le métier.

**Autres lectures**

- **Un discours construit à partir des lettres.** Aejmelaeus a soutenu que Luc composa le discours de Milet à partir des lettres de Paul, dont 1 Thessaloniciens et l’épître aux Éphésiens. Walton, pesant les mêmes parallèles, a jugé que Luc connaissait la tradition paulinienne indépendamment des lettres.
- **Une friction à Thessalonique.** Jason accueillit les missionnaires à Thessalonique (Actes 17:7), et Philippes y envoya des dons (Philippiens 4:16), pourtant 2 Thessaloniciens insiste sur le fait qu’ils payaient leur nourriture. Loger chez Jason et acheter la nourriture grâce aux dons concilierait les deux, mais aucun texte ne le dit.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. III (First Corinthians), No. VI: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, Ch. X (Second Thessalonians), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Timothée envoyé en avant par la Macédoine, puis avec Paul en Macédoine

La note des Actes selon laquelle Timothée fut envoyé d’Éphèse en Macédoine explique pourquoi 1 Corinthiens, tout en disant que Timothée a déjà été envoyé, s’attend à ce qu’il n’arrive à Corinthe qu’après la lettre. Les deux textes placent sa mission à côté du prochain voyage de Paul lui-même, et plus tard tous deux replacent Timothée auprès de Paul.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 4:17–19; 1 Corinthiens 16:5; 1 Corinthiens 16:10–11; 2 Corinthiens 1:1; 2 Corinthiens 7:6–7; Romains 16:21; Romains 16:23
- **Actes:** Actes 19:21–22; Actes 20:1–4
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a envoyé Timothée rappeler à Corinthe ses façons d’agir et viendra bientôt lui-même ; si Timothée arrive, qu’on l’accueille. Plus tard, Timothée est coexpéditeur de 2 Corinthiens et salue Rome avec Paul.

**Actes:** Ayant résolu de passer par la Macédoine et l’Achaïe pour aller à Jérusalem, Paul envoie Timothée et Éraste en Macédoine et reste en Asie ; Timothée voyage plus tard avec lui depuis la Grèce.

Timothée est déjà parti, et pourtant la lettre dit à Corinthe quoi faire s’il arrive : il suit donc un itinéraire plus long que la lettre. Les Actes fournissent cet itinéraire, par le détour de la Macédoine, que 1 Corinthiens ne mentionne jamais ; un copiste l’aurait plus probablement envoyé directement à Corinthe. Paley a aussi noté que les deux textes placent la mission à côté du propre projet de Paul. Les Actes ajoutent Éraste, que les lettres aux Corinthiens ne nomment jamais, bien qu’un Éraste, trésorier de la ville, envoie ses salutations en Romains 16:23.

**Autres lectures**

- **Les Actes se sont inspirés des lettres.** Schellenberg soutient que Luc a construit l’itinéraire des Actes en grande partie à partir des lettres, lisant Actes 19:22, avec 1 Corinthiens 16:10, comme ce que Luc substitue à Tite ; 1 Corinthiens 16:5 et 2 Corinthiens 1:1 pourraient suggérer le cadre en Macédoine.
- **Une autre mission.** Actes 19:22 décrit peut-être une mission postérieure à celle de 1 Corinthiens 4:17, ou Timothée n’a peut-être jamais atteint Corinthe : dans 2 Corinthiens, c’est Tite qui en rapporte des nouvelles.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 3 (1 Corinthians), no. 3: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 3 (1 Corinthians), no. 4: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### L’épître aux Romains écrite à Corinthe pendant les trois mois en Grèce

L’épître aux Romains ne nomme jamais son lieu de rédaction, mais ses détails désignent Corinthe pendant les trois mois en Grèce d’Actes 20:2–3 : Paul s’apprête à porter à Jérusalem le don de la Macédoine et de l’Achaïe, recommande Phœbé de Cenchrées, toute proche, et transmet les salutations de son hôte Gaïus et d’Éraste, le trésorier de la ville.

- **La lettre:** Romains 15:25–26; Romains 16:1–2; Romains 16:21; Romains 16:23; 1 Corinthiens 1:14; 2 Corinthiens 9:1–5
- **Actes:** Actes 18:1–11; Actes 18:18; Actes 20:1–3; Actes 20:4; Actes 20:16; Actes 24:17
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul part pour Jérusalem avec une contribution de la Macédoine et de l’Achaïe, recommande Phœbé, au service de l’Église de Cenchrées, et transmet les salutations de Gaïus, d’Éraste et de Timothée.

**Actes:** Après avoir parcouru la Macédoine, Paul passe trois mois en Grèce et s’apprête à s’embarquer pour la Syrie lorsqu’un complot le renvoie par la Macédoine, pressé d’arriver à Jérusalem pour la Pentecôte.

Chaque indice est indirect. Cenchrées, où Actes 18:18 montre Paul se faisant raser la tête, était le port oriental de Corinthe ; 1 Corinthiens 1:14 rattache un Gaïus à Corinthe ; l’épître aux Romains traite le don de l’Achaïe comme prêt, alors que 2 Corinthiens 9:1–5 le presse encore. Romains 16:21 transmet les salutations de Timothée et de Sosipater, et Actes 20:4 montre Timothée et Sopater, probablement le même homme, partant de Grèce avec Paul. Actes 20:2–3 ne nomme ni Corinthe ni la collecte, qui n’apparaît qu’en Actes 24:17 ; les Actes ne montrent donc aucun signe de dépendance envers l’épître aux Romains.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont utilisé les lettres de Paul.** Richard Pervo et d’autres soutiennent que Luc a utilisé les lettres de Paul. Dans cette perspective, le séjour en Grèce des Actes pourrait faire écho aux projets de voyage de l’épître aux Romains, et la concordance compte pour un seul témoin, non deux.
- **Romains 16 comme billet distinct.** Certains, à la suite de T. W. Manson, lisent Romains 16 comme un billet distinct adressé à Éphèse, une position aujourd’hui minoritaire. Dans ce cas, Phœbé, Gaïus et Éraste situeraient ce billet, et non les chapitres 1–15, dont le cadre reposerait sur les seuls projets de collecte.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. II (Epistle to the Romans), No. II; New York 1849 edition, p. 22: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. II (Epistle to the Romans), No. II; New York 1849 edition, p. 26: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. II (Epistle to the Romans), No. II; New York 1849 edition, p. 29: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Corinthe, point le plus éloigné des voyages de Paul jusque-là

Dans 2 Corinthiens, Paul traite Corinthe comme la limite atteinte par sa mission et espère prêcher dans les contrées situées au-delà. L’itinéraire des Actes concorde : son premier voyage en Europe passa par Philippes, Thessalonique, Bérée, Athènes et Corinthe, puis repartit vers l’est depuis le port de Corinthe. La formulation est générale et porte surtout sur le territoire de mission ; la coïncidence est donc mince.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 10:13–16; Romains 15:19; Romains 15:24–28
- **Actes:** Actes 16:11–12; Actes 17:1; Actes 17:10; Actes 17:15; Actes 18:1; Actes 18:18–22; Actes 19:21; Actes 20:1–2
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit que le champ que Dieu lui a assigné s’étend jusqu’à Corinthe, et espère, à mesure que leur foi grandira, annoncer l’Évangile dans les régions situées au-delà de chez eux.

**Actes:** Le premier voyage de Paul en Europe le mène de Philippes à Corinthe, sa plus longue étape, en passant par Thessalonique, Bérée et Athènes, avant qu’il ne s’embarque vers l’est. Plus tard, il décide de voir Rome.

Paley soutenait que l’expression convient à Corinthe mais non à Philippes ou à Thessalonique, au-delà desquelles Paul était allé, et l’itinéraire des Actes, raconté pour d’autres raisons, fait de Corinthe le point de retour. Mais les contrées situées à l’ouest et au nord-ouest de Thessalonique n’avaient pas non plus été visitées, et Paul décrit le champ qui lui a été attribué, non une distance parcourue. Les contrées au-delà pourraient être Rome et l’Espagne (Actes 19:21; Romains 15:24–28) ou des régions des Balkans comme l’Illyrie (Romains 15:19), que la tournée en Macédoine d’Actes 20:1–2 a peut-être atteintes.

**Autres lectures**

- **Un champ de mission, non des voyages.** De nombreux lecteurs modernes comprennent le passage comme une affirmation sur le territoire que Dieu avait assigné à Paul, en réponse à des rivaux qui s’y étaient introduits. Selon cette lecture, il dit peu de chose de l’étendue de ses voyages.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. XII; New York 1849 edition, p. 94: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. XII; New York 1849 edition, p. 94: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### La collecte : centrale dans les lettres, mentionnée seulement en passant dans les Actes

L’épître aux Romains et les lettres aux Corinthiens font de la collecte pour les croyants pauvres de Jérusalem un projet majeur ; les Actes racontent le voyage qui la transportait sans en indiquer le but. Ce n’est que dans la défense de Paul devant Félix que les Actes mentionnent qu’il était venu apporter des dons pour les nécessiteux, et des offrandes. Cette remarque en passant s’accorde avec les lettres sans paraître conçue pour les rejoindre.

- **La lettre:** Romains 15:25–28; 1 Corinthiens 16:1–4; 2 Corinthiens 8:1–9:15
- **Actes:** Actes 11:27–30; Actes 19:21; Actes 20:1–6; Actes 20:16; Actes 21:17–26; Actes 24:17
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul porte le don de la Macédoine et de l’Achaïe aux croyants pauvres de Jérusalem, une dette dont les païens sont redevables ; Corinthe est invitée à épargner chaque semaine, et 2 Corinthiens presse d’achever la collecte.

**Actes:** Les Actes racontent le voyage vers Jérusalem sans en indiquer le but ; ce n’est que devant Félix que Paul mentionne être venu, après plusieurs années, avec des dons pour les pauvres de sa nation, et des offrandes.

L’épître aux Romains nomme l’argent, les donateurs et le voyage ; les Actes fournissent le voyage et, des chapitres plus loin, une allusion en passant à des dons que la collecte expliquerait. Paley jugeait qu’aucun lecteur ne soupçonnerait que la proposition avait été ajoutée pour combler l’omission du récit. Sa formulation diffère de celle des lettres, ce qui s’accorde avec une connaissance indépendante, sans la prouver. Le secours lors de la famine d’Actes 11:27–30 est un don antérieur et distinct.

**Autres lectures**

- **Un autre don.** Actes 24:17 parle de dons pour la nation de Paul et d’offrandes, peut-être des sacrifices au Temple (comparer Actes 21:26), alors que les lettres destinent l’argent aux croyants pauvres ; certains doutent que Luc désigne la collecte, ou pensent qu’il l’a reformulée à l’intention d’un gouverneur.
- **Une sourdine délibérée.** Le narrateur à la première personne des Actes participe à ce voyage (Actes 20:5–6) ; leur silence paraît donc choisi ; si Luc connaissait aussi les lettres, comme le soutient Pervo, l’allusion en passant pourrait être maîtrisée plutôt qu’accidentelle.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter II, No. I: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des délégués des Églises avec le don, et la liste d’Actes 20:4

Les lettres aux Corinthiens prévoient que des compagnons choisis par les Églises voyagent avec le don, afin que personne ne puisse accuser Paul au sujet de l’argent. Actes 20:4, sans donner de raison, énumère sept hommes de plusieurs régions qui accompagnent Paul depuis la Grèce, et place plus tard l’un d’eux à Jérusalem. Les lettres expliquent peut-être le groupe que rapportent les Actes, bien que les Actes ne les appellent jamais délégués.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 16:3–4; 2 Corinthiens 8:16–23; 2 Corinthiens 9:3–5
- **Actes:** Actes 20:2–6; Actes 21:29; Actes 24:17; Actes 27:2
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Corinthe doit approuver des porteurs pour le don ; un frère choisi par les Églises voyage avec Paul parmi d’autres envoyés, afin que personne ne puisse lui reprocher sa gestion de l’argent.

**Actes:** Sans explication, sept hommes accompagnent Paul vers l’Asie : Sopater de Bérée, Aristarque et Second de Thessalonique, Gaïus de Derbe, Timothée, ainsi que Tychique et Trophime d’Asie.

Les lettres expliqueraient ce que les Actes laissent inexpliqué : pourquoi des hommes de plusieurs régions voyagent avec Paul à ce moment-là. 2 Corinthiens 9:4 s’attend à ce que des Macédoniens viennent à Corinthe avec Paul ; les Actes énumèrent des Macédoniens quittant la Grèce avec lui, puis placent Trophime à Jérusalem et Aristarque sur le voyage vers Rome. Les villes d’origine et ce regroupement ne peuvent être tirés des lettres, même si plusieurs noms y figurent. Les Actes n’appellent jamais ces hommes délégués ; l’identification est donc une déduction, quoique largement partagée.

**Autres lectures**

- **Une équipe de voyage.** Les Actes énumèrent peut-être simplement l’équipe de voyage de Paul ; ils ne mentionnent jamais d’argent et ne les appellent jamais envoyés.
- **Une omission choisie.** Le narrateur à la première personne des Actes se joint à ce voyage (Actes 20:5–6) et les Actes mentionnent plus tard des dons (Actes 24:17) ; la liste inexpliquée pourrait donc refléter un choix d’omettre l’argent, non une ignorance.

### Qui était avec Paul quand il écrivit l’épître aux Romains : Timothée, Sosipater, Jason et d’autres

L’épître aux Romains transmet les salutations des compagnons de Paul, parmi lesquels Timothée et Sosipater. Actes 20:4 énumère ceux qui partirent de Grèce avec Paul peu après, dont Timothée et Sopater de Bérée, probablement le même homme. Le recoupement est réel mais modeste ; les autres correspondances proposées, Jason, Gaïus et Lucius, sont incertaines ou improbables.

- **La lettre:** Romains 16:21–23; Romains 15:25–26; 1 Corinthiens 1:14; 2 Corinthiens 1:1; Colossiens 4:10–14
- **Actes:** Actes 13:1; Actes 17:5–9; Actes 19:22; Actes 20:1–4
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Timothée, Lucius, Jason et Sosipater saluent Rome, avec Tertius le scribe, Gaïus qui accueille l’Église, Éraste le trésorier de la ville, et Quartus.

**Actes:** Paul quitte la Grèce avec Sopater de Bérée, Aristarque et Second de Thessalonique, Gaïus de Derbe, Timothée, ainsi que Tychique et Trophime d’Asie.

L’épître aux Romains ne dit jamais où ni quand elle fut écrite ; Paley la datait en comparant Romains 15:25–26 avec les lettres aux Corinthiens et Actes 20:1–3, si bien que la correspondance repose en partie sur les Actes. Selon cette datation, la présence de Timothée s’accorde (2 Corinthiens 1:1; Actes 20:4), et Sosipater est une forme plus complète de Sopater. Jason est peut-être l’hôte de Paul à Thessalonique et Lucius est peut-être Lucius de Cyrène, mais aucune de ces identifications n’est certaine. Paley jugeait que le recoupement correspondait à peu près à ce que produirait la réalité, et qu’il était moindre que ce que produirait une intention délibérée.

**Autres lectures**

- **La liste plus large de Paley.** Paley comptait Gaïus comme une troisième correspondance et se demandait si Lucius était Luc. Mais l’hôte de Paul est probablement le Gaïus de Corinthe (1 Corinthiens 1:14), et Colossiens 4:10–14 semble compter Luc parmi les païens, à la différence de Lucius, parent de Paul.
- **Le cercle habituel de Paul.** Timothée était le compagnon constant de Paul et Sopater était un nom courant ; le recoupement peut donc montrer seulement que les deux textes connaissent l’entourage de Paul, et non qu’ils fixent indépendamment le même moment.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul, ch. II (Epistle to the Romans), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Marc est le cousin de Barnabas, ce qui explique la position de Barnabas en Actes 15

Les Actes racontent comment Barnabas a tenu à emmener Marc, s’est séparé de Paul à ce sujet et est parti avec lui pour Chypre, sans expliquer sa fidélité. Colossiens mentionne en passant que Marc était le cousin de Barnabas. Cette parenté rendrait compte de la position de Barnabas, un lien qu’aucun des deux textes n’établit et que Paley comptait parmi les coïncidences non préméditées.

- **La lettre:** Colossiens 4:10; Galates 2:13
- **Actes:** Actes 4:36; Actes 9:26–27; Actes 12:12; Actes 12:25; Actes 13:13; Actes 15:37–39
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Dans une salutation, Colossiens présente Marc comme le cousin de Barnabas et mentionne des instructions antérieures demandant de l’accueillir s’il vient.

**Actes:** Barnabas voulait emmener de nouveau Jean-Marc ; Paul a refusé parce que Marc s’était retiré en Pamphylie ; après un vif désaccord, Barnabas a emmené Marc à Chypre, sa terre natale.

Les Actes ne mentionnent jamais la parenté, et Colossiens ne mentionne jamais la querelle. Paley notait que seule l’épître aux Colossiens conserve cette relation et qu’elle rendrait compte de l’attachement de Barnabas à Marc ; Lightfoot l’approuvait, en montrant que le mot signifie cousin, et non neveu comme le rendaient d’anciennes versions anglaises. Un auteur travaillant à partir des Actes n’aurait guère eu de raison de l’ajouter. Lightfoot pensait que la parenté passait peut-être par Marie, la mère de Marc, dont les Actes mentionnent la maison à Jérusalem.

**Autres lectures**

- **Le caractère de Barnabas suffit.** Les Actes expliquent déjà Barnabas : le fils de l’encouragement qui s’est porté garant de Saul récemment converti quand d’autres le craignaient. Défendre Marc ne demande aucun lien familial ; la parenté convient donc, mais n’est pas nécessaire.
- **Une rupture plus profonde.** Galates rapporte que Barnabas s’est rangé du côté de Pierre à Antioche, et certains spécialistes pensent que cette rupture, et pas seulement Marc, est à l’origine de la séparation ; le détail du cousin n’en expliquerait alors qu’une partie.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter VIII (Colossians), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, Chapter VIII (Colossians), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

## Détail complémentaire

### La tribu de Benjamin dans les lettres, le nom Saul dans les Actes

Les lettres de Paul donnent sa tribu, Benjamin, mais jamais le nom Saul ; les Actes donnent le nom Saul mais jamais sa tribu. Ensemble, ces données suggèrent un rapprochement naturel : une famille benjamite donnant à un fils le nom du premier roi d’Israël, lui-même benjamite, que rappelle le Paul des Actes. Aucun des deux textes n’établit ce lien : il s’agit donc d’un détail complémentaire, plausible mais impossible à prouver.

- **La lettre:** Romains 11:1; Philippiens 3:5
- **Actes:** Actes 7:58; Actes 9:4; Actes 13:7–9; Actes 13:21; Actes 26:14
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul nomme deux fois sa tribu, Benjamin : une fois pour soutenir que Dieu n’a pas rejeté Israël, une fois dans la liste de ses titres. Aucune lettre ne l’appelle Saul.

**Actes:** Les Actes l’appellent Saul jusqu’en Actes 13:9, puis Saul, aussi appelé Paul ; Jésus ressuscité s’adresse à lui en l’appelant Saul. Dans son sermon d’Antioche de Pisidie, Paul rappelle le roi Saül, un benjamite.

Aucune des deux sources ne relève cette concordance. La tribu nommée dans Romains et Philippiens pourrait expliquer pourquoi une famille a choisi le nom du membre le plus célèbre de la tribu ; les Actes fournissent le nom et, dans un sermon qu’ils attribuent à Paul, la tribu du roi. Actes 13:9 présente Paul comme un second nom, non comme un changement de nom lié à la conversion. La concordance est suggestive, non probante.

**Autres lectures**

- **Un nom non réservé aux benjamites.** Le nom Saul n’était pas réservé aux benjamites : la Guerre des Juifs de Josèphe mentionne un Saulus parmi les parents royaux d’Agrippa. Le nom peut simplement avoir été un choix familial ; le lien avec la tribu reste donc une conjecture.
- **Paul nommé d’après Sergius Paulus.** Comme les Actes emploient pour la première fois le nom Paul à côté du proconsul Sergius Paulus (Actes 13:7–9), certains en déduisent que l’apôtre a pris son nom ; les Actes disent seulement que Saul s’appelait aussi Paul, et Colin Hemer considère Paulus comme un cognomen romain porté dès la naissance.

### La lumière de Dieu dans le cœur de Paul et la lumière sur la route de Damas

2 Corinthiens fait peut-être allusion à la lumière de Damas, ce que les spécialistes discutent. Paul dit que le Dieu qui a d’abord fait jaillir la lumière des ténèbres a brillé en lui et en ses collègues, révélant la gloire de Dieu en Christ. Les Actes racontent une lumière aveuglante venue du ciel près de Damas. Les images se recoupent fortement, mais la lettre ne nomme ni lieu, ni moment, ni événement.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 3:16–18; 2 Corinthiens 4:4–6; 1 Corinthiens 9:1; 1 Corinthiens 15:8
- **Actes:** Actes 9:3–9; Actes 9:17–18; Actes 22:6–11; Actes 26:13–18
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’intelligence des incrédules est aveuglée, mais le Créateur de la lumière a brillé en Paul et en ses collègues, révélant la gloire de Dieu en Christ ; se tourner vers le Seigneur ôte le voile.

**Actes:** Près de Damas, une lumière céleste aveugle Saul, dans un récit par sa seule gloire, jusqu’à la venue d’Ananias. Jésus l’envoie faire passer les gens des ténèbres à la lumière.

Les Actes fournissent une scène extérieure de lumière, de cécité et de mission pour ouvrir les yeux, qui s’accorde avec le langage intérieur de Paul. Seyoon Kim et d’autres lisent 2 Corinthiens 4:6 comme un souvenir par Paul de l’apparition de Damas. Mais lorsque Paul évoque clairement cet événement, il parle d’avoir vu le Seigneur, jamais d’une lumière (1 Corinthiens 9:1 ; 1 Corinthiens 15:8). Ici, il écrit au pluriel, puise dans le langage de la création et décrit ce qui arrive à quiconque se tourne vers le Seigneur. Le recoupement tient à des images communes, non à un accord sur un fait énoncé.

**Autres lectures**

- **Une illumination générale.** 2 Corinthiens 4:6 peut décrire la manière dont l’Évangile éclaire tout croyant, comme le suggèrent les versets voisins sur le voile ôté, sans référence précise à l’événement de Damas.
- **Luc a mis les images en scène.** Luc, ou la tradition dont il dépend, a pu transformer le langage paulinien de la lumière et de la cécité en une scène racontée ; les Actes refléteraient alors des images pauliniennes plutôt que de les confirmer de manière indépendante.

### Damas comme lieu de l’appel n’est qu’implicite dans Galates

Galates ne dit jamais où l’appel de Paul a eu lieu, mais implique qu’il se trouvait à Damas au moment de son appel ou juste après : après l’Arabie, dit Paul, il est retourné à Damas. Les Actes racontent l’appel sur la route de Damas et ses premiers jours dans la ville. La mention de la lettre est incidente, comme Paley l’a souligné.

- **La lettre:** Galates 1:15–17
- **Actes:** Actes 9:3–22; Actes 22:6–11; Actes 26:12–13
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul décrit son appel sans nommer de lieu, puis mentionne en passant qu’après l’Arabie il est retourné à Damas.

**Actes:** Les trois récits situent la rencontre sur la route, près de Damas ; le plus complet montre ensuite Saul conduit dans la ville, baptisé et prêchant dans ses synagogues.

Les éléments s’ajustent sans effort : Galates implique que Paul était à Damas vers le moment de son appel, et les Actes racontent cet appel en détail. Paley voyait dans la mention en passant une marque de simplicité et d’absence de dessein, signe que la lettre n’a pas été écrite pour concorder avec les Actes. Cela appuie l’indépendance de la lettre, non celle des Actes. Luc a pu avoir connaissance de Damas par la tradition ou par les lettres de Paul ; cet accord est donc classé comme complémentaire plutôt que comme non concerté.

**Autres lectures**

- **Une coïncidence non concertée.** Avec Paley, on peut lire la mention comme un ajustement non prévu entre des sources indépendantes : la lettre ne nomme Damas qu’en passant et dans un autre but, tandis que les Actes racontent toute la scène.
- **Un fait connu de tous.** La conversion de Paul près de Damas était probablement largement connue des premiers chrétiens ; l’accord peut donc seulement montrer que les deux auteurs partageaient une tradition bien connue.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. 5 (Galatians), No. II; 1850 Religious Tract Society edition: <https://archive.org/download/horaepaulinaeor00palegoog/horaepaulinaeor00palegoog_djvu.txt>

### Quinze jours à Jérusalem et l’ordre de partir rapidement

Galates dit que Paul est resté quinze jours chez Pierre lors de sa première visite à Jérusalem après sa conversion. Actes 9 n’indique aucune durée ; Paley pensait que ce chapitre suggère un séjour plus long, mais le discours de Paul en Actes 22 rappelle une vision lui ordonnant de partir rapidement. Les deux s’accordent, bien que les deux passages des Actes décrivent un départ précipité et non un séjour mesuré ; l’accord est donc modeste.

- **La lettre:** Galates 1:18–19
- **Actes:** Actes 9:26–30; Actes 22:17–21
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Après trois ans, Paul est monté à Jérusalem pour rendre visite à Pierre et est resté chez lui quinze jours, sans voir aucun autre apôtre sinon Jacques.

**Actes:** Barnabas amène Paul aux apôtres ; il prêche avec assurance jusqu’à ce que des Hellénistes cherchent à le tuer, et il est envoyé à Tarse. Plus tard, il rappelle une vision dans le Temple lui ordonnant de partir rapidement.

Paley soutenait qu’Actes 9, lu isolément, suggère un séjour plus long, tandis qu’un passage éloigné, le discours de Paul en Actes 22:17–21, en implique un court, ce qui concorde avec les quinze jours de Galates. Les Actes donnent deux causes compatibles du départ, un complot et un ordre divin. Les deux passages des Actes décrivent un départ précipité plutôt qu’ils ne mesurent le séjour ; la concordance reste donc générale. Un emprunt semble peu probable, puisque les Actes ne donnent aucun chiffre et font amener Paul aux apôtres par Barnabas, alors que Galates ne nomme que Pierre et Jacques.

**Autres lectures**

- **Actes 9 comme construction de Luc.** De nombreux spécialistes critiques voient en Actes 9:26–30 une construction largement due à Luc ; dans cette perspective, la brièveté commune est fortuite et ne constitue pas une corroboration.
- **Luc connaissait Galates.** Si Luc connaissait Galates, comme le soutient Richard Pervo, la visite brève et précipitée des Actes pourrait dépendre de la lettre, et l’accord ne serait pas indépendant.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. V, No. VIII (New York 1849 ed., p. 117): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Apparitions à Céphas, aux cinq cents et à Jacques

Les Actes résument quarante jours d’apparitions aux apôtres et racontent trois fois l’apparition à Paul. Paul transmet une liste reçue : Céphas, les Douze, plus de cinq cents personnes à la fois, Jacques, tous les apôtres et enfin lui-même. Les Actes ne mentionnent jamais les cinq cents ni des apparitions distinctes à Pierre et à Jacques, bien qu’ils montrent les frères de Jésus parmi les premiers croyants.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 15:3–8
- **Actes:** Actes 1:3; Actes 1:14; Actes 2:1–4; Actes 9:3–6; Actes 9:17; Actes 10:40–41; Actes 13:31; Actes 22:6–10; Actes 26:16
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul transmet une tradition reçue : le Christ ressuscité est apparu à Céphas, aux Douze, à plus de cinq cents personnes à la fois (la plupart encore vivantes), à Jacques, à tous les apôtres, et en dernier à Paul.

**Actes:** Jésus s’est montré vivant aux apôtres pendant quarante jours et à des témoins choisis qui ont mangé avec lui, puis est apparu plus tard à Paul ; ses frères se joignent aux premiers croyants.

Écrite environ deux décennies après les événements, la lettre nomme des apparitions que les Actes passent sous silence, tandis que les Actes fournissent le cadre des quarante jours et des repas partagés. Les deux appellent apparition la rencontre de Damas, bien que les Actes la placent après les quarante jours. L’Évangile de Luc rapporte une apparition à Simon, le Céphas de Paul (Luc 24:34). Les Actes montrent les frères de Jésus parmi les croyants et un Jacques dirigeant à Jérusalem sans expliquer son accession à ce rôle ; une apparition à Jacques, que l’on identifie généralement au frère du Seigneur, pourrait aider à en rendre compte, bien qu’aucun des deux textes n’établisse ce lien.

**Autres lectures**

- **Les cinq cents et la Pentecôte.** Gerd Lüdemann suggère que l’apparition à plus de cinq cents personnes était une expérience extatique collective que la tradition ultérieure a aussi racontée comme la Pentecôte (Actes 2:1–4) ; les Actes et la lettre pourraient donc décrire un même événement de manière différente.

### Jacques, frère du Seigneur à la tête de l’Église de Jérusalem

Les Actes rapportent la mort de Jacques, frère de Jean, puis présentent, sans explication, un autre Jacques comme dirigeant à Jérusalem : Pierre lui fait porter un message, il prononce le jugement décisif au concile et il reçoit Paul avec les anciens. Galates le nomme frère du Seigneur et colonne. Les portraits s’accordent sur son rang, même si leur ton diffère.

- **La lettre:** Galates 1:19; Galates 2:9; Galates 2:12
- **Actes:** Actes 1:13–14; Actes 12:2; Actes 12:17; Actes 15:1; Actes 15:13–21; Actes 15:24; Actes 21:18–25
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Lors de sa première visite, Paul a vu Jacques, frère du Seigneur ; plus tard, Jacques vient en tête de la liste des colonnes, et Pierre se retire de la table des païens à Antioche quand arrivent des gens venus de chez Jacques.

**Actes:** Après la mise à mort de Jacques, frère de Jean, un Jacques jamais présenté reçoit le message de Pierre, clôt le concile par son jugement et reçoit Paul avec les anciens, en l’exhortant à un rite de purification.

Galates identifie le Jacques que les Actes laissent sans explication, bien que les Actes nomment aussi un Jacques, fils d’Alphée (Actes 1:13). Les deux textes lui donnent une place établie et dirigeante à Jérusalem, comme l’a relevé Paley. Comme son rang était largement connu, ainsi que le montre plus tard Hégésippe, cet accord atteste la cohérence plus que l’indépendance. Le ton diffère : Actes 15 montre un médiateur, tandis que dans Galates des gens venus de chez Jacques troublent Antioche. Pourtant, Actes 15:1 et 15:24 rapportent aussi que des gens de Judée troublent Antioche, et la lettre de Jérusalem les désavoue ; et Actes 21:20–25 montre Jacques attentif aux croyants qui observent la Loi.

**Autres lectures**

- **Non intentionnel, finalement.** Paley tenait cet accord pour non intentionnel : les Actes ne disent jamais de quel Jacques il s’agit, et pourtant leur Jacques occupe à Jérusalem la même place fixe et dirigeante que Galates donne au frère du Seigneur, comme le feraient des auteurs indépendants décrivant des circonstances réelles.
- **Portraits rivaux.** Dans la tradition de Tübingen issue de F. C. Baur, Galates montre un conflit réel entre Paul et le cercle de Jacques, que les Actes lissent en harmonie ; la prééminence commune de Jacques masque alors un désaccord plus profond.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. V, No. X (New York 1849 ed., p. 119): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Hist. eccl. 2.23.4 (quoting Hegesippus): <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>

### Céphas et Jean parmi les colonnes

Galates nomme Jean, avec Jacques et Céphas, parmi les colonnes réputées de l’Église de Jérusalem ; c’est la seule mention que Paul fait de lui. Les Actes associent à plusieurs reprises Pierre et Jean comme dirigeants à Jérusalem, mais abandonnent Jean après la Samarie, sauf pour le nommer comme frère de Jacques, mis à mort. Galates montre ainsi Jean encore en vue des années plus tard.

- **La lettre:** Galates 2:9; Galates 1:19
- **Actes:** Actes 3:1–11; Actes 4:13; Actes 4:19; Actes 8:14; Actes 12:1–2; Actes 15:6–14
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Jacques, Céphas et Jean, réputés être des colonnes, acceptèrent formellement Paul et Barnabas comme partenaires : les deux iraient vers les païens, les colonnes vers les circoncis.

**Actes:** Pierre, avec Jean, guérit un boiteux au temple ; tous deux affrontent ensemble les autorités et se rendent en Samarie. Plus tard, Hérode fait tuer Jacques, frère de Jean ; la scène du concile omet Jean.

Les récits se complètent. Les Actes présentent Pierre et Jean comme un duo dirigeant à Jérusalem ; Galates, écrite dans un autre but, montre Jean toujours placé aux côtés de Pierre lors de la visite de Paul. Actes 12:2 fait de son Jean le frère de Jacques, mis à mort ; le Jean des colonnes est vraisemblablement le même homme, et le Jacques des colonnes, le frère du Seigneur de Galates 1:19. Si Galates 2 décrit la visite du concile, Actes 15 laisse Jean parmi les apôtres non nommés (Actes 15:6).

**Autres lectures**

- **Jean, compagnon silencieux.** Jean ne parle ni n’agit jamais seul dans les Actes, et seul l’Évangile de Luc nomme Pierre et Jean comme le duo envoyé préparer la Pâque (Luc 22:8; comparer Marc 14:13). Ce couple pourrait être l’œuvre de Luc ; Galates constitue alors le témoignage solide.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Les repas de Pierre avec des païens et le parti de la circoncision

Galates dit que Pierre mangeait avec des païens à Antioche, puis se retira par crainte du parti de la circoncision. Dans les Actes, Pierre apprend à ne déclarer personne impur, entre dans la maison de Corneille et se voit reprocher à Jérusalem d’avoir mangé avec des incirconcis. La scène correspond au Pierre des Actes, même si sa reculade s’accorde mal avec sa prise de position au concile.

- **La lettre:** Galates 2:11–14
- **Actes:** Actes 10:9–16; Actes 10:28; Actes 10:45; Actes 10:48; Actes 11:2–18; Actes 15:7–11
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** À Antioche, Pierre mangeait avec les croyants d’origine païenne jusqu’à l’arrivée de gens venus de chez Jacques ; il se retira alors, craignant le parti de la circoncision. D’autres Juifs, et même Barnabas, le suivirent, et Paul reprit Pierre publiquement.

**Actes:** Une vision enseigne à Pierre à ne déclarer personne impur ; il entre dans la maison de Corneille, où on lui demande de rester. Des croyants circoncis de Jérusalem lui reprochent d’avoir mangé avec des incirconcis.

Les Actes et Galates montrent le même homme soumis à une pression semblable. Dans les Actes, l’objection aux repas de Pierre vient de croyants circoncis (Actes 11:2–3) ; dans Galates, il cède devant un groupe désigné de façon semblable. La difficulté est que le Pierre des Actes avait défendu sa conduite (Actes 11:4–18) et soutint plus tard que Dieu traite de la même façon les Juifs et les païens (Actes 15:9). Paley répondait que la question d’Antioche, celle de Juifs partageant les repas de croyants d’origine païenne, différait de celle du concile, et que Pierre avait peut-être compris la vision comme une décision valable pour une seule occasion.

**Autres lectures**

- **Luc a amplifié le récit de Corneille.** Beaucoup de spécialistes critiques, à la suite de Martin Dibelius, pensent que Luc a amplifié un simple récit de conversion pour en faire un précédent fondateur ; les hésitations de Pierre à Antioche montreraient alors mieux combien la question restait indécise.
- **Des adversaires différents.** Le groupe de la circoncision que Pierre craignait à Antioche était peut-être composé de Juifs non chrétiens faisant pression sur les croyants juifs, plutôt que des critiques croyants d’Actes 11:2–3 ; selon cette lecture, le lien entre les récits est plus lâche.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 10: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Barnabas : partenaire, collègue subvenant à ses propres besoins, entraîné à Antioche

Galates et 1 Corinthiens mentionnent Barnabas quatre fois sans le présenter : comme compagnon de Paul vers Jérusalem, comme son partenaire dans la mission auprès des païens, comme collègue entraîné à Antioche et comme collaborateur qui, comme Paul, renonçait à être pris en charge. Les Actes racontent l’histoire de ce partenariat de Jérusalem à Antioche et au premier voyage, jusqu’à une vive séparation. Les lettres ajoutent des détails absents des Actes.

- **La lettre:** Galates 2:1; Galates 2:9; Galates 2:13; 1 Corinthiens 9:5–6; Colossiens 4:10; Philémon 1:24
- **Actes:** Actes 4:36; Actes 9:27; Actes 11:22–26; Actes 11:30; Actes 12:25; Actes 13:1–3; Actes 14:4; Actes 14:12–14; Actes 15:2; Actes 15:12; Actes 15:35–39
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Barnabas monta avec Paul, fut accepté comme son partenaire auprès des païens, fut entraîné dans le retrait de Pierre et, comme Paul, travaillait pour vivre au lieu de réclamer un soutien.

**Actes:** Barnabas se porte garant de Paul, l’amène à Antioche, voyage avec lui à Jérusalem, à Chypre et à l’intérieur de l’Asie Mineure, partage avec lui le titre d’apôtre, puis se sépare de lui à cause de Jean-Marc.

Les tableaux s’emboîtent sans emprunt visible. Les Actes n’appliquent le mot apôtre à Paul qu’en Actes 14:4 et Actes 14:14, chaque fois conjointement avec Barnabas, tandis que 1 Corinthiens 9:5–6 place Barnabas aux côtés des apôtres. La surprise de Paul de voir même Barnabas se joindre au retrait suppose l’étroit partenariat que décrivent les Actes. Les lettres ajoutent que Barnabas subvenait à ses propres besoins, hésita à Antioche et était encore connu à Corinthe après la séparation. Galates rapporte aussi des frictions, si bien que 1 Corinthiens 9:6 ne prouve pas une pleine réconciliation. Plus tard, Philémon 1:24 nomme Marc parmi les collaborateurs de Paul.

**Autres lectures**

- **Portée de l’hypothèse de la Galatie du Sud.** Si Galates fut adressée aux Églises que Paul et Barnabas fondèrent ensemble, ses lecteurs connaissaient Barnabas, ce qui expliquerait qu’il n’ait pas besoin d’être présenté ; mais 1 Corinthiens le nomme tout aussi naturellement devant une Église qu’il n’est pas connu pour avoir visitée.
- **Rupture ou parenté ?.** Beaucoup soupçonnent que la rupture d’Antioche (Galates 2:13) se cache derrière la séparation que les Actes rattachent à Marc (Actes 15:37–39). Paley relevait que Colossiens 4:10 fait de Marc le cousin de Barnabas, ce qui expliquerait sa loyauté ; mais l’attribution de Colossiens est contestée.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 8 (Colossians), no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Devenir comme un juif pour gagner les Juifs

La lettre de Paul et les Actes s’accordent comme le principe et la pratique. Dans 1 Corinthiens, Paul dit être devenu comme un juif pour les Juifs et comme sans loi pour les païens, afin de gagner les uns et les autres. Les Actes racontent deux cas tournés vers les Juifs : la circoncision de Timothée à cause des Juifs de la région, et une purification au temple à l’instigation des anciens. La question de savoir si ces actes relèvent de la stratégie ou de la conviction est débattue.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 9:19–23; 1 Corinthiens 10:32–33
- **Actes:** Actes 16:3; Actes 21:20–26
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Bien que libre, Paul s’est mis au service de tous : comme un juif pour les Juifs, comme sous la Loi pour ceux qui y sont soumis, comme sans loi pour les autres, faible pour les faibles, sans donner sujet de scandale.

**Actes:** Paul circoncit Timothée parce que les Juifs de la région savent que son père est grec, et, à l’instigation des anciens, se joint à la purification de quatre hommes au temple pour faire taire les rumeurs.

La lettre énonce un principe qui concerne les païens et les faibles autant que les Juifs ; les deux cas des Actes, l’un antérieur à la lettre et l’autre postérieur, ne concernent que des Juifs et sont intégrés au fil du récit. Paley soutenait qu’il est peu probable que l’autoportrait ait été construit à partir de ces cas, ou que les cas aient été inventés pour lui correspondre. Un caractère cohérent appuie la vraisemblance, non chaque événement.

**Autres lectures**

- **Dépendance.** Richard Pervo soutient que l’auteur des Actes connaissait un recueil des lettres de Paul. Si c’est le cas, ces scènes ont pu être façonnées en ayant 1 Corinthiens 9 à l’esprit et n’en apportent pas de confirmation indépendante.
- **Au-delà de la tactique.** Dans le texte critique grec, mais pas dans la World English Bible, 1 Corinthiens 9:20 ajoute que Paul n’était pas lui-même sous la Loi. Actes 21:24, où Paul montre qu’il observe lui-même la Loi, va alors au-delà de la tactique décrite dans la lettre.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 3, no. 7: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des rumeurs selon lesquelles l’Évangile de Paul sape la Loi

Romains montre l’enseignement de Paul calomnié comme une permission de pécher et répond aux objections selon lesquelles la grâce encouragerait le péché ou annulerait la Loi. Les Actes rapportent des accusations selon lesquelles Paul enseignait contre la Loi et exhortait les Juifs de la Diaspora à abandonner Moïse. Les accusations diffèrent, morales dans Romains et rituelles dans les Actes, mais toutes deux peuvent refléter une même controverse sur l’enseignement de Paul concernant la Loi.

- **La lettre:** Romains 3:8; Romains 3:31; Romains 6:1–2; Romains 6:15; Romains 15:31; Galates 5:11
- **Actes:** Actes 18:13; Actes 21:20–24; Actes 21:28
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit que certains rapportent calomnieusement qu’il approuve le mal en vue du bien ; il rejette l’idée que la grâce autorise le péché ou que la foi annule la Loi, et nie prêcher encore la circoncision.

**Actes:** À Corinthe, des Juifs accusent Paul de promouvoir un culte contraire à la loi ; à Jérusalem, des croyants ont entendu dire qu’il enseigne aux Juifs de la Diaspora à abandonner Moïse ; une foule au temple affirme qu’il enseigne contre la Loi.

Dans Romains, écrite alors que Paul s’apprêtait à se rendre à Jérusalem, il craint les incrédules de Judée, n’est pas sûr de l’accueil des croyants de là-bas (Romains 15:31) et répond à des lectures erronées de son Évangile. Paley soutenait que le rapport d’Actes 21 pouvait facilement découler d’une mauvaise lecture de l’enseignement de Romains, si bien que l’accueil réservé à Paul là-bas convient à l’auteur de cette lettre. Les rumeurs vont aussi dans les deux sens : Galates nie qu’il prêchait encore la circoncision, tandis que dans les Actes les anciens nient qu’il ait dit aux Juifs de cesser de circoncire.

**Autres lectures**

- **Objections rhétoriques.** Romains 6:1 et 6:15 donnent peut-être la parole à un interlocuteur imaginaire, procédé d’enseignement que Stanley Stowers rattache à la diatribe antique, plutôt qu’à de véritables rumeurs ; seul Romains 3:8 rapporte explicitement une calomnie.
- **Un schéma lucanien.** Les Actes montrent à plusieurs reprises des Juifs accusant faussement Paul et des autorités romaines le disculpant. Le parallèle peut refléter ce thème apologétique autant qu’une connaissance de rumeurs réelles, et les accusations des Actes portent sur la coutume juive, non sur l’objection morale de Romains.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 2, no. 7: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Ceux de la circoncision : perturbateurs venus de Judée, gens venus de chez Jacques, enseignants de Crète

Les Actes et Galates s’accordent pour dire que certains croyants juifs voulaient imposer la circoncision et la Loi aux convertis d’origine païenne, et Philippiens et l’épître à Tite mettent en garde contre des figures semblables. Mais l’étiquette commune, ceux de la circoncision (hoi ek peritomēs), est un terme neutre désignant des Juifs ou des croyants juifs, et il reste incertain qu’ils aient formé un seul mouvement, de même que le rôle de Jacques.

- **La lettre:** Galates 1:7; Galates 2:4–5; Galates 2:12; Galates 5:10–12; Galates 6:12–13; Philippiens 3:2–3; Colossiens 4:11; Tite 1:10–11; Tite 1:14–15; Tite 3:9
- **Actes:** Actes 10:45; Actes 11:2–3; Actes 15:1; Actes 15:5; Actes 15:24
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Des perturbateurs déforment l’Évangile ; de faux frères ont épié notre liberté ; Pierre se retira quand vinrent des hommes de chez Jacques ; des agitateurs imposent la circoncision pour éviter la persécution ; des enseignants de Crète répandent des mythes juifs.

**Actes:** Des croyants juifs critiquent Pierre pour avoir mangé avec des incirconcis ; des hommes venus de Judée enseignent que les païens doivent être circoncis pour être sauvés ; des pharisiens devenus croyants les approuvent ; la lettre de Jérusalem désavoue les perturbateurs.

Les deux décrivent une pression exercée par des croyants juifs, et Actes 15:24 ainsi que Galates 1:7 et 5:10 emploient le même verbe (tarassō) pour ce trouble, bien qu’il soit courant. Ils divergent au sujet de Jacques : la lettre du concile dit que les perturbateurs n’avaient reçu aucun mandat de Jérusalem, tandis que Galates rattache les visiteurs d’Antioche à Jacques sans dire ce qu’il avait autorisé. Les adversaires de Crète, avec leurs mythes, leurs généalogies et leurs règles de pureté, semblent plus spéculatifs. Colossiens 4:11 emploie la même étiquette pour les fidèles collaborateurs juifs de Paul.

**Autres lectures**

- **Plusieurs groupes.** Justin Hardin soutient que les agitateurs de Galatie étaient locaux, et non des émissaires de Jérusalem. Les enseignants de Crète, surtout si l’épître à Tite est postérieure à Paul, peuvent refléter encore un autre problème ; une étiquette commune n’implique pas un seul mouvement.
- **Le rôle de Jacques.** Certains critiques lisent Actes 15:24 comme un élément de l’image d’harmonie apostolique que donnent les Actes, Galates 2:12 étant plus proche de la position réelle de Jacques ; d’autres pensent que les hommes de chez Jacques ont outrepassé tout mandat, ce qui s’accorderait avec les deux textes.

### La demande de se souvenir des pauvres et le secours d’Antioche contre la famine

Galates dit que les colonnes de Jérusalem demandèrent seulement à Paul et à Barnabas de se souvenir des pauvres, ce que Paul dit avoir eu à cœur de faire. Les Actes rapportent que Barnabas et Saul apportèrent aux anciens de Judée le secours d’Antioche contre la famine. Si Galates 2 décrit cette visite de secours, les récits s’expliquent l’un l’autre ; s’il décrit le concile ultérieur, le don était antérieur et distinct.

- **La lettre:** Galates 1:18–24; Galates 2:1–10; Romains 15:25–27
- **Actes:** Actes 11:27–30; Actes 12:25; Actes 14:28; Actes 15:1–29
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Lors d’une visite avec Barnabas et Tite, Jacques, Céphas et Jean demandèrent seulement qu’ils se souviennent des pauvres, ce que Paul dit avoir eu à cœur de faire.

**Actes:** Après qu’Agabus eut annoncé une famine, survenue sous Claude, les disciples d’Antioche envoyèrent des secours aux croyants de Judée par Barnabas et Saul, qui accomplirent ce service et emmenèrent Jean-Marc.

Aucun des deux textes ne contient le détail de l’autre : les Actes ne rapportent ni rencontre privée ni demande, et Galates aucun don. Selon l’hypothèse de la visite liée à la famine (Ramsay, Bruce), la demande fut formulée pendant la livraison du secours, ce qui s’accorde avec l’empressement de Paul, et le récit fait sous serment par Paul (Galates 1:20) passerait difficilement une visite sous silence. En sens contraire, les quatorze ans de Galates 2:1 doivent alors généralement être comptés à partir de sa conversion, ce qui resserre la chronologie. L’accord dépend de cette identification ; Paley proposait plutôt une visite omise par les Actes, pendant le long séjour à Antioche (Actes 14:28).

**Autres lectures**

- **Identification avec le concile.** Beaucoup, à la suite de Lightfoot, identifient Galates 2 à Actes 15 ; Galates passe alors sous silence la visite de secours, peut-être parce que Paul n’y rencontra aucun apôtre, et la demande anticipe la collecte de Romains 15:25–27.
- **Doutes sur la visite de secours.** Certains critiques doutent que Paul ait fait le voyage d’Actes 11:30, puisque Galates ne permet que deux visites initiales, et y voient un doublet, par Luc, d’une autre visite à Jérusalem.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), No. 10 (1849 New York reprint): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Qui sont les Églises de Galatie ?

La lettre aux Galates s’adresse aux Églises de Galatie, mais ne nomme aucune ville. Selon l’hypothèse de la Galatie du Sud, il s’agit d’Antioche de Pisidie, d’Icone, de Lystre et de Derbe, dont Actes 13–14 raconte la fondation. Selon l’hypothèse de la Galatie du Nord, elles se trouvent chez les Galates au sens ethnique, à l’intérieur du pays, où les Actes mentionnent seulement des passages à travers la région (Actes 16:6 et 18:23).

- **La lettre:** Galates 1:1–2; Galates 3:1; Galates 4:13; Galates 6:11–18
- **Actes:** Actes 13:14–14:23; Actes 16:1–6; Actes 18:23
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul et des frères non nommés écrivent aux Églises de Galatie et appellent les lecteurs Galates ; aucune ville, aucun cosignataire nommé ni aucune salutation personnelle n’apparaît.

**Actes:** Paul et Barnabas fondent des Églises à Antioche de Pisidie, à Icone, à Lystre et à Derbe. Plus tard, Paul revient à Derbe et à Lystre, traverse la région de Phrygie et de Galatie, puis revient affermir des disciples.

Antioche de Pisidie, Icone, Lystre et Derbe se trouvaient dans la province romaine de Galatie, bien que les Actes les situent par région, et la question de savoir si l’on pouvait appeler Galates des Phrygiens et des Lycaoniens est débattue dans les deux sens. L’hypothèse du Sud lit Actes 16:6 comme le district phrygien de la province ; Paley, un siècle avant Ramsay, y voyait la première visite de Paul en Galatie. Les deux hypothèses donnent au moins deux visites, mais seule celle du Sud dispose d’une fondation racontée.

**Autres lectures**

- **Hypothèse de la Galatie du Sud.** Ramsay, Bruce et Longenecker identifient les lecteurs aux Églises d’Actes 13–14. Les Actes racontent alors leur fondation, et la lettre pourrait être antérieure à la rencontre d’Actes 15, ce qui expliquerait son silence sur le décret.
- **Hypothèse de la Galatie du Nord.** Lightfoot et Betz voient dans les lecteurs des Galates au sens ethnique, à l’intérieur du pays, atteints lorsque, selon leur lecture, Actes 16:6 conduit Paul dans la Galatie proprement dite. La lettre doit alors être postérieure à la rencontre d’Actes 15 et à son décret.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), No. 10 (1849 New York reprint): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Les souffrances des Galates et les miracles accomplis parmi eux

Si la lettre aux Galates a été écrite aux Églises d’Actes 13–14, les Actes fournissent l’arrière-plan de l’appel de Paul : le Saint-Esprit parmi de nouveaux disciples, des signes à Icone, une guérison à Lystre et une hostilité dirigée contre les convertis. Si elle a été envoyée à des Galates au sens ethnique, plus au nord, les Actes ne racontent aucune fondation là-bas ; la concordance dépend donc de la destination.

- **La lettre:** Galates 3:1–5; Galates 4:13–14
- **Actes:** Actes 13:50–52; Actes 14:2–5; Actes 14:8–10; Actes 14:19–22
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul rappelle aux Galates qu’ils ont reçu le Saint-Esprit par la foi, que Dieu accomplit des miracles parmi eux, et leur demande s’ils ont souffert en vain ; une faiblesse physique a été l’occasion de sa première prédication.

**Actes:** À Antioche de Pisidie, les disciples sont remplis du Saint-Esprit ; à Icone, Dieu accorde des signes et des prodiges ; à Lystre, Paul guérit un boiteux ; des opposants suscitent l’hostilité contre les croyants.

Selon l’hypothèse de la Galatie du Sud, l’appel de Paul à l’expérience propre des convertis correspond à Actes 13–14 : le Saint-Esprit parmi les premiers disciples, des signes à Icone et à Lystre, et une hostilité dirigée contre les croyants, que les missionnaires avaient avertis de nombreuses afflictions. Il y a des limites. Le verbe de Galates 3:4 peut signifier « éprouver » plutôt que « souffrir » ; la lettre aux Galates situe les miracles au présent, tandis que les Actes ne rapportent que ceux de la première mission ; et les Actes ne mentionnent jamais la faiblesse physique qui, d’après Galates 4:13, a d’abord occasionné la prédication de Paul là-bas.

**Autres lectures**

- **Une destination dans le nord de la Galatie.** Si Paul a écrit à des Galates au sens ethnique, plus au nord, évangélisés lors du voyage d’Actes 16:6, les Actes ne disent rien de leur conversion, et les événements d’Actes 13–14 ne constituent pas l’arrière-plan.
- **Un appel générique.** Le Saint-Esprit, la puissance et l’affliction ont aussi marqué ailleurs les visites fondatrices de Paul (1 Thessaloniciens 1:5–6) ; le parallèle avec Actes 13–14 peut donc être générique plutôt que propre à la Galatie.

### Persécuté pour un Évangile affranchi de la Loi, avec des marques sur son corps

Les Actes concordent dans l’ensemble avec l’affirmation, faite en passant dans la lettre aux Galates, selon laquelle Paul est persécuté parce qu’il ne prêche pas la circoncision : la plupart des oppositions que rapportent les Actes sont suscitées par des opposants juifs, la rumeur ultérieure à Jérusalem concerne la circoncision, et la lapidation à Lystre (ou, si la lettre aux Galates est tardive, les coups de verges à Philippes) pourrait expliquer les marques qu’il porte. L’accord est réel, mais général.

- **La lettre:** Galates 5:11; Galates 6:12; Galates 6:17
- **Actes:** Actes 13:45; Actes 13:50; Actes 14:2; Actes 14:5; Actes 14:19; Actes 16:3; Actes 16:19–24; Actes 21:21–24; Actes 21:27–28
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande pourquoi, s’il prêche encore la circoncision, il est encore persécuté ; ses rivaux imposent la circoncision pour éviter d’être persécutés à cause de la croix ; il porte sur son corps les marques de Jésus.

**Actes:** Une opposition menée par des Juifs chasse Paul d’Antioche de Pisidie et d’Icone et le lapide à Lystre ; l’attaque de Philippes a pour objet le profit ; à Jérusalem, il est accusé d’enseigner contre la Loi.

La lettre aux Galates donne une cause, les Actes donnent des incidents. Comme l’a soutenu Paley, la lettre aux Galates laisse entendre, et les Actes montrent, que les persécuteurs de Paul étaient surtout des opposants juifs à sa mission affranchie de la Loi. À Jérusalem, plus tard que la lettre, les Actes le montrent attaqué comme quelqu’un qui enseigne contre la Loi, après une rumeur, que Jacques et les anciens déclarent fausse, selon laquelle il aurait dit aux Juifs de la diaspora de ne pas circoncire. Les marques de Galates 6:17 sont, le plus naturellement, des cicatrices de lapidation ou de coups. Mais ce schéma était largement connu, et à Antioche de Pisidie les Actes donnent la jalousie pour motif.

**Autres lectures**

- **Une tension au sujet de la circoncision.** Galates 5:11 pourrait répondre à l’affirmation selon laquelle Paul prêchait encore la circoncision ; si la lettre est postérieure à Actes 16:3, la circoncision de Timothée pourrait en être le prétexte, et des critiques comme Vielhauer jugent ce récit en désaccord avec la lettre aux Galates.
- **Trop général pour peser.** L’hostilité juive est rapportée dans les propres lettres de Paul (2 Corinthiens 11:24; 1 Thessaloniciens 2:14–16) et constitue un thème lucanien récurrent ; le schéma des Actes pourrait donc refléter le plan de Luc et n’ajoute guère de confirmation indépendante.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. V (Epistle to the Galatians), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des consignes pour la collecte déjà données aux Églises de Galatie

Les Actes fournissent une occasion naturelle aux consignes pour la collecte que Paul dit avoir données aux Églises de Galatie : juste avant son long séjour à Éphèse, où il a écrit 1 Corinthiens, les Actes le font passer par la Galatie et la Phrygie en affermissant les disciples. La concordance est suggestive, non décisive, car les Actes ne mentionnent jamais de collecte à cet endroit.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 16:1–2; 1 Corinthiens 16:8; Romains 15:26
- **Actes:** Actes 16:6; Actes 18:23; Actes 19:1; Actes 19:8–10; Actes 20:4; Actes 24:17
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande à Corinthe de suivre les consignes pour la collecte qu’il a données aux Églises de Galatie, en mettant de l’argent de côté chaque semaine, et dit qu’il restera à Éphèse jusqu’à la Pentecôte.

**Actes:** Après son séjour à Antioche, Paul parcourt la Galatie et la Phrygie en encourageant chaque disciple. Il rejoint ensuite Éphèse par l’intérieur des terres ; le récit décrit plus tard une période de deux ans d’enseignement sur place.

Paul aurait pu donner ses consignes à la Galatie en personne lors de ce voyage, les dernières visites aux Églises que rapportent les Actes avant Éphèse ; Paley a fait cette remarque. La concordance fonctionne quelle que soit l’hypothèse sur la situation des Églises de Galatie, puisque Actes 18:23 couvre la région. Les Actes ne mentionnent la collecte qu’indirectement, si tant est qu’ils la mentionnent (Actes 24:17), bien que beaucoup voient dans le groupe d’Actes 20:4, dont Gaïus de Derbe, des délégués des Églises.

**Autres lectures**

- **Des consignes envoyées, non données.** Paul aurait tout aussi bien pu envoyer les consignes par lettre ou par messager depuis Éphèse, ou les donner lors de la visite antérieure d’Actes 16:6 ; les Actes montrent seulement qu’une visite récente était possible.
- **La Galatie s’est peut-être retirée.** Comme Romains 15:26 ne nomme que la Macédoine et l’Achaïe, certains en déduisent que les Églises de Galatie, peut-être brouillées par la crise à l’origine de la lettre aux Galates, n’ont jamais achevé leur part ; 1 Corinthiens 16:1 montre seulement que des consignes avaient été données.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. III (First Epistle to the Corinthians), No. X: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### La mère et la grand-mère juives et croyantes de Timothée, sans mention du père grec

Les Actes et 2 Timothée s’accordent sur la famille de Timothée. Les Actes mentionnent une mère juive croyante et un père grec ; 2 Timothée fait l’éloge de sa grand-mère Loïs et de sa mère Eunice, rappelle qu’il a connu les Écritures dès l’enfance et ne mentionne jamais de père. Le père grec explique pourquoi un garçon élevé dans l’Écriture n’était pas circoncis. Un auteur plus tardif a pu s’appuyer sur les Actes.

- **La lettre:** 2 Timothée 1:5; 2 Timothée 3:14–15
- **Actes:** Actes 16:1–3
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul rappelle la foi sincère de Loïs, grand-mère de Timothée, et de sa mère Eunice, foi qui habite maintenant aussi Timothée, et note qu’il connaît les Écritures depuis sa petite enfance ; aucun père n’apparaît.

**Actes:** En visitant Derbe et Lystre, Paul trouve Timothée, fils d’une femme juive croyante et d’un père grec, et le circoncit parce que tous les Juifs du lieu savaient que son père était grec.

Chaque texte comble une lacune de l’autre. Les Actes ne présentent que la mère comme croyante, ce qui suggère que le père était mort ou non converti, et la lettre, qui loue deux femmes, garde le silence sur lui. Une mère juive rend probable une enfance nourrie des Écritures ; un père grec explique l’absence de circoncision. La lettre ajoute les noms et une grand-mère, que les Actes ignorent. Paley y voyait une coïncidence réelle et non forcée ; savoir si elle est non intentionnelle dépend de l’identité de l’auteur de 2 Timothée.

**Autres lectures**

- **Construit à partir des Actes.** Si 2 Timothée est pseudépigraphe, son auteur a pu développer Actes 16:1 en portrait de famille, en ajoutant des noms et une grand-mère et en déduisant de la mère juive une éducation nourrie des Écritures.
- **Un silence attendu.** Un passage retraçant une foi héritée nommerait naturellement les seuls parents croyants ; l’absence du père convient donc à n’importe quelle hypothèse sur l’auteur et apporte peu.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. XII (Second Epistle to Timothy), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. XII (Second Epistle to Timothy), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Timothée : enfant de Paul dans la foi, déjà disciple quand Paul revient

Ensemble, les Actes et les lettres suggèrent que Timothée est venu à la foi pendant le premier voyage de Paul. Les Actes l’appellent déjà disciple lorsque Paul revient ensuite à Derbe et à Lystre, et Paul l’appelle son enfant dans la foi. Aucun des deux textes ne mentionne sa conversion, « enfant » peut signifier protégé, et 2 Timothée fait remonter sa foi à sa grand-mère et à sa mère.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:2; 1 Timothée 4:12; 1 Corinthiens 4:15–17; 1 Corinthiens 16:10–11; Philippiens 2:22; 2 Timothée 1:5
- **Actes:** Actes 14:6–7; Actes 14:19–23; Actes 16:1–3
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul appelle Timothée son enfant dans la foi et dans le Seigneur, demande à Corinthe de ne pas le mépriser et exhorte Timothée à ne laisser personne mépriser sa jeunesse.

**Actes:** Paul prêche à Lystre, est lapidé, puis revient affermir les disciples. Revenant plus tard à Derbe et à Lystre, il trouve Timothée déjà disciple, bien considéré à Lystre et à Icone.

Si « enfant dans la foi » désigne un converti de Paul lui-même, comme le supposait Paley, les Actes laissent une occasion naturelle : les visites du premier voyage à Lystre et à Derbe (Actes 14:6–7, 14:20–21), avant qu’Actes 16:1 ne trouve Timothée déjà disciple sur place. Actes 16:2 ajoute que les croyants de Lystre et d’Icone se portaient garants de lui. Sa jeunesse fait le lien entre les lettres (1 Corinthiens 16:10–11, selon la lecture de Paley, et 1 Timothée 4:12) ; les Actes ne donnent aucun âge.

**Autres lectures**

- **L’enfant comme protégé.** Paul emploie l’image de la paternité pour les convertis (1 Corinthiens 4:15), mais aussi pour le service partagé (Philippiens 2:22) ; « enfant » peut donc marquer l’affection et l’apprentissage, et Timothée a pu venir à la foi par sa grand-mère et sa mère (2 Timothée 1:5).
- **Un portrait littéraire.** Si 1 Timothée est pseudépigraphe, appeler Timothée l’enfant de Paul peut faire de lui un héritier plutôt qu’un converti, et la remarque sur sa jeunesse peut faire écho à 1 Corinthiens 16:10–11, sans apporter de preuve indépendante.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. XII (Second Epistle to Timothy), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. III (First Epistle to the Corinthians), No. IX: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### L’investiture de Timothée par prophétie et imposition des mains

Les Actes ne racontent jamais l’investiture de Timothée ; seules les lettres à Timothée la rappellent : des prophéties à son sujet, un don conféré par l’imposition des mains, et peut-être une confession devant de nombreux témoins. Les Actes fournissent un arrière-plan approprié (le bon témoignage rendu sur lui à Lystre et des anciens établis là-bas), mais le moment de cette investiture est débattu.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:18; 1 Timothée 4:14; 1 Timothée 6:12; 2 Timothée 1:6
- **Actes:** Actes 13:1–3; Actes 14:21–23; Actes 16:1–3
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** On rappelle à Timothée des prophéties antérieures, un don accordé par prophétie lorsque les anciens lui ont imposé les mains, et sa confession devant de nombreux témoins ; 2 Timothée attribue l’imposition aux mains de Paul.

**Actes:** Des croyants de Lystre et d’Icone se portent garants de Timothée, et Paul le prend avec lui. Auparavant, des anciens y ont été établis ; Antioche envoie Barnabas et Saul après le jeûne, la prière et l’imposition des mains.

Les lettres présupposent une investiture publique que les Actes ne décrivent jamais ; il s’agit donc d’un détail complémentaire, non d’une confirmation. Les Actes rendent une telle scène plausible : Timothée venait d’Églises où Paul et Barnabas avaient établi des anciens, des croyants du lieu se portaient garants de lui, et à Antioche une parole du Saint-Esprit parmi des prophètes a conduit à l’imposition des mains. Une lettre mentionne les mains des anciens, l’autre celles de Paul ; elles décrivent peut-être un seul rite commun, ou deux occasions.

**Autres lectures**

- **Une organisation ecclésiale plus tardive.** Si les épîtres pastorales ont été écrites après la mort de Paul, comme le pensent de nombreux spécialistes, l’investiture pourrait refléter la pratique d’ordination de l’Église de l’auteur, et toute concordance avec les Actes montrerait une tradition commune plutôt qu’un souvenir indépendant.
- **Une autre occasion.** Le rite n’appartient pas nécessairement au recrutement de Timothée à Lystre. Certains le placent lors d’une désignation ultérieure, peut-être pour sa mission à Éphèse, et certains voient dans la confession devant de nombreux témoins son baptême.

### Une colonie romaine et le vocabulaire de la citoyenneté dans la lettre

Parmi les écrits du Nouveau Testament, seuls les Actes qualifient Philippes de colonie romaine, un statut connu par les monnaies et les inscriptions de la ville, et leur scène de Philippes est entièrement romaine. La lettre aux Philippiens, fait inhabituel chez Paul, emploie le vocabulaire de la citoyenneté : son verbe pour vivre d’une manière digne de l’Évangile est civique, et la citoyenneté des croyants est dans les cieux. La concordance est naturelle, mais aucun des deux textes n’établit ce lien.

- **La lettre:** Philippiens 1:27; Philippiens 3:20; 1 Thessaloniciens 2:12; Éphésiens 2:19
- **Actes:** Actes 16:12; Actes 16:20–22; Actes 16:35–39; Actes 23:1
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul exhorte les Philippiens à vivre d’une manière digne de l’Évangile, en employant un verbe grec qui signifie se conduire en citoyen, et dit que leur citoyenneté est dans les cieux.

**Actes:** Les Actes qualifient Philippes de colonie romaine, où des accusateurs s’opposent, en tant que Romains, aux coutumes des missionnaires et où les magistrats ordonnent qu’on les batte de verges.

Le verbe qu’emploie Paul n’apparaît ailleurs dans le Nouveau Testament qu’en Actes 23:1, à propos de la conduite de Paul devant Dieu, et le nom désignant la citoyenneté seulement en Philippiens 3:20. Ailleurs, Paul exhorte à une conduite digne (1 Thessaloniciens 2:12) sans termes civiques ; ici, il les choisit, ce qui trouverait un écho dans une colonie dont les citoyens, dans les Actes, protestent en tant que Romains. Les Actes fournissent ce cadre ; la lettre ne le mentionne jamais, si bien que la concordance est suggestive plutôt que probante.

**Autres lectures**

- **Une métaphore courante.** Le vocabulaire de la citoyenneté était courant dans les écrits moraux grecs et juifs, où le verbe peut signifier simplement mener sa vie, comme devant Dieu en Actes 23:1 ; l’épître aux Éphésiens emploie des termes semblables pour des lecteurs qui ne vivent dans aucune colonie.

### Silas dans les Actes, Silvain dans les lettres

Presque certainement un seul homme sous deux noms. Les Actes appellent Silas le partenaire de Paul en Macédoine et à Corinthe ; les lettres nomment Silvain comme cosignataire des lettres adressées à Thessalonique et comme co-prédicateur à Corinthe. La différence des noms suggère qu’aucun des deux textes n’a copié l’autre. Que la forme latine convienne à la citoyenneté romaine que laissent supposer les Actes est seulement suggestif.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:1; 2 Thessaloniciens 1:1; 2 Corinthiens 1:19
- **Actes:** Actes 1:23; Actes 12:12; Actes 13:9; Actes 15:22; Actes 15:27; Actes 15:32; Actes 15:40; Actes 16:19–24; Actes 16:37–38; Actes 17:4; Actes 17:10; Actes 17:14–15; Actes 18:5
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul nomme son collaborateur Silvain, un nom latin, comme cosignataire des deux lettres aux Thessaloniciens et comme l’un de ceux qui ont prêché avec lui à Corinthe.

**Actes:** Les Actes l’appellent toujours Silas, un prophète de Jérusalem qui voyage avec Paul par Philippes, Thessalonique et Bérée jusqu’à Corinthe ; à Philippes, Paul proteste que tous deux, en tant que Romains, ont été battus sans jugement.

Silas et Silvain sont presque certainement un seul homme, le partenaire de Paul en Macédoine et à Corinthe. Silas peut être une forme abrégée de Silvain, ou un nom sémitique associé à un nom latin semblable, comme Saul et Paul. Les citoyens portaient normalement des noms latins, mais beaucoup de non-citoyens aussi ; l’usage des lettres convient donc seulement à la citoyenneté que laissent supposer les Actes. Paley, tout en concédant que la concordance sur Corinthe est à elle seule trop évidente pour peser beaucoup, soutenait que la différence de noms montre qu’aucun des deux textes n’a copié l’autre.

**Autres lectures**

- **Un nom latin prouve peu.** Des croyants de Jérusalem comme Joseph Justus et Jean-Marc portaient des noms latins sans aucun indice de citoyenneté (Actes 1:23 et Actes 12:12). Silvain peut simplement être une transposition latine de Silas, ce qui apporte peu.
- **La scène de la citoyenneté est peut-être littéraire.** Les critiques qui lisent le récit de la prison de Philippes, avec son tremblement de terre et sa protestation tardive au nom de la citoyenneté, comme une narration dramatique considéreraient la citoyenneté implicite de Silas comme une construction de l’auteur, ne laissant que la concordance des noms.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. VII: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Les femmes de Philippes : Lydie dans les Actes, Évodie et Syntyche dans la lettre

Les deux textes s’accordent sur le type d’Église, non sur les noms. Les Actes font commencer l’Église de Philippes parmi des femmes réunies en un lieu de prière, avec Lydie comme première convertie et hôtesse. La lettre aux Philippiens nomme deux femmes, Évodie et Syntyche, qui ont travaillé aux côtés de Paul pour l’Évangile. Aucun des deux textes ne nomme les femmes de l’autre.

- **La lettre:** Philippiens 4:2–3; Romains 16:1–2
- **Actes:** Actes 16:13–15; Actes 16:40; Actes 17:4; Actes 17:12
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul exhorte Évodie et Syntyche à être d’accord dans le Seigneur et demande à son compagnon de les aider, car elles ont combattu à ses côtés pour l’Évangile avec Clément et d’autres.

**Actes:** À Philippes, la mission commence auprès de femmes réunies en un lieu de prière au bord d’une rivière. Lydie, une adoratrice de Dieu originaire de Thyatire, est baptisée et accueille les missionnaires ; les croyants se réunissent dans sa maison.

Ensemble, les textes montrent que les femmes ont tenu une place importante dans l’Église de Philippes dès sa première réunion, deux d’entre elles étant encore des collaboratrices nommées lorsque Paul a écrit. Les Actes signalent aussi des femmes de premier rang parmi les convertis à Thessalonique et à Bérée, ce que Lightfoot a prudemment rapproché d’inscriptions suggérant que les femmes de Macédoine jouissaient d’un statut inhabituel. La concordance est générale : les Actes ne nomment jamais Évodie ni Syntyche, la lettre ne nomme jamais Lydie, et le Clément de la lettre n’apparaît nulle part dans les Actes. Eusèbe l’a plus tard identifié à Clément de Rome ; Lightfoot en doutait, le nom étant courant.

**Autres lectures**

- **L’intérêt de Luc pour les femmes.** L’Évangile de Luc et les Actes mettent souvent des femmes en scène ; la scène au bord de la rivière pourrait donc refléter les intérêts de l’auteur autant que la mémoire de Philippes, ce qui rendrait l’accord thématique plutôt qu’historique.
- **Un schéma plus large.** Des collaboratrices et des protectrices apparaissent ailleurs dans les Églises de Paul, comme Phœbé de Cenchrées (Romains 16:1–2) ; la concordance pourrait donc refléter la pratique chrétienne primitive en général plutôt qu’un trait propre à Philippes.

**Sources**

- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), HE 3.15: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>

### Timothée, connu à Philippes et à Thessalonique, bien que les Actes ne l’y nomment jamais

Timothée faisait probablement partie du groupe qui a fondé les Églises de Philippes et de Thessalonique, bien que les Actes ne le nomment qu’avant, à Lystre, et après, à Bérée. Les lettres montrent que les deux Églises le connaissaient bien, comme cosignataire, envoyé et collaborateur éprouvé, tandis que dans les Actes seuls Paul et Silas sont arrêtés ou recherchés.

- **La lettre:** Philippiens 1:1; Philippiens 2:19–22; 1 Thessaloniciens 1:1; 1 Thessaloniciens 1:5; 1 Thessaloniciens 2:17–18; 1 Thessaloniciens 3:1–6; 2 Thessaloniciens 1:1; 2 Thessaloniciens 3:7–10
- **Actes:** Actes 16:1–4; Actes 16:10–17; Actes 16:19–40; Actes 17:1–10; Actes 17:14–15; Actes 17:16; Actes 18:5; Actes 19:22; Actes 20:3–4
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Timothée est cosignataire de la lettre aux Philippiens et des deux lettres aux Thessaloniciens. Les Philippiens connaissent ses services éprouvés auprès de Paul ; les Thessaloniciens le reçoivent comme envoyé de Paul et se souviennent de la façon dont les missionnaires ont vécu parmi eux.

**Actes:** Paul emmène Timothée depuis Lystre, et un groupe désigné par « nous » fait voile vers Philippes ; pourtant, seuls Paul et Silas sont arrêtés ou recherchés. Timothée réapparaît à Bérée, où il reste avec Silas.

Les Actes emmènent Timothée depuis Lystre et le retrouvent à Bérée ; il est donc très probablement passé par Philippes et Thessalonique. Les compagnons du « nous » à Philippes (Actes 16:10–17) n’ont pas été arrêtés ; des compagnons pouvaient donc passer inaperçus. Les lettres fournissent ce que les Actes laissent implicite : les deux Églises connaissaient Timothée, et Paul a pu l’envoyer d’Athènes à Thessalonique (1 Thessaloniciens 3:1–2), des retrouvailles que les Actes ne racontent pas (Actes 17:14–16 et Actes 18:5). Paley considérait le cas de la lettre aux Philippiens comme une allusion indirecte à un fait implicite.

**Autres lectures**

- **Une familiarité due à des visites ultérieures.** La lettre aux Philippiens a été écrite des années après la fondation, peut-être après de nouvelles visites de Timothée en Macédoine (Actes 19:22 et Actes 20:3–4) ; le portrait qu’elle en donne prouve donc peu de chose sur la fondation, et 1 Thessaloniciens, écrite peu après, est le témoin le plus solide.
- **Cosignataire ne veut pas dire cofondateur.** Le pluriel de la première personne chez Paul peut désigner Paul seul (1 Thessaloniciens 3:1–5), et nommer Timothée comme cosignataire ne prouve pas qu’il ait aidé à fonder l’Église. Les Actes ne disent jamais que Timothée est passé en Macédoine avec Paul.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. VII (Epistle to the Philippians), No. IV: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Persécutés par leurs propres compatriotes, à l’instigation de Juifs

Une concordance modeste, non une coïncidence forte. 1 Thessaloniciens dit que les convertis ont souffert de la part de leurs propres compatriotes, comme les Églises de Judée de la part des Juifs qui s’opposaient à elles. Les Actes désignent des Juifs comme instigateurs à Thessalonique, mais laissent une foule de la place publique et les autorités de la ville agir pour une large part, si bien que beaucoup des persécuteurs immédiats étaient les concitoyens des convertis.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 2:13–16
- **Actes:** Actes 13:50; Actes 14:2; Actes 14:5; Actes 14:19; Actes 17:5–10; Actes 17:13–14
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les Thessaloniciens ont souffert de la part de leurs propres compatriotes, comme les Églises de Judée de la part des Juifs qui s’opposaient à elles et qui, ajoute Paul, ont chassé les missionnaires et empêché la prédication aux païens.

**Actes:** À Thessalonique, des Juifs hostiles recrutent des hommes de la place publique et une foule, qui provoquent une émeute et se saisissent de Jason ; à Bérée, à Antioche de Pisidie, à Icone et à Lystre, des opposants soulèvent de même des foules de païens et leurs chefs.

Paley a remarqué qu’à une lecture attentive, la distinction faite par la lettre correspond aux Actes : hors de Judée, les Juifs hostiles agissaient par l’intermédiaire de foules et d’autorités issues des païens, si bien que les persécuteurs immédiats des convertis étaient leurs concitoyens. La plainte de la lettre selon laquelle les missionnaires ont été chassés peut aussi faire écho à Actes 17:5–10 et à Actes 17:13–14, bien qu’elle puisse viser la Judée. Aucun des deux textes n’explicite le lien, même si le schéma récurrent des Actes limite la portée de cette concordance comme preuve d’indépendance.

**Autres lectures**

- **Une insertion tardive ?.** Certains spécialistes jugent que 1 Thessaloniciens 2:13–16 est une insertion tardive, postérieure à 70 apr. J.-C. ; dans ce cas, la concordance ne dit rien de l’expérience de Paul lui-même. Beaucoup de commentateurs récents défendent le passage comme étant de Paul.
- **Expérience locale et thème propre à Luc.** Le mot employé par Paul pour « compatriotes » peut simplement refléter une Église composée surtout de païens, harcelée par des voisins eux-mêmes issus des païens, sans aucun rôle des Juifs ; les instigateurs que les Actes identifient comme Juifs peuvent refléter le thème récurrent de l’auteur plutôt qu’un souvenir local.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IX (First Epistle to the Thessalonians), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinaeort00pale/horaepaulinaeort00pale_djvu.txt>

### Églises de Judée persécutées, prophètes mis à mort, Paul chassé

Les Actes racontent des épisodes correspondant à l’essentiel de ce passage acerbe : les Églises de Judée persécutées, l’accusation selon laquelle les générations précédentes ont tué les prophètes, Paul chassé de plusieurs villes. À Thessalonique, des opposants de la synagogue soulèvent une foule locale qui traîne des croyants devant les autorités de la ville, ce qui convient à des convertis ayant souffert de la part de leurs propres compatriotes. La plupart jugent le passage authentique ; certains y voient une insertion postérieure à 70.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 2:14–16
- **Actes:** Actes 7:52; Actes 8:1–3; Actes 9:29–30; Actes 12:1–3; Actes 13:45–50; Actes 14:2–6; Actes 14:19; Actes 17:5–10; Actes 17:13–14; Actes 22:21–22
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les Thessaloniciens ont souffert de la part de leurs propres compatriotes comme les Églises de Judée de la part des Juifs qui ont tué Jésus et les prophètes, chassé le groupe de Paul et empêché la prédication aux païens.

**Actes:** Des croyants de Judée sont dispersés et emprisonnés, Jacques est exécuté, Étienne accuse les pères d’avoir tué les prophètes, et des opposants chassent Paul de ville en ville, y compris de Thessalonique.

Les Actes fournissent les persécutions en Judée et les expulsions répétées que la lettre suppose, et à Jérusalem une foule s’emporte lorsque Paul parle de son envoi vers les païens. Paley a relevé une concordance plus fine : hors de Judée, l’opposition commençait d’ordinaire, dans les Actes, parmi des opposants de la synagogue mais agissait par l’intermédiaire de foules et de magistrats issus des païens, comme à Thessalonique, si bien que les persécuteurs des convertis étaient leurs propres compatriotes. Beaucoup lisent le passage comme une polémique contre des opposants particuliers plutôt que comme un verdict sur les Juifs en tant que peuple ; d’autres lui donnent une portée plus large.

**Autres lectures**

- **Interpolation tardive.** Birger Pearson a soutenu que le passage avait été inséré après 70 apr. J.-C., en lisant son affirmation que la colère est déjà venue comme une allusion à la chute de Jérusalem. Sa dureté s’accorde mal aussi avec Romains 9–11.
- **Le schéma littéraire de Luc.** La scène récurrente des Actes, où la jalousie de la synagogue est suivie d’une expulsion, peut relever du schéma littéraire de Luc plutôt que d’un récit propre à chaque ville ; la correspondance avec la lettre peut alors refléter une polémique chrétienne primitive commune, non deux souvenirs indépendants.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 9 (First Epistle to the Thessalonians), no. 5: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Ce qui fut prêché : le Dieu vivant, le Fils ressuscité, le jugement à venir, le royaume à travers l’affliction

Les lettres rappellent un message proche du schéma que donnent les Actes de la prédication de Paul aux païens : se détourner des idoles vers le Dieu vivant, Jésus ressuscité des morts, le jugement à venir et l’entrée dans le royaume de Dieu à travers les souffrances. Mais, dans les Actes, les convertis de Thessalonique sont des Juifs, des Grecs qui craignent Dieu et des femmes de premier rang, tandis que la lettre s’adresse à d’anciens idolâtres.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:9–10; 1 Thessaloniciens 2:12; 1 Thessaloniciens 3:3–4; 1 Thessaloniciens 4:14; 1 Thessaloniciens 5:1–3; 1 Thessaloniciens 5:9–10; 2 Thessaloniciens 1:4–10
- **Actes:** Actes 14:15; Actes 14:22; Actes 17:2–4; Actes 17:18; Actes 17:22–31; Actes 24:25
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les convertis se sont détournés des idoles vers le Dieu vivant pour attendre son Fils ressuscité, qui délivre de la colère à venir ; appelés dans le royaume de Dieu, ils avaient été prévenus des souffrances.

**Actes:** À Lystre et à Athènes, Paul appelle des païens à quitter les idoles pour le Créateur vivant, et ajoute à Athènes le jugement par un homme que Dieu a ressuscité ; à Thessalonique, un Messie souffrant et ressuscité.

Dans les grandes lignes, la correspondance est réelle : les discours des Actes devant des auditoires de païens et les lettres ont en commun le Dieu vivant opposé aux idoles, un Jésus ressuscité et le jugement à venir, et Actes 14:22 font écho à l’avertissement que la souffrance précède le royaume. Paley a signalé qu’Actes 17:4 nomment des gens qui craignent Dieu, non des idolâtres ; il suggérait soit une leçon minoritaire de manuscrits qui mentionne des Grecs à côté de ceux qui craignent Dieu, soit que les Actes ne rapportent que les semaines à la synagogue. Les discours sont des résumés de Luc ; la correspondance ne vaut donc que dans les grandes lignes.

**Autres lectures**

- **Une composition de Luc.** Martin Dibelius et beaucoup après lui considèrent le discours de l’Aréopage comme une composition de Luc ; Luc a pu puiser dans une prédication missionnaire commune, si bien que la correspondance montre une tradition partagée plutôt que les propres paroles de Paul.
- **Un parallèle plus faible.** Johannes Munck jugeait que seule la résurrection de Jésus dans un cadre de fin des temps relie vraiment 1 Thessaloniciens 1:9–10 au discours d’Athènes ; les autres ressemblances sont modérées. Actes 17:2–3 attribuent aussi à Thessalonique un argument différent, fondé sur les Écritures, au sujet du Messie.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 9 (First Epistle to the Thessalonians), no. 6: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### L’accusation de « roi rival » et le langage du royaume et de la venue royale dans les lettres

Les Actes disent que Jason et d’autres furent accusés devant les autorités de la ville d’abriter des hommes qui défient les décrets de César en proclamant Jésus comme un roi rival. Les lettres montrent un enseignement qui pouvait être entendu ainsi : le royaume de Dieu, la venue royale du Seigneur Jésus et, dans 2 Thessaloniciens, dont l’attribution est débattue, la destruction par lui d’une figure sans loi. Le lien est suggestif.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 2:11–12; 1 Thessaloniciens 2:19; 1 Thessaloniciens 3:13; 1 Thessaloniciens 4:15–17; 1 Thessaloniciens 5:1–3; 2 Thessaloniciens 1:5; 2 Thessaloniciens 1:7–10; 2 Thessaloniciens 2:1–8
- **Actes:** Actes 17:3; Actes 17:5–9
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Dieu appelle les convertis dans son royaume et ils attendent la venue du Seigneur Jésus ; 2 Thessaloniciens rappelle un enseignement oral sur une figure sans loi que le Seigneur détruira.

**Actes:** Des opposants disent aux autorités de Thessalonique que le groupe de Paul, hébergé par Jason, défie les décrets de César en proclamant Jésus comme un roi rival ; Paul avait prêché un Messie souffrant et ressuscité.

Dans les Actes, le seul contenu de prédication derrière l’accusation est que Jésus est le Messie, titre lui-même royal. Les lettres complètent ce tableau : Paul avait enseigné de vive voix le royaume de Dieu et la venue de Jésus, ou parousia, mot employé aussi pour la visite officielle d’un souverain ; 2 Thessaloniciens, si elle est de Paul, ajoute un enseignement oral sur une figure sans loi que Jésus détruira. Des auditeurs hostiles pouvaient présenter un tel enseignement comme une royauté rivale. Les lettres ne mentionnent jamais César ni l’accusation, et les échos supposés de slogans impériaux sont discutés.

**Autres lectures**

- **Calqué sur le procès de Jésus.** L’Évangile selon Luc porte une accusation royale semblable contre Jésus devant Pilate (Luc 23:2) ; l’accusation des Actes peut donc venir de ce que Luc a modelé l’histoire de Paul sur le procès de Jésus, plutôt que d’un détail conservé à Thessalonique.
- **Une accusation juridique.** Justin Hardin rattache l’accusation et la caution de Jason aux lois impériales qui restreignaient les associations volontaires ; dans cette lecture, la question juridique était une assemblée non autorisée dans la maison de Jason, et l’accusation révèle peut-être peu de chose de ce que Paul enseignait.

### Séparé de Thessalonique, et le retour plusieurs fois empêché

Les Actes montrent le groupe de Paul envoyé de nuit hors de Thessalonique ; la lettre parle d’avoir été privés des convertis comme d’un deuil. La lettre ajoute ce que les Actes ne mentionnent jamais : Paul a essayé plus d’une fois de revenir mais en a été empêché, et il priait pour trouver le chemin du retour. Paley voyait dans ce projet non réalisé le signe que la lettre n’a pas été construite à partir des Actes. L’obstacle est inconnu.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 2:17–18; 1 Thessaloniciens 3:10–11
- **Actes:** Actes 17:5–10; Actes 17:13–15; Actes 20:1–4
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Séparé d’eux pour un peu de temps, le groupe de Paul désirait les revoir ; Paul a tenté plus d’une fois de venir, mais Satan les en a empêchés. Il prie pour que le chemin du retour s’ouvre.

**Actes:** Après le tumulte et la caution exigée de Jason, les croyants font partir Paul et Silas de nuit ; des opposants venus de Thessalonique le poursuivent jusqu’à Bérée. Par la suite, les Actes ne mentionnent aucune visite à Thessalonique.

Les Actes fournissent le cadre de la séparation que pleure la lettre : un départ de nuit après l’émeute et la caution exigée de Jason. Les tentatives manquées n’apparaissent que dans la lettre. Paley soutenait qu’un historien omettrait naturellement un projet jamais réalisé, qu’un faussaire travaillant à partir des Actes n’aurait pu l’y trouver, et que Luc, s’il avait utilisé la lettre, ne l’aurait guère passé sous silence. Plus tard, les Actes font traverser la Macédoine à Paul avec des Thessaloniciens dans son entourage, mais ne mentionnent aucune visite dans la ville.

**Autres lectures**

- **La caution de Jason comme obstacle.** W. M. Ramsay a proposé que la caution exigée de Jason obligeait les responsables de Thessalonique à tenir Paul à l’écart, si bien que la décision des magistrats aurait été l’obstacle. C’est une conjecture : la lettre ne nomme jamais l’obstacle.
- **Un autre obstacle.** L’obstacle a pu être une hostilité persistante à Thessalonique ou des circonstances ailleurs ; Paul l’attribue à Satan sans détail, et le silence des Actes peut simplement signifier que Luc ignorait ces tentatives.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 9 (First Epistle to the Thessalonians), no. 3: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Dater les lettres aux Thessaloniciens : peu après la fondation, pendant le séjour à Corinthe d’Actes 18

Les lettres donnent des indices relatifs ; les Actes fournissent le point d’ancrage. 1 Thessaloniciens a été écrite peu après le départ de Paul, quand Timothée venait de revenir, retour que l’on identifie d’ordinaire à son arrivée de Macédoine au début des dix-huit mois de Paul à Corinthe. Le proconsulat de Gallion, qu’une inscription de Delphes date vers 51–52 apr. J.-C., a chevauché ce séjour ; la plupart des spécialistes datent donc 1 Thessaloniciens vers 50–51 apr. J.-C.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:1; 1 Thessaloniciens 1:8–9; 1 Thessaloniciens 2:17; 1 Thessaloniciens 3:6; 1 Thessaloniciens 4:13; 2 Thessaloniciens 2:2
- **Actes:** Actes 18:2; Actes 18:5; Actes 18:11–12
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a été séparé d’eux pour peu de temps ; Timothée vient de revenir ; la nouvelle de leur foi s’est répandue ; certains croyants sont morts. 2 Thessaloniciens répond à l’affirmation que le jour du Christ était arrivé.

**Actes:** Paul rencontre Aquilas et Priscille, qui avaient quitté Rome sur ordre de Claude ; Silas et Timothée le rejoignent ; il reste dix-huit mois et est amené devant Gallion, proconsul d’Achaïe.

Les lettres ne se datent que de manière relative : une brève absence, un rapport récent de Timothée, le temps que certains croyants meurent, puis une confusion ultérieure au sujet du jour du Christ. Que la nouvelle de leur foi se soit déjà largement répandue (1 Thessaloniciens 1:8–9) laisse penser que quelques mois s’étaient écoulés. Les Actes réunissent les trois expéditeurs à Corinthe et rattachent le séjour à l’expulsion des Juifs de Rome par Claude (datée d’ordinaire de 49, par certains de 41) et à Gallion, dont une inscription de Delphes fixe l’année vers 51–52.

**Autres lectures**

- **Chronologie fondée d’abord sur les lettres.** Knox et Lüdemann construisent la chronologie à partir des lettres ; Lüdemann date de 41 la mesure de Claude contre les Juifs de Rome, place 1 Thessaloniciens au début des années 40, avant la rencontre de Jérusalem, et rattache Gallion à une visite ultérieure à Corinthe.
- **Pseudépigraphie ou ordre inversé.** Beaucoup de spécialistes critiques pensent que 2 Thessaloniciens a été écrite plus tard par quelqu’un d’autre, si bien qu’elle ne nous apprend rien sur le séjour à Corinthe ; d’autres, qui la tiennent pour paulinienne, soutiennent qu’elle a précédé 1 Thessaloniciens.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IX, No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Retours à Philippes et interruption des dons

Philippiens s’accorde avec les visites de retour que rapportent les Actes, sans pourtant les exiger. La lettre rappelle une association depuis le premier jour, des avertissements répétés et un soutien ranimé après un manque d’occasion ; les Actes font passer Paul deux fois encore par la Macédoine lors de son troisième voyage, et le font embarquer à Philippes après les jours des pains sans levain.

- **La lettre:** Philippiens 1:5; Philippiens 1:26–27; Philippiens 2:12; Philippiens 2:24; Philippiens 3:1; Philippiens 3:18; Philippiens 4:10; Philippiens 4:15; 2 Corinthiens 2:13; 2 Corinthiens 7:5
- **Actes:** Actes 16:12; Actes 20:1–3; Actes 20:6
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul espère être de nouveau avec eux, rappelle leur obéissance en sa présence comme en son absence et ses fréquents avertissements, et se réjouit que leur sollicitude, longtemps privée d’occasion, ait refleuri.

**Actes:** Après Éphèse, Paul traverse la Macédoine jusqu’en Grèce, revient par la Macédoine pour éviter un complot, et embarque à Philippes après les jours des pains sans levain.

Paley soutenait que parler de la fondation comme du commencement de l’Évangile implique des étapes ultérieures, bien que l’expression puisse simplement désigner les premiers jours de la mission. Actes 20 fournissent deux autres passages par la Macédoine, en nommant Philippes au retour, et 2 Corinthiens situe elle aussi Paul en Macédoine à ce moment. Dans l’hypothèse d’une rédaction à Rome, la visite espérée se situe au-delà de la fin des Actes, et l’interruption des dons peut couvrir son arrestation et sa détention ; la lettre dit seulement que l’occasion leur manquait.

**Autres lectures**

- **Écrite d’Éphèse.** Si Philippiens a été écrite lors d’un emprisonnement à Éphèse, que les Actes ne rapportent pas, la visite qu’elle espère serait le voyage en Macédoine d’Actes 20:1–2, et l’interruption appartiendrait aux années d’Éphèse.
- **Séjour de fondation et lettres.** Les avertissements répétés et l’obéissance en présence de Paul pourraient remonter au séjour de fondation et à des lettres ultérieures (comparer Philippiens 3:1) ; la lettre elle-même n’exige pas de visite de retour avant sa rédaction.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. VII, No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Troubles en Macédoine et détresse des Églises de Macédoine

Les Actes montrent les Églises de Macédoine fondées au milieu des coups, des émeutes et des poursuites, ce qui s’accorde avec la grave affliction que rapporte 2 Corinthiens des années plus tard, bien que les Actes ne les disent jamais pauvres. La lettre rapporte aussi des luttes et des craintes à l’arrivée de Paul en Macédoine et loue la générosité des Églises malgré leur pauvreté ; les Actes mettent en avant quelques convertis bien placés.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 7:5; 2 Corinthiens 8:1–5; 2 Corinthiens 8:8; 2 Corinthiens 9:2–4; Philippiens 1:29–30; Philippiens 4:15–16; 1 Thessaloniciens 1:6; 2 Thessaloniciens 1:4
- **Actes:** Actes 16:14–15; Actes 16:19–40; Actes 17:4–9; Actes 17:12–13; Actes 20:1–2
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** En arrivant en Macédoine, Paul n’eut aucun repos, avec des luttes au-dehors et des craintes au-dedans ; les Églises de Macédoine, quoique durement éprouvées et très pauvres, demandèrent avec insistance à donner au-delà de leurs moyens.

**Actes:** Paul et Silas sont battus et emprisonnés à Philippes, une foule attaque la maison de Jason à Thessalonique, et des agitateurs poursuivent Paul jusqu’à Bérée ; plus tard, Paul parcourt la Macédoine en encourageant les croyants.

Les Actes racontent l’hostilité qui accompagna la fondation des Églises à Philippes, à Thessalonique et à Bérée, et les lettres de Paul à Thessalonique et à Philippes confirment des souffrances persistantes ; 2 Corinthiens montre que la détresse pesait encore des années plus tard. Les Actes ne signalent aucun conflit lors de la tournée ultérieure ; la lettre ajoute donc ce détail. Une légère tension demeure : les Actes nomment une marchande de pourpre et des femmes de premier rang parmi les convertis, tandis que la lettre insiste sur la pauvreté ; la persécution ou une détresse plus large pouvait appauvrir des Églises comptant quelques personnes aisées.

**Autres lectures**

- **Un tableau social sélectif dans les Actes.** Luc privilégie peut-être les convertis de condition, comme Lydie et les femmes de premier rang ; le tableau que donnent les Actes du niveau social des Églises de Macédoine peut donc être sélectif, et les lettres sont un meilleur guide sur leur pauvreté.
- **Un contraste rhétorique.** Paul donne en exemple la générosité des Macédoniens pour stimuler les dons des Corinthiens (2 Corinthiens 8:8; 9:2–4), et Philippes l’avait financé à plusieurs reprises (Philippiens 4:15–16) ; le langage de la pauvreté peut donc être accentué pour l’effet plutôt que constituer une description sociale.

### Arrivé dans la faiblesse et la crainte, et la vision qui dit à Paul de ne pas craindre

Un détail complémentaire modeste, parfois lu comme une coïncidence non préméditée. Paul se rappelle avoir été faible, craintif et tremblant à Corinthe ; les Actes ne disent jamais qu’il y eut peur, mais, après l’opposition de la synagogue, ils rapportent une vision nocturne qui lui dit de ne pas craindre et de continuer à parler. L’expression de la lettre et la formule rassurante de la vision sont toutes deux courantes ; le lien n’est donc que suggestif.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 2:1–5; 2 Corinthiens 7:15; 2 Corinthiens 10:10; Philippiens 2:12; 1 Thessaloniciens 3:6–7
- **Actes:** Actes 17:16–34; Actes 18:1; Actes 18:5–6; Actes 18:9–10; Actes 23:11; Actes 27:23–24
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul est venu à Corinthe sans éclat oratoire, résolu à ne proclamer que le Christ crucifié, et il était parmi eux faible, craintif et tremblant, s’appuyant sur la puissance du Saint-Esprit.

**Actes:** Après un accueil mitigé à Athènes et l’opposition de la synagogue à Corinthe, le Seigneur dit à Paul dans une vision nocturne de ne pas craindre, de continuer à parler et de ne s’attendre à aucun mal.

L’ordre de ne pas craindre laisse penser, sans le prouver, que Paul avait peur, ce que les Actes ne racontent jamais ; la lettre avoue la crainte sans en nommer la cause, et le récit de l’opposition dans les Actes en offre une plausible. Les deux lient la crainte à la parole : la lettre, à la manière dont Paul prêchait ; la vision, à la question de savoir s’il continuerait à prêcher. 1 Thessaloniciens, probablement écrite à Corinthe après l’arrivée de Timothée, mentionne aussi la détresse et l’affliction de Paul à ce moment. Ramsay a rattaché la résolution dépouillée de Paul à une déception éprouvée à Athènes, bien que 1 Corinthiens ne mentionne jamais Athènes.

**Autres lectures**

- **« Crainte et tremblement », une expression idiomatique.** Paul emploie la paire crainte et tremblement pour une humble déférence (2 Corinthiens 7:15; Philippiens 2:12), et des critiques raillaient la faiblesse de sa présence et de sa parole (2 Corinthiens 10:10) ; 1 Corinthiens 2:3 peut donc décrire une manière d’être, non la peur d’un danger.
- **La vision, procédé de Luc.** Des visions rassurantes reviennent aux tournants des Actes (Actes 23:11; 27:23–24) ; la vision de Corinthe peut donc être un procédé narratif de Luc, voire être tirée de 1 Corinthiens s’il connaissait cette lettre, plutôt qu’un souvenir indépendant.

### Sosthène le coexpéditeur et Sosthène le chef de synagogue

Peut-être un seul homme, mais ce n’est pas prouvé. 1 Corinthiens nomme un frère dans la foi, Sosthène, comme coexpéditeur de Paul ; les Actes nomment Sosthène, chef de la synagogue de Corinthe, battu devant le tribunal de Gallion après le rejet de l’affaire contre Paul. Il a pu croire plus tard, comme Crispus, mais le nom n’était pas rare et aucun des deux textes ne relie les deux hommes.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 1:1; 1 Corinthiens 16:8
- **Actes:** Actes 18:8; Actes 18:12–17
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul écrit conjointement avec Sosthène, un frère dans la foi apparemment connu des Corinthiens. La lettre ne dit rien d’autre de lui et ne mentionne jamais l’audience devant Gallion.

**Actes:** Après le refus de Gallion de juger l’accusation portée par les Juifs contre Paul, Sosthène, le chef de synagogue, fut saisi et battu devant le tribunal, et Gallion ne s’en soucia pas.

S’il s’agit d’un seul homme, les Actes donnent son passé et la lettre sa position ultérieure : un chef de synagogue qui, comme Crispus (Actes 18:8), vint à la foi et fut ensuite avec Paul à Éphèse. Rien ne le confirme. Les manuscrits les plus anciens disent seulement que tous se saisirent de lui ; des copies plus tardives nomment les Grecs, comme la WEB, ou les Juifs. Paley soutenait qu’un passage à tabac par des Juifs désignerait Sosthène comme un ami de Paul, mais des Juifs auraient tout aussi bien pu se retourner contre un porte-parole qui avait perdu sa cause.

**Autres lectures**

- **Deux hommes différents.** Ramsay préférait la leçon mentionnant les Grecs et jugeait probable que deux hommes de ce nom aient eu affaire à Paul à Corinthe, un dirigeant de la communauté juive et un chrétien en vue, tout en admettant une conversion ultérieure.
- **Une tradition ancienne oriente ailleurs.** Eusèbe rapporte l’affirmation de Clément d’Alexandrie selon laquelle le coexpéditeur était l’un des soixante-dix disciples envoyés par Jésus, ce qui s’accorde mal avec un chef de synagogue de Corinthe. La tradition est tardive et invérifiable.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. III (First Corinthians), No. VIII, note: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Church History 1.12.2: <https://www.newadvent.org/fathers/250101.htm>
- W. M. Ramsay, St. Paul the Traveller and the Roman Citizen, Ch. XI: <https://archive.org/download/stpaultravellerr00rams/stpaultravellerr00rams_djvu.txt>

### L’éloquence d’Apollos et le goût des Corinthiens pour les discours habiles

Les Actes fournissent ce que la lettre passe sous silence. 1 Corinthiens oppose la prédication simple de Paul au goût des Corinthiens pour une sagesse persuasive et mentionne une faction d’Apollos, mais ne qualifie jamais Apollos d’éloquent ; les Actes en font un homme éloquent originaire d’Alexandrie qui réfutait publiquement ses adversaires à Corinthe. Ensemble, ils suggèrent pourquoi certains le préféraient, bien que la lettre ne lui fasse jamais de reproche.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 1:12; 1 Corinthiens 1:17; 1 Corinthiens 2:1–5; 1 Corinthiens 3:18–23; 1 Corinthiens 4:6; 1 Corinthiens 16:12
- **Actes:** Actes 18:24; Actes 18:27–28; Actes 19:1
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit avoir prêché sans éloquence ni sagesse habile, en s’appuyant sur la puissance de Dieu ; il reprend ceux qui se rangent derrière Paul ou Apollos, mais traite Apollos en collègue.

**Actes:** Apollos était un juif d’Alexandrie, éloquent et puissant dans les Écritures, qui, à Corinthe, réfutait vigoureusement et publiquement ses adversaires parmi les Juifs, démontrant par les Écritures que Jésus est le Messie.

Ramsay lisait la lettre comme une réponse à une comparaison défavorable avec le style plus raffiné d’Apollos, que le portrait des Actes expliquerait. Ce lien est une inférence, et Luc a pu choisir ses détails en ayant la lettre en vue. Le mot employé par les Actes pour Apollos peut signifier savant aussi bien qu’éloquent, et Paul applique les noms de parti à lui-même et à Apollos à titre d’illustration (1 Corinthiens 4:6), visant la vantardise des Corinthiens plutôt qu’Apollos, qu’il pressait de leur rendre visite (1 Corinthiens 16:12).

**Autres lectures**

- **La culture de Corinthe, non Apollos.** La sagesse prisée peut refléter l’admiration générale de Corinthe pour les orateurs et les sophistes, comme le soutient Bruce Winter, de sorte que le style d’Apollos n’en est pas nécessairement la cause ; Paul ne le désigne jamais comme la source du problème.
- **Une autre ligne de fracture.** F. C. Baur soutenait que la véritable division opposait Paul et Apollos, ensemble, à un parti de Céphas formé de croyants d’origine juive, de sorte que la querelle portait davantage sur l’Évangile et l’autorité de Paul que sur l’éloquence.

### Apollos et Zénas mis en route ; Artémas et Zénas inconnus des Actes

Une petite concordance, assortie d’une réserve importante. La lettre à Tite demande que Zénas le juriste et Apollos soient promptement mis en route avec tout ce qu’il leur faut, ce qui correspond à l’image que les Actes donnent d’Apollos, enseignant itinérant que les croyants encourageaient et recommandaient pour sa route. Mais le nom d’Apollos était disponible dans les Actes ou dans 1 Corinthiens, et l’attribution comme le contexte de la lettre sont contestés.

- **La lettre:** Tite 1:5; Tite 3:12–13; 1 Corinthiens 16:6; 1 Corinthiens 16:11; 1 Corinthiens 16:12
- **Actes:** Actes 15:3; Actes 18:24–28; Actes 19:1; Actes 20:4; Actes 20:38; Actes 21:5; Actes 27:7–13
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Tite, laissé en Crète, doit rejoindre Paul à Nicopolis lorsqu’Artémas ou Tychique arrivera, et mettre promptement en route Zénas le juriste et Apollos, sans qu’ils manquent de rien.

**Actes:** Apollos, homme éloquent originaire d’Alexandrie, passa d’Éphèse en Achaïe avec l’encouragement et la lettre des croyants d’Éphèse. Ailleurs, les Actes emploient le verbe de la lettre à Tite pour des Églises qui accompagnent des voyageurs à leur départ.

Tite 3:13 emploie propempo, le terme habituel pour une Église qui équipe et escorte des voyageurs, que les Actes appliquent à Antioche, à Milet et à Tyr, et que Paul emploie en 1 Corinthiens 16:6 et 16:11. Tychique (Actes 20:4) et Apollos apparaissent dans les Actes ; Artémas, Zénas et Tite lui-même, non. « Juriste » peut désigner un expert de la Loi juive, comme dans l’Évangile de Luc, ou un juriste romain. Les Actes n’amènent Paul en Crète que comme prisonnier naviguant le long de l’île (Actes 27:7–13) et ne nomment jamais Nicopolis.

**Autres lectures**

- **Après la fin des Actes.** Paley, comme beaucoup de ceux qui acceptent l’attribution à Paul, plaçait la lettre à Tite après une libération de la détention romaine sur laquelle se clôt le livre des Actes, ce qui expliquerait le silence de ce dernier sur la Crète et Nicopolis. Il admettait que l’itinéraire était en grande partie hypothétique.
- **Des noms pour le réalisme.** Si les Pastorales sont pseudépigraphes, comme le pensent de nombreux spécialistes, un auteur plus tardif a pu emprunter Apollos et Tychique aux Actes ou aux lettres et ajouter des noms inconnus pour faire vrai, de sorte que la concordance prouve peu de chose.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. XIII (Titus), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Lettres de recommandation

Les Actes montrent la coutume même que mentionne Paul, dans le même réseau. 2 Corinthiens demande si Paul, comme certains autres, a besoin de lettres de recommandation à destination ou en provenance de Corinthe ; les Actes montrent les croyants d’Éphèse écrivant à l’avance en Achaïe pour qu’on accueille Apollos. Paley pensait que cette lettre était la cible même de Paul, mais les autres dont il parle sont plus probablement des rivaux qu’Apollos.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 3:1–3; 2 Corinthiens 10:12–18; Romains 16:1–2; 1 Corinthiens 3:9; 1 Corinthiens 16:3
- **Actes:** Actes 9:2; Actes 15:23–30; Actes 18:27; Actes 22:5
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande s’il a besoin, comme certains, de lettres de recommandation auprès des Corinthiens ou de leur part ; ce sont eux-mêmes sa lettre. Il rédige une telle recommandation pour Phœbé.

**Actes:** Quand Apollos passa en Achaïe, les croyants d’Éphèse écrivirent aux disciples pour leur demander de l’accueillir. Les Actes mentionnent aussi des lettres donnant autorité à Saul et la lettre du concile de Jérusalem.

La pratique concorde dans le même réseau et dans la même direction : une Église qui écrit à l’avance à Corinthe en faveur d’un enseignant itinérant. Paley a d’abord proposé que la lettre d’Apollos était celle que visait Paul, puis a admis que Paul pouvait faire allusion à l’usage général, qu’illustre le cas d’Apollos. La seconde lecture est plus sûre : ceux qui portent des lettres sont très probablement les rivaux qui se recommandent eux-mêmes en 2 Corinthiens 10:12–18, tandis que Paul compte Apollos comme un collaborateur (1 Corinthiens 3:9).

**Autres lectures**

- **La référence précise selon Paley.** Si certains Corinthiens mettaient en balance les références d’Apollos et celles de Paul, la remarque pourrait l’inclure, comme le soutenait Paley, mais aucune des deux lettres ne montre une telle rivalité.
- **Une coutume répandue.** Les lettres recommandant des voyageurs constituaient un genre antique courant, et Paul en écrit lui-même ; la concordance montre donc que les Actes connaissent les usages de l’époque, non qu’ils connaissaient ce passage.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. IV (Second Corinthians), No. X: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Les langues et la prophétie à Éphèse

1 Corinthiens, écrite à Éphèse, met en balance le parler en langues et la prophétie, et fait affirmer à Paul qu’il parle en langues plus que tous les Corinthiens. Les Actes rapportent qu’à Éphèse environ douze disciples, en recevant l’Esprit par Paul, parlèrent en langues et prophétisèrent. L’association concorde, mais les deux auteurs présentent ces dons comme répandus, si bien que le lien est modeste.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 12:10; 1 Corinthiens 12:28–30; 1 Corinthiens 14:1–5; 1 Corinthiens 14:18; 1 Corinthiens 14:39
- **Actes:** Actes 2:4; Actes 2:16–18; Actes 19:1–7
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul range les langues et la prophétie parmi les dons de l’Esprit, place la prophétie plus haut à moins que les langues ne soient interprétées, rend grâce à Dieu de parler en langues plus que tous, et interdit d’empêcher le parler en langues.

**Actes:** À Éphèse, Paul rencontre environ douze disciples qui n’avaient reçu que le baptême de Jean ; après le baptême au nom de Jésus et l’imposition des mains de Paul, ils parlent en langues et prophétisent.

Les Actes ne montrent jamais Paul lui-même parlant en langues ; la lettre le précise, et les Actes fournissent une occasion à Éphèse où les deux mêmes dons apparaissent ensemble sous le ministère de Paul, dans la ville d’où il écrivit 1 Corinthiens. La concordance est naturelle mais lâche : la lettre traite de la pratique de Corinthe, non de souvenirs d’Éphèse, et Luc présente déjà les langues de la Pentecôte comme le prophétisme promis par Joël (Actes 2:4, 2:16–18). Elle montre des portraits cohérents plutôt qu’une confirmation indépendante de l’épisode d’Actes 19.

**Autres lectures**

- **Un schéma propre à Luc.** Actes 19:1–7 fait écho à la Pentecôte, à la Samarie et à la maison de Corneille, où de nouveaux groupes reçoivent l’Esprit de manière marquante ; certains critiques y voient une construction de Luc, ce qui rendrait l’accord avec la lettre seulement thématique.
- **Des contextes différents.** Les Actes ne montrent le parler en langues que lorsqu’un groupe reçoit l’Esprit pour la première fois ; 1 Corinthiens le traite comme un élément récurrent du culte, si bien que les deux textes ne décrivent pas nécessairement la même pratique.

### Scellés en croyant, un seul baptême, et les douze d’Éphèse

L’épître aux Éphésiens dit que ses lecteurs ont été scellés de l’Esprit lorsqu’ils ont cru et insiste sur un seul Esprit et un seul baptême. Dans les Actes, Paul demande à des disciples d’Éphèse s’ils ont reçu l’Esprit quand ils ont cru ; ils ne connaissaient que le baptême de Jean. La formulation fait écho, mais le lien est thématique et le destinataire de la lettre est incertain.

- **La lettre:** Éphésiens 1:1; Éphésiens 1:13–14; Éphésiens 4:4–5; Éphésiens 4:30; Galates 3:2; 2 Corinthiens 1:22
- **Actes:** Actes 11:17; Actes 18:24–26; Actes 19:1–7
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Lorsque les lecteurs ont cru à l’Évangile, Dieu les a marqués de l’Esprit promis comme sceau et gage ; ils ne doivent pas attrister l’Esprit. Il y a un seul Esprit, un seul baptême.

**Actes:** Priscille et Aquilas instruisent Apollos, qui ne connaissait que le baptême de Jean. Paul demande à des disciples s’ils ont reçu l’Esprit en croyant ; après le baptême et l’imposition de ses mains, ils le reçoivent.

Les deux textes emploient le même participe grec (pisteusantes, en croyant) à propos de l’Esprit (Éphésiens 1:13; Actes 19:2), et là où les Actes montrent le baptême de Jean à côté du baptême au nom de Jésus, « un seul baptême » a pu avoir une portée locale. Mais dans les Actes, l’Esprit vient après le baptême, par les mains de Paul ; ailleurs, Luc et Paul lient l’Esprit au fait de croire (Actes 11:17; Galates 3:2) et Paul parle de sceau (2 Corinthiens 1:22) ; et les mots qui nomment Éphèse manquent dans les plus anciens manuscrits d’Éphésiens 1:1. L’écho est suggestif, non probant.

**Autres lectures**

- **Le débat sur l’initiation.** Les lecteurs pentecôtistes, suivant des traductions plus anciennes, comprenaient les deux participes comme « après avoir cru », c’est-à-dire un baptême de l’Esprit ultérieur ; James Dunn a soutenu qu’ils désignent un seul moment et que les douze n’étaient pas encore chrétiens ; Robert Menzies lit l’Esprit chez Luc comme une habilitation prophétique.
- **Une lettre non adressée à Éphèse.** Si l’épître aux Éphésiens était une lettre circulaire ou fut écrite après Paul, son langage sur l’Esprit reflète l’enseignement paulinien général, et l’épisode d’Éphèse dans les Actes n’ajoute aucun lien précis.

### Les puissances, le diable et les œuvres des ténèbres, face à la magie et à l’Artémis d’Actes 19

L’épître aux Éphésiens parle beaucoup de la suprématie du Christ sur les dominations et les puissances, du combat spirituel et des actions secrètes des ténèbres. L’Éphèse des Actes est une ville d’exorcismes, de coûteux livres de magie brûlés par des convertis et d’un puissant culte d’Artémis. Certains spécialistes lisent le langage de la lettre à la lumière de ce contexte ; la concordance est régionale et thématique, non une preuve.

- **La lettre:** Éphésiens 1:19–21; Éphésiens 2:2; Éphésiens 3:10; Éphésiens 5:11–12; Éphésiens 6:10–17; Colossiens 1:16; Colossiens 2:15; Romains 8:38; 1 Corinthiens 15:24
- **Actes:** Actes 19:11–20; Actes 19:23–28; Actes 19:35
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Le Christ règne au-dessus de toute puissance ; l’Église manifeste la sagesse de Dieu aux puissances célestes ; les croyants s’arment contre le diable et dévoilent les actions secrètes des ténèbres.

**Actes:** Dieu guérit et chasse des esprits par Paul ; les fils de Scéva sont mis en déroute ; des convertis brûlent des livres de magie valant cinquante mille pièces d’argent ; la corporation de Démétrius se soulève pour Artémis, dont Éphèse garde le temple.

Clinton Arnold a soutenu que le vocabulaire des puissances dans la lettre s’adresse à des convertis issus du monde que dépeint Actes 19, où la magie et le culte d’Artémis tenaient une grande place ; les Actes signalent de tels convertis à Éphèse (Actes 19:18–19). La prudence s’impose : la lettre ne nomme jamais la magie ni Artémis, l’épître aux Colossiens emploie un langage semblable pour Colosses, autre ville d’Asie (Colossiens 1:16; Colossiens 2:15), la littérature apocalyptique juive le partage, et le destinataire de la lettre est incertain. La concordance est régionale et thématique.

**Autres lectures**

- **Arrière-plan juif et paulinien.** Le langage des dominations et des puissances vient de la pensée apocalyptique juive et de la confession chrétienne primitive, et apparaît aussi en Romains 8:38 et 1 Corinthiens 15:24 ; il n’exige donc aucun contexte propre à Éphèse.
- **Régional, non local.** Si l’épître aux Éphésiens était une lettre circulaire pour l’Asie ou fut écrite après Paul, Actes 19 décrit encore le climat religieux de sa région, mais ne peut montrer que la lettre s’adressait à des convertis d’Éphèse.

### Une lettre de printemps : images de la Pâque et Pentecôte

1 Corinthiens a probablement été écrite au printemps : Paul restera à Éphèse jusqu’à la Pentecôte et espère peut-être passer l’hiver à Corinthe. Le récit ultérieur des Actes compte lui aussi les voyages de Paul d’après les fêtes : après trois mois en Grèce, il quitte Philippes après les jours des pains sans levain et se hâte d’arriver à Jérusalem pour la Pentecôte.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 5:6–8; 1 Corinthiens 16:6; 1 Corinthiens 16:8
- **Actes:** Actes 20:3; Actes 20:6; Actes 20:16
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul restera à Éphèse jusqu’à la Pentecôte, puis passera peut-être l’hiver à Corinthe ; il exhorte l’Église à se débarrasser du vieux levain, car Christ est leur agneau pascal sacrifié.

**Actes:** Après trois mois en Grèce, Paul s’embarque à Philippes après les jours des pains sans levain et passe au large d’Éphèse en se hâtant d’arriver à Jérusalem pour la Pentecôte.

Les indications de la lettre suggèrent une saison : elle est écrite avant la Pentecôte, alors que l’hiver qu’elle espère passer à Corinthe est apparemment encore à venir, donc très naturellement au printemps, près de la Pâque. Paley estimait que le langage du levain et de la fête convenait à cette saison. Les Actes s’accordent avec l’hiver espéré : trois mois en Grèce s’achèvent avant que Paul s’embarque à Philippes après les jours des pains sans levain (Actes 20:3 et Actes 20:6), et le voyage est calé sur la Pentecôte.

**Autres lectures**

- **Des images valables en toute saison.** Les images de la Pâque ne datent pas nécessairement la lettre : Paul pouvait employer le langage du levain et de la Pâque en toute saison, si bien que la datation repose surtout sur la mention de la Pentecôte.
- **Un autre hiver.** De nombreuses reconstitutions placent une visite douloureuse et une lettre perdue entre 1 Corinthiens et l’arrivée de Paul, si bien que l’hiver qu’il espérait n’est peut-être pas celui des trois mois d’Actes 20:3.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 3 (1 Corinthians), no. 12: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Le projet de voyage modifié et la traversée prévue vers la Judée

2 Corinthiens révèle un projet que Paul abandonna : Corinthe, la Macédoine, de nouveau Corinthe, puis la Judée. Les Actes ne rapportent que l’itinéraire suivi, la Macédoine puis la Grèce, et une traversée prévue vers la Syrie qu’un complot fit dévier. La lettre fournit un arrière-plan que les Actes omettent ; le lien entre ce changement et 1 Corinthiens est discuté.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 4:17; 1 Corinthiens 16:5–7; 2 Corinthiens 1:15–17; 2 Corinthiens 1:23–2:4
- **Actes:** Actes 19:21–22; Actes 20:1–3; Actes 21:3
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul avait prévu de visiter Corinthe avant et après la Macédoine et d’être envoyé ensuite en Judée ; il nie toute inconstance dans cet abandon, disant qu’il s’est tenu à l’écart pour les ménager.

**Actes:** D’Éphèse, Paul passe par la Macédoine jusqu’en Grèce, y reste trois mois et s’apprête à s’embarquer pour la Syrie lorsqu’un complot le renvoie par la Macédoine.

Les deux textes orientent Paul vers la Judée depuis Corinthe (la Grèce dans les Actes) : la lettre s’attend à ce que les Corinthiens l’y envoient, et les Actes le montrent sur le point de s’embarquer de Grèce pour la Syrie, la route maritime vers la Judée. Les Actes ne mentionnent jamais la double visite abandonnée ni les critiques qu’elle suscita. Paley soutenait que deux lignes indépendantes, les Actes lus avec 1 Corinthiens 4:17 et 2 Corinthiens 2:1–4, montrent chacune que le projet changea avant 1 Corinthiens ; la deuxième exige que la lettre écrite dans les larmes soit 1 Corinthiens.

**Autres lectures**

- **Un changement après 1 Corinthiens.** De nombreux commentateurs modernes considèrent la lettre écrite dans les larmes comme perdue : après 1 Corinthiens, Paul fit une visite douloureuse et adopta le projet de double visite, puis renonça à l’étape du retour et écrivit à la place. Le changement serait donc postérieur à 1 Corinthiens.
- **La rédaction de Luc.** Schellenberg considère le complot et le changement d’itinéraire d’Actes 20:3 comme une rédaction propre à Luc, peut-être un vague écho des projets modifiés de Paul, plutôt que comme une confirmation indépendante.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4 (2 Corinthians), no. 4: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Troas : une porte ouverte pour l’Évangile, mais pas de Tite

2 Corinthiens dit que Paul s’arrêta à Troas en route vers la Macédoine et y trouva une porte ouverte pour l’Évangile, une étape que les Actes omettent. Lors du voyage de retour, les Actes montrent à Troas un groupe établi de disciples dont ils ne racontent jamais les débuts. Chaque récit comble modestement une lacune de l’autre.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 2:12–13; 2 Corinthiens 7:5–7
- **Actes:** Actes 16:8–11; Actes 19:10; Actes 20:1; Actes 20:5–12
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul vint à Troas pour prêcher et y trouva une porte ouverte, mais, inquiet de ne pas trouver Tite, il partit pour la Macédoine, où Tite arriva avec des nouvelles réconfortantes.

**Actes:** Actes 20:1 dit seulement que Paul quitta Éphèse pour la Macédoine. À son retour, des mois plus tard, il passe une semaine à Troas avec des disciples qui se réunissent pour rompre le pain.

Les Actes supposent une Église à Troas mais ne disent jamais comment elle a commencé ; auparavant, Troas n’est qu’un point de passage. La porte ouverte dont parle la lettre lors du voyage aller offre un début plausible, bien qu’Actes 19:10 laisse entendre que la parole s’était déjà répandue dans toute l’Asie, Troas comprise. Paley notait que la lettre arrête Paul à Troas lors d’un voyage et les Actes lors d’un autre, une concordance fondée sur la probabilité plutôt que sur des faits énoncés. Les Actes ne nomment jamais Tite ; ils ne montrent donc aucun signe de dépendance envers ce passage.

**Autres lectures**

- **La lettre comme source de Luc.** Schellenberg note que 2 Corinthiens 2:12 atteste la présence de Paul à Troas et soutient que Luc a construit une grande partie de l’itinéraire à partir des lettres, tout en admettant que les notes de voyage détaillées autour de Troas lors du voyage de retour pourraient relever d’autre chose.
- **Simplement le port évident.** Troas était le port naturel entre l’Asie et la Macédoine ; les deux textes l’auraient donc mentionnée de toute façon, et la concordance montre une cohérence plutôt qu’une preuve indépendante.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4 (2 Corinthians), no. 8: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Le premier jour de la semaine et la fraction du pain

1 Corinthiens et les Actes distinguent tous deux le premier jour de la semaine dans les Églises de Paul : Paul demande aux Corinthiens de mettre de l’argent de côté ce jour-là, et les Actes montrent des croyants de Troas réunis ce jour-là pour rompre le pain. Aucun des deux textes ne dit que les Corinthiens se réunissaient ce jour-là ; le lien est donc suggestif, non probant.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 10:16–17; 1 Corinthiens 11:20–26; 1 Corinthiens 16:2
- **Actes:** Actes 2:42; Actes 2:46; Actes 20:7; Actes 20:11
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande à chacun des Corinthiens de mettre de l’argent de côté chaque semaine, le premier jour, et reprend les abus commis lors de leurs réunions pour le repas du Seigneur, avec le pain et la coupe.

**Actes:** À Troas, les croyants se réunissent le premier jour de la semaine pour rompre le pain, et Paul rompt le pain après minuit ; auparavant, les croyants de Jérusalem s’attachent à la fraction du pain.

Les textes se rejoignent en un point : tous deux traitent le premier jour de la semaine comme un repère dans des communautés liées à Paul dans les années 50. Le choix de ce jour par Paul pour mettre de l’argent de côté suggère une signification récurrente, et les Actes fournissent une réunion ce jour-là, bien qu’Actes 20:7 puisse désigner le samedi soir selon le comput des Juifs. L’usage que fait Paul lui-même de la fraction du pain pour la Cène (1 Corinthiens 10:16) invite à lire l’expression des Actes comme désignant le repas du Seigneur, bien qu’Actes 2:46 la relie à des repas pris dans les maisons.

**Autres lectures**

- **Pratique, non liturgique.** Bacchiocchi et d’autres lisent 1 Corinthiens 16:2 comme une épargne privée à la maison et Actes 20:7 comme un adieu ponctuel un samedi soir ; aucun des deux ne montrerait donc un culte régulier le premier jour, qu’ils datent plus tard.
- **Une pratique hebdomadaire ancienne.** Rordorf soutenait que les réunions du premier jour remontent aux toutes premières Églises, enracinées dans les apparitions qui suivirent la résurrection, et que ces passages comptent parmi leurs plus anciens témoins.

### Dangers venant des siens et des païens ; émeutes

2 Corinthiens énumère des dangers venant du propre peuple de Paul et des païens, en ville et au désert, ainsi que des émeutes. Les Actes montrent le même schéma en de nombreux lieux : l’opposition des Juifs d’Antioche de Pisidie à Corinthe, et des foules de païens à Philippes et à Éphèse. La concordance porte sur le schéma ; les fleuves et les brigands de la lettre n’ont pas d’équivalent dans les Actes.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 4:8–9; 2 Corinthiens 6:5; 2 Corinthiens 11:24; 2 Corinthiens 11:26
- **Actes:** Actes 9:29; Actes 13:13–14; Actes 13:50; Actes 14:2–5; Actes 14:19; Actes 16:19–22; Actes 17:5–9; Actes 17:13; Actes 18:12–17; Actes 19:23–41
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Parmi ses épreuves, Paul énumère de fréquents voyages, des dangers venant des fleuves, des brigands, de ses compatriotes et des païens, en ville, au désert et en mer, ainsi que des coups, des emprisonnements et des émeutes.

**Actes:** Des Juifs complotent contre Paul à Jérusalem et suscitent l’opposition d’Antioche de Pisidie à Corinthe ; des foules de païens se soulèvent contre lui et ses compagnons à Philippes et à Éphèse.

Les Actes donnent des exemples pour plusieurs des catégories de la lettre, et la lettre atteste, par la voix même de Paul, le schéma que racontent les Actes : une opposition venant à la fois des Juifs et des païens, souvent dans les villes. Les cinq flagellations en synagogue que mentionne la même lettre (2 Corinthiens 11:24), et dont les Actes ne parlent jamais, montrent que l’hostilité des Juifs n’est pas un simple thème propre à Luc, même si les scènes récurrentes des Actes sont peut-être stylisées. Les fleuves et les brigands sont souvent associés à la route de Perge à Antioche de Pisidie (Actes 13:14), mais les Actes ne rapportent aucun incident de ce genre.

**Autres lectures**

- **Le schéma de Luc.** Certains critiques, comme Jack T. Sanders, voient dans les émeutes suscitées à répétition par des Juifs dans les Actes un schéma polémique imposé par Luc ; certaines scènes peuvent donc être stylisées, même là où Paul confirme l’opposition en général.
- **Un catalogue conventionnel.** Les listes d’épreuves étaient une forme littéraire chez les moralistes ; les catégories peuvent donc être rhétoriques et englobantes plutôt que le relevé d’événements précis, ce qui rend par nature toute correspondance avec les Actes approximative.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. IX, on 2 Corinthians 11:24-25; New York 1849 edition, p. 84: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Les Juifs d’abord : prédication en synagogue et cinq flagellations

Les lettres et les Actes s’accordent : Paul, l’apôtre des païens, ne cessa d’aller vers les Juifs. L’épître aux Romains donne à l’Évangile une priorité pour les Juifs ; les Actes montrent Paul commençant par la synagogue, ville après ville. 2 Corinthiens ajoute cinq flagellations infligées par des Juifs, que les Actes ne mentionnent jamais, ce qui pourrait confirmer un contact continu avec les synagogues, bien que le lieu où elles eurent lieu soit discuté.

- **La lettre:** Romains 1:16; Romains 11:13–14; 1 Corinthiens 9:20; 2 Corinthiens 11:24; Galates 2:7–9
- **Actes:** Actes 9:20; Actes 13:5; Actes 13:14; Actes 13:46–47; Actes 14:1; Actes 16:22–23; Actes 17:1–2; Actes 17:10; Actes 17:17; Actes 18:4–6; Actes 19:8–9; Actes 22:19; Actes 26:11; Actes 28:17–28
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’épître aux Romains donne à l’Évangile une priorité pour les Juifs ; l’apôtre des païens espère sauver quelques-uns des siens et s’adapte aux Juifs ; cinq fois, des Juifs lui ont infligé trente-neuf coups de fouet.

**Actes:** Ville après ville, Paul prêche d’abord dans la synagogue, disant que la parole devait parvenir d’abord aux Juifs, et se tourne vers les païens lorsqu’il rencontre l’opposition ; aucune flagellation infligée par des Juifs n’est rapportée.

Les lettres donnent la priorité aux Juifs et montrent Paul allant vers eux ; les Actes en font un schéma récurrent : la synagogue d’abord. Romains 1:16 et Actes 13:46 partagent l’idée d’une priorité des Juifs ; les Actes pourraient donc ici refléter une tradition issue de Paul. Les flagellations, absentes des Actes, sont indépendantes : s’il s’agissait d’une discipline synagogale, Paul continuait d’entrer dans les synagogues et d’accepter leur juridiction, comme le laissent entendre les Actes, et les Actes eux-mêmes montrent des synagogues punissant des croyants (Actes 22:19; Actes 26:11).

**Autres lectures**

- **Un schéma propre à Luc.** De nombreux critiques lisent la séquence répétée synagogue puis païens comme le schéma théologique de Luc plutôt que comme un compte rendu, et Galates 2:7–9, qui assigne Paul aux païens et Pierre aux circoncis, pourrait suggérer une activité dans les synagogues moindre que celle que dépeignent les Actes.
- **Des flagellations en Judée.** Oehler soutient que les synagogues de la diaspora ne pouvaient pas légalement infliger de châtiments corporels ; ce seraient donc des tribunaux locaux de Judée ou de Galilée qui auraient imposé les coups de fouet ; dans ce cas, ils disent peu de chose de la prédication en synagogue dans les villes que décrivent les Actes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter IV, No. IX: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### La crainte des incrédules de Judée et les dangers que racontent les Actes

L’épître aux Romains demande des prières pour que Paul soit préservé des incrédules de Judée. Les Actes, sans reprendre ces termes, montrent le danger qui grandit au cours de ce voyage, puis qui survient : des avertissements dans chaque ville, une émeute au Temple, un complot juré pour le tuer et une embuscade projetée. Il est secouru, mais par les troupes de Rome, qui le gardent prisonnier.

- **La lettre:** Romains 15:30–32
- **Actes:** Actes 20:3; Actes 20:22–23; Actes 21:4; Actes 21:10–14; Actes 21:17–26; Actes 21:27–36; Actes 23:12–22; Actes 23:23–35; Actes 25:3
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande aux Romains de prier pour qu’il soit préservé des incrédules de Judée, que les saints de Jérusalem acceptent son service, et qu’il arrive avec joie à Rome.

**Actes:** Un complot en Grèce ; des avertissements rapportés à Milet et donnés à Tyr et à Césarée ; une émeute au Temple ; plus de quarante hommes ayant juré de le tuer ; un projet ultérieur d’embuscade.

Les deux récits n’emploient pas les mêmes formulations, mais décrivent le même voyage et la même crainte. Paley notait que Paul paraît plus inquiet à Milet que dans l’épître aux Romains, comme on s’y attendrait si les avertissements mentionnés par les Actes étaient survenus en chemin. Les Actes fournissent ensuite ce que l’épître aux Romains ne pouvait savoir : la crainte se révéla fondée, et les troupes du tribun secoururent Paul (Actes 23:27), mais pour le garder en détention pendant des années. Les Actes ne disent jamais si les saints acceptèrent le don, deuxième inquiétude de l’épître aux Romains ; ils montrent un accueil joyeux, mais aussi de la méfiance envers Paul (Actes 21:17–24).

**Autres lectures**

- **Dépendance littéraire.** Si Luc connaissait les lettres de Paul, comme certains le soutiennent, Romains 15:31 pourrait avoir façonné le récit des Actes sur le danger croissant, et la concordance ne constituerait pas une preuve indépendante.
- **Un danger prévisible.** L’hostilité envers Paul à Jérusalem était prévisible ; une crainte générale exprimée dans une lettre et un récit de danger dans les Actes pourraient donc concorder sans que l’un confirme les détails de l’autre.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul, ch. II (Epistle to the Romans), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### De Jérusalem jusqu’en Illyrie

L’épître aux Romains dit que Paul a achevé sa prédication depuis Jérusalem en rayonnant jusqu’en Illyrie, une région que les Actes ne nomment jamais. Le premier itinéraire des Actes en Macédoine reste à l’est, mais leur indication ultérieure selon laquelle Paul traversa ces contrées avant d’arriver en Grèce laisse place à une avancée vers l’ouest. L’accord relève de la compatibilité, non de la confirmation.

- **La lettre:** Romains 15:19–20
- **Actes:** Actes 16:11–17:15; Actes 20:1–2
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit avoir achevé d’annoncer l’Évangile dans un circuit allant de Jérusalem jusqu’en Illyrie, en choisissant des lieux où le Christ n’était pas encore connu.

**Actes:** Les Actes suivent Paul de Philippes à Athènes en passant par Thessalonique et Bérée, puis disent seulement plus tard qu’il traversa la Macédoine en encourageant les croyants avant d’arriver en Grèce.

L’Illyrie bordait la Macédoine au nord-ouest. Le premier itinéraire des Actes maintient Paul dans l’est de la Macédoine puis l’envoie vers le sud ; Paley situait donc toute approche de l’Illyrie lors de la tournée ultérieure en Macédoine, peu avant la rédaction de l’épître aux Romains. Puisque les Actes ne nomment jamais l’Illyrie, l’épître aux Romains ne peut pas en avoir tiré ce nom. Mais le résumé que les Actes donnent de cette tournée est trop bref pour confirmer ou exclure une visite.

**Autres lectures**

- **La frontière, non la province.** Paul veut peut-être dire qu’il atteignit la frontière de l’Illyrie sans y entrer, comme le pensait Paley. Cela restreint l’affirmation sans combler l’écart : les Actes ne racontent toujours aucun itinéraire allant aussi loin vers l’ouest.
- **Une esquisse rhétorique.** L’expression peut être une esquisse rhétorique de l’ensemble de la mission orientale plutôt qu’un itinéraire ; ni l’épître aux Romains ni les Actes ne fixent alors le point le plus occidental que Paul atteignit réellement.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul, ch. II (Epistle to the Romans), No. IV: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Phœbé et le port de Cenchrées

Paul recommande Phœbé et évoque son service dans la communauté de Cenchrées. Les Actes situent le groupe de Paul dans ce port à l’est de Corinthe, avant un départ pour la Syrie. Cette concordance a une portée géographique limitée, sans emprunt apparent entre ces détails par ailleurs sans lien ; elle ne confirme de manière indépendante aucun des deux événements.

- **La lettre:** Romains 16:1–2; Romains 16:23
- **Actes:** Actes 18:18
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul recommande Phœbé, servante (diakonos) de l’Église de Cenchrées, qui a aidé beaucoup de gens, lui compris, et demande aux Romains de l’accueillir et de l’assister.

**Actes:** À la fin de son premier séjour à Corinthe, Paul se fait couper les cheveux à Cenchrées à cause d’un vœu, puis s’embarque pour la Syrie avec Priscille et Aquilas.

L’épître aux Romains nomme une Église à Cenchrées, ce qui, avec Romains 16:23, suggère que la lettre se situe à Corinthe ; les Actes montrent Paul utilisant ce port des années plus tôt sans y mentionner de croyants. Aucun détail n’explique l’autre : le vœu n’a rien à voir avec Phœbé, et l’épître aux Romains ne dit rien du départ antérieur. Paley se demandait si l’un ou l’autre auteur aurait pu inventer son détail à partir de l’autre. L’accord convient au cadre ; il ne confirme pas les événements.

**Autres lectures**

- **Dépendance ou géographie.** Si Luc connaissait l’épître aux Romains, Romains 16:1 aurait pu lui fournir Cenchrées, bien que le récit du vœu n’ait aucun lien avec Phœbé ; et tout auteur situant Paul à Corinthe pouvait nommer son port oriental.
- **Le vœu de qui ?.** Le grec d’Actes 18:18 pourrait, moins naturellement, signifier que c’est Aquilas et non Paul qui se fit couper les cheveux ; dans un cas comme dans l’autre, les Actes placent le groupe de Paul à Cenchrées.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul, ch. II (Epistle to the Romans), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Éraste : l’auxiliaire de Paul dans les Actes et le trésorier de la ville dans l’épître aux Romains

Peut-être un seul et même homme, mais ce n’est pas prouvé. Les Actes nomment Éraste comme un auxiliaire que Paul envoya d’Éphèse en Macédoine avec Timothée ; l’épître aux Romains, probablement écrite à Corinthe lors de la visite suivante, transmet les salutations d’Éraste, trésorier de la ville ; 2 Timothée dit qu’Éraste resta à Corinthe. Paley y voyait un seul homme de Corinthe, mais les Actes ne rattachent jamais leur Éraste à Corinthe.

- **La lettre:** Romains 16:1; Romains 16:23; 2 Timothée 4:20
- **Actes:** Actes 19:22; Actes 20:1–3
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’épître aux Romains transmet les salutations d’Éraste, trésorier de la ville, ainsi que de Gaïus, l’hôte de Paul ; 2 Timothée rapporte qu’Éraste resta à Corinthe.

**Actes:** À Éphèse, Paul envoie en avant en Macédoine deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste, tandis qu’il reste encore en Asie, puis les suit à travers la Macédoine jusqu’en Grèce.

S’il s’agit d’un seul homme, les éléments s’accordent : Éraste partit en avant en Macédoine, Paul suivit jusqu’en Grèce, et l’épître aux Romains, probablement écrite à Corinthe, y trouve Éraste exerçant une charge civique. Paley comprenait la remarque de 2 Timothée selon laquelle Éraste resta à Corinthe comme l’indice que c’était sa ville, bien que Paley lui-même situe cette remarque lors d’un voyage postérieur à la fin des Actes. Le lien s’appuie aussi sur 2 Timothée, dont beaucoup mettent en doute l’attribution, et les Actes ne rattachent jamais leur Éraste à Corinthe ni à une charge.

**Autres lectures**

- **Des hommes différents.** L’Éraste des Actes est un assistant itinérant, celui de l’épître aux Romains un responsable municipal en fonction, guère libre de voyager ; ce nom était aussi porté par des hommes en vue à Éphèse, et les Actes ne rattachent jamais leur Éraste à Corinthe.
- **L’édile de Corinthe.** Certains identifient le trésorier de l’épître aux Romains avec l’Erastus qui fit paver une place de Corinthe en tant qu’édile, ce qui en ferait un converti en vue ; d’autres redatent ce dallage du IIe siècle ou voient dans le trésorier un fonctionnaire de rang inférieur.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 2, no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Une Église de Rome antérieure à la visite de Paul

L’épître aux Romains comme les Actes supposent qu’une Église existait à Rome avant l’arrivée de Paul. L’épître s’adresse à des croyants établis, dont la foi est connue partout et que Paul souhaite depuis longtemps visiter ; les Actes ne racontent jamais la fondation, mais font venir de Rome des croyants à sa rencontre. Aucun des deux n’attribue cette fondation à Paul, même si la tradition ultérieure l’a fait.

- **La lettre:** Romains 1:7–8; Romains 1:13; Romains 15:20–23; Romains 16:3–16
- **Actes:** Actes 2:10; Actes 18:2; Actes 28:13–15
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul écrit à une Église qu’il n’a pas visitée, dont la foi est connue dans le monde entier ; il évite de bâtir sur les fondations d’autrui, et salue là-bas de nombreuses personnes, dont Prisca et Aquilas.

**Actes:** Des Juifs et des prosélytes venus de Rome sont présents à la Pentecôte ; Aquilas et Priscille arrivent d’Italie après que Claude a expulsé les Juifs de Rome ; des croyants de Pouzzoles et de Rome accueillent Paul.

Les Actes offrent des voies possibles, non un récit de fondation : des Juifs et des prosélytes de Rome à la Pentecôte, et Aquilas et Priscille, récemment arrivés d’Italie, dont la conversion n’est jamais racontée, peut-être parce qu’ils croyaient déjà. Une lettre envoyée quelques années plus tôt pourrait expliquer pourquoi des croyants vinrent jusqu’au Forum d’Appius à la rencontre de Paul. Parmi les personnes que salue l’épître aux Romains, les Actes ne nomment que Priscille et Aquilas. Irénée désigna plus tard Pierre et Paul comme fondateurs, mais les deux textes montrent que des croyants s’y trouvaient avant eux.

**Autres lectures**

- **Romains 16 envoyé à Éphèse.** T. W. Manson soutenait que Romains 16 avait été envoyé à Éphèse, où les Actes laissent Priscille et Aquilas ; dans ce cas, la longue liste ne décrit pas Rome. La plupart des spécialistes récents, à la suite de Harry Gamble et de Peter Lampe, la rattachent à Rome.
- **Fondée par Pierre.** La tradition ultérieure (Irénée) désigne Pierre et Paul comme fondateurs, et certains situent Pierre à Rome très tôt. Le silence de l’épître aux Romains sur Pierre, malgré sa longue liste de salutations, rend difficile à établir une fondation apostolique antérieure à la lettre.

**Sources**

- Irenaeus, Against Heresies (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), 3.3.2: <https://www.newadvent.org/fathers/0103303.htm>

### Le témoignage de Dieu dans la création et sa patience envers les âges passés

Ils partagent un argument mais diffèrent par le ton. L’épître aux Romains et les discours de Lystre et d’Athènes disent que le Créateur a laissé dans la création des indices de lui-même, que les images des idoles sont une folie, que Dieu a supporté les âges passés, et que le jugement vient par le Christ. L’épître aux Romains s’en sert pour condamner ; les Actes, comme terrain commun. Que les discours reflètent Paul ou Luc est discuté.

- **La lettre:** Romains 1:18–25; Romains 2:4; Romains 2:14–16; Romains 3:25–26; 1 Thessaloniciens 1:9–10
- **Actes:** Actes 14:15–17; Actes 17:24–31
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** La puissance et la divinité de Dieu se voient dans la création, ce qui laisse les hommes sans excuse pour les images d’idoles ; Dieu a laissé impunis les péchés antérieurs dans sa patience, et jugera par le Christ.

**Actes:** À Lystre avec Barnabas, et à Athènes, Paul dit que Dieu a rendu témoignage par les pluies et les récoltes, a fermé les yeux sur l’ignorance passée, n’a besoin ni de temples ni d’images, et jugera par l’homme ressuscité.

Le recoupement est précis : la création comme témoignage, la folie des images, la patience de Dieu envers les péchés antérieurs (Actes 14:16; 17:30; Romains 2:4; 3:25) et le jugement par le Christ ressuscité, que 1 Thessaloniciens 1:9–10 présente aussi comme le message de Paul aux païens. La différence est réelle : l’épître aux Romains déclare coupable l’ignorance païenne et montre Dieu livrant les idolâtres à leurs désirs, là où le discours d’Athènes la présente comme une ignorance sur laquelle Dieu a fermé les yeux. L’auditoire explique en partie cette différence, et les Actes ne donnent les discours qu’en résumé.

**Autres lectures**

- **Une théologie naturelle étrangère à Paul.** Philipp Vielhauer soutenait que la théologie naturelle positive du discours de l’Aréopage, qui traite la religion païenne comme une recherche ignorante, est étrangère à Romains 1, où la connaissance de Dieu ne fait que condamner ; selon cette lecture, c’est Luc, non Paul, qui parle.
- **Même théologie, auditoire différent.** Bertil Gärtner soutenait que le discours puise dans l’Ancien Testament et la pensée juive plutôt que dans le stoïcisme, et qu’il s’accorde avec Romains 1 ; prêcher à des gens du dehors part naturellement d’un terrain commun, tandis que l’épître aux Romains explique les mêmes idées à des croyants.

### Un ambassadeur attaché par une chaîne et le soldat qui gardait Paul à Rome

Un petit accord, plus faible que ne le pensait Paley. L’épître aux Éphésiens appelle Paul un ambassadeur attaché par une chaîne, au singulier dans le texte grec ; les Actes le montrent à Rome, vivant avec un soldat qui le garde et parlant de la chaîne qu’il porte. Paley y voyait une coïncidence non préméditée, mais le singulier ne se limite pas à cette détention, et la paternité de la lettre comme son lieu de rédaction sont discutés.

- **La lettre:** Éphésiens 6:19–20; Colossiens 4:3; 2 Timothée 1:16–17
- **Actes:** Actes 12:6–7; Actes 21:33; Actes 24:27; Actes 26:29; Actes 28:16; Actes 28:20
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande qu’on prie pour qu’il ait de l’assurance comme ambassadeur attaché par une chaîne, au singulier dans le texte grec ; le passage parallèle de l’épître aux Colossiens dit seulement qu’il est lié ; 2 Timothée, situé à Rome, mentionne sa chaîne.

**Actes:** Pierre dort entre deux soldats, lié de deux chaînes, et Paul est d’abord lié de deux chaînes ; à Rome, Paul vit seul avec le soldat qui le garde et parle de sa chaîne.

Paley, citant Lardner, soutenait que, chez les Romains, la garde militaire attachait le prisonnier à un seul soldat, et Actes 28 s’accorde avec cette image ; il ajoutait qu’un faussaire copiant les Actes n’aurait pas omis ce détail dans l’épître aux Colossiens, dont le passage parallèle dit seulement que Paul est lié. Mais le singulier s’emploie pour d’autres liens (Apocalypse 20:1), 2 Timothée 1:16–17 situe aussi sa chaîne à Rome, Paul fut également gardé à Césarée, et quiconque connaissait sa détention à Rome pouvait écrire cela.

**Autres lectures**

- **Paley : une coïncidence non préméditée.** Paley soutenait que le singulier « chaîne » ne s’employait que pour cette garde militaire, de sorte que la formulation de la lettre reflète la situation réelle de Paul à Rome, et qu’un imposteur l’aurait employé dans les deux lettres jumelles.
- **Une image conventionnelle.** Les chaînes étaient une image convenue de Paul prisonnier ; un auteur plus tardif de l’épître aux Éphésiens, ou Paul écrivant depuis une autre détention, pouvait employer le singulier sans rien savoir d’Actes 28 ; la correspondance prouve donc peu de chose.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 6, no. 5: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Échos du discours de Milet aux anciens d’Éphèse

Les adieux de Paul aux anciens d’Éphèse à Milet, son seul discours complet adressé à des chrétiens dans les Actes, partagent des mots et des idées avec l’épître aux Éphésiens : toute humilité, le dessein de Dieu, une Église acquise par le sang, un héritage parmi ceux qui sont saints, et l’édification. Les parallèles sont réels ; qu’ils reflètent la manière de s’exprimer de Paul, l’usage des lettres par Luc ou une tradition commune est discuté.

- **La lettre:** Éphésiens 1:1; Éphésiens 1:7; Éphésiens 1:11; Éphésiens 1:14; Éphésiens 1:18; Éphésiens 4:2; Éphésiens 4:12; Éphésiens 4:16
- **Actes:** Actes 20:13–15; Actes 20:17–21; Actes 20:27–28; Actes 20:31–32; Actes 26:18
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’épître aux Éphésiens exhorte à toute humilité, parle du dessein de Dieu, de la rédemption par le sang du Christ, de ce que Dieu possède en propre, de l’héritage parmi les saints, et d’un corps qui s’édifie lui-même.

**Actes:** Paul rappelle qu’il a servi en toute humilité et annoncé tout le dessein de Dieu, charge les anciens de paître l’Église acquise par son propre sang, et les confie à la parole qui édifie.

Une expression est distinctive : « en toute humilité » (meta pases tapeinophrosynes) n’apparaît dans le Nouveau Testament qu’en Actes 20:19 et Éphésiens 4:2, et le verbe qu’emploie le discours pour « acquérir » partage une racine avec « possession » en Éphésiens 1:14. D’autres termes prouvent moins : le dessein de Dieu (boule) est fréquent dans Luc-Actes, l’expression sur l’héritage revient en Actes 26:18, et l’édification est courante chez Paul. Le discours rappelle trois années passées ensemble ; l’épître aux Éphésiens ne rappelle rien de commun, et les manuscrits anciens n’ont pas « à Éphèse » (Éphésiens 1:1).

**Autres lectures**

- **La manière de parler de Paul.** Le narrateur fait partie du groupe qui navigue vers Milet (Actes 20:13–15) ; le discours peut donc venir d’un auditeur qui a retenu les formulations de Paul. Discours et lettre conserveraient alors tous deux la manière dont Paul s’adressait aux Églises d’Asie.
- **Luc a utilisé des lettres ou une tradition.** Aejmelaeus et Pervo soutenaient que Luc connaissait les lettres de Paul et composait à partir d’elles. Si l’épître aux Éphésiens est postérieure à Paul, discours et lettre peuvent plutôt partager une même tradition ultérieure d’Asie sur Paul.

### Le Christ élevé fait des dons ; remplis du Saint-Esprit, non de vin

L’épître aux Éphésiens et le discours de Pierre à la Pentecôte partagent un schéma : le Christ ressuscité, assis à la droite de Dieu comme le dit le Psaume 110, monté au ciel, et donnant depuis le ciel. Dans l’épître aux Éphésiens, les dons sont la grâce et des ministres ; dans les Actes, le don est le Saint-Esprit. Les lettres ne mentionnent jamais la Pentecôte ; le lien tient donc à une croyance commune et à l’usage des Psaumes, non à un contact littéraire.

- **La lettre:** Éphésiens 1:20–22; Éphésiens 4:7–11; Éphésiens 5:18; 1 Corinthiens 15:25–27; Romains 13:13
- **Actes:** Actes 1:9–12; Actes 2:4; Actes 2:13–17; Actes 2:33–35
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Dieu a fait asseoir le Christ à sa droite au-dessus de toute puissance ; citant le Psaume 68, la lettre dit que le Christ est monté et a fait des dons. Les croyants doivent être remplis du Saint-Esprit, non ivres de vin.

**Actes:** Jésus est enlevé depuis le mont des Oliviers. À la Pentecôte, on se moque des disciples remplis du Saint-Esprit en les disant ivres ; Pierre dit que Jésus, élevé, a reçu le Saint-Esprit et l’a répandu.

Le Psaume 110 et la droite de Dieu sont un terrain commun : Pierre les emploie dans les Actes, et Paul associe le Psaume 110 au Psaume 8 (1 Corinthiens 15:25–27) comme le fait Éphésiens 1:20–22. L’épître aux Éphésiens lit le Psaume 68:18, où le vainqueur reçoit des dons, comme le Christ qui les donne ; dans les Actes, Jésus élevé reçoit le Saint-Esprit et le répand. La proposition sur le vin fait écho à la version grecque de Proverbes 23:31, et Paul met en garde contre l’ivrognerie ailleurs (Romains 13:13) ; le contraste ne doit donc peut-être rien à la Pentecôte.

**Autres lectures**

- **Une descente à la Pentecôte.** Harris soutenait que la descente d’Éphésiens 4:9–10 est le retour du Christ élevé sous la forme du Saint-Esprit à la Pentecôte, en s’appuyant sur des lectures juives du Psaume 68 relatives à Moïse au Sinaï. Cela rapprocherait la lettre des Actes.
- **L’exaltation seulement.** La plupart des interprètes lisent la descente comme l’incarnation ou comme la descente du Christ au tombeau ou dans le monde souterrain à sa mort. L’épître aux Éphésiens ne parle alors que d’exaltation et de dons, et son lien avec la Pentecôte est au mieux thématique.

### Apôtres, prophètes, évangélistes, bergers et docteurs : chacun apparaît dans les Actes

L’épître aux Éphésiens énumère les ministères donnés par le Christ : apôtres, prophètes, évangélistes, bergers et docteurs, les apôtres et les prophètes formant le fondement. Les Actes les montrent à l’œuvre : des prophètes et des docteurs à Antioche, Agabus, Jude Barsabas et Silas comme prophètes, Philippe l’évangéliste, des anciens chargés de paître le troupeau. Les rôles correspondent largement, même si les Actes appellent rarement Paul apôtre. La date de l’épître aux Éphésiens est discutée.

- **La lettre:** Éphésiens 2:20; Éphésiens 3:5; Éphésiens 4:11–12; 2 Timothée 4:5; 1 Corinthiens 12:28; 1 Corinthiens 3:11; 1 Pierre 5:2
- **Actes:** Actes 11:27–28; Actes 13:1–2; Actes 14:4; Actes 14:14; Actes 15:32; Actes 19:6; Actes 20:28; Actes 21:8–11
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Le Christ a donné des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des bergers et des docteurs pour équiper les saints ; l’Église est bâtie sur les apôtres et les prophètes, à qui le mystère a été révélé.

**Actes:** Des prophètes et des docteurs servent à Antioche ; Agabus prophétise à deux reprises ; Jude Barsabas et Silas sont prophètes ; Philippe est appelé l’évangéliste ; les anciens d’Éphèse doivent paître le troupeau de Dieu.

Le mot « évangéliste » n’apparaît que trois fois dans le Nouveau Testament : Actes 21:8, Éphésiens 4:11 et 2 Timothée 4:5. Seule l’épître aux Éphésiens appelle bergers les responsables de l’Église, tandis qu’Actes 20:28 et 1 Pierre 5:2 appliquent aux anciens le verbe correspondant. 1 Corinthiens 12:28 classe déjà apôtres, prophètes et docteurs ; la liste n’est donc pas propre à l’épître aux Éphésiens. Une différence : les Actes réservent presque toujours le titre d’« apôtre » aux Douze, n’appelant Barnabas et Paul apôtres qu’en Actes 14:4 et 14:14.

**Autres lectures**

- **Le regard porté sur une époque révolue.** De nombreux spécialistes critiques voient dans une Église bâtie sur les apôtres et les prophètes, alors que 1 Corinthiens 3:11 fait du Christ le seul fondement, le regard d’une génération ultérieure sur un âge fondateur achevé ; Käsemann rangeait l’épître aux Éphésiens, à côté des Actes, parmi les écrits post-apostoliques.
- **Une charte du vivant de Paul.** Si Paul a écrit l’épître aux Éphésiens, le fondement est la première génération encore à l’œuvre, et les dons sont ceux que les Actes montrent actifs dans les années 40 et 50, avec des prophètes aux côtés des apôtres comme en 1 Corinthiens 12:28.

### Une détention ouverte aux visiteurs, aux messagers et à une prédication pleine d’assurance

Les lettres de captivité supposent une détention assez ouverte pour que des collaborateurs séjournent auprès de Paul, que des messagers voyagent, qu’un esclave parvienne jusqu’à lui et devienne croyant, et que les nouvelles de sa cause se répandent. Les Actes décrivent une telle détention à Césarée et à Rome : des amis prennent soin de lui, tous ceux qui viennent sont reçus, il prêche sans entrave. Un tel accès était courant ; l’accord montre donc du réalisme, non de quelle détention il s’agit.

- **La lettre:** Philippiens 1:12–14; Philippiens 1:20; Philippiens 2:25–30; Philippiens 4:22; Éphésiens 6:19–20; Colossiens 4:3–4; Colossiens 4:7–14; Philémon 1:10–13; Philémon 1:23–24
- **Actes:** Actes 24:23; Actes 27:3; Actes 28:16; Actes 28:23–24; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Des collaborateurs présents auprès de Paul envoient leurs salutations, des envoyés se rendent auprès des Églises, Onésime devient croyant grâce à Paul enchaîné, on entend parler de ses liens dans le prétoire, et d’autres s’enhardissent à prêcher.

**Actes:** Félix permet aux amis de Paul de le servir et de lui rendre visite ; Julius lui permet de voir des amis à Sidon ; à Rome, il vit avec un seul soldat qui le garde, reçoit tous ceux qui viennent et prêche avec assurance, sans entrave.

Paul demande qu’on prie pour qu’il ait de l’assurance (Éphésiens 6:19–20) et s’attend à ce que le Christ soit honoré en toute assurance (Philippiens 1:20) ; les Actes se terminent sur Paul prêchant en toute assurance (Actes 28:31), bien que l’assurance soit fréquente dans les Actes. L’épître aux Philippiens suppose des messages échangés dans les deux sens avec Philippes, ce qui, selon Paley, prenait beaucoup de temps. Les Actes disent que certains visiteurs à Rome crurent (Actes 28:24), sans en nommer aucun ; l’épître à Philémon nomme un converti en détention, un esclave, sans dire où.

**Autres lectures**

- **Comment Onésime est venu.** Lightfoot voyait en Onésime un fugitif caché à Rome qui y rencontra Paul ; Lampe et Rapske soutenaient qu’il chercha Paul pour lui demander d’intercéder en sa faveur auprès de son maître. Les deux hypothèses conviennent à toute détention qui admettait des visiteurs.
- **Typique, non spécifique.** Les visites d’amis étaient normales dans la détention sous l’autorité des Romains ; l’accès ouvert montre donc que les deux textes décrivent une détention réaliste, non que les lettres aient été écrites pendant la détention que décrivent les Actes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7 (Philippians), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Prisonnier pour les païens, le mur de séparation abattu et Trophime dans le temple

Les épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens rattachent les chaînes de Paul à son message selon lequel les païens ont pleinement part au Christ, et l’épître aux Éphésiens parle d’un mur de séparation abattu. Les Actes font remonter l’arrestation de Jérusalem à la même question : la rumeur que Paul avait introduit dans le temple Trophime, un Grec d’Éphèse, et une émeute provoquée par son envoi vers les païens. L’accord est thématique, non probant.

- **La lettre:** Colossiens 1:24–27; Colossiens 4:3; Éphésiens 2:11–16; Éphésiens 3:1; Éphésiens 3:6; Éphésiens 3:13
- **Actes:** Actes 21:27–33; Actes 22:21–22; Actes 23:6; Actes 24:5–6; Actes 24:21; Actes 26:6–7; Actes 26:17–21; Actes 28:20
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’épître aux Colossiens rattache les souffrances et les liens de Paul à l’annonce du mystère du Christ parmi les païens ; l’épître aux Éphésiens l’appelle prisonnier du Christ pour les païens et dit que le Christ a abattu le mur de séparation.

**Actes:** Des Juifs d’Asie se saisirent de Paul en l’accusant d’avoir introduit des Grecs dans le temple ; la foule éclata en entendant parler de son envoi vers les païens ; devant Agrippa, il dit avoir été saisi pour avoir prêché aussi aux païens.

Paley soutenait que ces lettres attribuent l’emprisonnement de Paul non à la prédication du Christ, mais à l’admission des païens sans la Loi, la question qui sous-tend l’émeute de Jérusalem par laquelle commença sa détention. J. Armitage Robinson voyait dans le mur de séparation la barrière du temple, signe extérieur de la division établie par la Loi, au-delà de laquelle Trophime aurait été conduit. Les lettres ne nomment jamais le temple ni l’arrestation, le lien tombe si elles proviennent d’un emprisonnement antérieur, et dans les Actes Paul dit aussi être jugé à cause de la résurrection et lié à cause de l’espérance d’Israël.

**Autres lectures**

- **Aucune allusion au temple.** L’épître aux Éphésiens nomme elle-même ce qui a été aboli, l’hostilité et la loi des commandements ; le mur peut donc être la Loi comme barrière, ou une image générale, sans allusion au temple ni à l’arrestation de Paul.
- **Un thème, non une coïncidence.** La mission auprès des païens traverse toutes les lettres de Paul, et de nombreux spécialistes jugent que l’épître aux Éphésiens, et peut-être celle aux Colossiens, sont l’œuvre de disciples plus tardifs qui connaissaient son histoire ; l’accord pourrait alors être voulu plutôt que fortuit.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter VIII (Colossians), No. I: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Tychique, originaire d’Asie, porte les nouvelles de Paul aux Églises d’Asie

Les Actes ne nomment Tychique qu’une fois, comme l’un des deux hommes d’Asie du groupe qui escorte Paul à son retour de Grèce. Les lettres font de lui l’envoyé de Paul, surtout en Asie : il porte des nouvelles aux lecteurs des épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, est envoyé à Éphèse et envisagé pour la Crète. Un envoyé originaire de la région convient à des Églises d’Asie : une concordance modeste.

- **La lettre:** Éphésiens 6:21–22; Colossiens 4:7–9; 2 Timothée 4:12; Tite 1:5; Tite 3:12
- **Actes:** Actes 20:2–3; Actes 20:4; Actes 20:5–6; Actes 21:29
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Tychique donnera aux lecteurs des épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens des nouvelles de Paul, en voyageant avec Onésime ; 2 Timothée dit que Paul l’a envoyé à Éphèse ; la lettre à Tite le désigne comme possible relève en Crète.

**Actes:** Les Actes mentionnent Tychique avec Trophime comme hommes d’Asie escortant Paul à son retour de Grèce ; ils l’attendent à Troas. Les Actes ne lui confient aucune mission et ne le nomment plus jamais.

Aucune des deux sources n’explique l’autre : les Actes ne mentionnent jamais ses missions, et les lettres ne disent jamais d’où il venait. Pourtant, un homme de la province est un messager naturel pour Éphèse, Colosses et leurs voisines. Paley lisait les notes parallèles comme montrant que Tychique avait porté les deux lettres ; J. Armitage Robinson ajoutait que le Tychique d’Asie des Actes a pu se rendre à Jérusalem comme délégué d’Église, là où les Actes placent Trophime. L’emboîtement est réel mais modeste.

**Autres lectures**

- **Un seul témoin, pas deux.** Éphésiens 6:21–22 reprend Colossiens 4:7–8 presque mot pour mot. Paley voyait dans le messager commun l’explication de la ressemblance des lettres ; beaucoup de spécialistes pensent plutôt qu’un auteur ultérieur a copié Colossiens, si bien que ces notes ne comptent que pour un seul témoin.
- **Lettres d’attribution contestée.** Colossiens, Éphésiens, 2 Timothée et Tite sont toutes d’attribution contestée. Un auteur ultérieur qui connaissait les Actes aurait pu faire de Tychique, originaire d’Asie, l’envoyé tout désigné pour l’Asie, ce qui rendrait la concordance délibérée.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter VI (Ephesians), No. I: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Aristarque aux côtés de Paul dans le danger et la captivité

Colossiens appelle Aristarque compagnon de captivité de Paul, et la lettre à Philémon le range parmi ses collaborateurs. Les Actes le nomment trois fois en passant : saisi lors de l’émeute d’Éphèse, voyageant dans le groupe en route vers Jérusalem, et embarquant avec Paul prisonnier sur un navire à destination des côtes d’Asie. Les deux sources le placent aux côtés de Paul dans le danger, bien que les Actes ne le disent jamais prisonnier.

- **La lettre:** Colossiens 4:10–11; Philémon 1:23–24
- **Actes:** Actes 19:29; Actes 20:4; Actes 27:1–2; Actes 27:5–6
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Colossiens transmet les salutations d’Aristarque, compagnon de captivité de Paul et l’un de ses rares collaborateurs d’origine juive ; la lettre à Philémon le range parmi les collaborateurs et attribue le titre de prisonnier à Épaphras.

**Actes:** Aristarque, un Macédonien de Thessalonique, est saisi lors de l’émeute d’Éphèse, rejoint le groupe de Paul en route vers Jérusalem et embarque avec Paul prisonnier sur un navire à destination des côtes d’Asie.

Les Actes placent Aristarque avec Paul à Éphèse et pendant le voyage depuis Césarée ; il convient donc à tous les cadres proposés pour les lettres de captivité. Paley, supposant qu’Aristarque avait atteint Rome, admettait qu’un faussaire pouvait tirer ce nom des Actes, mais notait que Colossiens ajoute Marc et Justus, que les Actes n’amènent jamais à Rome, et que la lettre à Philémon attribue autrement le titre de prisonnier, de sorte qu’aucune des deux listes ne copie l’autre. Eusèbe reliait déjà le voyage à Colossiens.

**Autres lectures**

- **Prisonnier en quel sens ?.** Les Actes ne disent jamais qu’Aristarque a été arrêté. Le titre peut signifier qu’il partageait volontairement la détention de Paul, rappeler un emprisonnement antérieur ou être une image ; Lightfoot pensait qu’il avait quitté le navire à Myra et rejoint Paul plus tard à Rome.
- **Des listes tirées de la lettre à Philémon.** Les spécialistes qui jugent Colossiens postérieure à Paul, comme Eduard Lohse, considèrent que ses salutations reprennent la liste de la lettre à Philémon ; les lettres ne fournissent alors qu’un seul témoin, et les Actes peuvent refléter un souvenir distinct des compagnons de Paul.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter VIII (Colossians), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, Chapter XIV (Philemon), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Eusebius, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1) (A. C. McGiffert, 1890), Church History 2.22.1: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>

### Marc, écarté dans les Actes, de retour parmi les collaborateurs de Paul

Les Actes laissent Jean-Marc écarté par Paul pour avoir abandonné le premier voyage et ne le mentionnent plus jamais. Colossiens, la lettre à Philémon et 2 Timothée le montrent de retour parmi les collaborateurs de Paul et utile pour le ministère. Les Actes ne racontent pas de réconciliation et les lettres ne mentionnent pas la querelle : chaque source comble une lacune que l’autre laisse.

- **La lettre:** Colossiens 4:10–11; Philémon 1:24; 2 Timothée 4:11
- **Actes:** Actes 12:25; Actes 13:5; Actes 13:13; Actes 15:37–39
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Marc salue comme l’un des rares collaborateurs d’origine juive de Paul qui le réconfortent ; la lettre à Philémon le cite comme collaborateur ; 2 Timothée demande à Timothée de l’amener, car il est utile pour le service.

**Actes:** Jean-Marc a assisté Barnabas et Saul, mais les a quittés à Perge ; Paul a refusé de l’emmener de nouveau, puisqu’il n’avait pas pris part avec eux à l’œuvre, et s’est séparé de Barnabas.

Lues ensemble, les sources impliquent une réconciliation, à une date inconnue, entre Actes 15 et les lettres de captivité. Colossiens mentionne des instructions antérieures demandant d’accueillir Marc, et Lightfoot voyait dans ces recommandations soigneuses une volonté d’effacer un passé défavorable. Les lettres n’expliquent pas ce changement et ne font pas allusion à la querelle, ce qu’aurait pu faire un auteur brodant sur les Actes. Le lien repose sur Colossiens, qui présente ce Marc comme le cousin de Barnabas, parmi les mêmes compagnons qui envoient leurs salutations dans la lettre à Philémon.

**Autres lectures**

- **Un nom courant.** Marcus était l’un des noms romains les plus courants. Sans Colossiens 4:10, dont l’attribution est contestée, le Marc de la lettre à Philémon n’est pas forcément Jean-Marc, et la réconciliation devient une reconstitution.
- **Un souvenir ultérieur.** 2 Timothée est largement jugée postérieure à Paul ; sa demande chaleureuse concernant Marc peut donc refléter le souvenir ultérieur de l’Église d’un Marc réhabilité plutôt que les propres paroles de Paul ; seule la lettre à Philémon est d’attribution incontestée.

### Luc auprès de Paul captif et le narrateur « nous » des Actes

Les lettres placent Luc le médecin auprès de Paul captif. Les Actes ne nomment jamais leur auteur, mais leur narration à la première personne accompagne Paul lors des voyages vers Jérusalem et Rome. Si Luc est ce narrateur, les sources concordent étroitement, comme le soutenait Irénée ; mais l’identification repose en partie sur ces versets mêmes, et beaucoup interprètent autrement la première personne.

- **La lettre:** Colossiens 4:11; Colossiens 4:14; Philémon 1:24; 2 Timothée 4:11
- **Actes:** Actes 1:19; Actes 16:10–17; Actes 20:5–21:18; Actes 27:1–28:16
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Luc, le cher médecin, salue, cité après les collègues d’origine juive ; la lettre à Philémon l’appelle collaborateur ; 2 Timothée dit que seul Luc est resté avec Paul.

**Actes:** Les Actes ne nomment aucun auteur, mais leur narration à la première personne rejoint Paul à Troas et à Philippes, reprend à Philippes des années plus tard et se poursuit jusqu’à Jérusalem, puis de Césarée à Rome.

Si le narrateur est Luc, les Actes le placent avec Paul lors des voyages qui aboutissent à la captivité à Césarée et à Rome. La première personne est absente des chapitres consacrés à Éphèse, mais aussi de la captivité à Césarée elle-même ; ce silence ne favorise donc que légèrement un cadre romain. Paley ajoutait, avec prudence, que Colossiens laisse entendre que Luc était d’origine païenne, et que l’aparté sur Hakeldama dans la langue locale ressemble à la remarque d’un étranger, bien qu’un juif de langue grecque ait pu aussi l’écrire.

**Autres lectures**

- **Une identification circulaire.** La tradition selon laquelle Luc a écrit les Actes a été en partie déduite de ces lettres ; Irénée en tirait déjà argument, si bien que la concordance peut refléter cette déduction plutôt que la confirmer de façon indépendante.
- **Source ou convention.** Les critiques voient dans la première personne une source de voyage intégrée ou, avec Vernon K. Robbins, une convention des récits de voyage en mer ; pourtant, elle couvre aussi des scènes terrestres à Philippes et à Jérusalem, que la théorie de la convention explique moins bien.

**Sources**

- Irenaeus, Against Heresies (Ante-Nicene Fathers vol. 1) (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), Against Heresies 3.14.1: <https://www.newadvent.org/fathers/0103314.htm>
- Eusebius, Church History (Nicene and Post-Nicene Fathers, Series II vol. 1) (A. C. McGiffert, 1890), Church History 3.4.7: <https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm>
- William Paley, Horae Paulinae, Chapter VIII (Colossians), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Les Églises de la vallée du Lycos, fondées par Épaphras pendant les années d’Éphèse

Colossiens s’adresse à une Église qui a appris l’Évangile d’Épaphras et qui n’avait apparemment jamais vu Paul. Les Actes ne rapportent aucune visite dans la vallée du Lycos, mais disent que les deux années de Paul à Éphèse ont atteint tous les habitants de l’Asie. Ensemble, ces sources suggèrent des Églises fondées par des collaborateurs de Paul pendant les années d’Éphèse, et non par Paul en personne.

- **La lettre:** Colossiens 1:4; Colossiens 1:6–9; Colossiens 2:1; Colossiens 4:12–13; Philémon 1:5; Philémon 1:19
- **Actes:** Actes 16:6; Actes 18:23; Actes 19:1; Actes 19:10; Actes 19:26
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a entendu parler de leur foi ; Épaphras, leur enseignant, se dépense pour Laodicée et Hiérapolis ; Paul combat pour eux et pour tous ceux qui ne l’ont pas vu ; Philémon se doit lui-même à Paul.

**Actes:** Les Actes ne rapportent aucune visite à Colosses. Paul a un temps été empêché de parler en Asie, a ensuite traversé l’intérieur jusqu’à Éphèse, et ses deux années sur place ont répandu la parole dans toute l’Asie.

Les Actes fournissent le cadre, un long séjour à Éphèse dont Démétrius lui-même déplore le rayonnement dans toute la province ; Colossiens en fournit un exemple, une Église fondée par un collaborateur local. Lightfoot et Ramsay ont tous deux conclu que Paul n’avait pas fondé lui-même les Églises de la vallée du Lycos. Paley en déduisait que Paul avait converti Philémon ailleurs ; Éphèse est l’hypothèse naturelle. La concordance est générale et ne relève pas de la coïncidence non préméditée : le résumé des Actes sur un rayonnement dans toute l’Asie conviendrait à n’importe quelle Église de la province.

**Autres lectures**

- **Une visite non rapportée.** Théodoret et certains critiques ultérieurs lisent Colossiens 2:1 comme distinguant les Colossiens de ceux qui n’avaient pas vu Paul. Selon cette lecture, et compte tenu du caractère sélectif des Actes, une visite non rapportée sur les routes de l’intérieur reste possible.
- **Une lettre d’attribution contestée.** Si Colossiens est postérieure à Paul, son tableau d’une Église fondée par Épaphras peut être littéraire, construit à partir des noms de la lettre à Philémon ; le cadre d’Éphèse reposerait alors sur les seuls Actes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter XIV (Philemon), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Une libération attendue et une chambre d’hôte : les motifs juridiques d’espérer dans les Actes

Philippiens s’attend à ce que Paul vive et vienne bientôt ; la lettre à Philémon demande une chambre d’hôte dans l’espoir d’une libération. Si ces lettres viennent de Césarée ou de Rome, les Actes fournissent des motifs à cet espoir : Lysias, Festus et Agrippa ne trouvent rien qui mérite la mort, et les notables juifs de Rome n’ont rien entendu contre lui. Les Actes s’achèvent avant tout verdict.

- **La lettre:** Philippiens 1:19–26; Philippiens 2:23–24; Philémon 1:22; 2 Timothée 4:6–8; Romains 15:24; Romains 15:28
- **Actes:** Actes 20:1; Actes 23:29; Actes 24:27; Actes 25:11; Actes 25:25; Actes 26:31–32; Actes 28:18; Actes 28:21; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Pesant la vie et la mort, Paul s’attend à demeurer, à revoir les Philippiens et à venir bientôt ; il demande à Philémon un logement, dans l’espoir de leur être rendu.

**Actes:** Lysias, Festus et l’entourage d’Agrippa ne trouvent rien qui mérite la mort ; Agrippa dit que Paul aurait pu être relâché sans son appel ; Paul dit que les Romains voulaient le relâcher.

Dans un cadre à Césarée ou à Rome, l’espoir des lettres correspond au tableau juridique des Actes, bien qu’elles ne mentionnent jamais les conclusions des autorités et fondent leur espoir sur la prière. Paley notait que ces lettres attendent une libération alors que 2 Timothée attend la mort, et que Philippiens considère la décision comme proche.

**Autres lectures**

- **Un emprisonnement à Éphèse.** Si Philippiens et la lettre à Philémon viennent d’un emprisonnement à Éphèse, que les Actes ne rapportent pas, la libération espérée a précédé Actes 20:1. On invoque en ce sens la demande de logement à Colosses, toute proche, dans la lettre à Philémon, et le projet, exposé dans Romains, d’aller de Rome en Espagne.
- **L’espoir n’est pas l’issue.** Des conclusions favorables n’ont pas libéré Paul sous Félix ni sous Festus, et les Actes peuvent souligner les verdicts romains d’innocence pour leurs propres visées apologétiques ; ni l’espoir des lettres ni les Actes ne montrent qu’il a été libéré.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 12, no. 1: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7, no. 5: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des Églises réunies dans des maisons et des maisonnées entières converties

Les Actes et les lettres s’accordent : les premières Églises, dont celles de Paul, se réunissaient dans des maisons et se développaient par maisonnées. Les lettres saluent des Églises qui se réunissent dans des maisons nommées, dont celle de Prisca et d’Aquilas ; les Actes montrent des croyants se réunissant dans des maisons et des maisonnées entières croyant ou recevant le baptême avec leur chef. C’est un accord sur un modèle social, non sur un événement unique.

- **La lettre:** Philémon 1:2; Philémon 1:10; Philémon 1:15–16; Romains 16:5; 1 Corinthiens 16:19; Colossiens 4:15; 1 Corinthiens 1:14; 1 Corinthiens 1:16; 1 Corinthiens 16:15; Tite 1:6; Tite 1:11; Tite 2:2–10
- **Actes:** Actes 2:46; Actes 10:24; Actes 10:44–48; Actes 11:14; Actes 12:12; Actes 16:15; Actes 16:31–34; Actes 16:40; Actes 18:2–3; Actes 18:7–8; Actes 20:20
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul salue des Églises réunies dans des maisons nommées et a baptisé la maison de Stéphanas ; la lettre à Tite exige que les enfants des anciens soient croyants, met en garde contre des enseignants qui bouleversent des maisonnées entières et donne des instructions par groupes d’âge et de condition.

**Actes:** Des croyants se réunissent dans des maisons à Jérusalem, dont celle de Marie ; Corneille, Lydie, le geôlier et Crispus sont sauvés ou baptisés avec leur maisonnée ; Paul enseigne de maison en maison à Éphèse.

Aucun des deux textes ne semble copié sur l’autre. Lydie, le geôlier et Justus des Actes ne sont pas nommés dans les lettres, et les hôtes auxquels s’adressent la lettre à Philémon et Colossiens sont absents des Actes. Deux noms font le lien : Prisca et Aquilas logent Paul dans les Actes et accueillent une Église dans les lettres ; Crispus croit avec sa maisonnée dans les Actes et est baptisé par Paul selon 1 Corinthiens. La lettre à Philémon ajoute une nuance : Onésime, esclave dans la maisonnée d’un croyant, n’est devenu croyant que par Paul, en captivité. Un modèle commun n’a qu’un poids modeste.

**Autres lectures**

- **Qui faisait partie de la maisonnée.** La question de savoir si les baptêmes de maisonnées incluaient des nourrissons fait l’objet d’un long débat confessionnel (Jeremias pour, Aland contre). Les textes montrent des maisonnées qui adhèrent ensemble, non qui en faisait partie.
- **Une organisation ecclésiale ultérieure.** Les instructions de la lettre à Tite sur les maisonnées peuvent refléter une organisation ecclésiale plus tardive et stabilisée si les Pastorales sont postérieures à Paul ; les Églises domestiques de Romains, de 1 Corinthiens et de la lettre à Philémon montrent tout de même que ce modèle était ancien.

### L’avertissement de Milet et les faux enseignants d’Éphèse et d’Asie

À Milet, Paul avertit les anciens d’Éphèse que des loups s’introduiront et que des hommes issus de leurs propres rangs entraîneront des disciples à leur suite. 1 Timothée et 2 Timothée dépeignent de tels enseignants à Éphèse et en nomment plusieurs. À les lire au pied de la lettre, les Actes donnent la prédiction et les lettres son accomplissement ; beaucoup de critiques voient une même situation ultérieure derrière les deux.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:3–7; 1 Timothée 1:19–20; 1 Timothée 4:1–3; 1 Timothée 5:19–20; 1 Timothée 6:3–5; 1 Timothée 6:20–21; 2 Timothée 1:15; 2 Timothée 2:16–18; 2 Timothée 3:6–9; 2 Timothée 4:3–4; Tite 1:5–11; Romains 16:17–18
- **Actes:** Actes 20:17; Actes 20:28–31
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** 1 Timothée affronte à Éphèse de prétendus maîtres de la Loi, des mythes et des règles ascétiques ; 2 Timothée nomme Hyménée et Philète, qui disent la résurrection déjà advenue, et affirme que tous ceux d’Asie ont abandonné Paul.

**Actes:** Paul convoque les anciens d’Éphèse, qu’il appelle aussi évêques, les charge de paître le troupeau, prédit des loups venus du dehors et des enseignants pervertis venus du dedans, et rappelle trois années d’avertissements.

Le lien est thématique : les Actes ne nomment aucun des adversaires des lettres, et les lettres ne citent jamais le discours. Pourtant, les règles de 1 Timothée sur les accusations portées contre des anciens conviennent à un avertissement selon lequel certains surgiraient des rangs mêmes des anciens, et les Actes, comme Tite 1:5–7, appellent les mêmes hommes anciens et évêques. Comme les Actes présentent ouvertement une prédiction, le lien est complémentaire et ne relève pas de la coïncidence non préméditée.

**Autres lectures**

- **Écrit après coup.** Si les Actes et les Pastorales viennent tous deux de l’Asie d’après Paul, le discours a pu être composé après coup ; tous deux refléteraient alors une même situation plutôt qu’une prédiction et son accomplissement (Pervo).
- **La préoccupation de Paul lui-même.** Walton trouve le portrait de Paul dans ce discours proche de 1 Thessaloniciens, ce qui suggère que Luc connaissait une tradition authentique sur Paul ; et dans Romains 16:17–18, Paul lui-même met une Église en garde contre des enseignants qui divisent, si bien que l’avertissement peut faire écho à sa propre préoccupation.

### Alexandre dans les lettres et Alexandre dans l’émeute d’Éphèse

Jusqu’à trois hommes nommés Alexandre peuvent être liés à Éphèse : un homme dont la foi a fait naufrage dans 1 Timothée, Alexandre le chaudronnier dans 2 Timothée, dont le lieu n’est pas précisé, et un juif poussé en avant pendant l’émeute dans les Actes. Les identifier est possible mais non prouvé : le nom était très courant, et les Actes ne donnent à leur Alexandre ni métier ni position à l’égard de Paul.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:19–20; 2 Timothée 4:12; 2 Timothée 4:14–15
- **Actes:** Actes 4:6; Actes 19:23–27; Actes 19:33–34
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** 1 Timothée dit qu’Hyménée et Alexandre ont fait naufrage dans la foi et ont été livrés à Satan pour apprendre à ne pas blasphémer ; 2 Timothée met en garde contre Alexandre le chaudronnier, qui a fait beaucoup de mal à Paul.

**Actes:** Pendant l’émeute provoquée par Démétrius l’orfèvre, les Juifs poussent en avant un certain Alexandre ; il fait signe de la main pour présenter une défense, mais la foule le fait taire par ses cris dès qu’on le reconnaît comme juif.

S’il s’agit d’un seul homme, 2 Timothée ajoute un métier du métal qui conviendrait à une émeute d’artisans, et une hostilité que les Actes ne montrent jamais. Mais 2 Timothée ne dit jamais où se trouvait le chaudronnier, et l’envoi de Tychique à Éphèse peut impliquer que Timothée était ailleurs. Les Actes ne donnent à leur Alexandre aucun métier et laissent son intention obscure ; la communauté juive l’a peut-être mis en avant pour se démarquer de Paul. Les Actes nomment aussi un autre Alexandre, de l’entourage des grands prêtres. Les Alexandre des deux lettres ne sont pas non plus forcément une seule personne. Au mieux, un lien possible.

**Autres lectures**

- **Un seul adversaire à Éphèse.** Les textes permettraient que le chaudronnier soit l’Alexandre des Actes : un ouvrier du métal juif d’Éphèse dont l’opposition à Paul aurait commencé lors de l’émeute. Rien ne l’impose.
- **Des hommes sans lien.** Alexandre était un nom très courant ; l’Alexandre ou les Alexandre des lettres et le juif d’Actes 19 peuvent n’avoir aucun lien entre eux, ce qui ne laisse aucun point de contact.

### Le soutien des Églises aux veuves

Les deux textes montrent des Églises qui soutiennent des veuves. Les Actes rapportent une distribution quotidienne à Jérusalem où les veuves de langue grecque étaient négligées, et des veuves réunies autour de Dorcas à Joppé ; 1 Timothée règle quelles veuves l’Église d’Éphèse doit inscrire, les familles devant pourvoir en premier. L’accord porte sur la pratique, non sur des détails comme un ordre de diacres.

- **La lettre:** 1 Timothée 5:3–16; 1 Timothée 3:8–13
- **Actes:** Actes 6:1–6; Actes 9:36–41
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les familles doivent soutenir leurs propres veuves ; l’Église n’inscrit que les veuves restées seules, âgées d’au moins soixante ans, femmes d’un seul mari, connues pour leurs bonnes œuvres ; les veuves plus jeunes devraient se remarier.

**Actes:** Les veuves hellénistes étaient négligées dans le service quotidien à Jérusalem, si bien que sept hommes ont été choisis et investis de leur charge ; à Joppé, des veuves pleuraient Dorcas, une disciple connue pour ses bonnes œuvres.

Paley a observé que 1 Timothée mentionne l’inscription abruptement, comme une chose que les lecteurs connaissaient déjà, et a jugé que la lettre n’avait rien emprunté aux Actes. La concordance est réelle mais modeste, puisque l’assistance aux veuves était un ancien devoir juif. Actes 9 nomment les veuves comme un groupe distinct à côté des saints. Les Actes n’appellent jamais les sept des diacres, bien qu’ils décrivent leur tâche avec des mots apparentés au service ; les identifier aux serviteurs, ou diacres, de 1 Timothée 3 relève d’une tradition ultérieure, attestée par Irénée vers 180 apr. J.-C.

**Autres lectures**

- **Un ordre ultérieur de veuves.** Les spécialistes qui datent 1 Timothée d’après Paul lisent les veuves inscrites, avec une limite d’âge et un engagement, comme un ordre plus développé, si bien que la concordance montre une pratique qui se poursuit sur des décennies plutôt qu’un témoignage datant du vivant de Paul.
- **Une liste d’assistance, non une fonction.** D’autres lisent 1 Timothée 5 comme une liste de veuves démunies que l’Église soutient, façonnée par l’attente romaine selon laquelle les familles pourvoient, et non comme une fonction ; dans cette lecture, elle prolonge l’assistance que décrivent les Actes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter 11 (First Epistle to Timothy), No. II: <https://archive.org/download/horaepaulinaeort00pale_0/horaepaulinaeort00pale_0_djvu.txt>
- Irenaeus, Against Heresies (A. Roberts and W. H. Rambaut, 1885), Against Heresies 1.26.3: <https://www.newadvent.org/fathers/0103126.htm>

### La course de Paul : à achever à Milet, achevée dans 2 Timothée

À Milet, Paul dit qu’il n’accorde aucune valeur à sa vie, pourvu qu’il puisse achever sa course ; 2 Timothée lui fait déclarer la course achevée et sa mort imminente. Le mot grec traduit ici par « course » n’apparaît dans le Nouveau Testament que dans les Actes et 2 Timothée ; le lien est donc réel, mais son indépendance est débattue.

- **La lettre:** 2 Timothée 4:6–8; Philippiens 1:20–23; Philippiens 2:16–17; Philippiens 3:12–14; 1 Corinthiens 9:24–27; Galates 2:2
- **Actes:** Actes 13:25; Actes 20:15; Actes 20:22–24; Actes 21:13; Actes 25:11
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Philippiens espère que Paul n’a pas couru en vain, accepte qu’il soit répandu en offrande et tend vers le but ; 2 Timothée déclare l’offrande commencée et la course achevée.

**Actes:** À Milet, Paul compte sa vie pour rien au regard de l’achèvement de sa course et de son ministère ; à Césarée, il est prêt à mourir ; devant Festus, il ne refuse pas la mort s’il est coupable.

Lus ensemble, les Actes et 2 Timothée montrent une même résolution vue depuis deux extrémités opposées : l’intention d’achever, puis l’affirmation d’avoir achevé. L’image de la course est propre à Paul, comme le montre 1 Corinthiens 9, mais le nom est absent de ses lettres incontestées, et les deux emplois des Actes figurent dans des discours que Luc prête à Paul, dont l’un porte sur Jean-Baptiste. Le discours de Milet, le seul discours de Paul à des chrétiens dans les Actes, est souvent jugé le plus paulinien du livre.

**Autres lectures**

- **Une résolution accomplie.** Si 2 Timothée est de Paul, elle le montre atteignant la fin qu’il acceptait à Milet et à Césarée ; l’image commune reflète sa propre manière de parler, dont s’est souvenu le compagnon qui raconte la visite à Milet en disant « nous ».
- **Un portrait commun.** Ceux qui voient une même main derrière les Actes et les lettres à Timothée et à Tite, ou une tradition ultérieure idéalisant Paul en martyr, lisent la concordance comme un portrait commun, non comme une confirmation indépendante de ses derniers jours.

### Projets d’hiver, Nicopolis et la saison de navigation en Actes 27

Les lettres s’organisent en fonction de l’hiver : Paul passera peut-être l’hiver à Corinthe, décide d’hiverner à Nicopolis et presse Timothée de venir avant l’hiver. Les Actes montrent la contrainte : après le Jeûne (jour des Expiations), la navigation devenait dangereuse et le navire de Paul cherchait un port d’hivernage. Les trois mois passés en Grèce selon les Actes, avant la fête des pains sans levain, accomplissent probablement le projet concernant Corinthe ; Nicopolis n’apparaît jamais dans les Actes.

- **La lettre:** Tite 3:12; 2 Timothée 4:21; 1 Corinthiens 16:6; Romains 15:19
- **Actes:** Actes 20:1–3; Actes 20:6; Actes 27:9–12; Actes 28:11
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul restera peut-être, ou même passera l’hiver, à Corinthe, a décidé d’hiverner à Nicopolis et y convoque Tite, et presse Timothée de venir avant l’hiver.

**Actes:** Après trois mois en Grèce, Paul part de Philippes par mer après la fête des pains sans levain ; en route pour Rome, son navire affronte le danger après le Jeûne, cherche un port d’hivernage, et ils passent l’hiver à Malte.

Les Actes rendent concrètes les limites saisonnières que supposent les lettres : le Jeûne, un port peu commode, un navire immobilisé à Malte. Leurs trois mois en Grèce, avant que Paul parte de Philippes par mer après la fête des pains sans levain, correspondent probablement à l’espoir d’hiverner à Corinthe, bien que les Actes ne nomment ni l’hiver ni Corinthe. Paley a identifié Nicopolis à la plus connue des villes de ce nom, en Épire près d’Actium, et a rejeté la souscription tardive qui fait écrire Tite depuis une Nicopolis macédonienne. Aucun hiver raconté par les Actes ne s’y passe, bien qu’Actes 20:1–2 reste vague.

**Autres lectures**

- **Arrière-plan, non corroboration.** Les saisons de navigation étaient de notoriété publique ; l’accord sur les voyages d’hiver montre donc que les deux textes reflètent des conditions réelles de navigation en Méditerranée, non que l’un confirme les événements particuliers de l’autre.
- **Un hiver à Nicopolis dans les années des Actes.** P. N. Harrison considérait Tite 3:12–15 comme un billet authentique datant des voyages en Macédoine résumés en Actes 20:2, lorsque Paul a peut-être poussé vers l’Illyrie (Romains 15:19) et projeté d’hiverner à Nicopolis.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. XIII (Epistle to Titus), No. II, on Nicopolis: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. XV (Subscriptions of the Epistles), No. VI: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des Crétois à la Pentecôte et une communauté juive en Crète

Les Actes et Tite s’accordent, en passant, sur la présence de Juifs en Crète. Les Actes comptent des Crétois parmi les Juifs présents à Jérusalem à la Pentecôte ; Tite met en garde contre des enseignants de mythes juifs qui troublent des foyers de Crète. Philon et Josèphe confirment indépendamment l’existence de communautés juives en Crète. Aucun des deux textes ne dit comment l’Évangile a atteint l’île ; des pèlerins de retour ne sont qu’une conjecture.

- **La lettre:** Tite 1:5; Tite 1:10–11; Tite 1:14
- **Actes:** Actes 2:5; Actes 2:7; Actes 2:9–11
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Tite doit faire taire les trompeurs en Crète, surtout les enseignants du parti de la circoncision qui déstabilisent des maisonnées entières par appât du gain, et veiller à ce que les croyants ne prêtent pas attention aux mythes juifs et aux préceptes humains.

**Actes:** Des Crétois figurent parmi les Juifs de toutes les nations séjournant à Jérusalem à la Pentecôte, qui entendent les disciples galiléens parler dans leurs propres langues.

La concordance est modeste et peu susceptible d’être empruntée : les Actes mentionnent les Crétois une seule fois, dans une liste, et Tite ne mentionne jamais la Pentecôte. Une lettre d’Hérode Agrippa Ier que reproduit Philon compte la Crète parmi les îles pleines d’établissements juifs (Légation à Caïus 282) ; Josèphe mentionne les Juifs de Crète, dépouillés par un prétendant royal (Guerre des Juifs 2.103), et son épouse juive qui avait vécu en Crète (Autobiographie 427). Les deux textes supposent donc un trait réel de l’île. La manière dont les Églises sont nées dans ses villes n’est pas rapportée.

**Autres lectures**

- **Trop général pour corroborer.** Les communautés juives étaient répandues dans toute la Méditerranée orientale, si bien que n’importe quel auteur pouvait supposer la présence de Juifs en Crète ; la concordance montre un cadre plausible, non que l’un ou l’autre texte connaissait des événements précis survenus en Crète.
- **Des adversaires à l’intérieur de l’Église.** Le parti de la circoncision dans Tite désigne peut-être des croyants juifs ou des enseignants judaïsants à l’intérieur des Églises plutôt que la synagogue ; cela implique encore des racines juives sur l’île, mais ne dit rien de la Pentecôte.

### Paul cite un poète grec

Tite et les Actes montrent tous deux Paul citant des auteurs païens. Tite cite un prophète de Crète au sujet des Crétois ; à Athènes, Paul cite des poètes grecs. Clément d’Alexandrie a nommé Épiménide et Aratos. Paley y voyait une habitude authentiquement paulinienne, mais un auteur ultérieur pourrait imiter les Actes ; le recoupement ne peut donc trancher la question de l’auteur.

- **La lettre:** Tite 1:12–13; 1 Corinthiens 15:33
- **Actes:** Actes 17:28
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul cite le verdict sévère d’un prophète de Crète sur son propre peuple, l’affirme vrai et dit à Tite de les réprimander avec rigueur pour qu’ils deviennent sains dans la foi.

**Actes:** Parlant sur l’Aréopage, Paul appuie son affirmation selon laquelle les humains sont la descendance de Dieu par des mots qu’il attribue à certains des propres poètes de ses auditeurs.

Les textes partagent une habitude, non une formulation. Paley soutenait qu’aucun autre auteur du Nouveau Testament n’en appelle à un témoignage païen, que Paul le fait encore dans 1 Corinthiens 15:33, qu’un imitateur copiant les Actes aurait appelé Épiménide un poète, non un prophète, et, puisque les Actes ne nomment jamais Tite, que Luc n’a pas emprunté à la lettre. Le vers de 1 Corinthiens, tiré de Ménandre, circulait peut-être comme proverbe. Le discours de l’Aréopage est peut-être une composition de Luc, et un auteur ultérieur de Tite pouvait connaître Actes 17.

**Autres lectures**

- **Discours de Luc, portrait de Luc.** À la suite de Martin Dibelius, de nombreux spécialistes considèrent le discours de l’Aréopage comme en grande partie une composition de Luc ; Actes 17 montre alors comment Luc a dépeint Paul et n’offre aucun témoignage indépendant de la pratique propre de Paul.
- **Un même poème de Crète derrière les deux.** J. Rendel Harris a soutenu, à partir d’une tradition de commentaire syriaque, que la première proposition d’Actes 17:28 vient aussi d’Épiménide, si bien que les deux textes puiseraient dans un même poème de Crète ; cette attribution est débattue.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. XIII (Epistle to Titus), No. I: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Clement of Alexandria, Stromata (W. Wilson, 1885), Stromata 1.14: <https://www.newadvent.org/fathers/02101.htm>
- Clement of Alexandria, Stromata (W. Wilson, 1885), Stromata 1.19: <https://www.newadvent.org/fathers/02101.htm>

### La soumission aux gouvernants et aucun motif d’accusation pour ceux du dehors

Romains et Tite exhortent à la soumission aux gouvernants, et Tite veut qu’on ne donne à ceux du dehors rien à critiquer. Dans les Actes, plusieurs autorités ne trouvent aucun crime chez Paul et ses compagnons, et Paul, réprimandé pour avoir insulté le souverain sacrificateur, cite le commandement de ne pas injurier un chef. Romains montre que le thème est ancien ; les critiques voient dans l’insistance des Actes et de Tite une apologétique ultérieure.

- **La lettre:** Tite 2:5; Tite 2:8; Tite 3:1–2; Romains 13:1–7
- **Actes:** Actes 16:22–23; Actes 16:37; Actes 17:6–7; Actes 18:14–15; Actes 19:37; Actes 23:5; Actes 23:29; Actes 24:26–27; Actes 25:25; Actes 26:31–32
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les croyants doivent se soumettre aux gouvernants, ne calomnier personne et se conduire de façon que la parole de Dieu ne soit pas dénigrée et que les adversaires ne trouvent rien à critiquer ; Romains fonde la soumission sur l’ordre établi par Dieu.

**Actes:** Gallion, le secrétaire de la ville d’Éphèse, Lysias, Festus et Agrippa ne trouvent aucun crime chez Paul ou ses compagnons ; Paul, réprimandé pour avoir insulté le souverain sacrificateur, cite la loi contre l’injure envers les gouvernants.

Les textes se rejoignent dans une préoccupation, non dans une formulation : ne donner aux autorités aucun véritable motif de plainte, et les Actes montrent plusieurs autorités n’en trouvant aucun. Les Actes ne sont pas uniformément flatteurs envers les autorités : à Philippes, les magistrats font battre Paul et Silas avant qu’il fasse valoir ses droits de romain (Actes 16:22–23, 37), Félix le garde enchaîné pour s’attirer des faveurs (Actes 24:26–27), et des adversaires accusent les croyants de défier César (Actes 17:6–7). Romains 13 place le thème dans une lettre incontestée, et 1 Pierre 2:13–17 montre un enseignement semblable au-delà de Paul.

**Autres lectures**

- **Apologétique ultérieure.** À la suite de Hans Conzelmann, beaucoup lisent les Actes comme présentant le christianisme comme politiquement inoffensif pour Rome, et Dibelius et Conzelmann voyaient dans les épîtres pastorales la recommandation d’un bon civisme bien installé ; dans cette lecture, les deux reflètent les préoccupations d’une génération ultérieure.
- **Un même auteur derrière les deux.** S. G. Wilson a soutenu que Luc a écrit les épîtres pastorales, et C. F. D. Moule que Luc les a rédigées pour Paul ; dans les deux cas, la perspective commune viendrait d’une seule main, non de deux témoins indépendants.

## Tension apparente

### Un Évangile reçu d’aucun homme, et le rôle d’Ananias

Galates et les Actes divergent ici, au moins par l’accent. Galates insiste : l’apostolat et l’Évangile de Paul ne lui sont venus par l’intermédiaire d’aucun homme, et il n’a d’abord consulté personne. Dans les Actes, Ananias guérit Paul, l’appelle au baptême et, dans un récit, lui annonce sa mission, mais comme messager du Seigneur. Le troisième récit des Actes omet Ananias.

- **La lettre:** Galates 1:1; Galates 1:11–12; Galates 1:16–17
- **Actes:** Actes 9:10–19; Actes 22:12–16; Actes 26:16–18
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’apostolat de Paul ne vient ni des hommes ni par un homme ; son Évangile lui est venu par une révélation de Jésus Christ, non par un enseignement humain ; après son appel, il n’a consulté personne dans l’immédiat.

**Actes:** Envoyé par le Seigneur dans une vision, Ananias rend la vue à Saul, et Saul est baptisé ; en Actes 22:14–16, Ananias lui annonce sa mission. En Actes 26:16–18, Jésus confie directement sa mission à Saul.

Les harmonisateurs relèvent que les Actes font d’Ananias un disciple local agissant à la suite d’une vision, non un apôtre ou un docteur, et que Galates souligne l’indépendance à l’égard des apôtres de Jérusalem. La guérison et le baptême n’impliquent pas nécessairement la transmission du contenu d’un Évangile. Pourtant, les Actes placent dans la mission de Paul un intermédiaire humain que Galates ne mentionne jamais, et Actes 26:16–18 l’omet : Luc lui-même a donc varié son récit. La concordance est possible mais pas sans heurts.

**Autres lectures**

- **Un véritable conflit.** Les Actes inscrivent Paul dans une chaîne de médiations humaines, par Ananias puis par Barnabas et les apôtres, que Galates minimise ; le tableau de Luc peut refléter son propre intérêt à relier Paul à l’Église dans son ensemble.
- **Un façonnage littéraire.** Les trois récits des Actes diffèrent entre eux, et Luc a pu façonner le rôle d’Ananias selon chaque cadre ; la comparaison montrerait alors les choix narratifs de Luc plus qu’un désaccord historique avec Paul.

### Qui surveillait Damas : l’ethnarque du roi Arétas ou les Juifs ?

Les récits nomment des poursuivants différents. Les Actes disent que des Juifs de Damas complotaient de tuer Saul et surveillaient les portes ; 2 Corinthiens dit que l’ethnarque du roi Arétas, gouverneur ou chef de communauté, gardait la ville pour le saisir. Une coopération entre eux est possible mais n’est pas affirmée. La mention d’Arétas IV, mort vers 40 apr. J.-C., aide aussi à dater les premières années de Paul.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 11:32
- **Actes:** Actes 9:23–24
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Le représentant du roi Arétas à Damas a fait garder la ville pour arrêter Paul, qui s’est échappé dans une corbeille.

**Actes:** Des Juifs de Damas complotent la mort de Saul ; il l’apprend tandis qu’ils surveillent les portes jour et nuit, et ses disciples le font sortir.

Des harmonisations sont possibles : le représentant nabatéen a pu agir avec des adversaires juifs locaux ou à leur instigation, ou chaque source nomme la partie qui comptait pour son argument. Certains voient dans l’ethnarque le chef de la communauté nabatéenne de Damas plutôt que le gouverneur de la ville. Aucun des deux textes n’en dit rien. Si le représentant d’Arétas IV pouvait agir à Damas, l’évasion se situe avant la mort du roi, vers 40 apr. J.-C. ; Douglas Campbell plaide pour environ 36 apr. J.-C.

**Autres lectures**

- **Le thème de Luc.** Les Actes présentent régulièrement les Juifs comme les persécuteurs de Paul ; Luc a pu remplacer le représentant royal par des conspirateurs juifs, que ce soit à partir de ses sources ou de 2 Corinthiens ; la différence refléterait alors une insistance lucanienne.
- **Qui tenait Damas.** On discute si la Nabatène contrôlait alors Damas. Si ce n’était pas le cas, l’ethnarque était peut-être un chef de communauté ou un représentant surveillant la ville de l’extérieur, et l’évasion est plus difficile à dater.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. 4 (Second Epistle to the Corinthians), No. II; 1850 Religious Tract Society edition: <https://archive.org/download/horaepaulinaeor00palegoog/horaepaulinaeor00palegoog_djvu.txt>

### Première visite à Jérusalem : seulement Pierre et Jacques, ou Barnabas et les apôtres ?

Les récits diffèrent par leur point de vue et sont difficiles à harmoniser entièrement. Galates dit que Paul est monté pour faire la connaissance de Pierre, qu’il est resté quinze jours et n’a vu aucun autre apôtre, sinon Jacques, en ajoutant un serment. Les Actes disent que les disciples le craignaient jusqu’à ce que Barnabas l’amène aux apôtres, et qu’il prêchait ouvertement à Jérusalem.

- **La lettre:** Galates 1:18–20; Galates 1:22–23
- **Actes:** Actes 9:26–29; Actes 22:17–18
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Après trois ans, Paul a passé quinze jours à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, n’a vu aucun autre apôtre sinon Jacques, l’a affirmé sous serment, et est resté inconnu de visage aux Églises de Judée.

**Actes:** Les disciples craignent Saul jusqu’à ce que Barnabas l’amène aux apôtres et se porte garant de lui ; Saul va et vient alors librement à Jérusalem, prêchant avec assurance et discutant avec les Juifs de langue grecque.

Les harmonisateurs lisent les apôtres des Actes comme un pluriel général désignant Pierre et Jacques, notent qu’une longue absence pourrait expliquer une crainte persistante, et citent Actes 22:17–18, où il est dit à Paul de quitter vite Jérusalem, comme compatible avec un séjour bref. Paley y voyait un historien écrivant en termes généraux et Paul fournissant les détails. Pourtant, Galates ne donne aucun rôle à Barnabas, insiste sous serment sur des contacts minimes et dit que Paul est resté inconnu de visage aux Églises de Judée, alors que les Actes le montrent prêchant avec assurance à Jérusalem.

**Autres lectures**

- **Le portrait de Luc.** Les Actes montrent constamment Paul validé par Jérusalem, et leur récit reflète ici ce thème ; dans cette lecture, la déclaration sous serment de Paul dans Galates est le meilleur témoin, et les Actes exagèrent l’accueil des apôtres.
- **Barnabas comme intermédiaire.** Barnabas a pu organiser la rencontre avec Pierre et Jacques sans que Galates le nomme, puisque le but de Paul était là de limiter ses contacts avec les apôtres, non d’énumérer chacun de ceux qui l’avaient aidé.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. 5 (Galatians), No. III; SPCK edition with notes by J. S. Howson: <https://archive.org/download/horaepaulinaeort00pale_0/horaepaulinaeort00pale_0_djvu.txt>

### Inconnu de visage aux Églises de Judée

Galates dit que, pendant que Paul était en Syrie et en Cilicie, les Églises de Judée ne le connaissaient toujours pas de visage ; pourtant les Actes le montrent persécutant les croyants de maison en maison à Jérusalem, y prêchant ouvertement, puis affirmant plus tard avoir prêché dans toute la Judée. La tension s’atténue si Paul vise les communautés situées hors de Jérusalem, qui avaient entendu parler de lui sans l’avoir vu.

- **La lettre:** Galates 1:22–24; Galates 2:1
- **Actes:** Actes 8:1–3; Actes 9:21; Actes 9:28–29; Actes 11:29–30; Actes 22:19; Actes 26:10; Actes 26:20
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Pendant ses années en Syrie et en Cilicie, dit Paul, les Églises de Judée qui sont en Christ ne le connaissaient toujours pas de visage ; elles avaient seulement entendu dire que leur ancien persécuteur prêchait désormais.

**Actes:** Paul s’attaque à l’Église de Jérusalem de maison en maison, prêche avec assurance à Jérusalem après sa conversion et, devant Agrippa, dit avoir prêché à Jérusalem et dans toute la Judée.

Galates 1:22 peut viser des communautés situées au-delà de Jérusalem, et un séjour de quinze jours passé surtout avec Pierre n’a pas forcément rendu le visage de Paul largement connu ; Paley suggérait qu’il avait traversé la Judée à la hâte. Actes 26:20 résume toute une carrière. La nouvelle selon laquelle leur ancien persécuteur prêchait désormais implique que ces Églises se comptaient parmi ses victimes, ce qui s’accorde avec la dispersion d’Actes 8:1. Toutefois, Actes 9:28–29 dépeint un ministère public à Jérusalem, et à moins que la visite d’aide pendant la famine d’Actes 11:29–30 ne soit celle de Galates 2:1, les Actes ramènent Paul en Judée pendant les années couvertes par Galates.

**Autres lectures**

- **Une persécution hors de Jérusalem.** Certains critiques prennent Galates 1:22 au pied de la lettre : Paul était inconnu en Judée parce que sa persécution a eu lieu ailleurs, peut-être autour de Damas, et les Actes l’ont déplacée à Jérusalem.
- **Inconnu en tant que croyant.** L’expression peut signifier que les Églises de Judée n’avaient pas rencontré Paul en tant que frère dans la foi. Ceux qu’il avait autrefois harcelés le connaissaient de réputation, mais peu l’avaient vu depuis sa conversion ; Galates et Actes 8:3 ne se contredisent donc pas nécessairement.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. V, No. II, 4 (New York 1849 ed., p. 104): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Qui compte comme apôtre

Les lettres de Paul affirment avec insistance qu’il est apôtre par l’appel de Dieu, ce qu’il relie au fait d’avoir vu Jésus ressuscité. Les Actes présentent les apparitions comme une période de quarante jours s’achevant à l’ascension, lient l’appartenance aux Douze au fait d’avoir suivi Jésus depuis le baptême de Jean, et n’appellent Paul apôtre que deux fois, avec Barnabas. Les spécialistes ne s’accordent pas sur la question de savoir si les Actes placent ainsi Paul au-dessous des Douze.

- **La lettre:** Galates 1:1; Romains 1:1; Romains 1:5; Romains 11:13; 1 Corinthiens 9:1–2; 1 Corinthiens 15:5–9; 1 Thessaloniciens 2:6–7
- **Actes:** Actes 1:3; Actes 1:21–26; Actes 9:17; Actes 13:1–3; Actes 14:4; Actes 14:14; Actes 15:2; Actes 26:16–18
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul se dit apôtre par l’appel de Dieu, relie ce titre au fait d’avoir vu le Seigneur, reconnaît que certains ne l’acceptent pas, et semble étendre le titre à d’autres.

**Actes:** Les Actes accordent aux apôtres quarante jours d’apparitions, fixent pour le remplacement de Judas un critère que Paul ne pouvait remplir, et n’appellent Paul et Barnabas apôtres qu’en Actes 14.

Paul place sa propre rencontre dans la même série que les apparitions à Céphas, à Jacques et aux apôtres, bien qu’en dernier. Les Actes appellent eux aussi cette rencontre une apparition et donnent à Paul la substance d’une mission apostolique (Actes 26:16–18), mais réservent le titre surtout aux Douze de Jérusalem. Les deux emplois du titre pour Paul peuvent désigner des envoyés de l’Église d’Antioche (Actes 13:1–3). Les deux sources décrivent la même rencontre ; on débat de savoir si l’usage plus étroit des Actes relève du vocabulaire ou d’une hiérarchisation délibérée.

**Autres lectures**

- **Luc place Paul au-dessous des Douze.** Des spécialistes critiques comme Günter Klein soutiennent qu’identifier les apôtres aux Douze est une idée propre à Luc, qui fait de Paul un témoin plutôt que leur égal, hiérarchie à laquelle les lettres de Paul résistent (Galates 1:1).
- **Un sens plus large du mot apôtre.** D’autres, à la suite de J. B. Lightfoot, notent que les premiers chrétiens employaient le mot apôtre à la fois pour les Douze et pour des missionnaires mandatés, comme le montrent Actes 14 et 1 Thessaloniciens 2 ; l’usage de Luc ne nie donc pas nécessairement la revendication de Paul.

### Pierre, apôtre des circoncis, et Pierre, qui ouvrit la porte aux païens

Galates attribue à Pierre l’Évangile pour les circoncis et à Paul celui pour les païens ; pourtant, les Actes montrent Pierre ouvrant la porte aux païens dans la maison de Corneille, et Paul commençant dans les synagogues. La tension est modeste si l’accord désignait des champs principaux et non exclusifs ; les lettres de Paul lui-même le montrent cherchant aussi à gagner des Juifs.

- **La lettre:** Galates 2:7–9; Galates 2:12; Romains 11:13; 1 Corinthiens 9:20
- **Actes:** Actes 10:44–48; Actes 15:7; Actes 13:5; Actes 13:14; Actes 13:46; Actes 14:1
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les dirigeants de Jérusalem virent que Dieu avait confié à Paul la mission auprès des incirconcis, comme il avait confié à Pierre celle auprès des circoncis, et ils convinrent de se partager le travail.

**Actes:** Pierre prêche dans la maison de Corneille, voit le Saint-Esprit descendre sur des païens et les fait baptiser, puis invoque cet épisode au concile. Paul commence généralement dans les synagogues, puis se tourne vers les païens.

Les Actes présentent Corneille comme une ouverture que Dieu fit par Pierre bien auparavant (Actes 15:7), non comme le champ d’action durable de Pierre, et après le concile leur mission auprès des païens se concentre sur Paul. Galates montre elle-même Pierre mangeant avec des païens à Antioche (Galates 2:12), et Paul, qui se dit apôtre des païens (Romains 11:13), dit être devenu comme un juif pour gagner les Juifs (1 Corinthiens 9:20). L’accord se lit naturellement comme un partage de la responsabilité principale, ainsi que Tertullien le comprenait déjà : un seul Évangile, des auditeurs différents.

**Autres lectures**

- **Les Actes mettent en parallèle Pierre et Paul.** F. C. Baur (1845) soutenait que les Actes font agir Pierre comme Paul, et Paul comme Pierre, afin de réconcilier des partis rivaux, judéo-chrétien et pagano-chrétien ; dans cette perspective, le récit de Corneille est façonné pour donner à Pierre la priorité dans la mission auprès des païens.
- **Territoires ou peuples ?.** Certains lisent l’accord comme un partage de territoires, la Judée d’un côté et le reste du monde de l’autre, plutôt que de peuples ; d’autres pensent que son imprécision a favorisé le conflit ultérieur à Antioche. Aucun des deux textes ne définit précisément les termes.

**Sources**

- Tertullian, The Prescription against Heretics (P. Holmes, 1885), Prescription against Heretics 23: <https://www.newadvent.org/fathers/0311.htm>

### De quelle visite s’agit-il en Galates 2:1–10 ?

Galates relate deux visites à Jérusalem, les Actes trois sur la même période. La plupart des spécialistes identifient Galates 2:1–10 au concile d’Actes 15, d’autres à la visite liée à la famine d’Actes 11:30, et Paley soupçonnait une visite que les Actes omettent. Chaque identification laisse un détail inexpliqué ; la question reste ouverte.

- **La lettre:** Galates 1:18; Galates 1:20; Galates 2:1–10
- **Actes:** Actes 9:26–30; Actes 11:27–30; Actes 12:25; Actes 13:2–3; Actes 14:28; Actes 15:1–29; Actes 18:22
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Affirmant qu’il ne ment pas, Paul énumère une visite de quinze jours après trois ans, puis une autre après quatorze ans, avec Barnabas et Tite, suscitée par une révélation et comprenant une rencontre privée.

**Actes:** Paul se rend à Jérusalem après Damas, apporte avec Barnabas le secours contre la famine aux anciens, puis y monte de nouveau, envoyé par l’Église d’Antioche, pour une assemblée publique sur la circoncision.

Identifier Galates 2 à Actes 15 convient à la question débattue, aux personnes et à l’issue ; mais la liste solennelle de Paul omettrait alors la visite liée à la famine, il serait monté par révélation pour une rencontre privée là où les Actes montrent l’Église l’envoyant à une assemblée, et il ne mentionne jamais de décret. L’identifier à la visite liée à la famine fait correspondre deux visites à deux et rattache la demande concernant les pauvres (Galates 2:10) au secours, mais Actes 11:30 ne mentionne que des anciens et aucun débat. Pour Paley, la divergence elle-même montrait qu’aucun des deux auteurs n’avait copié l’autre.

**Autres lectures**

- **Une visite non rapportée.** Paley jugeait plus probable une visite non rapportée, peut-être pendant le long séjour à Antioche (Actes 14:28) ; T. W. Manson (1962) en plaçait une entre Actes 13:2 et Actes 13:3.
- **Doublet ou visite plus tardive.** Julius Wellhausen et Eduard Schwartz (1907) soutenaient que Luc, utilisant deux sources, avait fait deux visites d’une seule, celle de la famine et celle du concile ; John Knox (1950) plaçait Galates 2 plus tard, lors de la visite d’Actes 18:22.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 10: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Timothée circoncis, Tite non, et la règle de rester dans l’état où l’on a été appelé

Galates dit que Tite, un Grec, ne fut pas contraint à la circoncision, et 1 Corinthiens dit aux incirconcis de ne pas la rechercher. Les Actes montrent Paul circoncisant Timothée, dont la mère était juive et le père grec, à cause des Juifs de la région. Qu’il y ait conflit dépend de la question de savoir si Timothée était considéré comme juif, et si une concession missionnaire enfreint la règle de Paul.

- **La lettre:** Galates 2:3–5; Galates 5:2–3; Galates 5:11; 1 Corinthiens 7:17–20; 1 Corinthiens 9:20
- **Actes:** Actes 16:1–3; Actes 21:21; Actes 21:24
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Tite, un Grec, ne fut pas contraint à la circoncision ; accepter la circoncision oblige à observer toute la Loi ; Paul nie prêcher encore la circoncision ; chacun doit rester dans l’état où il était quand il a été appelé.

**Actes:** Paul circoncit Timothée, dont la mère était une croyante juive et le père grec, à cause des Juifs de la région ; les anciens de Jérusalem déclarent fausses les rumeurs selon lesquelles Paul s’opposerait à la circoncision des enfants juifs.

Les cas diffèrent. Tite était d’origine païenne, et de faux frères réclamaient sa circoncision ; Timothée avait une mère juive, et les Actes rattachent sa circoncision aux Juifs de la région, ce que 1 Corinthiens 9:20 pourrait permettre. Si Timothée était considéré comme juif, on peut soutenir que cette circoncision complétait son statut, bien que 1 Corinthiens 7:18 concerne l’état corporel de chacun au moment de son appel. Paley soutenait que les Actes donnent toujours à de telles concessions un motif, comme celui d’éviter de choquer. Si Timothée était considéré comme païen, la difficulté demeure.

**Autres lectures**

- **Les Actes ont remodelé Paul.** F. C. Baur jugeait Actes 16:3 invraisemblable : le Paul qui avait refusé de circoncire Tite n’aurait pas circoncis Timothée, et le faire contredirait Galates 5:11. Il y voyait un effort des Actes pour réconcilier Paul avec les judéo-chrétiens.
- **Timothée considéré comme païen.** Shaye Cohen soutient qu’on ne peut démontrer, pour l’époque de Paul, la transmission du statut juif par la mère ; Timothée était donc probablement considéré comme païen, et sa circoncision mettrait alors à mal 1 Corinthiens 7:18.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5, no. 7: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Le Paul des Actes, qui observe la Loi, et l’enseignement des lettres sur la Loi

Les lettres disent que les croyants sont morts à la Loi et que la justice vient par la foi, non par la Loi ; les Actes montrent Paul observant les coutumes juives, se disant pharisien et niant toute faute contre la Loi. Beaucoup lisent les Actes comme montrant la pratique de Paul, et les lettres comme exposant le fondement du salut ; d’autres pensent que l’auteur des Actes ne connaissait pas ou ne partageait pas la théologie de Paul.

- **La lettre:** Romains 3:31; Romains 7:4–6; Romains 10:4; Romains 14:5–6; Romains 14:14; Romains 14:20; Galates 3:23–25; Philippiens 3:5–7; Philippiens 3:9
- **Actes:** Actes 13:38–39; Actes 15:10–11; Actes 16:3; Actes 18:18; Actes 21:20–26; Actes 21:25; Actes 23:6; Actes 24:14; Actes 24:17–18; Actes 25:8; Actes 28:17
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les croyants sont morts à la Loi ; Christ en est l’accomplissement ; rien n’est impur en soi ; Paul tient pour une perte sa justice de pharisien selon la Loi, et cherche la justice par la foi.

**Actes:** Paul circoncit Timothée, accomplit un vœu, se joint à une purification au temple pour montrer qu’il observe la Loi, se dit pharisien et nie avoir commis une faute contre la Loi, le temple ou les coutumes des ancêtres.

Les lettres laissent aussi les jours et les aliments à la conscience et disent que la foi confirme la Loi (Romains 3:31; 14:5–6) ; les Actes libèrent les païens de la Loi, hormis quatre abstinences, et fondent le salut sur la grâce (Actes 15:10–11; 21:25). Lus ainsi, les Actes montrent la pratique de Paul, non le fondement de son salut ; Paley soutenait que le motif de cette pratique était d’éviter de choquer. Pourtant, Actes 18:18 ne donne aucun motif, Actes 21:24 fait de l’observance une preuve publique, et le Paul des Actes exprime rarement la conception de la Loi propre aux lettres (Actes 13:38–39 en est le plus proche).

**Autres lectures**

- **Le portrait propre aux Actes.** Philipp Vielhauer soutenait que l’auteur des Actes ne connaissait pas ou ne partageait pas la théologie paulinienne de la Loi ; son Paul, qui observe la Loi, reflète la perspective plus tardive de l’auteur plutôt que les lettres.
- **Le Paul juif.** Jacob Jervell soutenait que le Paul juif des Actes, qui observe la Loi, est un complément précieux aux lettres, non une déformation. Dans cette perspective, les Actes conservent un aspect de Paul que ses lettres polémiques laissent à l’arrière-plan.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5, no. 7: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Rien d’ajouté, seulement le souci des pauvres, face aux quatre exigences du concile

Galates dit que les dirigeants de Jérusalem n’ajoutèrent rien à Paul et demandèrent seulement que lui et Barnabas se souviennent des pauvres ; les Actes montrent le concile demandant aux croyants d’origine païenne de respecter quatre abstinences. Si les deux textes décrivent une même rencontre, la tension est forte. Elle s’atténue si Galates 2 relate une visite antérieure, ou si les abstinences réglaient la communion fraternelle plutôt que le salut.

- **La lettre:** Galates 2:6; Galates 2:9–10; 1 Corinthiens 8:1–13; 1 Corinthiens 10:25–28
- **Actes:** Actes 11:30; Actes 15:19–20; Actes 15:28–29; Actes 16:4; Actes 21:25
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les dirigeants réputés n’ajoutèrent rien à Paul, convinrent que lui et Barnabas iraient vers les païens et demandèrent seulement qu’ils se souviennent des pauvres.

**Actes:** Jacques propose, et la lettre du concile demande, que les croyants d’origine païenne s’abstiennent des sacrifices offerts aux idoles, du sang, des viandes étouffées et de l’immoralité sexuelle ; Paul la transmet, et Jacques et les anciens la rappellent plus tard.

Paley jugeait difficile de rapporter les deux récits à une seule rencontre et préférait une visite omise par les Actes ; beaucoup identifient Galates 2 à la visite liée à la famine d’Actes 11:30, antérieure au concile, ce qui s’accorde aussi avec le souci des pauvres. Dans l’hypothèse d’une même rencontre, les abstinences facilitaient les repas en commun et, comme le soutenait Paley, n’imposaient pas la Loi aux païens. Pourtant, 1 Corinthiens ne cite jamais le décret et permet aux croyants de manger la viande du marché sans poser de questions, en ne s’abstenant que par égard pour la conscience d’autrui (1 Corinthiens 10:25–28).

**Autres lectures**

- **Un décret plus tardif.** Ernst Haenchen voyait dans le décret un accord ultérieur entre croyants juifs et croyants d’origine païenne, que Luc a placé au concile, sans lien avec la rencontre de Galates 2:1–10 ; le silence de Paul à son sujet dans ses lettres n’a alors pas besoin d’explication.
- **Même rencontre, compte rendu sélectif.** D’autres identifient les deux rencontres et supposent que Paul, défendant son indépendance, ne rapporte que ce qui touche à son Évangile, en traitant les abstinences comme des modalités pratiques plutôt que comme des ajouts ; l’omission est alors intentionnelle, non contradictoire.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5, no. 10: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5, no. 10: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Nourriture offerte aux idoles et règles alimentaires : des questions réglées sans le décret de Jérusalem

Les Actes disent que le décret de Jérusalem demandait aux croyants d’origine païenne d’éviter les sacrifices offerts aux idoles, le sang, les viandes étouffées et l’immoralité sexuelle, et que Paul l’a transmis. Ses lettres ne le citent jamais. Elles règlent la question de la nourriture offerte aux idoles et les conflits alimentaires par la connaissance, l’amour et la conscience, en permettant la viande du marché tout en interdisant la table des démons. La tension est réelle ; les explications divergent.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 8:1–13; 1 Corinthiens 10:14–33; Romains 14:1–23; Romains 15:1–3; 1 Thessaloniciens 4:1–8; 2 Corinthiens 1:19
- **Actes:** Actes 15:19–29; Actes 16:4; Actes 18:5; Actes 21:18–25
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** 1 Corinthiens permet la viande du marché et les repas avec des incroyants, en s’abstenant lorsqu’on est averti que la nourriture a été sacrifiée, mais interdit la table des démons ; Romains dit que rien n’est impur en soi.

**Actes:** Jacques proposa, et la lettre de Jérusalem déclara nécessaire, que les croyants d’origine païenne s’abstiennent des sacrifices offerts aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l’immoralité sexuelle. Les anciens de Jérusalem le rappellent plus tard à Paul.

Tel que le présentent les Actes, le décret était adressé à Antioche, à la Syrie et à la Cilicie, et Paley concédait que le silence s’étend au-delà de Galates. Pourtant, Silas, l’un de ses porteurs, contribua à fonder l’Église de Corinthe (Actes 18:5; 2 Corinthiens 1:19, sous le nom de Silvain), si bien que la distance n’explique pas grand-chose dans ce cas. Paul partage deux de ses points, le rejet du culte des idoles et celui de l’immoralité sexuelle, mais permet aux croyants de manger la viande du marché sans poser de questions et ne mentionne jamais l’abstention du sang ou des viandes étouffées.

**Autres lectures**

- **Paul l’a mis de côté.** Beaucoup de critiques lisent 1 Corinthiens 10:25–27 comme permettant ce que le décret interdit ; Paul soit ne connaissait pas le décret, soit ne le tenait pas pour contraignant dans ses Églises.
- **Compatibles sur le fond.** Peter Tomson lit les décisions de Paul sur la nourriture offerte aux idoles comme un raisonnement juridique juif qui interdit la nourriture dont on sait qu’elle a été sacrifiée ; selon cette lecture, la pratique de Paul est compatible avec le décret, même s’il ne le cite jamais.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), No. 10 (1849 New York reprint): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### La citoyenneté romaine de Paul : centrale dans les Actes, absente des lettres

Dans les Actes, Paul invoque la citoyenneté romaine après avoir été battu à Philippes et la rend décisive à Jérusalem, et l’on considère généralement que son appel à César repose sur elle ; pourtant, aucune lettre ne la mentionne, pas même la liste de titres de la lettre aux Philippiens. 2 Corinthiens ajoute trois bastonnades à coups de verges, un châtiment que le droit romain interdisait pour des citoyens non condamnés. Les spécialistes sont divisés sur ce silence.

- **La lettre:** Philippiens 3:2–8; Philippiens 3:20; 2 Corinthiens 6:5; 2 Corinthiens 11:25; 2 Corinthiens 11:30
- **Actes:** Actes 16:22–23; Actes 16:37–38; Actes 22:25–29; Actes 23:26–27; Actes 25:10–12; Actes 28:19
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul énumère ses titres juifs, tient son ancien statut pour une perte, place la citoyenneté dans les cieux et rappelle avoir été battu de verges trois fois, mais ne revendique jamais la citoyenneté romaine.

**Actes:** La citoyenneté inquiète les magistrats de Philippes, arrête une flagellation à Jérusalem et figure dans la lettre de Lysias. L’appel de Paul à César, que les Actes ne relient pas explicitement à elle, le conduit à Rome.

Les Actes racontent une seule bastonnade à coups de verges, à Philippes ; les trois de Paul vont donc au-delà des Actes sans les contredire, comme l’a noté Paley. Les Actes eux-mêmes montrent Paul battu avant qu’il ne mentionne sa citoyenneté et n’expliquent jamais son silence. Le silence des lettres peut tenir à leur objet : Paul se glorifie de sa faiblesse et tient son ancien statut pour une perte, et la lettre aux Philippiens énumère ses titres juifs face à des rivaux attachés à la circoncision, devant lesquels le statut romain serait sans pertinence. Les Actes ne mentionnent la citoyenneté que lorsque la procédure judiciaire en dépend. La question reste ouverte.

**Autres lectures**

- **Citoyenneté mise en doute.** Certains spécialistes jugent la citoyenneté romaine improbable pour un artisan juif du milieu de Paul et y voient un élément du portrait que les Actes dressent de Paul en homme respectable aux yeux de Rome ; le silence des lettres et les bastonnades répétées à coups de verges plaident alors contre elle.
- **Citoyenneté acceptée.** Beaucoup de spécialistes, probablement la plupart, l’acceptent : l’appel à César la présuppose, des magistrats battaient parfois des citoyens malgré la loi, et rien dans les lettres n’obligeait Paul à faire valoir un privilège civique.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. IX: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Trois sabbats, ou un séjour plus long à Thessalonique ?

Une tension réelle mais modeste. Les Actes rapportent trois sabbats de discussions à la synagogue avant qu’une émeute ne contraigne Paul à partir, ce qui suggère quelques semaines. Les lettres laissent supposer un séjour plus long : un travail de nuit et de jour, un enseignement personnel, des responsables reconnus et des dons répétés venus de Philippes. La phase synagogale a pu être suivie d’autre chose, ou les Actes ont condensé le séjour.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 2:7–12; 1 Thessaloniciens 3:10; 1 Thessaloniciens 4:1–2; 1 Thessaloniciens 4:11; 1 Thessaloniciens 4:13; 1 Thessaloniciens 5:12; Philippiens 4:15–16
- **Actes:** Actes 17:1–10; Actes 18:4–11; Actes 19:8–10
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul rappelle qu’il a travaillé nuit et jour pour ne pas leur être à charge, qu’il a pris soin de chacun comme un père et qu’il a donné des instructions ; Philippes lui a envoyé de l’aide là-bas plus d’une fois.

**Actes:** Paul discute dans la synagogue trois sabbats durant ; des convertis se joignent à lui ; des opposants juifs soulèvent une foule et attaquent la maison de Jason, et les croyants font partir Paul et Silas de nuit.

Ailleurs, les Actes montrent une phase synagogale suivie d’un ministère plus long auprès des païens, à Corinthe et à Éphèse, et Paley soutenait qu’il a pu en aller de même à Thessalonique. Rien dans Actes 17:1–10 ne l’exclut, mais ce passage ne raconte aucune seconde phase et passe directement des convertis à l’émeute. Les détails des lettres s’accordent plus facilement avec un séjour de plus de trois semaines, bien que Philippiens 4:16 puisse désigner un don reçu là et un autre plus tard. Les Actes donnent peut-être le début et la fin, non l’ensemble du séjour.

**Autres lectures**

- **Un séjour court, malgré tout.** Un contact quotidien intense pourrait produire en quelques semaines le tableau que donnent les lettres, et le désir de Paul de compléter ce qui manquait à leur foi ainsi que son enseignement nouveau sur les morts (1 Thessaloniciens 3:10 et 1 Thessaloniciens 4:13) suggèrent un séjour bref.
- **Priorité aux lettres.** Les spécialistes qui reconstituent la carrière de Paul d’abord à partir des lettres, comme le préconisait John Knox, accepteraient le séjour plus long et traiteraient les trois sabbats comme un élément du schéma stylisé des Actes, où la synagogue vient en premier, plutôt que comme une mesure du temps.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IX (First Epistle to the Thessalonians), No. VI: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Convertis venus des idoles ou convertis venus de la synagogue ?

Une tension réelle. 1 Thessaloniciens s’adresse à des convertis qui avaient abandonné les idoles et les oppose aux païens qui ne connaissent pas Dieu, ce qui suppose une Église formée en grande partie d’anciens païens. Les Actes comptent parmi les convertis quelques Juifs, un grand nombre de Grecs pieux et des femmes en vue, apparemment tous issus de l’auditoire de la synagogue. La phase ultérieure auprès des païens que propose Paley, non racontée dans les Actes, atténuerait cette tension (voir la fiche sur le séjour de Paul).

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:9; 1 Thessaloniciens 4:5
- **Actes:** Actes 17:1–4
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les Thessaloniciens adoraient des idoles avant de se tourner vers Dieu et ne doivent pas vivre comme les païens qui ne connaissent pas Dieu ; la lettre les traite comme d’anciens païens.

**Actes:** Après trois sabbats de discussions à la synagogue, quelques Juifs sont persuadés, ainsi qu’un très grand nombre de Grecs pieux et plusieurs femmes en vue.

Paley a proposé deux réponses. Certains manuscrits ajoutent une conjonction qui fait de ceux qui craignent Dieu et des Grecs deux groupes distincts, leçon qu’il privilégiait ; mais les éditions critiques modernes et la World English Bible ne la retiennent pas, et elle trouve peu d’appui aujourd’hui. Sa seconde réponse, selon laquelle Actes 17:4 ne couvrent que les semaines à la synagogue et des païens furent gagnés plus tard, est possible mais repose sur un séjour plus long que les Actes ne racontent pas.

**Autres lectures**

- **Le schéma de Luc : d’abord la synagogue.** Les Actes ouvrent d’ordinaire la mission dans une ville par la synagogue et mettent en avant ceux qui craignent Dieu. Des critiques lisent Actes 17:1–4 comme ce schéma stylisé et préfèrent l’image que donne la lettre d’une Église d’anciens idolâtres.
- **Un noyau synagogal qui s’est élargi.** Ceux qui craignaient Dieu n’avaient peut-être pas entièrement abandonné les cultes civiques, et leurs maisonnées et leurs voisins pouvaient suivre. Un noyau issu de la synagogue pouvait vite devenir une Église composée surtout d’anciens païens, comme le laisse entendre la lettre.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. IX (First Epistle to the Thessalonians), No. VI: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Timothée renvoyé d’Athènes : une lacune dans les Actes

Les Actes laissent Silas et Timothée à Bérée et les amènent ensuite auprès de Paul à Corinthe ; ils ne placent jamais Timothée à Athènes. La lettre, dans la seule mention d’Athènes chez Paul, le fait envoyer Timothée de là à Thessalonique, ce qui suppose que Timothée l’avait rejoint. Les Actes n’en parlent pas ; Paley soutenait que la lettre explique un délai dans les Actes.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 3:1–6
- **Actes:** Actes 17:14–16; Actes 18:1–5
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** N’y tenant plus, les auteurs ont choisi de rester seuls à Athènes et ont envoyé Timothée affermir les Thessaloniciens ; il vient de revenir avec de bonnes nouvelles.

**Actes:** Silas et Timothée restent à Bérée ; Paul, à Athènes, les fait venir et les attend. Les Actes les font ensuite arriver tous deux de Macédoine à Corinthe, après que Paul s’y est installé et a commencé à prêcher.

L’unique mention d’Athènes chez Paul s’accorde avec l’itinéraire des Actes, de Bérée à Corinthe en passant par Athènes. L’harmonisation de Paley : Timothée a obéi à l’appel, a atteint Athènes et a été renvoyé à Thessalonique ; cela expliquerait pourquoi lui et Silas n’ont atteint Corinthe qu’après que Paul eut trouvé un logement, du travail et une audience à la synagogue. La remarque des Actes selon laquelle ils venaient de Macédoine s’accorde avec un retour de Timothée depuis Thessalonique, et le silence des Actes laisse penser qu’ils ne dépendent pas ici de la lettre. Les déplacements de Silas restent obscurs.

**Autres lectures**

- **Itinéraire condensé.** Luc a pu simplifier des déplacements qu’il ne connaissait que dans leurs grandes lignes, ou les ignorer ; dans cette perspective, Actes 17–18 présentent un itinéraire condensé, et la lettre, témoignage de première main, doit guider la reconstitution.
- **Réorienté par message.** Paul a pu réorienter Timothée d’Athènes vers Thessalonique par un message, sans le rencontrer, bien que la formule de la lettre sur le fait d’être laissés seuls suppose plus naturellement que Timothée était avec lui.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 9 (First Epistle to the Thessalonians), no. 4: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 9 (First Epistle to the Thessalonians), no. 4: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Les souscriptions tardives qui situent la rédaction à Athènes, confrontées aux Actes

Le conflit concerne des notes de copistes ultérieures, non les lettres. Beaucoup de manuscrits tardifs, suivis par la King James Version, disent que les deux lettres aux Thessaloniciens ont été écrites d’Athènes ; mais les Actes ne font rejoindre Paul par Silas et Timothée qu’à Corinthe, et les lettres, envoyées par les trois, ne nomment aucun lieu. Une lacune demeure : les Actes ne mentionnent jamais la venue de Timothée à Athènes.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:1; 1 Thessaloniciens 3:1–6; 2 Thessaloniciens 1:1
- **Actes:** Actes 17:14–16; Actes 18:1; Actes 18:5
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul, Silvain et Timothée envoient les deux lettres. Les expéditeurs rappellent qu’ils sont restés seuls à Athènes et ont envoyé Timothée, qui est maintenant revenu. Aucun lieu de rédaction n’est nommé.

**Actes:** Paul attend à Athènes Silas et Timothée, restés à Bérée, puis poursuit jusqu’à Corinthe ; là, ils descendent de Macédoine pour le rejoindre.

Les souscriptions sont des notes de copistes, non une partie de ce que Paul a écrit ; Paley les jugeait conjecturales, tirées d’ordinaire d’un seul passage, peut-être ici la mention d’Athènes en 1 Thessaloniciens 3:1. Les deux lettres réunissent les trois expéditeurs, retrouvailles que les Actes situent à Corinthe. Une lacune réelle demeure : 1 Thessaloniciens fait envoyer Timothée depuis Athènes, visite que les Actes ne mentionnent jamais, alors même que Paul l’y attendait.

**Autres lectures**

- **Écrites à Athènes malgré tout.** Timothée a pu revenir auprès de Paul alors qu’il était encore à Athènes, et la lettre y être écrite ; mais les Actes n’amènent jamais Silas à Athènes, alors qu’il est coexpéditeur de la lettre, et rien dans la lettre n’exige Athènes.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. XV, III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. XV, IV: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### « Prémices » ? Une variante en 2 Thessaloniciens 2:13 et l’ordre des conversions en Macédoine

Toute tension dépend d’une leçon discutée. En 2 Thessaloniciens 2:13, les manuscrits se partagent entre Dieu choisissant les lecteurs dès le commencement (ap' arches, suivi par la WEB) et les choisissant comme prémices (aparchen, préféré par beaucoup d’éditions et de traductions modernes). Comprise comme désignant les premiers convertis de Macédoine, la seconde leçon contredirait les Actes, où Philippes vient en premier.

- **La lettre:** 2 Thessaloniciens 2:13; 1 Thessaloniciens 2:2; 1 Corinthiens 16:15
- **Actes:** Actes 16:12–15; Actes 16:40; Actes 17:1–4; Actes 17:34
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul rend grâce de ce que Dieu a choisi les lecteurs pour le salut, soit dès le commencement, soit comme prémices, selon les manuscrits ; aucune région n’est nommée.

**Actes:** La maison de Lydie est baptisée à Philippes et un groupe de frères s’y réunit avant que Paul n’atteigne Thessalonique, où quelques Juifs et beaucoup de Grecs pieux croient ensuite.

1 Thessaloniciens dit que Paul est venu à Thessalonique après avoir souffert à Philippes, en accord avec l’ordre des Actes. Lorsque Paul appelle la maison de Stéphanas les prémices de l’Achaïe (1 Corinthiens 16:15), il nomme la région, et même cela ne s’accorde qu’imparfaitement avec les convertis antérieurs que les Actes placent à Athènes. Ici, aucune région n’est nommée, et « prémices » peut désigner des personnes mises à part pour Dieu. Selon la leçon de la WEB, la question ne se pose pas. Toute tension repose sur une variante et sur une interprétation particulière.

**Autres lectures**

- **Si « prémices » désignait les premiers convertis de Macédoine.** Si « prémices » était la leçon originale et désignait les premiers convertis de Macédoine, 2 Thessaloniciens contredirait à la fois les Actes et 1 Thessaloniciens 2:2 ; ce conflit avec la propre lettre de Paul est en soi une raison de douter du sens régional.
- **« Dès le commencement » comme leçon originale.** D’autres jugent ap' arches original, vu son large appui dans les manuscrits ; le verset parle alors du moment où Dieu les a choisis, non de l’Église de Macédoine qui fut la première.

### Les premiers convertis d’Achaïe : Stéphanas, Épaïnète et les croyants d’Athènes

Une légère tension. 1 Corinthiens appelle la maison de Stéphanas les premiers convertis d’Achaïe, et, dans la WEB, Romains 16:5 donne le même titre à Épaïnète ; pourtant les Actes signalent des croyants à Athènes, également en Achaïe, avant que Paul n’arrive à Corinthe. Des solutions plausibles existent, et la plupart des éditions critiques lisent Asie, et non Achaïe, pour Épaïnète.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 1:16; 1 Corinthiens 16:15–18; Romains 16:5; 2 Corinthiens 1:1
- **Actes:** Actes 17:34; Actes 18:12–16; Actes 18:19–21; Actes 19:1–10
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** La maison de Stéphanas, baptisée par Paul lui-même, constitua les premiers convertis d’Achaïe et sert maintenant l’Église ; dans la WEB, l’épître aux Romains appelle aussi Épaïnète le premier converti d’Achaïe à Christ.

**Actes:** Avant Corinthe, quelques habitants d’Athènes croient, dont Denys l’Aréopagite et Damaris ; à Corinthe, Gallion, proconsul d’Achaïe, refuse de juger les accusations portées contre Paul ; Paul prêche plus tard à Éphèse, en Asie.

Athènes se trouvait dans la province romaine d’Achaïe, si bien qu’une lecture stricte se heurte à Actes 17:34. Paul veut peut-être parler de la première maisonnée convertie, ou des premiers convertis d’une Église qui a duré, puisque les Actes ne mentionnent aucune Église à Athènes. Restreindre l’Achaïe à la région de Corinthe est plus difficile, car Paul s’adresse aux saints de toute l’Achaïe (2 Corinthiens 1:1).

**Autres lectures**

- **Lecture sceptique.** Luc a peut-être amplifié les résultats d’Athènes en y ajoutant des convertis nommés, ou bien Paul et les Actes divergent simplement ; l’affirmation de la lettre jouerait alors contre le récit sur Athènes au lieu d’être harmonisée avec lui.
- **L’Asie dans le texte critique.** La plupart des éditions critiques lisent Asie en Romains 16:5, suivant des manuscrits anciens, et voient dans Achaïe un écho de copiste de 1 Corinthiens 16:15 ; seul le titre de Stéphanas demande alors une explication. L’opinion de Manson, selon laquelle Romains 16 fut envoyé à Éphèse, s’accorderait avec une salutation adressée au premier converti d’Asie.

### Les langues à la Pentecôte et les langues à Corinthe

Les Actes et 1 Corinthiens décrivent les langues différemment. À la Pentecôte, des Juifs venus de nombreuses nations comprennent les disciples dans leurs propres langues ; à Corinthe, personne ne comprend les langues sans interprète, et les gens du dehors peuvent croire l’Église folle. La question de savoir s’il s’agit d’un même don vu différemment ou de deux phénomènes est discutée ; les contextes diffèrent, il n’y a donc pas de contradiction sur un même événement.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 13:1; 1 Corinthiens 14:2; 1 Corinthiens 14:9–11; 1 Corinthiens 14:13; 1 Corinthiens 14:21–23; 1 Corinthiens 14:27–28
- **Actes:** Actes 2:4–13; Actes 10:46; Actes 11:15; Actes 19:6
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Celui qui parle en langues s’adresse à Dieu et personne ne le comprend ; il faut un interprète, ou le silence ; les gens du dehors peuvent dire l’Église folle. Pourtant Paul compare les langues aux langues du monde.

**Actes:** À la Pentecôte, les disciples parlent d’autres langues ; des Juifs de nombreuses nations entendent chacun la sienne ; certains les disent ivres. Pierre compare à la Pentecôte la venue de l’Esprit, avec les langues, dans la maison de Corneille.

Les récits se recoupent plus qu’il n’y paraît : les Actes rapportent aussi des moqueries (Actes 2:13), comme Paul l’anticipe (1 Corinthiens 14:23), et Paul compare les langues aux langues étrangères et cite l’Écriture sur les langues étranges (1 Corinthiens 14:10–11; 1 Corinthiens 14:21). Deux différences demeurent : à la Pentecôte, les auditeurs comprennent sans interprète, alors qu’à Corinthe personne ne comprend ; et dans les Actes, les langues surviennent quand l’Esprit descend pour la première fois sur un groupe, alors qu’à Corinthe elles reviennent dans le culte.

**Autres lectures**

- **Un seul don, de vraies langues.** Robert Gundry soutenait que les langues de Paul étaient des langues humaines ; Christopher Forbes, que Luc et Paul entendaient tous deux de vraies langues, humaines ou célestes, inconnues de celui qui parle, si bien que Corinthe avait besoin d’interprètes, ce qui n’était pas le cas des auditeurs de la Pentecôte.
- **Des phénomènes différents ou une relecture de Luc.** D’autres estiment que les langues de Corinthe n’étaient pas un langage humain (Anthony Thiselton comprend l’interprétation comme la mise en mots d’une expression) ; la Pentecôte est alors soit un signe unique, soit une relecture par Luc d’un parler extatique sous forme de langues étrangères.

### Timothée, envoyé de Paul, et deux missions difficiles à situer dans les Actes

Les Actes et les lettres donnent à Timothée le même rôle : le collègue qui reste en arrière ou est envoyé en avant pendant que Paul poursuit sa route. Les lettres ajoutent des missions que les Actes omettent, et deux détails sont difficiles à situer dans les Actes : l’envoi de Timothée depuis Athènes et le fait qu’il ait été laissé à Éphèse.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 3:1–2; 1 Thessaloniciens 3:6; 1 Timothée 1:3; 2 Corinthiens 1:1
- **Actes:** Actes 17:14–16; Actes 18:5; Actes 19:22; Actes 20:1
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul envoya Timothée d’Athènes affermir Thessalonique, et il revint avec de bonnes nouvelles ; 1 Timothée le fait rester à Éphèse quand Paul part pour la Macédoine.

**Actes:** Timothée reste à Bérée pendant que Paul se rend à Athènes et l’y attend ; il rejoint Paul à Corinthe en venant de Macédoine et est plus tard envoyé en avant d’Éphèse en Macédoine.

Le rôle concorde, mais deux éléments sont difficiles à raccorder. Les Actes n’amènent jamais Timothée à Athènes, bien que Paul l’y fasse venir et l’y attende (Actes 17:15–16), si bien que Paley jugeait la rencontre probable ; les deux textes amènent ensuite Timothée de Macédoine auprès de Paul. Paley estimait que le fait que Timothée ait été laissé à Éphèse ne s’accorde avec aucun voyage en Macédoine des Actes, puisque Timothée fut envoyé en avant et que 2 Corinthiens le place avec Paul en Macédoine, et il situait cet épisode après la fin des Actes.

**Autres lectures**

- **1 Timothée est plus tardive.** De nombreux spécialistes datent 1 Timothée d’après la vie de Paul. Son image de Timothée laissé à Éphèse peut alors dépendre des Actes ou des lettres d’attribution incontestée, et ne constitue pas un témoin indépendant.
- **Pas de véritable conflit à Athènes.** À l’encontre de la lecture habituelle, Donfried soutient que le conflit apparent avec les Actes ne provient que d’une lecture non nécessaire de 1 Thessaloniciens 3:1–3.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 9 (1 Thessalonians), no. 4: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 11 (1 Timothy), opening: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Faible en personne et orateur amateur, face à l’orateur des Actes

Les détracteurs de Paul à Corinthe le trouvaient peu impressionnant en personne et mauvais orateur, et il reconnaît manquer de formation dans l’art de la parole ; pourtant, les Actes dépeignent surtout un orateur hardi et efficace. La tension est réelle mais limitée : la lettre rapporte les accusations d’adversaires et une formule de modestie que les orateurs employaient souvent, tandis que les discours des Actes sont condensés, de style propre à Luc, et privilégient l’effet sur le raffinement.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 2:1–4; 2 Corinthiens 10:1; 2 Corinthiens 10:10; 2 Corinthiens 11:6
- **Actes:** Actes 14:12; Actes 17:18; Actes 17:22–34; Actes 24:10–21; Actes 26:1–29
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Ses détracteurs disent ses lettres vigoureuses mais sa présence chétive et sa parole pauvre ; Paul reprend l’accusation d’être humble en personne et reconnaît manquer d’habileté dans la parole, non de connaissance.

**Actes:** Les habitants de Lystre appellent Paul Hermès parce qu’il était le principal orateur ; les Actes lui prêtent des discours en bonne forme à Athènes et devant Félix et Agrippa, même si certains philosophes d’Athènes le méprisent comme un bavard.

Les deux portraits ne s’excluent pas forcément. 2 Corinthiens 10:10 rapporte des critiques hostiles, qui jugeaient probablement selon des critères professionnels ; la concession de Paul emploie un mot désignant un profane, et 1 Corinthiens 2:1–4 dit qu’il évita délibérément l’éloquence à Corinthe. Les Actes privilégient l’effet sur le raffinement et rapportent eux-mêmes le mépris rencontré à Athènes (Actes 17:18). Leurs discours sont condensés et dans le style de Luc, comme les historiens antiques les composaient ; beaucoup pensent qu’ils résument ce que Paul a dit, mais ils ne peuvent montrer comment il parlait.

**Autres lectures**

- **Une vraie différence.** Les spécialistes critiques voient souvent un réel écart : les Actes font de Paul l’orateur éloquent qu’admireraient les lecteurs de Luc, tandis que les lettres montrent un orateur que ses propres convertis pouvaient dédaigner. Selon ce point de vue, les Actes idéalisent Paul.
- **Un refus délibéré de la rhétorique.** D’autres soutiennent que les lettres elles-mêmes sont rhétoriquement habiles ; la formule de modestie de Paul serait donc un refus délibéré du style sophistique ostentatoire plutôt qu’un aveu de faiblesse, ce qui rapprocherait les deux portraits.

### Les Églises donatrices des lettres face aux compagnons d’Actes 20:4

Les Églises donatrices nommées dans les lettres ne correspondent pas aux compagnons énumérés en Actes 20:4. Les lettres insistent sur la Macédoine et l’Achaïe et mentionnent la Galatie ; les Actes énumèrent des hommes de Macédoine, de Derbe et d’Asie, ainsi que Timothée, mais personne d’Achaïe ni de Philippes. Aucun des deux textes n’explique la différence ; elle reste une tension ouverte, non une contradiction.

- **La lettre:** Romains 15:26; 1 Corinthiens 16:1–4; 2 Corinthiens 8:1–5; 2 Corinthiens 9:2
- **Actes:** Actes 20:4; Actes 16:1–2; Actes 19:29
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’épître aux Romains nomme la Macédoine et l’Achaïe comme donatrices ; 1 Corinthiens dit que les Églises de Galatie avaient reçu les mêmes instructions ; 2 Corinthiens loue la générosité des Macédoniens et l’empressement de l’Achaïe depuis l’année précédente.

**Actes:** Actes 20:4 nomme des compagnons de Bérée et de Thessalonique en Macédoine, Gaïus de Derbe, Timothée et deux hommes d’Asie, mais personne de Corinthe ou d’ailleurs en Achaïe, ni de Philippes.

Si Actes 20:4 énumère des délégués, la correspondance est imparfaite. L’Achaïe, donatrice sur laquelle insistent l’épître aux Romains et 2 Corinthiens, n’a aucun représentant nommé, pas plus que Philippes, tandis que l’Asie, jamais nommée comme donatrice, envoie deux hommes. La Galatie apparaît peut-être des deux côtés, à travers Gaïus de Derbe et peut-être Timothée, lié à Lystre (Actes 16:1–2), si les lettres désignent la province administrée par Rome, bien que l’épître aux Romains l’omette. Même le cas de Gaïus est incertain : le Codex Bezae en fait un homme de Doberus, en Macédoine, et Actes 19:29 nomme un Gaïus originaire de Macédoine.

**Autres lectures**

- **Pas une liste de délégués.** Les Actes énumèrent peut-être des compagnons de voyage, non des représentants. Le don de Corinthe a pu partir avec Paul lui-même (1 Corinthiens 16:4) ou avec les frères de 2 Corinthiens 8:16–23, et le narrateur à la première personne, qui se joint au groupe à Philippes, représente peut-être Philippes.
- **Une participation modifiée.** L’épître aux Romains ne nomme peut-être que les derniers donateurs, ou la Galatie s’est peut-être retirée après la crise qui sous-tend l’épître aux Galates, et des croyants d’Asie ont pu se joindre au groupe sans être des donateurs officiels. Rien de tout cela ne peut être démontré.

### Une visite espérée à Rome face à une arrivée comme prisonnier

L’épître aux Romains prévoit une visite libre, joyeuse et brève à Rome, en route vers l’Espagne. Les Actes y amènent Paul des années plus tard comme prisonnier, après une arrestation, deux ans de détention et un naufrage, et l’y laissent sous garde. Un projet n’est pas un compte rendu, il n’y a donc là aucune contradiction, mais les espoirs de la lettre ne se sont pas réalisés tels qu’ils étaient formulés.

- **La lettre:** Romains 1:10–12; Romains 1:13; Romains 1:15; Romains 15:22–23; Romains 15:24; Romains 15:28–29; Romains 15:30–32
- **Actes:** Actes 21:33; Actes 24:27; Actes 27:41–44; Actes 28:14–16; Actes 28:20; Actes 28:21–22; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul espère depuis longtemps visiter Rome, partager un don spirituel, y prêcher et y trouver du réconfort, en ne restant que peu de temps après avoir remis le don destiné à Jérusalem, avant de partir vers l’ouest.

**Actes:** Paul est arrêté à Jérusalem, détenu deux ans à Césarée, fait naufrage et arrive à Rome sous garde ; des croyants viennent à sa rencontre sur la route, et il y prêche pendant deux ans.

L’épître aux Romains énonce des intentions ; les Actes rapportent des résultats, et cet écart convient à une lettre écrite avant les événements. Certains espoirs se réalisent sous une forme modifiée : des croyants sortent à la rencontre de Paul et il en est encouragé (Actes 28:15), et il prêche à Rome sans entrave (Actes 28:31), comme le souhaitait Romains 1:15. Paley soutenait qu’un faussaire ayant lu les Actes n’aurait pas prêté à Paul des espoirs si nettement démentis.

**Autres lectures**

- **Une Église de Rome effacée dans les Actes.** Après Actes 28:15, les croyants de Rome disparaissent du récit, et les chefs des Juifs de Rome déclarent n’avoir reçu aucune lettre ni aucun rapport au sujet de Paul (Actes 28:21–22), un silence déroutant au sujet de l’Église à laquelle s’adressait l’épître aux Romains.
- **Limites de l’argument.** Ce décalage montre que l’épître aux Romains n’a pas été composée à partir des Actes. Il ne montre pas à lui seul que le récit de l’arrivée dans les Actes soit exact dans le détail.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul, ch. II (Epistle to the Romans), No. VI: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Actes 28 : les croyants de Rome s’effacent du récit

Une tension réelle mais légère. L’épître aux Romains suppose une Église de Rome bien connue, comptant des membres d’origine juive ; pourtant, après que des croyants ont accueilli Paul sur la route, les Actes les abandonnent ; les chefs des Juifs de Rome ne connaissent le mouvement que par sa mauvaise réputation et veulent entendre Paul lui-même. Les Actes, qui ne mentionnent aucune des lettres de Paul, se taisent aussi sur celle-ci.

- **La lettre:** Romains 1:8; Romains 16:3–16
- **Actes:** Actes 18:2; Actes 28:15; Actes 28:17–22; Actes 28:23–28; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** L’épître aux Romains loue une foi connue dans le monde entier et salue de nombreux croyants de Rome, dont plusieurs apparemment d’origine juive, que Paul appelle ses parents, ainsi que Prisca et Aquilas.

**Actes:** Des croyants de Rome rencontrent Paul sur la route ; ensuite, les Actes ne racontent que ses entretiens avec les chefs des Juifs, qui n’ont reçu aucun rapport contre lui et savent que la secte rencontre partout de l’opposition.

Rien ici ne contredit l’épître aux Romains : les chefs disent seulement qu’aucune plainte au sujet de Paul ne leur est parvenue et que la secte a mauvaise réputation, non qu’ils ne connaissent pas de chrétiens. Leur réserve convient à une communauté autrefois expulsée sous Claude (Actes 18:2), et l’épître aux Romains salue des croyants, non des responsables de synagogue. Pourtant, les Actes laissent l’Église de Rome hors de la scène après l’accueil et réservent la dernière scène à Paul et aux chefs des Juifs.

**Autres lectures**

- **Des communautés séparées.** Wolfgang Wiefel soutenait qu’après l’expulsion sous Claude, les synagogues de Rome et les groupes de chrétiens suivirent des chemins séparés ; dans ce cas, les chefs pouvaient sincèrement connaître le mouvement surtout par sa réputation.
- **La fin littéraire voulue par Luc.** Luc a peut-être façonné la fin comme une scène ultime entre Paul et Israël, laissant de côté l’Église de Rome et les lettres de Paul parce qu’elles ne servaient pas ce thème ; l’omission ne dit alors rien de Rome.

### L’incrédulité d’Israël : l’espérance de Romains 9–11, le tournant vers les païens en Actes 28

Ils partagent un diagnostic mais aboutissent à des conclusions différentes. Tous deux expliquent l’incrédulité des Juifs par des textes prophétiques sur des yeux qui ne voient pas et des oreilles qui n’entendent pas, notent que certains Juifs ont cru, et voient le salut aller aux païens. L’épître aux Romains s’afflige aussi au sujet d’Israël et attend que tout Israël soit sauvé, quelle que soit la manière de le comprendre ; les Actes se terminent sur le tournant vers les païens sans réaffirmer cette espérance.

- **La lettre:** Romains 9:1–5; Romains 10:1; Romains 10:16–21; Romains 11:1–15; Romains 11:25–29
- **Actes:** Actes 3:19–21; Actes 13:46; Actes 14:1; Actes 18:6; Actes 19:8; Actes 28:23–28; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul s’afflige pour Israël, cite les prophètes sur les yeux et les oreilles endurcis, voit un reste croyant et le salut des païens par le faux pas d’Israël, et attend le salut de tout Israël.

**Actes:** À Rome, certains Juifs croient et d’autres refusent ; Paul applique les paroles d’Ésaïe sur les oreilles qui n’entendent pas et annonce que le salut de Dieu est envoyé aux païens, puis accueille tous ceux qui viennent.

Le schéma est commun : une réponse divisée, un endurcissement annoncé par les prophètes, et un salut qui passe aux païens (comparer Romains 11:11 avec Actes 28:28), bien que les Actes citent Ésaïe 6 et l’épître aux Romains Deutéronome 29 avec Ésaïe 29. D’autres chrétiens des premiers temps utilisaient Ésaïe 6 de la même manière (Marc 4:12; Jean 12:40) ; le recoupement ne suppose donc pas nécessairement un contact. Les tournants antérieurs des Actes vers les païens étaient locaux, puisque Paul retournait ensuite dans les synagogues, et le discours de Pierre au temple fait espérer une restauration, mais Actes 28 omet l’espérance de l’épître aux Romains, quelle qu’en soit la portée, que l’endurcissement prendra fin.

**Autres lectures**

- **Un verdict définitif.** Jack T. Sanders lisait Actes 28 comme le jugement final de Luc selon lequel les Juifs dans leur ensemble ont rejeté l’Évangile, une vue plus tranchée que ne le permet Romains 11.
- **Un Israël divisé.** Jacob Jervell lisait Israël dans les Actes comme divisé, non rejeté : les Juifs croyants forment l’Israël restauré, auquel s’ajoutent des païens ; Actes 28 enregistre donc la division plutôt que la fin de l’espérance.

### L’épître aux Éphésiens et les années de Paul à Éphèse : une lettre qui se lit comme s’ils ne s’étaient jamais rencontrés

Une tension réelle. Les Actes accordent à Paul environ trois ans à Éphèse et des adieux en larmes à ses anciens, et pourtant l’épître aux Éphésiens se lit comme si l’auteur et les destinataires ne s’étaient jamais rencontrés : Paul a entendu parler de leur foi, ne nomme que Tychique et ne rappelle rien de son séjour. Les manuscrits anciens dépourvus du nom du lieu indiquent peut-être un premier public plus large.

- **La lettre:** Éphésiens 1:1; Éphésiens 1:15; Éphésiens 3:2–4; Éphésiens 4:20–21; Éphésiens 6:21–24; Colossiens 2:1; Colossiens 4:16
- **Actes:** Actes 18:19–21; Actes 19:1–20:1; Actes 20:17–38
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Adressée dans la plupart des manuscrits aux saints d’Éphèse, la lettre mentionne avoir entendu parler de la foi des lecteurs, parle comme s’ils connaissaient la mission de Paul par ouï-dire, et ne salue personne nommément.

**Actes:** Paul discute à Éphèse trois mois dans la synagogue et deux ans dans la salle de Tyrannus, atteignant toute l’Asie ; à Milet, il rappelle aux anciens ses trois années passées parmi eux.

Paley jugeait qu’aucun texte de l’épître aux Éphésiens ne montre que Paul ait jamais été à Éphèse. Les mots qui nomment Éphèse manquent dans P46 et dans les premières mains du Sinaiticus et du Vaticanus, et Marcion l’appelait la lettre aux Laodicéens. S’il s’agissait d’une circulaire destinée aux Églises d’Asie, dont certaines que Paul n’avait jamais visitées (Colossiens 2:1), son ton impersonnel s’accorde avec les Actes. Si elle fut envoyée à Éphèse seulement, la tension demeure, expliquée soit par une rédaction plus tardive, soit par des années de croissance après le départ de Paul.

**Autres lectures**

- **Une circulaire ou une lettre aux Laodicéens.** Paley y voyait la lettre venant de Laodicée (Colossiens 4:16) ; J. Armitage Robinson, une circulaire que Tychique porta à plusieurs Églises d’Asie. Dans les deux cas, le nom d’Éphèse est entré plus tard dans l’adresse.
- **Explications par l’auteur.** De nombreux critiques, comme A. T. Lincoln, voient dans l’épître aux Éphésiens la réécriture de l’épître aux Colossiens par un disciple plus tardif, ce qui expliquerait son silence sur les années de Paul à Éphèse ; Harold Hoehner et d’autres défendent la paternité de Paul et l’adresse à Éphèse.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 6, no. 4: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Tertullian, Against Marcion (P. Holmes, 1885), 5.17: <https://www.newadvent.org/fathers/03125.htm>

### Épaphrodite frôle la mort et Trophime est laissé malade, malgré les guérisons des Actes

Les Actes montrent Paul guérissant à Lystre, à Éphèse et à Malte et ramenant Eutychus à la vie à Troas ; pourtant, Philippiens attribue la guérison d’Épaphrodite à la miséricorde de Dieu, et 2 Timothée laisse Trophime malade à Milet. Les Actes présentent les guérisons comme des actes de Dieu, même si à Malte tous les malades venus ont été guéris ; les lettres de Paul revendiquent des signes, mais aussi une affliction que Dieu n’a pas ôtée.

- **La lettre:** Philippiens 2:26–27; Philippiens 2:30; 2 Timothée 4:20; Romains 15:19; 2 Corinthiens 12:7–9; 2 Corinthiens 12:12; Galates 4:13–14
- **Actes:** Actes 14:8–10; Actes 19:11–12; Actes 20:9–12; Actes 20:15–17; Actes 21:29; Actes 28:8–9
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Épaphrodite a failli mourir, mais Dieu a eu pitié de lui ; Trophime a été laissé malade à Milet. Paul revendique des signes et des prodiges, mais aussi une écharde qui ne lui a pas été retirée et une faiblesse physique en Galatie.

**Actes:** Paul guérit à Lystre un homme infirme depuis sa naissance, des linges ayant touché son corps guérissent les malades à Éphèse, il ramène Eutychus à la vie, et à Malte le père de Publius et d’autres sont guéris.

Les Actes présentent les guérisons comme l’œuvre de Dieu par Paul en des occasions précises. Paley soutenait que la maladie d’Épaphrodite montre qu’un tel pouvoir ne dépendait pas de la volonté des apôtres, et qu’un faussaire n’aurait pas fait l’économie d’un miracle. Le Milet de 2 Timothée n’est probablement pas l’escale d’Actes 20:15–17, puisque Trophime a poursuivi jusqu’à Jérusalem ; Paley y voyait un voyage postérieur à la fin des Actes.

**Autres lectures**

- **Des Actes qui magnifient Paul.** Des spécialistes critiques comme Haenchen voient les Actes magnifier Paul en thaumaturge, tandis que les lettres montrent un apôtre marqué par la faiblesse ; selon cette lecture, le contraste reflète le portrait de l’auteur, et non deux faces d’un même dossier.
- **2 Timothée, un écrit ultérieur.** Si 2 Timothée a été écrite après Paul, sa remarque sur Trophime peut être un détail littéraire plutôt qu’un témoignage, ce qui laisse Épaphrodite comme le cas issu d’une lettre d’attribution incontestée.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7, no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7, no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 12, no. 1: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Personne d’autre comme Timothée, et pourtant les compagnons de Paul envoient leurs salutations

Philippiens dit que Paul n’a personne d’autre comme Timothée pour se soucier sincèrement des Philippiens, car tous recherchent leurs propres intérêts. Si la lettre a été écrite à Rome, cela s’accorde mal avec Colossiens et la lettre à Philémon, qui transmettent les salutations d’Aristarque, de Marc, de Luc et de Démas, ainsi qu’avec les Actes, qui font embarquer Aristarque pour l’Italie et amènent le narrateur « nous » à Rome.

- **La lettre:** Philippiens 2:19–22; Philippiens 4:21; Colossiens 4:7; Colossiens 4:10–14; Philémon 1:24
- **Actes:** Actes 19:29; Actes 27:1–2; Actes 28:16
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul n’a personne d’autre animé du même esprit qui se souciera sincèrement d’eux, car tous cherchent leurs propres intérêts ; Timothée a fait ses preuves. Pourtant, des frères non nommés envoient leurs salutations.

**Actes:** Aristarque embarque pour l’Italie avec Paul et le narrateur « nous », et ce « nous » atteint Rome. Les Actes ne disent jamais qui est resté avec Paul sur place et ne mentionnent jamais Timothée à Rome.

La remarque peut concerner ceux qui étaient libres et assez sûrs pour se rendre à Philippes, et non tous ceux qui entouraient Paul ; la lettre elle-même mentionne des frères avec lui. Ramsay soutenait que Philippiens avait été écrite tard dans la captivité romaine, après le départ en mission d’Aristarque, de Luc, de Marc et de Tychique. Lightfoot, qui la datait le plus tôt, soutenait qu’Aristarque avait probablement quitté le navire à Myra et rejoint Paul plus tard, et que Luc était peut-être absent ou occupé.

**Autres lectures**

- **Un cadre à Éphèse.** Si Philippiens a été écrite à Éphèse, les compagnons romains des Actes ne sont pas pertinents, bien que les Actes placent aussi Aristarque à Éphèse pendant l’émeute ; la tension ne disparaît donc pas entièrement.
- **Un éloge, non un recensement.** Certains lisent cette phrase comme une exagération à la louange de Timothée, non comme un relevé des compagnons de Paul ; d’autres y entendent une réelle déception à l’égard de son entourage.

### Les adieux de Milet et les visites ultérieures vers l’est dans les lettres

À Milet, Paul dit aux anciens d’Éphèse qu’ils ne reverront plus jamais son visage ; pourtant, dans la lettre à Philémon, il espère visiter Colosses, près d’Éphèse, et 1 Timothée le montre de nouveau à Éphèse. La tension est réelle. Elle s’atténue si la prédiction exprimait le pressentiment personnel de Paul ou si les lettres sont antérieures à Actes 20 ; beaucoup de critiques concluent qu’il n’est jamais revenu.

- **La lettre:** Philippiens 1:25–26; Philippiens 2:23–24; Philémon 1:22; Colossiens 4:9; Romains 15:24; Romains 15:28; 1 Timothée 1:3; 1 Timothée 3:14–15; 1 Timothée 4:13; 2 Timothée 4:20
- **Actes:** Actes 20:16–17; Actes 20:22–25; Actes 20:38
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande à Philémon une chambre d’hôte, probablement à Colosses, près d’Éphèse ; dans 1 Timothée, il quitte Éphèse pour la Macédoine en espérant revenir ; dans 2 Timothée, il a laissé Trophime malade à Milet.

**Actes:** À Milet, Paul dit savoir que les anciens d’Éphèse ne le reverront jamais, ce qui les afflige plus que tout ; le Saint-Esprit ne l’avait averti que de chaînes et d’épreuves.

Si ces lettres reflètent des visites postérieures à Actes 28, les adieux ne se sont pas réalisés tels qu’ils étaient formulés. Paley suggérait que le Saint-Esprit n’avait annoncé que des chaînes et des épreuves, et que la certitude de Paul était son propre pressentiment, comme dans Philippiens, où il sait qu’il demeurera tout en attendant de voir comment tournera son affaire. Il jugeait aussi qu’une visite à Colosses contournerait difficilement Éphèse, toute proche. Romains 15, écrit peu avant, montre Paul projetant d’aller vers l’ouest jusqu’en Espagne ; les adieux peuvent donc exprimer un projet qui a changé par la suite.

**Autres lectures**

- **Des lettres antérieures à Milet.** Si la lettre à Philémon et Philippiens viennent d’un emprisonnement à Éphèse (Duncan) et les Pastorales de la carrière de Paul à l’époque des Actes (Robinson), les visites qu’elles impliquent n’ont pas eu lieu après l’escale de Milet ou sont restées des espoirs, et Actes 20:25 reste vrai tel qu’il est écrit.
- **Écrit après coup.** Luc a pu écrire les adieux en sachant que Paul était mort sans revenir (Haenchen). Le verset joue alors contre les voyages de libération et de retour que présupposent les Pastorales, que les critiques qui doutent de leur authenticité lisent comme des cadres littéraires.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 11 (First Epistle to Timothy), introduction; T. R. Birks ed. (archive.org): <https://archive.org/details/horaepaulinaeor00palegoog>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 11 (First Epistle to Timothy), no. 1; T. R. Birks ed. (archive.org): <https://archive.org/details/horaepaulinaeor00palegoog>

### Timothée laissé à Éphèse quand Paul est parti pour la Macédoine

1 Timothée dit que Paul a laissé Timothée à Éphèse en partant pour la Macédoine et qu’il espérait revenir bientôt. Le seul départ de ce genre dans les Actes, après l’émeute, s’y accorde mal : Timothée est coexpéditeur de 2 Corinthiens depuis la Macédoine et voyage avec Paul, qui ensuite évite Éphèse. Soit les Actes omettent ce voyage, soit il a eu lieu après les Actes, soit le cadre est littéraire.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:3; 1 Timothée 3:14–15; 1 Timothée 4:13; 1 Corinthiens 16:10–11; 2 Corinthiens 1:1; 2 Corinthiens 2:1; 2 Corinthiens 2:12–13; 2 Corinthiens 7:5; 2 Corinthiens 13:1
- **Actes:** Actes 19:21–22; Actes 20:1–4; Actes 20:16
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a exhorté Timothée à rester à Éphèse, pendant que lui-même partait pour la Macédoine, afin d’empêcher certains d’enseigner autrement ; il espère revenir sous peu, mais écrit en prévision d’un retard.

**Actes:** Paul envoie Timothée et Éraste en avant en Macédoine, quitte Éphèse après l’émeute, revient de Grèce avec Timothée dans son groupe et passe au large d’Éphèse, pressé d’arriver à Jérusalem.

Paley, suivant Pearson, jugeait que ce départ ne correspond à aucun voyage rapporté par les Actes et datait la lettre d’après la première captivité romaine de Paul. Timothée, envoyé en avant, a pu revenir comme le prévoit 1 Corinthiens 16:11, mais 2 Corinthiens, écrite en Macédoine peu après le départ de Paul d’Éphèse, le nomme coexpéditeur, alors que 1 Timothée s’attend à ce que Paul revienne plutôt qu’à ce que Timothée le suive. Situer la lettre en Actes 20:1, comme l’ont fait Benson et Michaelis, exige que Timothée l’ait rejoint rapidement. Les Actes omettent bel et bien certains déplacements, comme une deuxième visite à Corinthe.

**Autres lectures**

- **Un voyage non rapporté pendant la période d’Éphèse.** Paul a pu faire, pendant ses années à Éphèse, un court voyage non rapporté vers la Macédoine, en laissant Timothée sur place ; Robinson date 1 Timothée de cette période.
- **Un cadre littéraire.** Dans l’hypothèse de la pseudépigraphie, le cadre est un décor littéraire librement inspiré du ministère de Paul à Éphèse ; un décalage avec l’itinéraire des Actes n’a donc rien de surprenant (Dibelius et Conzelmann).

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 11 (First Epistle to Timothy), introduction; T. R. Birks ed. (archive.org): <https://archive.org/details/horaepaulinaeor00palegoog>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 11 (First Epistle to Timothy), introduction; T. R. Birks ed. (archive.org): <https://archive.org/details/horaepaulinaeor00palegoog>

### L’argent, la rémunération des anciens et une parole correspondant à Luc 10:7

Les Actes et 1 Timothée partagent une éthique de l’argent mais divergent sur la rémunération. À Milet, Paul rappelle aux anciens d’Éphèse qu’il n’a convoité l’argent de personne et qu’il a travaillé pour ses propres besoins et ceux de ses compagnons, en exemple pour eux. 1 Timothée condamne aussi la cupidité, mais accorde aux anciens qui dirigent bien un double honneur, en citant une parole correspondant à Luc 10:7.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:3; 1 Timothée 3:3; 1 Timothée 3:8; 1 Timothée 5:17–18; 1 Timothée 6:5–10; 1 Timothée 6:17–19; 1 Corinthiens 9:9–15
- **Actes:** Actes 20:17; Actes 20:33–35
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les évêques et les diacres ne doivent pas aimer l’argent ; faire de la piété une source de gain est rejeté ; les riches doivent partager ; les anciens qui dirigent et enseignent bien méritent un double honneur, comme les travailleurs méritent un salaire.

**Actes:** Paul dit aux anciens d’Éphèse qu’il n’a convoité ni l’argent ni l’or de personne, qu’il a travaillé de ses mains, et qu’ils doivent de même secourir les faibles, en se souvenant des paroles de Jésus sur le fait de donner.

L’éthique de l’argent concorde : pas de cupidité et des dons généreux. La différence porte sur la rémunération. Les Actes présentent l’autonomie financière de Paul comme le modèle des anciens ; 1 Timothée accorde aux anciens qui dirigent un double honneur, incluant apparemment une rémunération, en citant la loi sur le bœuf qu’on ne muselle pas, que Paul cite aussi dans 1 Corinthiens 9, où il revendique le droit d’être entretenu tout en y renonçant. La tension est légère : 1 Corinthiens tient déjà les deux.

**Autres lectures**

- **La main de Luc.** Moule et Wilson proposent que Luc ait écrit ou façonné les lettres à Timothée et à Tite, en relevant la formulation de Luc 10:7 ; dans ce cas, leur éthique de l’argent et le discours de Milet viennent d’une même main et ne sont pas indépendants.
- **Évangile écrit ou parole orale.** Si le mot Écriture en 1 Timothée 5:18 couvre les deux paroles, la lettre pourrait citer l’Évangile de Luc comme Écriture, ce qui impliquerait une date plus tardive ; d’autres considèrent la seconde comme une parole de Jésus connue oralement, comme en 1 Corinthiens 9:14.

### L’enseignement des femmes à Éphèse et Priscille

1 Timothée interdit à une femme d’enseigner ou d’exercer une autorité sur un homme, tandis que les Actes montrent Priscille, avec Aquilas, instruisant Apollos à Éphèse, la même ville. Qu’il y ait conflit dépend de la lecture de 1 Timothée 2:12 : une règle durable sur l’enseignement public, une réponse à un faux enseignement local, ou un développement ultérieur.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:3; 1 Timothée 2:11–15; 1 Timothée 5:13; 2 Timothée 3:6–7; 2 Timothée 4:19; 1 Corinthiens 11:5; 1 Corinthiens 12:28; Romains 16:3
- **Actes:** Actes 18:18–19; Actes 18:24–26; Actes 21:8–9
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Une femme devrait apprendre dans le calme, sans enseigner ni exercer d’autorité sur un homme, en invoquant Adam et Ève ; les jeunes veuves oisives vont de maison en maison en disant des choses inconvenantes.

**Actes:** Priscille et Aquilas, laissés à Éphèse par Paul, ont entendu Apollos dans la synagogue, l’ont pris à part et lui ont expliqué avec plus de précision le chemin de Dieu ; les quatre filles de Philippe prophétisaient.

Les textes se rejoignent dans une même ville : 1 Timothée s’adresse à Timothée à Éphèse, et 2 Timothée salue Prisca et Aquilas, probablement là-bas. Les Actes disent seulement que le couple a pris Apollos à part ; les complémentariens y lisent une instruction privée hors de l’assemblée, tandis que les égalitariens notent que Priscille est habituellement nommée en premier et que 1 Corinthiens 11:5 suppose que des femmes prophétisent dans le culte. Paul énumère la prophétie et l’enseignement comme des dons distincts. Aucun des deux textes ne traite le cas de l’autre ; la tension relève donc de l’interprétation, non de faits contradictoires.

**Autres lectures**

- **Règle durable (complémentarienne).** Les lecteurs complémentariens comprennent 1 Timothée 2:12 comme une règle durable, fondée sur l’ordre de la création, contre l’enseignement des hommes par des femmes avec autorité dans l’Église rassemblée ; l’aide privée de Priscille à Apollos, avec son mari, n’en relève pas.
- **Crise locale ou étape ultérieure.** Les lecteurs égalitariens y voient une réponse à un faux enseignement qui se répandait dans les foyers d’Éphèse (1 Timothée 5:13; 2 Timothée 3:6), si bien que Priscille reflète la pratique plus large de Paul ; d’autres, qui datent 1 Timothée d’après Paul, y voient une étape ultérieure, plus restrictive.

### La chaîne de Paul à Rome : résidence surveillée ouverte dans les Actes, détention rigoureuse dans 2 Timothée

Les Actes et 2 Timothée placent tous deux Paul enchaîné à Rome, mais les conditions diffèrent. Les Actes s’achèvent sur deux années de résidence surveillée, où les visiteurs sont bienvenus et où les autorités ne trouvent aucune accusation passible de mort ; 2 Timothée décrit des chaînes portées comme un malfaiteur, la recherche assidue d’un ami pour le trouver et une mort attendue. La question de savoir s’il s’agit d’une seule captivité ou de deux reste débattue.

- **La lettre:** 2 Timothée 1:8; 2 Timothée 1:16–17; 2 Timothée 2:9; 2 Timothée 4:6–8; 2 Timothée 4:20; Philippiens 1:25–26; Philippiens 2:24; Philémon 1:22; Romains 15:24; Romains 15:28
- **Actes:** Actes 21:29; Actes 23:29; Actes 25:25; Actes 26:31–32; Actes 28:16; Actes 28:18; Actes 28:20; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul est le prisonnier du Seigneur, enchaîné comme un malfaiteur ; Onésiphore l’a cherché avec soin à Rome et l’a trouvé ; Paul a laissé Trophime à Milet, malade ; sa mort est proche.

**Actes:** Les autorités ne trouvent rien qui mérite la mort ; à Rome, Paul loge seul sous la garde d’un soldat, portant une chaîne, et pendant deux ans il reçoit tous ceux qui viennent et prêche sans entrave.

Paley a rattaché 2 Timothée à une seconde captivité romaine : Philippiens et Philémon, qu’il situait à Rome, attendent une libération, tandis que 2 Timothée attend la mort. Sa « tradition uniforme » surestime les données. Le témoin le plus ancien, la Première épître de Clément, généralement datée vers 96 apr. J.-C., dit seulement que Paul a atteint la limite de l’Occident (l’Espagne, comme le prévoyait Romains 15, ou Rome elle-même) avant le martyre ; le voyage en Espagne du Canon de Muratori et la libération qu’Eusèbe rapporte avec réserve viennent plus tard. Les Actes ne rapportent jamais l’issue de l’appel ; une détention ultérieure plus rigoureuse ne peut donc être ni confirmée ni exclue.

**Autres lectures**

- **Une seule captivité, un tournant ultérieur.** Les détails plus rigoureux appartiennent à une étape ultérieure de la même affaire romaine, sans libération ; le silence des Actes le permet, bien que 2 Timothée 4:20 s’accorde alors mal, puisque les Actes emmènent Trophime jusqu’à Jérusalem.
- **Un testament d’adieu ultérieur.** De nombreux spécialistes critiques lisent 2 Timothée comme une lettre écrite après la mort de Paul sous son nom, un testament d’adieu dont la sombre détention est un portrait littéraire, non une seconde captivité historique ; les défenseurs de l’authenticité invoquent ses nombreux détails personnels.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter 12 (Second Epistle to Timothy), No. I: <https://archive.org/download/horaepaulinaeort00pale_0/horaepaulinaeort00pale_0_djvu.txt>
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (A. Roberts and J. Donaldson, 1885), 1 Clement 5: <https://www.newadvent.org/fathers/1010.htm>
- Anonymous, Muratorian Fragment (S. D. F. Salmond, 1886), Muratorian Fragment 2 (ANF numbering): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

### Éraste à Corinthe, Trophime malade à Milet, un manteau à Troas : des voyages que les Actes ne rapportent pas

Trois notes de voyage de 2 Timothée ne s’accordent pas avec la séquence des Actes. Trophime ne peut avoir été laissé malade à Milet lors de la dernière visite de Paul rapportée par les Actes, puisque les Actes le placent peu après à Jérusalem ; Éraste à Corinthe s’y accorde mal, et un manteau laissé à Troas à ce moment-là aurait attendu des années. Paley en a déduit un voyage postérieur aux Actes ; d’autres y voient des fragments ou un cadre littéraire.

- **La lettre:** 2 Timothée 4:13; 2 Timothée 4:20; 2 Corinthiens 2:12–13
- **Actes:** Actes 19:22; Actes 20:2–6; Actes 20:13–17; Actes 21:29; Actes 21:33; Actes 27:3–8; Actes 28:30
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande à Timothée d’apporter le manteau, les livres et les parchemins laissés chez Carpus à Troas, et rapporte qu’Éraste est resté à Corinthe et que Trophime a été laissé malade à Milet.

**Actes:** Éraste est envoyé en Macédoine ; Trophime attend le groupe de Paul à Troas et est vu plus tard avec lui à Jérusalem ; arrêté, Paul arrive à Rome sans être repassé par Troas, Milet ou Corinthe.

Paley, à la suite de Capellus, a relevé que Timothée avait quitté la Grèce avec Paul (Actes 20:4) et n’avait donc pas besoin d’apprendre qu’Éraste était resté à Corinthe, et que Trophime avait continué jusqu’à Jérusalem (Actes 21:29). Les Actes maintiennent ensuite Paul en détention. Paley a donc situé ces notes après une libération de la détention romaine. Eusèbe rapporte cette libération comme une tradition, mais argumente en partie à partir de 2 Timothée elle-même ; il n’est donc pas un témoin indépendant. Le cas de Trophime est le plus solide ; le point concernant Éraste est une inférence. Seul le manteau pourrait remonter à Actes 20.

**Autres lectures**

- **Des notes authentiques dans une lettre ultérieure.** P. N. Harrison a soutenu que ces versets sont un billet authentique que Paul a écrit depuis la Macédoine après la visite à Troas de 2 Corinthiens 2:12–13, intégré plus tard dans une lettre composée par un de ses disciples.
- **Détail littéraire.** Les spécialistes qui jugent 2 Timothée pseudépigraphe, comme Lewis Donelson, voient dans ses noms et ses commissions une partie d’un portrait construit de Paul qui donne à la lettre un cadre personnel, non le récit de voyages réels.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. XII (Second Epistle to Timothy), No. I, on Erastus: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. XII (Second Epistle to Timothy), No. I, conclusion: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Church History 2.22.2: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>

## Silence

### L’Arabie et les trois années : les Actes n’en disent rien

Les Actes sont muets sur l’Arabie. Galates dit qu’après son appel Paul s’est retiré en Arabie, est revenu à Damas, et n’est monté à Jérusalem qu’au bout de trois ans. Les Actes passent de Damas à Jérusalem avec de simples indications de temps vagues, qui peuvent accueillir cet intervalle mais n’en donnent aucun signe.

- **La lettre:** Galates 1:17–18; Galates 4:25
- **Actes:** Actes 9:19–26
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Au lieu d’aller à Jérusalem, Paul s’est retiré en Arabie, puis est revenu à Damas ; trois ans plus tard, il est monté à Jérusalem. Ailleurs, il situe le mont Sinaï en Arabie.

**Actes:** Saul passe quelques jours avec les disciples de Damas, prêche, puis, au bout de nombreux jours, échappe à un complot et se rend à Jérusalem. Aucun séjour en Arabie n’est mentionné.

L’intervalle peut se loger dans la période indéterminée passée à Damas selon les Actes. Lightfoot plaçait un bref séjour en Arabie au début, avant la prédication active de Paul, bien qu’en Actes 9:20 il prêche aussitôt ; Paley soutenait que la chronologie vague des Actes pouvait couvrir trois ans. Paley voyait dans l’omission la preuve que les auteurs ne s’étaient pas copiés l’un l’autre. Ce que Paul a fait en Arabie est débattu : une mission dans le royaume nabatéen, provoquant peut-être le roi Arétas, ou une retraite vers le Sinaï, comme celle d’Élie.

**Autres lectures**

- **Une omission délibérée.** Luc a pu connaître l’épisode de l’Arabie, par la tradition ou même par Galates, et l’omettre pour amener rapidement Paul à Jérusalem ; le silence seul ne peut prouver que les deux auteurs étaient indépendants.
- **Luc ne savait pas.** Luc peut simplement avoir ignoré un bref séjour en Arabie, comme le jugeait Lightfoot ; le silence reflète alors les limites de son information plutôt qu’un choix.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Ch. 5 (Galatians), No. II; 1850 Religious Tract Society edition: <https://archive.org/download/horaepaulinaeor00palegoog/horaepaulinaeor00palegoog_djvu.txt>

### Une ascension céleste quatorze ans plus tôt, absente des Actes

Les Actes ne racontent jamais l’ascension au troisième ciel que Paul décrit en 2 Corinthiens 12, bien qu’ils rapportent plusieurs de ses visions. Remonter quatorze ans à partir d’une lettre datant d’environ 55–57 apr. J.-C. conduit au début des années 40, des années que les Actes ne couvrent que de façon sommaire. Une hypothèse identifie néanmoins l’ascension à la vision dans le Temple d’Actes 22.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 12:1–7; Galates 1:18
- **Actes:** Actes 9:3–6; Actes 9:30; Actes 11:25–26; Actes 16:9–10; Actes 18:9–10; Actes 22:17–21; Actes 23:11; Actes 27:23–24
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Parlant à la troisième personne, Paul raconte avoir été enlevé jusqu’au troisième ciel et au paradis quatorze ans plus tôt ; ces révélations lui ont valu une écharde humiliante dans la chair.

**Actes:** Les Actes rapportent des visions : le Seigneur sur la route de Damas, un homme macédonien, des encouragements nocturnes à Corinthe et à Jérusalem, une extase dans le Temple et un ange dans la tempête, mais aucune ascension.

Les Actes et la lettre s’accordent sur le fait que Paul a eu des expériences visionnaires, mais les Actes ne racontent pas cette ascension. Quatorze ans avant 2 Corinthiens, on arrive vers 41–43 apr. J.-C. selon les chronologies courantes, lorsque les Actes placent Paul à Tarse puis à Antioche, avec peu de détails. L’extase dans le Temple d’Actes 22:17–21 est le parallèle le plus proche dans les Actes, mais la plupart des chronologies la situent lors de la première visite à Jérusalem, environ trois ans après la conversion (Galates 1:18). La réticence de Paul à se glorifier de cette ascension peut expliquer qu’on l’ait peu racontée.

**Autres lectures**

- **La vision dans le Temple.** C. R. A. Morray-Jones a identifié l’ascension à la vision dans le Temple d’Actes 22:17–21, comprise comme la mission de Paul auprès des païens, et a soutenu que cette identification peut s’intégrer dans la chronologie paulinienne.

### Pierre après Actes 15 : Corinthe, Rome et le silence des deux textes

Hormis une visite à Antioche (Galates 2:11), ni les Actes ni les lettres de Paul ne disent où Pierre a œuvré par la suite. Les Actes le montrent pour la dernière fois au concile de Jérusalem. 1 Corinthiens connaît un groupe de Céphas et laisse entendre qu’il voyageait avec une épouse croyante. Romains salue beaucoup de gens à Rome, mais pas Pierre. Les visites à Corinthe ou à Rome reposent sur des sources plus tardives.

- **La lettre:** Galates 2:11; 1 Corinthiens 1:12; 1 Corinthiens 3:6; 1 Corinthiens 3:10; 1 Corinthiens 3:22; 1 Corinthiens 9:5; Romains 15:20; Romains 16:3–16
- **Actes:** Actes 12:17; Actes 15:7–11; Actes 18:27–19:1; Actes 28:14–31
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Une faction de Corinthe se réclamait de Céphas qui, laisse entendre Paul, voyageait avec une épouse croyante. Romains salue environ deux douzaines de personnes à Rome, mais pas Pierre. Galates le situe à Antioche.

**Actes:** Après s’être évadé de prison, Pierre s’en va vers un lieu non nommé, réapparaît pour parler au concile, puis disparaît du récit. Les Actes ne le conduisent jamais en Grèce ni à Rome.

Les textes ne se contredisent pas ; ils s’arrêtent. Un groupe de Céphas n’implique pas forcément que Pierre ait visité Corinthe, puisqu’un autre groupe se réclamait de Christ, bien que le groupe d’Apollos ait suivi une visite réelle (Actes 18:27–19:1). Paul dit avoir planté l’Église et en avoir posé le fondement (1 Corinthiens 3:6–10), ce qui s’accorde mal avec l’affirmation ultérieure selon laquelle Pierre l’aurait cofondée. Les salutations de Romains plaident contre la présence de Pierre à Rome au moment où Paul écrivait, non contre un séjour ultérieur. La règle de Paul de ne pas travailler là où d’autres avaient fondé des Églises (Romains 15:20) ne tranche rien, dans un sens ou dans l’autre.

**Autres lectures**

- **Premiers témoins de Pierre à Rome.** 1 Clément 5, écrit depuis Rome vers 96, rappelle le martyre de Pierre sans en nommer le lieu ; Ignace laisse entendre que Pierre et Paul avaient instruit les Romains ; Denys de Corinthe, vers 170, dit que tous deux enseignèrent à Corinthe et en Italie.
- **Pierre n’est jamais allé à Rome.** Otto Zwierlein (2009) soutient que Pierre n’est jamais venu à Rome et que la tradition s’est développée dans la littérature du IIe siècle ; dans cette perspective, le silence des Actes et de Romains constitue le témoignage le plus ancien. La plupart des historiens admettent toujours qu’il y est mort.

**Sources**

- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (A. Roberts and J. Donaldson, 1885), 1 Clement 5: <https://www.ccel.org/ccel/schaff/anf01.ii.ii.v.html>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Romans (A. Roberts and J. Donaldson, 1885), To the Romans 4: <https://www.newadvent.org/fathers/0107.htm>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Church History 2.25.8 (quoting Dionysius of Corinth): <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>

### Les Actes ne rapportent pas l’affrontement entre Paul et Pierre à Antioche

Les Actes ne placent jamais Pierre à Antioche et ne mentionnent jamais la réprimande publique que Paul lui adressa là-bas. Leurs séjours à Antioche laissent place à l’incident, avant ou après le concile. Paley voyait dans cette omission le signe que les Actes et Galates avaient été écrits indépendamment ; d’autres, comme Richard Pervo, pensent que Luc connaissait les lettres de Paul, si bien que l’omission pourrait être délibérée.

- **La lettre:** Galates 2:11–14
- **Actes:** Actes 12:17; Actes 14:26–28; Actes 15:1–2; Actes 15:24; Actes 15:30–39
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Quand Pierre vint à Antioche et se retira des croyants d’origine païenne, Paul l’affronta publiquement parce qu’il poussait les païens à vivre comme des Juifs.

**Actes:** Les Actes rapportent un long séjour à Antioche avant le concile et un autre après, qui s’achève par la vive séparation de Paul et de Barnabas au sujet de Jean-Marc, mais n’y amènent jamais Pierre.

Il s’agit d’un silence, non d’une contradiction. Actes 12:17 envoie Pierre dans un lieu non nommé ; une visite à Antioche trouve donc place pendant le long séjour d’Actes 14:28 ou pendant celui d’Actes 15:35. Les Actes rapportent bien que des hommes venus de Judée troublèrent Antioche, hommes que la lettre de Jérusalem déclare n’avoir jamais mandatés (Actes 15:1–2; Actes 15:24) ; certains de ceux qui datent l’incident d’avant le concile les rapprochent des gens venus de chez Jacques (Galates 2:12). Les Actes ne craignent pas le conflit : ils rapportent la vive dispute entre Paul et Barnabas (Actes 15:39).

**Autres lectures**

- **Une omission conciliante.** F. C. Baur et l’école de Tübingen soutenaient que Luc avait passé sous silence un conflit doctrinal entre Pierre et Paul pour présenter les apôtres comme unis ; dans cette perspective, la dispute entre Paul et Barnabas, d’ordre personnel, ne représentait pas une telle menace.
- **Paul a perdu à Antioche.** James D. G. Dunn (1983) soutenait que Paul n’avait probablement pas réussi à rallier l’Église d’Antioche, ce qui expliquerait son indépendance ultérieure vis-à-vis d’Antioche ; Luc a peut-être préféré ne pas raconter cet épisode.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), no. 10: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Tite, central dans les lettres, n’est jamais nommé dans les Actes

Les Actes ne nomment jamais Tite, alors que les lettres de Paul font de lui un délégué de confiance : le Grec incirconcis emmené à Jérusalem, l’intermédiaire dans la crise de Corinthe et dans la collecte, et le destinataire d’une lettre portant le nom de Paul. Ce silence donne à penser que les Actes n’ont pas été composés à partir de ces lettres. Il ne montre pas, à lui seul, que les lettres sont authentiques.

- **La lettre:** Galates 2:1; Galates 2:3; 2 Corinthiens 2:13; 2 Corinthiens 7:6–15; 2 Corinthiens 8:6; 2 Corinthiens 8:16–23; 2 Corinthiens 12:18; 2 Timothée 4:10; Tite 1:4; Tite 1:5
- **Actes:** Actes 11:30; Actes 15:2; Actes 18:7; Actes 20:4
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Tite accompagne Paul et Barnabas à Jérusalem sans être circoncis, mène les relations de Paul avec Corinthe, y compris la collecte, et, dans les lettres pastorales, est laissé en Crète et se rend en Dalmatie.

**Actes:** Les Actes ne mentionnent jamais Tite. Barnabas et Saul apportent le secours contre la famine, d’autres, non nommés, accompagnent Paul et Barnabas à Jérusalem, et la liste des compagnons ultérieurs de Paul l’omet.

Les Actes sont sélectifs : ils ne mentionnent jamais que Paul écrivait des lettres et passent sous silence la crise de Corinthe et l’essentiel de la collecte, les épisodes où Tite tient une place importante. Paley en a tiré cet argument : un auteur travaillant à partir de 2 Corinthiens ou de l’épître à Tite l’aurait difficilement omis, si bien que les Actes et ces lettres paraissent indépendants. Lightfoot plaçait Tite parmi les autres non nommés d’Actes 15:2. Certains manuscrits font précéder le nom du Justus d’Actes 18:7 de Titius ou de Titus, mais peu l’identifient au collaborateur de Paul.

**Autres lectures**

- **Une omission délibérée.** F. C. Baur soutenait que les Actes, qui atténuent le conflit avec les judéo-chrétiens, évitaient de nommer Tite parce que son cas rappelait la controverse sur la circoncision. Dans cette perspective, le silence est délibéré, et non simple sélectivité.
- **Une réserve familiale.** Alexander Souter a suggéré que Tite était le frère de Luc : si Luc a écrit les Actes, il a pu laisser un frère sans nom comme il se laisse lui-même sans nom. Rien dans les textes ne confirme ce lien de parenté.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4, no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 13, no. 1: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Galates ne cite jamais le décret de Jérusalem que Paul, selon les Actes, a transmis

Galates argumente longuement contre la circoncision des croyants d’origine païenne, sans jamais mentionner le décret de Jérusalem. Les Actes disent que ce décret n’exigeait pas la circoncision des païens et que Paul et ses compagnons l’ont transmis dans les villes autour de Derbe et de Lystre. Le silence est réel ; les explications portent sur l’indépendance de Paul, la portée plus restreinte du décret, ainsi que la date et les destinataires de la lettre.

- **La lettre:** Galates 2:1–10; Galates 5:2–6
- **Actes:** Actes 15:23–29; Actes 15:30–31; Actes 16:1–6; Actes 21:25
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit que les dirigeants de Jérusalem n’ajoutèrent rien à son message et avertit que chercher la justification par la Loi, au moyen de la circoncision, revient à tomber hors de la grâce. Il ne cite jamais de décret.

**Actes:** La lettre de Jérusalem adressée aux croyants d’origine païenne d’Antioche, de Syrie et de Cilicie n’exigeait pas la circoncision. En traversant Derbe et Lystre, Paul et ses compagnons transmirent ses décisions aux villes.

Paley trouvait ce silence frappant et en donnait les raisons : Paul argumentait à partir de sa propre mission, non de l’autorité de Jérusalem, et le décret se bornait à ne pas imposer la Loi aux convertis d’origine païenne, alors que Galates refuse à la Loi tout effet salvifique, même pour les Juifs. Paley doutait aussi que les Galates aient eu connaissance du décret, puisque les Actes ne mènent Paul pour la première fois en Galatie qu’en Actes 16:6, après la transmission d’Actes 16:4. Dans l’hypothèse de la Galatie du Sud, Actes 16:4 inclut les lecteurs ; le silence est donc plus net, à moins que la lettre ne soit antérieure.

**Autres lectures**

- **Un décret plus tardif, sans Paul.** Si Galates 2:1–10 décrit la rencontre d’Actes 15, le récit de Paul selon lequel les dirigeants n’ajoutèrent rien et demandèrent seulement de se souvenir des pauvres s’accorde mal avec un décret en quatre points ; beaucoup de critiques en concluent que le décret vint plus tard, sans Paul (comparer Actes 21:25).
- **Écrite avant le décret.** Des spécialistes partisans de l’hypothèse de la Galatie du Sud, comme Bruce et Longenecker, datent la lettre d’avant la rencontre d’Actes 15 et identifient Galates 2 à la visite liée à la famine ; la lettre ne pouvait donc pas citer un décret qui n’existait pas encore.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), No. 10 (1849 New York reprint): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), No. 10 (1849 New York reprint): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 5 (Galatians), No. 10, footnote (1849 New York reprint): <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Une visite fondatrice dans la faiblesse physique, que les Actes ne mentionnent pas

La lettre aux Galates dit que Paul y a d’abord prêché à cause d’une faiblesse physique, et que les Galates l’ont pourtant accueilli comme un ange de Dieu. Les Actes ne mentionnent de maladie lors d’aucune visite en Galatie. La proposition de Ramsay, un paludisme contracté en Pamphylie, et le rapprochement avec les habitants de Lystre acclamant Paul comme Mercure restent des conjectures ; le silence des Actes ne confirme ni ne contredit la lettre.

- **La lettre:** Galates 4:13–15; 2 Corinthiens 11:23–27
- **Actes:** Actes 13:13–14; Actes 14:11–13; Actes 14:19–23; Actes 15:38; Actes 16:1–6; Actes 18:23
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul leur a d’abord prêché à cause d’une faiblesse physique qui les a mis à l’épreuve ; ils l’ont accueilli comme un ange de Dieu et lui auraient donné leurs yeux.

**Actes:** Les Actes racontent le départ de Jean-Marc à Perge, l’acclamation de Paul comme Mercure par les habitants de Lystre et sa lapidation dans cette ville, mais ne signalent de maladie lors d’aucune visite en Galatie.

Il s’agit d’un silence, non d’un conflit : les Actes omettent beaucoup d’épreuves que rapportent les lettres (comparer 2 Corinthiens 11:23–27), et la lettre aux Galates ne nomme pas la maladie. L’adverbe grec qu’emploie Paul, to proteron, peut désigner la première de deux occasions ou signifier simplement « autrefois ». S’il implique deux visites, les Actes en rapportent deux dans l’une ou l’autre hypothèse, bien que, selon l’hypothèse de la Galatie du Nord, il s’agisse dans les deux cas de brefs passages à travers la région.

**Autres lectures**

- **Un paludisme en Pamphylie.** Ramsay a proposé que Paul soit tombé malade, peut-être du paludisme, en Pamphylie et ait pour cette raison quitté Perge pour Antioche de Pisidie, ce qui expliquerait aussi le changement de plan que Jean-Marc a refusé de suivre. Les Actes ne donnent aucune raison au départ de Marc.
- **Un écho de Lystre.** Certains rapprochent l’accueil réservé par les Galates à Paul comme à un messager de Dieu de l’acclamation qui, à Lystre, le saluait comme Mercure, le messager des dieux ; mais il s’agissait d’une foule non convertie, bientôt persuadée de le lapider, si bien que l’écho reste lâche.

### Jason, Aristarque et Second dans les Actes ; aucun membre de l’Église de Thessalonique nommé dans les lettres

Les Actes nomment trois Thessaloniciens liés à la mission de Paul, Jason, Aristarque et Second, mais aucune des deux lettres aux Thessaloniciens ne nomme un membre de l’Église. 1 Thessaloniciens demande que tous les frères soient salués et que la lettre soit lue à tous. Cela convient à une lettre adressée à toute une communauté, mais laisse les noms des Actes sans appui dans ces lettres.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:1; 1 Thessaloniciens 2:14; 1 Thessaloniciens 5:26–27; 2 Thessaloniciens 1:1; 2 Thessaloniciens 3:17; Romains 16:21; Colossiens 4:10; Philémon 1:24; Philippiens 4:2–3; 1 Corinthiens 1:14–16
- **Actes:** Actes 17:5–9; Actes 19:29; Actes 20:4; Actes 27:2
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les lettres ne nomment que leurs trois expéditeurs. 1 Thessaloniciens demande que tous les frères soient salués et que la lettre soit lue à tous ; 2 Thessaloniciens se termine par la salutation de Paul écrite de sa main.

**Actes:** Jason héberge les missionnaires et fournit une caution après une émeute ; Aristarque et Second, tous deux de Thessalonique, voyagent plus tard avec Paul, et Aristarque embarque avec lui pour Rome.

Il s’agit d’une lacune, non d’une contradiction. La pratique de Paul varie : Galates ne nomme aucun croyant local, tandis que Philippiens et 1 Corinthiens en nomment plusieurs. Les lettres aux Thessaloniciens confirment l’opposition locale, mais non l’identité de ceux qui la subirent. Aristarque apparaît dans Colossiens et Philémon, mais seuls les Actes le disent originaire de Thessalonique ; le Jason qui envoie des salutations dans la lettre aux Romains est peut-être, ou peut-être pas, l’hôte des Actes.

**Autres lectures**

- **Des noms tirés d’une liste.** Beaucoup lisent Actes 20:4 comme une liste de délégués pour la collecte ; Luc a pu tirer les noms de Thessaloniciens d’une telle liste ou d’une tradition, que les lettres ne confirment ni ne contredisent.
- **Le Jason de Romains 16.** Si le Jason de Romains 16:21, qui envoie des salutations à Rome depuis l’entourage de Paul, probablement à Corinthe, est l’hôte de Thessalonique, les lettres de Paul rejoignent indirectement le récit des Actes ; le nom était courant, si bien que l’identification reste incertaine.

### Gaïus de Corinthe, hôte de Paul, et le Titius Justus d’Actes 18:7

Les Actes ne mentionnent jamais de Gaïus de Corinthe, mais 1 Corinthiens en nomme un que Paul a baptisé, et l’épître aux Romains un Gaïus, probablement le même, généralement compris comme l’hôte de Paul et de l’Église. Les deux Gaïus des Actes sont un homme de Macédoine saisi à Éphèse et Gaïus de Derbe. La proposition de Goodspeed, selon laquelle le Gaïus de Corinthe était le Justus d’Actes 18:7, n’est pas prouvée.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 1:14; Romains 16:23
- **Actes:** Actes 18:7–8; Actes 19:29; Actes 20:4
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Gaïus est l’un des rares Corinthiens que Paul a baptisés lui-même ; l’épître aux Romains, probablement envoyée de Corinthe, transmet les salutations d’un Gaïus généralement compris comme l’hôte de Paul et de toute l’Église.

**Actes:** Paul quitte la synagogue pour la maison voisine de Justus, un homme craignant Dieu ; Gaïus n’apparaît que comme un homme de Macédoine saisi à Éphèse et comme Gaïus de Derbe.

Les Actes ne nomment qu’une poignée de Corinthiens, si bien que leur silence sur Gaïus n’a rien de surprenant. La proposition de Goodspeed ferait de Justus, dont Paul utilisait la maison, le Gaïus généralement compris comme l’hôte de l’Église ; les Actes mentionnent aussi Justus à côté de Crispus, léger point en sa faveur, bien qu’ils ne disent jamais que Justus a cru. La WEB porte seulement Justus ; les éditions critiques portent Titius Justus. Gaïus était un prénom très courant, de sorte que l’identification est possible, non établie.

**Autres lectures**

- **Gaïus de Derbe.** Paley a rapproché le Gaïus de l’épître aux Romains de Gaïus de Derbe, qui quitta la Grèce avec Paul (Actes 20:4). Un homme de Lycaonie aurait pu vivre à Corinthe, bien que la lecture habituelle de Gaïus comme hôte établi rende cette hypothèse moins probable.
- **Un invité, non celui qui reçoit.** John Kloppenborg soutient que Romains 16:23 présente Gaïus comme un invité, et non comme celui qui reçoit : un visiteur venu de Rome plutôt qu’un riche protecteur de Corinthe. Cela affaiblirait à la fois l’interprétation selon laquelle il recevait et tout lien avec la maison de Justus.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter II (Epistle to the Romans), No. II; 1849 New York edition, p. 22: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, Chapter III (First Epistle to the Corinthians), No. VIII; 1849 New York edition, p. 57: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Silas disparaît des Actes après Corinthe, ainsi que des lettres ultérieures

Les deux sources se taisent sur Silas après la fondation de Corinthe. Les Actes le nomment pour la dernière fois en Actes 18:5 ; parmi les lettres de Paul, seules 1 Thessaloniciens et 2 Thessaloniciens nomment Silvain, généralement considéré comme le nom latin de Silas, comme coexpéditeur, et 2 Corinthiens rappelle sa prédication à Corinthe. Les lettres ultérieures nomment d’autres compagnons ; aucune des deux sources ne dit ce qu’il est devenu.

- **La lettre:** 1 Thessaloniciens 1:1; 2 Thessaloniciens 1:1; 1 Corinthiens 1:1; 1 Corinthiens 16:10–12; 2 Corinthiens 1:1; 2 Corinthiens 1:19; Philippiens 1:1; Romains 16:21–23
- **Actes:** Actes 15:40; Actes 16:19–29; Actes 17:14–15; Actes 18:5; Actes 19:22; Actes 20:4
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Silvain a prêché à Corinthe avec Paul et Timothée ; les lettres ultérieures nomment Sosthène, Timothée, Apollos et d’autres, et l’épître aux Romains, probablement envoyée de Corinthe, énumère les compagnons de Paul sur place, mais jamais Silvain.

**Actes:** Silas est le partenaire choisi par Paul, emprisonné avec lui à Philippes, laissé à Bérée, et il le rejoint à Corinthe ; ensuite, les listes de compagnons des Actes nomment Timothée, Éraste et d’autres, jamais Silas.

Les deux silences coïncident : les Actes abandonnent Silas après Corinthe, et les lettres ultérieures ne le mentionnent jamais aux côtés de Paul, bien qu’il soit nommé comme coexpéditeur des deux lettres aux Thessaloniciens. Aucun des deux textes n’explique ce changement, et le silence seul prouve peu de chose. Reste que les deux sources rattachent Silas à la mission en Macédoine et à Corinthe, et qu’aucune ne le mentionne pendant les années d’Éphèse.

**Autres lectures**

- **Passé à d’autres tâches.** Silas s’est peut-être consacré à d’autres tâches. S’il est le Silvain par l’intermédiaire duquel 1 Pierre a été écrite ou portée (1 Pierre 5:12), il a plus tard travaillé avec Pierre, bien que cette identification soit discutée.
- **Argument du silence.** L’absence dans les salutations ne signifie pas forcément l’absence de la mission : Paul nomme ceux qui concernent chaque lettre, et Luc suit les déplacements de Paul lui-même, si bien que Silas a pu travailler non loin sans que cela soit consigné.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter IV (Second Epistle to the Corinthians), No. VII; 1849 New York edition, p. 81: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### La lettre écrite dans les larmes, l’offenseur et les apôtres rivaux : les Actes se taisent

Les lettres aux Corinthiens révèlent une crise que les Actes ne mentionnent jamais : des rapports des gens de Chloé, une visite douloureuse, une lettre écrite dans les larmes, un offenseur sanctionné par la majorité, le rapport de Tite sur la repentance de l’Église et des prédicateurs rivaux que Paul appelle de faux apôtres. Après l’arrivée d’Apollos à Corinthe, les Actes ne disent plus rien de l’Église de Corinthe. La raison du silence de Luc est discutée.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 1:11; 1 Corinthiens 5:1–5; 2 Corinthiens 2:1; 2 Corinthiens 2:3–11; 2 Corinthiens 7:5–12; 2 Corinthiens 10:9–11; 2 Corinthiens 11:4; 2 Corinthiens 11:13; 2 Corinthiens 13:1–2
- **Actes:** Actes 18:27–19:1; Actes 19:21–22; Actes 20:1–3
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les gens de Chloé signalent des querelles ; Paul fait une visite douloureuse et écrit une lettre dans les larmes ; la majorité sanctionne un offenseur ; Tite rapporte la repentance ; des nouveaux venus prêchent un autre message en se faisant passer pour apôtres.

**Actes:** Apollos, recommandé par les frères d’Éphèse, aide les croyants en Achaïe. Plus tard, Paul projette de traverser la Macédoine et l’Achaïe, envoie devant lui Timothée et Éraste, puis passe trois mois en Grèce.

Il n’y a pas de contradiction : les Actes omettent la crise et couvrent en deux versets les mois que Paul passe en Grèce (Actes 20:2–3). Paley voyait dans de telles omissions la preuve qu’aucun des deux textes n’avait copié l’autre. Les Actes mentionnent deux séjours en Grèce ; la plupart des spécialistes déduisent une visite douloureuse non rapportée de 2 Corinthiens 2:1 et 13:1–2, que Paley lisait comme une troisième disposition à venir. Paley, à la suite de Locke, identifiait la lettre écrite dans les larmes à 1 Corinthiens et son offenseur à l’homme de 1 Corinthiens 5:1–5 ; Hausrath a proposé 2 Corinthiens 10–13 ; beaucoup la pensent perdue.

**Autres lectures**

- **Luc la connaissait et l’a passée sous silence.** Richard Pervo estime que Luc connaissait les lettres de Paul ; dans cette perspective, il a choisi d’omettre des querelles qui auraient terni son image d’une mission unie et en progrès.
- **L’orientation de Luc ou son ignorance.** D’autres pensent que Luc ne connaissait pas les lettres, ou qu’il s’en tenait à la mission publique et aux procès en laissant de côté les conflits internes des Églises, comme il laisse de côté, de manière générale, l’activité épistolaire de Paul.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4 (Second Epistle to the Corinthians), No. II; 1849 New York printing, p. 69: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4 (Second Epistle to the Corinthians), No. IV; 1849 New York printing, p. 77: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4 (Second Epistle to the Corinthians), No. XI; 1849 New York printing, p. 91: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Paul l’épistolier : les Actes ne mentionnent jamais une lettre de Paul

Les lettres de Paul montrent un épistolier habituel : une lettre antérieure à Corinthe, une lettre de questions venue de Corinthe, des lettres échangées entre Églises, une mise en garde contre une lettre prétendument de lui, et une salutation de sa propre main. Les Actes citent les lettres d’autres personnes et montrent Paul en porter, mais ne mentionnent jamais qu’il en ait écrit une. La signification de ce silence est débattue.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 5:9; 1 Corinthiens 7:1; 2 Corinthiens 10:9–11; Galates 6:11; Colossiens 4:16; Colossiens 4:18; 2 Thessaloniciens 2:2; 2 Thessaloniciens 2:15; 2 Thessaloniciens 3:17
- **Actes:** Actes 9:2; Actes 15:1; Actes 15:23–31; Actes 18:27; Actes 22:5; Actes 23:25–30; Actes 28:21
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul cite une lettre antérieure et une autre venue de Corinthe ; des critiques trouvent ses lettres vigoureuses ; des Églises échangent des lettres ; il met en garde contre une lettre qui semblerait venir de lui et signe de sa main.

**Actes:** Les Actes citent la lettre du concile, que Paul aide à remettre, et la lettre de Lysias ; Paul porte des lettres du souverain sacrificateur ; les croyants d’Éphèse écrivent pour Apollos ; les Juifs de Rome n’ont reçu aucune lettre au sujet de Paul.

Les Actes traitent les lettres comme des instruments d’autorité et de recommandation, sans jamais associer Paul à leur rédaction. Paley voyait dans l’alarme de 2 Thessaloniciens 2:2 des paroles de Paul mal comprises, ou quelqu’un se réclamant faussement de son autorité, comme le firent des hommes venus de Judée en Actes 15:1 et Actes 15:24. L’attribution de 2 Thessaloniciens est elle-même contestée. Le silence est net ; la question de savoir s’il révèle l’ignorance des lettres chez Luc ou une réserve délibérée est débattue.

**Autres lectures**

- **Luc connaissait les lettres.** John Knox et Richard Pervo soutenaient que Luc connaissait les lettres de Paul ; Knox pensait qu’il les avait délibérément passées sous silence, Pervo qu’il s’en était inspiré sans les nommer. Dans les deux cas, le silence est un choix.
- **Luc ne les connaissait pas.** Edgar Goodspeed soutenait que Luc n’avait aucune connaissance des lettres de Paul, qui ne furent rassemblées que plus tard ; dans cette perspective, le silence reflète les sources de Luc, et les Actes ont peut-être même ravivé l’intérêt qui conduisit à leur collection.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 10 (Second Epistle to the Thessalonians), No. III, footnote; 1849 New York printing, p. 196: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Danger de mort en Asie, bêtes à Éphèse, et l’émeute d’Actes 19

Les lettres parlent d’un danger de mort à Éphèse et en Asie ; les Actes ne racontent aucune menace directe contre la vie de Paul à cet endroit. L’émeute des orfèvres qu’ils rapportent met en danger ses compagnons, mais des amis tiennent Paul à l’écart. La question de savoir si les lettres désignent l’émeute, un emprisonnement non rapporté, une maladie ou une figure de style est débattue.

- **La lettre:** 1 Corinthiens 4:9–13; 1 Corinthiens 15:30–32; 1 Corinthiens 16:8; 2 Corinthiens 1:8–11; 2 Corinthiens 11:23; Romains 16:3–4
- **Actes:** Actes 19:23–41; Actes 20:1; Actes 20:19
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Depuis Éphèse, Paul dit affronter la mort chaque jour et parle d’y avoir combattu des bêtes ; plus tard, il évoque une épreuve en Asie si accablante qu’il s’attendait à mourir, jusqu’à ce que Dieu le délivre.

**Actes:** Démétrius provoque une émeute ; la foule s’empare de Gaïus et d’Aristarque, mais des disciples et des asiarques amis empêchent Paul d’entrer au théâtre. Il part pour la Macédoine une fois le tumulte terminé.

Paley rapportait l’épreuve d’Asie à l’émeute, concédant seulement que les Actes n’expriment pas ouvertement le danger couru par Paul. 1 Corinthiens, écrite alors que Paul projetait de rester jusqu’à la Pentecôte, est probablement antérieure à l’émeute, si bien que ses bêtes désignent vraisemblablement une opposition plus ancienne, figurée selon la plupart des lectures ; Frayer-Griggs y voit les dévots d’Artémis, le groupe que les Actes montrent en pleine émeute. Les Actes eux-mêmes mentionnent des complots de Juifs en Asie (Actes 20:19), et Romains 16:3–4 et 2 Corinthiens 11:23 laissent entrevoir d’autres périls qu’ils ne racontent pas.

**Autres lectures**

- **L’émeute malgré tout.** Avec Paley : l’épreuve est l’émeute. La ville était en tumulte, les compagnons de Paul furent saisis et il dut partir ; la lettre en donne le ressenti, les Actes les événements extérieurs.
- **Une crise non rapportée.** Duncan et d’autres supposent un emprisonnement à Éphèse non rapporté dans les Actes ; d’autres évoquent une grave maladie. Dans l’un ou l’autre cas, les Actes omettent le plus grave danger couru par Paul à Éphèse.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 4 (2 Corinthians), no. 3: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 3 (1 Corinthians), no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Venir pour la troisième fois : une visite douloureuse non rapportée à Corinthe ?

2 Corinthiens semble impliquer que Paul était déjà allé deux fois à Corinthe, mais avant cette lettre les Actes ne racontent que le séjour de fondation. La plupart des commentateurs supposent une courte visite douloureuse depuis Éphèse, que les Actes omettent ; Paley comptait plutôt trois occasions où Paul était prêt à venir, dont un projet annulé. Le bref résumé des années à Éphèse dans les Actes laisse place à un tel voyage.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 1:15–16; 2 Corinthiens 2:1; 2 Corinthiens 12:14; 2 Corinthiens 12:21; 2 Corinthiens 13:1–2
- **Actes:** Actes 18:1–18; Actes 19:8–10; Actes 20:2–3; Actes 20:31
- **Degré de certitude:** Moyen à élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul se dit prêt à venir pour la troisième fois, résolu à ne pas revenir dans la tristesse, et les avertit comme lorsqu’il était présent la deuxième fois, une expression discutée.

**Actes:** Les Actes racontent un séjour de fondation de plus de dix-huit mois à Corinthe, puis plus de deux années à Éphèse résumées brièvement ; leurs trois mois en Grèce sont généralement datés après cette lettre.

Si la deuxième visite a eu lieu, elle s’insère au mieux comme une traversée rapide depuis Éphèse durant les années que les Actes condensent en quelques versets (Actes 19:8–10; Actes 20:31), et 2 Corinthiens 2:1, que la discussion de Paley laisse de côté, convient à une visite qui tourna mal. L’affirmation de Paley selon laquelle les Actes rendent compte de tout le temps de Paul surestime leur exhaustivité. Les Actes ne rapportent ni n’excluent cette visite ; c’est une déduction tirée de la lettre, et une minorité la date avant 1 Corinthiens plutôt qu’entre les deux lettres.

**Autres lectures**

- **Disponibilité, non visites (Paley).** À la suite de Grotius, Paley comprenait la troisième fois comme la troisième occasion où Paul était prêt à venir, en comptant un projet annulé (2 Corinthiens 1:15–16), et voyait en 2 Corinthiens 13:2 l’annonce d’une deuxième présence. La plupart des commentateurs modernes jugent cette lecture forcée.
- **Une lettre composite.** De nombreux spécialistes, dont Furnish et Thrall, considèrent 2 Corinthiens 10–13 comme une lettre distincte et plus tardive. Dès lors, 2 Corinthiens 1:15–16 ne peut fixer le sens de 2 Corinthiens 13:1–2, comme le suppose l’argument de Paley, même si la déduction d’une deuxième visite demeure.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. XI; New York 1849 edition, p. 90: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul Evinced, ch. IV (Second Epistle to the Corinthians), No. XI; New York 1849 edition, p. 91: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des emprisonnements plus nombreux que ceux que rapportent les Actes

Les lettres de Paul font état de plus d’emprisonnements que les Actes n’en racontent. Lorsqu’il écrivit 2 Corinthiens et l’épître aux Romains, Paul comptait les emprisonnements parmi ses épreuves et nommait deux compagnons de captivité, alors qu’à ce stade les Actes ne rapportent qu’une nuit dans la prison de Philippes. Les Actes sont sélectifs plutôt que contradictoires, et 1 Clément attribue plus tard sept emprisonnements à Paul.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 6:5; 2 Corinthiens 11:23; Romains 16:7; 2 Corinthiens 1:8–10; 1 Corinthiens 15:32
- **Actes:** Actes 16:23–40; Actes 19:23–41; Actes 21:33–28:31
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Écrivant avant son arrestation à Jérusalem, Paul range les emprisonnements parmi ses épreuves, affirme avoir été emprisonné plus souvent que ses rivaux et salue Andronicus et Junia comme ses compagnons de captivité.

**Actes:** Avant cette arrestation, les Actes racontent un seul emprisonnement, avec Silas, pour une nuit à Philippes ; la longue détention à Jérusalem, à Césarée et à Rome vient après la rédaction de ces lettres.

Les Actes ne prétendent jamais énumérer toutes les épreuves ; le compte plus élevé des lettres ne contredit donc rien de ce qu’ils disent. Les deux lettres sont d’attribution incontestée et antérieures aux Actes ; l’écart montre donc à quel point les Actes sont sélectifs. La tradition ultérieure va plus loin : 1 Clément 5, écrite depuis Rome et généralement datée vers la fin du premier siècle, attribue à Paul sept emprisonnements, plus que les Actes n’en montrent pour toute sa vie, bien que le nombre puisse être arrondi ou symbolique.

**Autres lectures**

- **Un emprisonnement à Éphèse.** Duncan et d’autres reconstituent un emprisonnement à Éphèse à partir de l’affliction mortelle subie en Asie (2 Corinthiens 1:8–10) et du combat contre des bêtes sauvages (1 Corinthiens 15:32). Actes 19 montre un danger à cet endroit, mais aucune arrestation, et rien ne l’atteste directement.
- **Un sens plus large.** Romains 16:7 peut signifier qu’Andronicus et Junia furent emprisonnés séparément plutôt qu’avec Paul, ou employer la captivité au sens figuré. Le pluriel « emprisonnements » de 2 Corinthiens demeure, et aucune lecture ne crée de conflit avec les Actes.

**Sources**

- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clement 5:5: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

### Trois naufrages avant Malte, aucun dans les Actes

À l’époque de 2 Corinthiens, Paul avait déjà fait naufrage trois fois et passé une nuit et un jour dans les flots. Les Actes racontent plusieurs voyages antérieurs, mais aucun naufrage ; leur unique naufrage, à Malte, survint des années plus tard. Les Actes se taisent plutôt qu’ils ne contredisent, et laissent place à ces naufrages.

- **La lettre:** 2 Corinthiens 11:25–26; 2 Corinthiens 2:1; 2 Corinthiens 13:1; 2 Corinthiens 11:16–21
- **Actes:** Actes 9:30; Actes 11:25; Actes 13:4; Actes 13:13; Actes 14:25–26; Actes 16:10–11; Actes 18:18–22; Actes 27:39–28:1
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Parmi ses épreuves, Paul compte trois naufrages, une nuit et un jour dans les flots, et des dangers sur mer, tous antérieurs à la rédaction de la lettre.

**Actes:** Les Actes rapportent des traversées antérieures vers et depuis Chypre, la Pamphylie, la Macédoine et la Syrie, sans mentionner d’incident ; leur unique naufrage, à Malte, survient des années après 2 Corinthiens.

Les décomptes ne se heurtent jamais : les Actes ne rapportent aucun naufrage avant 2 Corinthiens ; trois naufrages non rapportés ne contredisent donc rien, et Malte porte le total à au moins quatre. Les Actes passent rapidement sur de longues périodes, comme les années de Paul à Tarse avant que Barnabas vienne le chercher, ce qui laisse place à des voyages non rapportés ; Paley suggérait que certains naufrages eurent lieu à ce moment-là, ce qui est une conjecture. 2 Corinthiens elle-même implique une deuxième visite à Corinthe que les Actes ne rapportent pas (2 Corinthiens 2:1; 2 Corinthiens 13:1), probablement par mer depuis Éphèse.

**Autres lectures**

- **Une liste stylisée.** La liste s’inscrit dans une vantardise que Paul lui-même qualifie de folle (2 Corinthiens 11:16–21) et peut avoir été façonnée par la rhétorique ; il ne faut donc pas nécessairement insister sur l’exactitude des chiffres. Même ainsi, rien dans les Actes ne les contredit.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter IV, No. IX: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Jérusalem accepterait-elle le don ? Les Actes ne le disent jamais

Avant le voyage, Paul demanda aux Romains de prier pour que les croyants de Jérusalem acceptent son service, ce qui implique un doute réel. Les Actes décrivent un accueil chaleureux vite assombri par la méfiance envers Paul parmi les croyants attachés à l’observance de la Loi, et ne disent jamais que le don fut remis ou reçu. L’épître aux Romains montre l’inquiétude ; les Actes montrent le climat, mais non l’issue.

- **La lettre:** Romains 15:31
- **Actes:** Actes 21:17–26; Actes 24:17
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul demande aux Romains de prier pour que son service en faveur de Jérusalem soit bien accueilli par les croyants de là-bas, ce qui implique qu’il n’en était pas sûr.

**Actes:** Paul est accueilli et son rapport loué ; Jacques et les anciens relaient les soupçons de croyants zélés pour la Loi et lui demandent de payer les frais du vœu de quatre hommes. Aucun don n’est mentionné.

L’épître aux Romains montre l’inquiétude avant le voyage ; les Actes montrent un accueil aussitôt assombri par la méfiance envers Paul parmi les croyants issus des Juifs, un climat qui explique de façon plausible le doute de Paul. Paley soutenait que la rumeur d’Actes 21:21 est précisément ce que l’enseignement de l’épître aux Romains sur la Loi provoquerait. Les Actes ne rapportent jamais de remise du don ; on ignore donc s’il fut reçu, et la concordance repose sur la lecture d’un silence.

**Autres lectures**

- **Accepté mais non rapporté.** Luc n’avait peut-être aucun besoin narratif de rapporter une remise réussie. L’accueil joyeux d’Actes 21:17 pourrait l’inclure, et la mention ultérieure de dons par Paul (Actes 24:17) implique qu’il les apporta.
- **Refusé ou détourné.** D’autres en déduisent un accueil froid ou un refus que Luc choisit de ne pas rapporter, ou suggèrent que les frais du vœu furent payés sur le fonds à titre de compromis. Aucun texte ne dit l’un ou l’autre.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, Chapter II, No. VII: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Le silence sur la collecte comme indice de datation pour d’autres lettres

Seules l’épître aux Romains et les lettres aux Corinthiens mentionnent clairement la collecte de Paul pour Jérusalem ; Galates 2:10 y fait tout au plus allusion. Les autres lettres se taisent, même là où apparaissent des donateurs de Macédoine, Tite (son organisateur en 2 Corinthiens 8) ou des voyageurs d’Actes 20:4. Ce silence convient à des lettres écrites avant ou après la collecte, mais c’est un faible argument tiré du silence.

- **La lettre:** Galates 2:10; Romains 15:26; 1 Corinthiens 16:1–8; 2 Corinthiens 8:1–5; 2 Corinthiens 8:16–23; 1 Thessaloniciens 3:6; Philippiens 4:10–19; Colossiens 4:7; Colossiens 4:10; Philémon 1:24; Éphésiens 6:21–22; Tite 3:12–15; 2 Timothée 4:12
- **Actes:** Actes 17:1–9; Actes 18:5; Actes 19:8–10; Actes 19:29; Actes 20:4; Actes 24:17; Actes 27:2
- **Degré de certitude:** Faible

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Toutes les lettres sauf l’épître aux Romains, 1 Corinthiens, 2 Corinthiens et peut-être l’épître aux Galates se taisent, bien que l’épître aux Philippiens traite de dons faits à Paul et que l’épître aux Colossiens nomme Tychique et Aristarque.

**Actes:** Les Actes ne nomment jamais la collecte et ne mentionnent des dons pour la nation de Paul que lors de son procès. Tychique et Aristarque quittent la Grèce avec lui ; Aristarque est aussi à Éphèse et embarque pour Rome.

1 Thessaloniciens, écrite peu après la mission à Thessalonique (1 Thessaloniciens 3:6; Actes 18:5), est antérieure aux années à Éphèse durant lesquelles Paul organisa le don (1 Corinthiens 16:1–8) ; son silence est donc attendu. Le silence de l’épître aux Philippiens, malgré les dons de la Macédoine (2 Corinthiens 8:1–5), convient à un cadre ultérieur à Rome, comme le soutient Schnelle. Pour l’épître aux Colossiens, Aristarque s’accorde avec un cadre à Éphèse comme à Rome : les Actes le placent à Éphèse (Actes 19:29) et sur le voyage vers Rome (Actes 27:2). Et Paul n’avait pas besoin de mentionner le don partout : Romains 15:26 omet la Galatie (1 Corinthiens 16:1).

**Autres lectures**

- **Un emprisonnement à Éphèse.** L’épître aux Philippiens pourrait provenir d’un emprisonnement à Éphèse antérieur au début de la collecte, ou Paul n’avait peut-être simplement aucune raison d’en parler ; dans les deux cas, le silence ne date rien.
- **Des lettres plus tardives.** Si l’épître aux Colossiens, l’épître aux Éphésiens et les Épîtres pastorales sont postérieures à Paul, ou furent écrites après la fin du récit des Actes, la collecte était achevée depuis longtemps et son absence n’a aucun poids pour la datation.

### L’Espagne : annoncée dans l’épître aux Romains, absente des Actes

L’épître aux Romains annonce à deux reprises une mission en Espagne ; les Actes ne mentionnent jamais l’Espagne et s’achèvent sur Paul, sous garde à Rome depuis deux ans. Savoir s’il s’y est rendu dépend de témoignages plus tardifs : 1 Clément dit qu’il atteignit les limites de l’Occident, et le Fragment de Muratori dit que Luc a omis son voyage en Espagne. Les deux sont suggestifs ; aucun n’est décisif.

- **La lettre:** Romains 15:23–24; Romains 15:28; 1 Timothée 1:3; 2 Timothée 4:20
- **Actes:** Actes 19:21; Actes 20:25; Actes 20:38; Actes 28:16; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit que son travail dans ces régions est achevé ; une fois remis le don destiné à Jérusalem, il visitera Rome en se rendant en Espagne.

**Actes:** Dans les Actes, Paul projette d’aller à Jérusalem, puis à Rome, jamais en Espagne ; il dit aux anciens d’Éphèse qu’ils ne le reverront plus, et les Actes s’achèvent alors qu’il est sous garde à Rome.

Le silence des Actes s’accorde avec leur fin, qui s’arrête avant que la cause de Paul soit jugée ; tout voyage ultérieur se situe donc en dehors du récit. Paley tirait de cette différence un argument contre la copie : si l’épître aux Romains s’était inspirée des Actes, pourquoi ajouter l’Espagne ; si les Actes s’étaient inspirés de l’épître aux Romains, pourquoi l’omettre ? Que Paul ait atteint l’Espagne repose sur 1 Clément 5, habituellement daté des environs de la fin du premier siècle, et sur le Fragment de Muratori, dont la date et les sources sont discutées.

**Autres lectures**

- **Pas de voyage en Espagne.** Paul est peut-être mort après la détention à Rome. L’expression de 1 Clément relève peut-être de la rhétorique, ou d’une vision de Rome depuis l’Orient, et l’affirmation du Fragment de Muratori a pu être déduite de Romains 15 ou des Actes de Pierre apocryphes.
- **Libération et retour vers l’est.** Si les épîtres pastorales sont de Paul et se situent après les Actes, il fut libéré et revint vers la mer Égée (1 Timothée 1:3; 2 Timothée 4:20), malgré Actes 20:25 ; une visite en Espagne pourrait s’y insérer, mais aucune lettre n’en mentionne.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, or, The Truth of the Scripture History of St. Paul, ch. II (Epistle to the Romans), No. III: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clem. 5: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>
- Muratorian Fragment (Ante-Nicene Fathers vol. 5) (S. D. F. Salmond, 1886), §2 (on Acts): <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

### Quel emprisonnement ? Rome, Césarée ou une détention à Éphèse que les Actes ne rapportent pas

Aucune des lettres de captivité ne nomme son lieu de rédaction, et les Actes ne mentionnent jamais les lettres de Paul. Rome, la réponse traditionnelle, convient au prétoire (garde ou quartier général), à la maison de César et aux deux années de détention ouverte des Actes ; Césarée convient aux deux années des Actes sous Félix ; Éphèse convient à de courts trajets vers Philippes et Colosses, mais les Actes n’y rapportent aucun emprisonnement. Les éléments ne permettent pas de trancher.

- **La lettre:** Philippiens 1:13; Philippiens 1:19–26; Philippiens 2:19–30; Philippiens 4:22; Colossiens 4:7–14; Éphésiens 6:21–22; Philémon 1:22–24; Romains 15:24; 2 Corinthiens 1:8–10
- **Actes:** Actes 19:22; Actes 19:29–31; Actes 23:33–35; Actes 24:23–27; Actes 25:10–12; Actes 27:1–2; Actes 28:16; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul est détenu dans un lieu où le prétoire connaît la raison de ses liens et où la maison de César envoie des salutations ; des envoyés font l’aller-retour avec Philippes ; il attend bientôt un verdict et projette des visites.

**Actes:** Paul est détenu deux ans à Césarée dans le prétoire d’Hérode le Grand, ses amis étant autorisés à venir, puis passe deux années de détention ouverte à Rome. À Éphèse, les Actes rapportent une émeute, mais aucune arrestation.

Chaque hypothèse convient à certains détails. Rome explique la garde prétorienne et la maison de César, mais se trouve loin de Philippes et de Colosses, et une visite à Colosses (Philémon 1:22) renverserait le projet d’aller en Espagne (Romains 15:24). Césarée avait le prétoire d’Hérode le Grand, mais Paul pouvait en appeler à César, ce qui s’accorde mal avec l’incertitude entre la vie et la mort qu’exprime l’épître aux Philippiens. Éphèse était proche des deux Églises, et Paul désespéra de la vie en Asie (2 Corinthiens 1:8–10), mais aucune arrestation n’est rapportée. Aristarque était à Éphèse (Actes 19:29), mais lui et le narrateur du « nous », traditionnellement identifié à Luc, s’embarquent à Césarée (Actes 27:1–2).

**Autres lectures**

- **Des lieux différents.** Les lettres n’ont pas forcément un même cadre. Les anciens prologues latins dits marcionites les répartissaient déjà, situant l’épître aux Colossiens à Éphèse, mais l’épître aux Philippiens et l’épître à Philémon à Rome, bien que Colossiens et Philémon aient presque les mêmes auteurs de salutations.
- **Rome.** Paley rapprochait la longue détention dont parle la lettre des deux années des Actes à Rome ; Fee soutient, à propos de l’épître aux Philippiens, que le prétoire et la maison de César désignent le plus naturellement Rome, et que la distance coûte des mois, non de la vraisemblance.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7 (Philippians), No. V: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Épaphras, Onésime, Philémon, Démas et Justus : le cercle de Paul inconnu des Actes

Les Actes ne nomment jamais Épaphras, Onésime, Philémon, Apphia, Archippe, Nymphas, Démas ni Jésus appelé Justus, pas plus que Colosses ou Laodicée, alors que Colossiens et la lettre à Philémon les placent dans le cercle de Paul. Les Actes résument en un seul verset deux années pendant lesquelles toute l’Asie a entendu la parole, et Colossiens laisse entendre que Paul n’a jamais visité Colosses : ce silence n’a donc rien de surprenant.

- **La lettre:** Colossiens 1:2; Colossiens 1:7; Colossiens 2:1; Colossiens 4:9–17; Philémon 1:1–2; Philémon 1:10; Philémon 1:23–24; 2 Timothée 4:10
- **Actes:** Actes 1:23; Actes 18:7; Actes 19:10; Actes 27:2
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Colossiens et la lettre à Philémon nomment Épaphras, l’enseignant des Colossiens, ainsi qu’Onésime, Philémon, Apphia, Archippe, Nymphas, Démas et Jésus appelé Justus ; 2 Timothée dit que Démas est parti pour Thessalonique.

**Actes:** Les Actes ne nomment aucun d’eux, ni Colosses ni Laodicée, et disent seulement que toute l’Asie a entendu la parole. Les deux hommes qui y portent le nom de Justus sont probablement d’autres personnes.

Les Actes suivent la mission publique et les procès de Paul ; un cercle domestique dans une ville que Paul n’avait pas visitée sort de leur champ. Supposant un cadre romain, Paley observait que Colossiens associe Aristarque, que les Actes font embarquer pour l’Italie, à Marc et à Justus, dont les Actes ne rapportent jamais la venue : un auteur copiant les Actes n’aurait nommé qu’Aristarque.

**Autres lectures**

- **Colossiens tirée de la lettre à Philémon.** Si Colossiens a été écrite après Paul par un disciple, ses noms communs peuvent être empruntés à la lettre à Philémon ; les deux lettres ne sont alors pas des témoins indépendants, bien qu’aucune ne montre de signe d’emprunt aux Actes.
- **L’évêque Onésime.** John Knox identifiait l’évêque d’Éphèse mentionné par Ignace avec l’Onésime de la lettre à Philémon et lui attribuait un rôle dans la collecte des lettres de Paul ; Lightfoot jugeait que l’évêque était un homonyme, postérieur d’une cinquantaine d’années.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 8, no. 2: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- Ignatius of Antioch, Epistle to the Ephesians (J. B. Lightfoot, 1891), To the Ephesians 1.3: <https://www.earlychristianwritings.com/text/ignatius-ephesians-lightfoot.html>

### Timothée auprès de Paul captif, bien que les Actes le nomment pour la dernière fois en Actes 20:4

Philippiens, Colossiens et la lettre à Philémon nomment comme coexpéditeur de Paul captif Timothée, que les Actes mentionnent pour la dernière fois partant en avant vers Troas. Si elles ont été écrites depuis Césarée ou Rome, les lettres attestent une présence que les Actes omettent ; si elles l’ont été depuis Éphèse, elles concordent avec son activité sur place, bien que les Actes ne rapportent aucun emprisonnement à Éphèse. 2 Timothée, au contraire, le fait venir de loin.

- **La lettre:** Philippiens 1:1; Philippiens 2:19; Colossiens 1:1; Philémon 1:1; 2 Timothée 1:4; 2 Timothée 1:8; 2 Timothée 4:9; 2 Timothée 4:21
- **Actes:** Actes 16:1–3; Actes 17:14–15; Actes 18:5; Actes 19:22; Actes 20:4–5; Actes 27:2
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Trois lettres de captivité s’ouvrent au nom de Paul et de Timothée, et Philippiens prévoit d’envoyer bientôt Timothée. 2 Timothée, écrite elle aussi en captivité, le presse de venir vite.

**Actes:** Recruté à Derbe et à Lystre, Timothée travaille avec Paul en Macédoine, en Achaïe et à Éphèse ; les Actes le mentionnent pour la dernière fois dans le groupe qui part en avant vers Troas, jamais à Césarée ni à Rome.

Les Actes nomment les compagnons de façon sélective, et Aristarque est le seul compagnon qu’ils nomment pendant le voyage ; leur silence ne peut donc pas montrer que Timothée était absent par la suite. Si les lettres viennent de Césarée ou de Rome, Timothée a dû rejoindre Paul ; Ramsay supposait qu’il l’avait suivi à Rome peu après. Si elles viennent d’Éphèse, le projet de Philippiens d’envoyer Timothée rappelle Actes 19:22, où Paul l’envoie d’Éphèse en Macédoine. Paley opposait à ces lettres 2 Timothée, qui suppose son absence, mais admettait que ce point seul s’accorderait si 2 Timothée avait été écrite d’abord.

**Autres lectures**

- **Colossiens, un témoin non indépendant.** Si Colossiens est pseudépigraphe, son ouverture peut copier Philémon 1:1, ce qui laisse comme témoins Philippiens et la lettre à Philémon, largement reconnues comme étant de Paul. L’opinion de Dunn, selon laquelle Timothée aurait rédigé Colossiens pour Paul, présuppose sa présence.
- **2 Timothée, un écrit ultérieur.** Beaucoup de spécialistes datent 2 Timothée d’après la mort de Paul ; son tableau d’un Timothée absent, appelé auprès de Paul, peut alors être littéraire plutôt qu’un témoignage distinct.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 12, no. 1: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Épaphrodite, l’envoyé des Philippiens, inconnu des Actes

Philippiens parle d’Épaphrodite, qui a porté le don des Philippiens à Paul captif, est tombé gravement malade et est renvoyé chez lui. Les Actes ne le nomment jamais, pas plus qu’aucun visiteur venu de Philippes, bien qu’ils disent que des amis pouvaient assister Paul à Césarée et qu’à Rome il recevait tous ceux qui venaient. Les deux récits ne se contredisent pas.

- **La lettre:** Philippiens 1:7; Philippiens 2:25–30; Philippiens 4:10–20
- **Actes:** Actes 24:23; Actes 28:30
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Épaphrodite, l’envoyé des Philippiens, a apporté leur don, a failli mourir de maladie en servant Paul et est renvoyé pour qu’ils se réjouissent. Paul reconnaît dans ce don un sacrifice agréable.

**Actes:** Les Actes ne nomment aucun envoyé de Philippes. Félix permet aux amis de Paul de le servir et de lui rendre visite à Césarée, et à Rome Paul accueille tous ceux qui viennent dans la maison qu’il loue.

Les Actes autorisent des visites pendant les deux captivités sans nommer les visiteurs ; un envoyé anonyme n’a donc rien de surprenant. Paley, lisant Philippiens 1:7 comme une allusion au don, observait que l’histoire se dessine par fragments à travers des passages séparés, comme lorsqu’on écrit à des lecteurs qui la connaissent déjà, et que les nouvelles échangées dans les deux sens supposent une longue captivité, ce qui correspond aux deux années de Rome dans les Actes ; Lightfoot pensait que deux voyages à peine après l’arrivée de Paul à Rome suffiraient. Il ne faut pas confondre Épaphrodite avec Épaphras.

**Autres lectures**

- **Éphèse, plus proche de Philippes.** Plusieurs voyages entre Philippes et le lieu de captivité de Paul sont supposés ; les partisans d’un emprisonnement à Éphèse soutiennent qu’ils conviennent mieux à Éphèse, bien plus proche de Philippes, qu’à la lointaine Rome.
- **Théories de partition.** Certains divisent Philippiens en deux ou trois lettres et traitent Philippiens 4:10–20 comme un billet de remerciement antérieur. Cela affaiblirait l’argument de Paley tiré de passages dispersés, mais pas les grandes lignes de la mission d’Épaphrodite.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7, no. 1: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 7, no. 5: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

### Des prédicateurs rivaux là où Paul est détenu, absents des Actes

Philippiens dit que certains croyants, là où Paul est détenu, annoncent le Christ par envie et par rivalité, dans l’espoir d’ajouter à ses épreuves, bien qu’il se réjouisse que le Christ soit annoncé. Les Actes ne rapportent aucune rivalité de ce genre autour de Paul captif, bien qu’ils racontent ailleurs des différends entre croyants. C’est un silence, non une contradiction.

- **La lettre:** Philippiens 1:13; Philippiens 1:14–18
- **Actes:** Actes 15:1–2; Actes 15:39; Actes 21:20–21; Actes 28:15; Actes 28:21–22; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Les chaînes de Paul enhardissent la plupart des croyants ; certains prêchent par envie et par rivalité, dans l’espoir d’aggraver sa situation, d’autres par amour. Paul se réjouit que le Christ soit annoncé dans un cas comme dans l’autre.

**Actes:** À Rome, des croyants sortent à la rencontre de Paul et l’encouragent ; les notables juifs n’ont reçu aucun rapport contre lui ; Paul prêche pendant deux ans sans entrave. Les Actes racontent ailleurs des différends entre croyants.

Le récit des Actes sur Rome est bref et centré sur les rencontres de Paul avec les notables juifs ; des frictions entre croyants de Rome pouvaient donc facilement passer sous silence. 1 Clément, envoyée de Rome environ une génération plus tard, attribue les souffrances de Paul à la jalousie et à la discorde, des vices proches de ceux que nomme Philippiens, mais n’identifie aucun adversaire. Si Philippiens a été écrite d’Éphèse ou de Césarée, les rivaux se trouvaient là ; les Actes ne rapportent aucune prédication rivale, bien qu’ils signalent la méfiance des croyants de Jérusalem envers Paul.

**Autres lectures**

- **La rivalité et la mort des apôtres.** Cullmann lisait la jalousie de 1 Clément comme une rivalité au sein de l’Église de Rome, la rapprochait de ces prédicateurs rivaux et pensait qu’elle avait contribué à la mort des apôtres ; d’autres voient dans le thème de la jalousie chez Clément un avertissement moral convenu.
- **Des Actes conciliants.** Beaucoup de critiques depuis F. C. Baur pensent que les Actes atténuent les conflits entre croyants, si bien que leur silence peut être sélectif ; les Actes rapportent pourtant le différend d’Actes 15:1–2 et la séparation de Paul et de Barnabas.

**Sources**

- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clement 5.5: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>

### Les Actes s’achèvent avant le verdict ; les Pastorales supposent Paul libre et en voyage

Les Actes s’achèvent sur Paul en captivité à Rome et ne rapportent jamais de verdict. 1 Timothée et la lettre à Tite le montrent libre autour de la mer Égée, laissant des délégués et choisissant son lieu d’hivernage ; 2 Timothée le montre enchaîné à Rome après un voyage récent. Les Actes ne confirment ni n’excluent une libération ; les Pastorales en exigent une, à moins qu’elles ne se situent plus tôt ou soient pseudépigraphes.

- **La lettre:** 1 Timothée 1:3; 1 Timothée 3:14; Tite 1:5; Tite 3:12; 2 Timothée 1:16–17; 2 Timothée 4:16–17; 2 Timothée 4:20
- **Actes:** Actes 20:25; Actes 20:38; Actes 21:29; Actes 21:33; Actes 23:29; Actes 25:25; Actes 26:31–32; Actes 27:7–12; Actes 28:18; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Discuté

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul a laissé Timothée à Éphèse et Tite en Crète, et passera l’hiver à Nicopolis ; dans 2 Timothée, enchaîné, il se souvient d’une première défense et d’avoir laissé Trophime malade à Milet.

**Actes:** Trophime arrive à Jérusalem avec Paul, qui reste en captivité depuis son arrestation, d’autres choisissant son port d’hivernage ; les Actes s’achèvent après deux années de prédication sans entrave à Rome, sans verdict.

Ces lettres ne peuvent pas s’insérer dans Actes 21–28. Paley notait que les Actes n’amènent Paul en Crète qu’en prisonnier, alors que la lettre à Tite suppose une visite en homme libre, et que Trophime a atteint Jérusalem au lieu de rester malade à Milet. Les autorités des Actes ne retiennent aucune accusation capitale, ce qui s’accorde avec une libération, bien que les adieux de Milet impliquent qu’il ne reviendra pas. Eusèbe rapporte une libération et une seconde captivité romaine, en la déduisant en partie de 2 Timothée. 1 Clément fait atteindre à Paul les limites extrêmes de l’Occident ; le Canon de Muratori, de date discutée, dit que les Actes omettent son voyage en Espagne.

**Autres lectures**

- **Les Pastorales dans les années des Actes.** Si les Pastorales ont été écrites pendant la carrière de Paul à l’époque des Actes, lors de voyages que les Actes passent sous silence, comme ils en omettent manifestement d’autres, aucune libération n’est nécessaire (Robinson).
- **Un itinéraire littéraire.** Si les Pastorales sont pseudépigraphes, leurs voyages peuvent être un cadre littéraire, et la tradition de la libération peut reposer en partie sur elles ; le silence des Actes n’a alors pas besoin d’être comblé (Dibelius et Conzelmann).

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. 13 (Epistle to Titus), no. 2; T. R. Birks ed. (archive.org): <https://archive.org/details/horaepaulinaeor00palegoog>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. 12 (Second Epistle to Timothy), no. 1; T. R. Birks ed. (archive.org): <https://archive.org/details/horaepaulinaeor00palegoog>
- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Church History 2.22.2: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>
- Clement of Rome, First Epistle of Clement to the Corinthians (J. B. Lightfoot, 1891), 1 Clement 5.6: <https://www.earlychristianwritings.com/text/1clement-lightfoot.html>
- Anonymous (Muratorian Fragment), Muratorian Fragment (S. D. F. Salmond, 1886), Canon Muratorianus §2: <https://www.newadvent.org/fathers/0510.htm>

### La première défense de Paul : annoncée dans les Actes, rapportée seulement dans 2 Timothée

Les Actes conduisent vers la comparution de Paul devant César, mais s’achèvent alors qu’elle est encore à venir. 2 Timothée rapporte une première défense lors de laquelle tous ont abandonné Paul, mais où le Seigneur s’est tenu auprès de lui et où il a été délivré. Les Actes ne racontent aucune audience de ce genre ; la question de savoir si elle a mis fin à la captivité des Actes ou ouvert un procès ultérieur et fatal est débattue.

- **La lettre:** 2 Timothée 4:16–18
- **Actes:** Actes 23:11; Actes 25:10–12; Actes 26:17; Actes 27:23–24; Actes 28:15; Actes 28:30–31
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Lors de sa première défense, personne n’a soutenu Paul, mais le Seigneur s’est tenu à ses côtés et lui a donné des forces afin que les païens entendent, et l’a sauvé de la gueule du lion.

**Actes:** Paul en appelle à César ; le Seigneur, puis un ange, lui disent qu’il doit témoigner à Rome et comparaître devant César ; les Actes s’achèvent après deux ans à Rome sans qu’aucune audience soit racontée.

Dans les Actes, le Seigneur, puis un ange, se tiennent auprès de Paul ; dans 2 Timothée, le Seigneur se tient auprès de lui lors de sa défense. Actes 26:17, comme 2 Timothée 4:17, associe la délivrance à la mission auprès des païens. L’abandon contraste avec les croyants de Rome qui font la route pour venir à sa rencontre. Eusèbe, avec la réserve d’un « dit-on », a vu dans cette défense l’audience qui a mis fin par une libération à la captivité des Actes, et dans le lion probablement Néron.

**Autres lectures**

- **L’audience d’ouverture du procès final.** D’autres voient dans la première défense l’audience d’ouverture du procès qui s’est achevé par la mort de Paul, et non la fin de la captivité des Actes ; les Actes garderaient alors le silence sur tout le procès final.
- **Portrait littéraire.** Les lecteurs qui datent 2 Timothée d’après la mort de Paul, ou qui voient une même main derrière les Actes et les lettres à Timothée, traitent le motif commun du Seigneur qui se tient auprès de lui comme un portrait littéraire, non comme le récit indépendant d’une audience.

**Sources**

- Eusebius, Church History (A. C. McGiffert, 1890), Church History 2.22.2-4: <https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm>

### Le service d’Onésiphore à Éphèse et à Rome, inconnu des Actes

Dans le Nouveau Testament, seule 2 Timothée nomme Onésiphore, qui a servi à Éphèse, a souvent réconforté Paul et l’a recherché à Rome. Les Actes racontent le long ministère à Éphèse et le logement à Rome sans nommer ni lui, ni Phygelle, ni Hermogène, si bien que ces détails ne viennent pas des Actes ; la question de savoir s’ils relèvent du souvenir de Paul ou de la couleur ajoutée par un auteur ultérieur est débattue.

- **La lettre:** 2 Timothée 1:15–18; 2 Timothée 4:19
- **Actes:** Actes 19:1–20; Actes 20:31; Actes 28:16
- **Degré de certitude:** Moyen

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Tous ceux d’Asie, dont Phygelle et Hermogène, ont abandonné Paul ; Onésiphore l’a souvent réconforté, n’a pas rougi de sa chaîne, l’a recherché à Rome et a servi à Éphèse.

**Actes:** Les Actes couvrent environ trois années à Éphèse, avec de nombreux convertis, et le logement sous garde de Paul à Rome, mais ne nomment ni Onésiphore, ni Phygelle, ni Hermogène.

Les Actes omettent beaucoup des collaborateurs de Paul, même Tite ; leur silence sur Onésiphore n’a donc rien de surprenant et ne joue pas contre la lettre. Il montre en revanche que 2 Timothée n’a pas tiré ces noms des Actes. Cela plaide pour une indépendance à l’égard des Actes, non pour la paternité paulinienne : un auteur ultérieur en Asie pouvait puiser dans la mémoire locale. Plus tard, les Actes de Paul et Thècle, du IIe siècle, ont fait d’Onésiphore l’hôte de Paul à Icone.

**Autres lectures**

- **Souvenir personnel.** Les défenseurs de la paternité paulinienne lisent les détails précis et peu flatteurs, des déserteurs nommés et le service d’un collaborateur à Éphèse, comme le souvenir d’un auteur partagé avec un lecteur qui connaissait ces personnes.
- **Couleur pseudépigraphique.** Les spécialistes qui jugent 2 Timothée pseudépigraphe lisent ses notes personnelles comme un effet de vraisemblance, utilisant peut-être des noms dont se souvenaient les Églises d’Asie ; MacDonald voit les lettres contester des légendes orales sur Paul, plus tard mises par écrit dans les Actes de Paul.

**Sources**

- Anonymous, Acts of Paul and Thecla (A. Walker, 1886), Acts of Paul and Thecla 2 (section numbers as in James 1924): <https://www.newadvent.org/fathers/0816.htm>

### La mission de Paul en Crète n’a pas de place dans les Actes

Les Actes ne rapportent aucune mission en Crète. Tite 1:5 présente Paul en Crète, y laissant Tite pour établir des anciens, mais les Actes n’amènent Paul en Crète que comme prisonnier en route vers Rome, et ne nomment jamais Tite. Paley a situé la mission après la libération de Paul ; d’autres l’insèrent dans des lacunes des Actes ou y voient un cadre littéraire.

- **La lettre:** Tite 1:5; Tite 3:12; 2 Corinthiens 11:25; 2 Corinthiens 7:6–7; 2 Corinthiens 8:16–17
- **Actes:** Actes 19:10; Actes 20:1–3; Actes 27:1–3; Actes 27:7–13; Actes 27:21
- **Degré de certitude:** Élevé

**Comment ils s’accordent**

**La lettre:** Paul dit qu’il a laissé Tite en Crète pour achever d’organiser les Églises et établir des anciens de ville en ville, et il le convoque plus tard à Nicopolis.

**Actes:** Paul n’atteint la Crète que comme prisonnier : le navire longe la côte jusqu’à Beaux Ports et repart, contre son avis, dans une tempête. Aucune mission ni aucun croyant de Crète n’apparaît.

Les Actes se taisent, sans contredire. Ils omettent beaucoup, y compris des naufrages antérieurs à Actes 27 (2 Corinthiens 11:25), et ne nomment jamais Tite. Paley soutenait que Paul rédige Tite en homme libre, si bien que le voyage du prisonnier ne peut en être l’occasion ; il situait la visite après la libération de Paul, tout en admettant que l’itinéraire était largement hypothétique. Une visite pendant les années d’Éphèse (Actes 19:10) est possible mais non attestée ; la tournée d’Actes 20:1–3 se heurte à l’objection de Capellus, rapportée par Paley, selon laquelle Tite était alors occupé entre la Macédoine et Corinthe (2 Corinthiens 7:6–7; 8:16–17).

**Autres lectures**

- **Une lacune dans les années des Actes.** J. A. T. Robinson datait Tite vers 57 apr. J.-C., dans les années que couvrent les Actes, ce qui suppose une visite en Crète que les Actes passent sous silence, comme ils passent sous silence d’autres voyages.
- **Cadre littéraire.** Si Tite a été écrite plus tard sous le nom de Paul, la mission en Crète est le cadre que son auteur a choisi pour y donner autorité à l’organisation de l’Église, et le silence des Actes n’a pas besoin d’explication.

**Sources**

- William Paley, Horae Paulinae, ch. XIII (Epistle to Titus), No. II, on Crete: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>
- William Paley, Horae Paulinae, ch. XIII (Epistle to Titus), No. II, on the route: <https://archive.org/download/horaepaulinae00pale/horaepaulinae00pale_djvu.txt>

## Questions fréquentes

### Qu’est-ce qu’une coïncidence non préméditée ?

Un accord entre deux récits indépendants qui n’apparaît que lorsqu’on les lit côte à côte, par exemple un détail de l’un qui explique ce que l’autre laisse inexpliqué. Comme aucun des deux auteurs ne semble l’avoir voulu, de tels accords indiquent que tous deux s’appuient sur des événements réels plutôt que l’un sur l’autre.

### Sur quoi les Actes et l’épître aux Galates semblent-ils en désaccord ?

Principalement sur les visites de Paul à Jérusalem. L’épître aux Galates affirme avec insistance que Paul n’a rencontré que Pierre et Jacques lors de sa première visite et décrit une réunion privée au sujet des croyants d’origine païenne ; les Actes racontent des visites plus publiques et un concile. Les spécialistes font correspondre les visites de façons différentes, et les entrées exposent les principales options.

### L’auteur des Actes connaissait-il les lettres de Paul ?

Les Actes ne mentionnent jamais que Paul écrivait des lettres, et la plupart des spécialistes pensent que leur auteur ne les a pas utilisées comme sources, bien que certains soutiennent qu’il en connaissait quelques-unes. La réponse influe sur le poids qu’on peut accorder à une concordance entre eux ; chaque entrée le signale donc là où cela compte.


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Canonique: https://paulineletters.com/fr/explore/acts-and-letters
